NET PRESS
Burundi - Justice.
Le ministre André Nkundikije demande au tribunal de résidence de Rohero que l'audience prévue au 12 juin 2002 se déroule à huis-clos.
Bujumbura, le 6 juin 2002 (Net Press). Après que le tribunal de résidence de Rohero a décidé la réouverture des débats sur l'affaire André Nkundikije, (actuel ministre de la planification du développement et de la reconstruction) et d'Audry Kwizera (son présumé fils), le premier a demandé à ce tribunal que l'audience du 12 juin 2002 se déroule à huis-clos "pour des raisons que le tribunal n'ignore pas certainement", insiste-t-il. Il a expliqué que lors des précédentes audiences, "tout le monde a été témoin des informations méchantes et diffamatoires diffusées par certains media qui étaient venus gonfler la salle d'audience, alors que ce genre de dossier requiert généralement la protection des parties". Il a ajouté que "le demandeur s'entoure des groupes de bandits dont le rôle consiste à le huer ou huer ses témoins qui gênent la partie demanderesse". Il a fait remarquer qu'en tant que personnalité politique de haut rang, le tribunal devrait penser automatiquement à protéger sa personne et son honneur.
En réaction à cette demande, Audry Kwizera, par le biais de son avocat, Me Etienne Ntiyankundiye, a transmis à ce tribunal sa position. Il a souligné que la loi exige que les audiences soient publiques, le huis-clos n'étant qu'une exception comme le précise l'article 167 de la constitution de transition de la République du Burundi. Me Ntiyankundiye a indiqué que les audiences des juridictions sont publiques sauf cas de huis clos prononcé par décision judiciaire, lorsque la publicité est dangereuse pour l'ordre public ou les bonnes moeurs. Et d'ajouter que s'il en était ainsi, le tribunal le déclare par un jugement. Il a poursuivi en indiquant que les raisons invoquées par M. Nkundikije pour demander le huis-clos ne sont pas fondées car ce n'est pas par peur de la publicité que le juge va exclure l'accès de la salle aux représentants des media. Bien au contraire, la justice étant rendue publiquement au nom du peuple burundais, il serait contraire à toutes les constitutions passées, actuelles et à venir que seul le procès Kwizera-Nkundikije échappe à cette règle fondamentale. Quant à l'état de la personnalité de haut rang invoquée par M. Nkundikije, il a fait remarquer que c'est en raison même de cette personnalité qu'il devrait laisser libre cours à la procédure judiciaire. Rappelons que lors de l'audience du 24 avril 2002, le tribunal de résidence de Rohero avait confirmé la paternité du ministre André Nkundikije à Audry Kwizera.
Burundi - Justice.
Les avocats du président de PA-Amasekanya demandent au procureur de la République en mairie de Bujumbura d'ordonner sa libération immédiate.
Bujumbura, le 6 juin 2002 (Net Press). Les avocats du président de PA-Amasekanya ont adressé ce 5 juin 2002 une correspondance au procureur de la République en mairie de Bujumbura pour lui demander d'ordonner la libération immédiate de sieur Rutamucero "tant qu'il n'existe contre lui aucune charge suffisante de sa culpabilité". Dans cette correspondance, ces avocats ont fait savoir qu'alors que "la comparution devant le juge doit avoir lieu au plus tard dans les 15 jours de la délivrance du mandat d'arrêt provisoire, 36 jours de détention viennent de s'écouler sans que leur client soit déféré devant le juge pour la régularisation de sa détention. Ces avocats ont rappelé que M. Diomède Rutamucero a été incarcéré à la BSR depuis le 2 mai 2002 sous mandat d'amener et que 17 jours plus tard, au lieu de le libérer, le procureur de la République en mairie de Bujumbura a préféré le mettre sous mandat d'arrêt et le conduire à Mpimba où il vient de passer 19 jours. Depuis lors, il n'a jamais été présenté au juge pour statuer sur sa détention préventive conformément à l'article 72 du code de Procedure Pénale. Ce dernier stipule que "lorsque les conditions de mise en détention préventive sont réunies, l'officier du ministère public peut, après avoir interrogé l'inculpé, le placer sous mandat d'arrêt provisoire, à charge de le conduire devant le juge le plus proche compétent pour statuer sur la détention préventive.
Burundi - Sécurité.
Les forces de l'ordre restent sur le pied de guerre ...
Bujumbura, le 6 juin 2002 (Net Press). Après les dernières attaques des terroristes-génocidaires contre la capitale et ses environs, il y a 36 heures, les forces de l'ordre ont renforcé les mesures de sécurité pour protéger la ville de Bujumbura et ses parages. Ainsi donc, de nombreuses équipes de patrouille sont opérationnelles dans la capitale et sur les collines la surplombant. Rappelons que dans l'après-midi du mardi 4 juin 2002, des terroristes-génocidaires du Palipehutu-Fnl venus de la commune d'Isale ont obligé une partie de la population de Gasamanzuki (Bujumbura rural) à faire comme si elle fuyait des affrontements entre ces derniers et l'armée nationale, et se sont faufilés parmi