NET PRESS

Burundi - Négociations.
Le gouvernement burundais et le Cndd-Fdd s'accusent mutuellement d'être à l'origine de la lenteur dans les négociations sur le cessez-le-feu.
Bujumbura, le 5 novembre 2002 (Net Press). Le gouvernement burundais déclare ne pas être satisfait de l'avancée des négociations qui se déroulent à Dar-es-Salaam. Il estime en effet qu'il n'y a pas encore de signe tangible montrant que ces négociations aboutiront rapidement. Ces déclarations sont du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, M. Albert Mbonerane selon qui par ailleurs le déplacement (vers Dar-es-Salaam) que devait effectuer ce 4 novembre 2002 le chef de l'Etat a été "annulé suite à un contre-temps qu'a eu le médiateur dans ces négociations, le vice-président sud-africain Jacob Zuma".
De son côté, le Cndd-Fdd tendance Pierre Nkurunziza, déplore qu'"on n'a pas décollé du préambule" puisqu'on en est toujours, selon lui, à discuter des "motivations de ceux qui combattent". Pour ce mouvement, si l'on veut une paix durable au Burundi, il faut "identifier la cause de la guerre civile, découvrir pourquoi elle continue et chercher des solutions". Il regrette que la délégation gouvernementale n'a pas encore voulu entrer dans une telle discussion. D'après un membre de la délégation gouvernementale, le retard de ces négociations aurait également pour cause l'arrivée tardive des membres du Cndd-Fdd qui doivent faire partie de la commission militaire, ces derniers n'étant arrivés que le lundi 4 novembre 2002.
Burundi - Sécurité.
La situation sécuritaire à Bujumbura vue par le premier magistrat de la capitale.
Bujumbura, le 5 novembre 2002 (Net Press). Selon le maire de la ville de Bujumbura, M. Pontien Niyongabo, la situation sécuritaire est parfaitement maîtrisée aujourd'hui dans la capitale, même s'il y a toujours des rumeurs selon lesquelles les militants ou sympathisants du Parena vont continuer à tenter des actions déstabilisatrices dans les prochains jours. D'après le maire Niyongabo, cela est le résultat d'une action combinée entre l'administration et les forces de l'ordre qui sont au courant de tous les mouvements suspects et qui peuvent donc arrêter d'un moment à l'autre ceux qui organisent des réunions clandestines subversives. Le maire de la capitale s'est félicité que ce qui avait été observé à l'aube et dans la matinée de ce 4 novembre 2002 ne se soit pas reproduit ce matin. Ainsi donc, seuls quelques jeunes gens de Nyakabiga ont tenté de dresser des barricades dans leur quartier à 3h du matin mais qui ont été vite levées par les forces de l'ordre. Ailleurs dans la capitale, a ajouté la maire Niyongabo, tout était parfaitement calme ce matin. Il a expliqué la turbulence observée à Nyakabiga par la proximité avec le campus Mutanga de l'université du Burundi, en faisant observer que 2 jeunes étudiants y ont été interpellés la veille en train de dresser des barricades.
Signalons que plusieurs véhicules de la gendarmerie ont été aperçus en début de soirée de ce 4 novembre 2002 en train de s'approvisionner en carburant à une station-service du centre-ville. Il y avait à bord beaucoup de gendarmes et de matelas, ce qui lassait penser que ces hommes allaient passer la nuit sur le terrain dans les différents quartiers de la capitale. Le maire de la ville a reconnu les faits et précisé qu'il venait juste de diriger une réunion de sécurité à laquelle prenaient part, comme tous les jours, "depuis jeudi le 31 octobre 2002, jour qui correspond au début de cette crise du Parena", tous les responsables chargés de la sécurité à Bujumbura. Il a conclu en déclarant qu'il n'y a rien d'anormal à cela, puisque depuis ce jour-là, la sécurité a été renforcée dans tous les quartiers où les forces de l'ordre doivent être constamment présentes presque partout pour quadriller efficacement ces zones et tout surveiller.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires poursuivent leur sale besogne ...
Muramvya, le 5 novembre 2002 (Net Press). Après Gitega et Mwaro, les terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd ont attaqué ce matin la commune Rutegama (Muramvya). Depuis, les forces de l'ordre mènent les opérations de ratissage de grande envergure contre ces criminels dans cette commune, ce qui a occasionné la fermeture temporaire de l'axe Muramvya-Gitega. Les habitants de Rutegama se sont déplacés, certains au chef-lieu de la commune et d'autres au chef-lieu de la zone Mushikamo. Rappelons que ces bandes terroristes avaient tué 2 personnes dans la nuit du 3 au 4 novembre 2002 dans la localité de Gatunga en commune Kayokwe avant de se replier sur la commune Nyabihanga (Mwaro). A noter également que des rumeurs d'attaque de la branche armée du Frolina (que ne reconnaît pas la direction de ce mouvement signataire de l'accord d'Arusha) dénommée "forces armées populaires" persistent à Nyanza-Lac (Makamba). Ces dernières avaient récemment adressé une correspondance à la médiation dans laquelle elles réclamaient le droit de participer aux négociations du cessez-le-feu, mais en vain. Elles auraient donc décidé de se faire entendre par le canon.
Burundi - Justice.
Dossier Charles Mukasi : la chambre judiciaire de la cour suprême devrait se prononcer d'ici peu.
Bujumbura, le 5 novembre 2002 (Net Press). C'est ce qu'on a appris de source bien informée ce matin à Bujumbura. La décision de cette chambre relative à sa compétence sur le cas Mukasi et à la régularité de sa détention, devrait tomber dans le courant de l'après-midi de ce 5 novembre 2002 ou au plus tard, dans la journée de ce 6 novembre 2002. Rappelons que M. Charles Mukasi, président de l'Uprona non-négociateur, a comparu ce jeudi 31 octobre 2002 devant la chambre judiciaire de la cour suprême qui a aussitôt mis en délibéré son procès. Elle avait, selon la loi, 48 heures pour se prononcer sur la régularité de la détention de l'intéressé et dire, en outre, si elle est compétente dans ce dossier, c'est-à-dire si oui ou non le président de l'Uprona non-négociateur jouit du privilège de juridiction. Mais étant donné que cette audience a été suivie par un week-end prolongé, la cour est toujours dans les normes. Rappelons aussi que les "Badasigana" (militants du parti Uprona) d'un peu partout dans le pays et leurs sympathisants de la diaspora n'ont cessé de condamner l'arrestation et la détention de M. Mukasi, qu'ils considèrent comme le "seul et unique président légal du parti Uprona". Pour eux, M. Mukasi est un détenu politique, parce que poursuivi, selon eux, pour ses idées politiques "franchement anti-génocide".
Burundi - Politique.
Un membre du comité directeur du Parena réagit à la mise en résidence surveillée du président de ce parti.
Bujumbura, le 5 novembre 2002 (Net Press). Il s'agit de M. Alexis Banuma, médecin vétérinaire et membre du comité directeur du "parti pour le redressement national" (Parena) qui estime que lever l'immunité sénatoriale à un ancien chef d'Etat, "sénateur d'office", c'est violer la loi. Car, selon lui, on ne saurait reprocher rien d'autre au colonel Bagaza que de "jouer l'opposition dans un système qui se dit démocratique". Si ce système l'est véritablement, poursuit M. Banuma, on devrait rapidement laisser la liberté de mouvement à l'ancien président de la République. Il s'étonne par ailleurs que les autorités aient déjà pratiquement condamné M. Bagaza et désigné, sans aucune enquête ni jugement, les coupables. Et d'ajouter que cela lui rappelle l'époque des mines anti-chars qui ont emporté beaucoup de vies humaines dans la capitale. A l'époque, rappelle-t-il, le Parena avait été déclaré coupable d'office, en moins de 24 h, sans aucune enquête. Il s'était avéré que les responsables de ces actes criminels étaient les "génocidaires qui tuent, volent, violent et pillent et empêchent la population tant urbaine que rurale de vivre dans leur indescriptible misère leur imposée par un mauvais système de gouvernement".
Il appelle tous les hommes épris de justice et en particulier le conseil national des Bashingantahe à sortir du "silence et de la torpeur pour démontrer qu'ils ne sont inféodés au pouvoir en condamnant cette séquestration "du président du parti Parena. Il invite enfin le pouvoir à exhiber toutes les preuves de la culpabilité de M. Bagaza, en particulier les armes "qu'on affirme avoir saisies chez lui". Signalons en passant que l'autre ancien président de la République Sylvestre Ntibantunganya, lui aussi sénateur a déclaré sur les ondes d'une radio privée locale qu'à ce qu'il sache, le bureau du sénat de transition ne s'est pas encore réuni pour décider de la levée de l'immunité sénatoriale de M. Bagaza.
FONDS DE PROMOTION DE L'HABITAT URBAIN (FPHU)
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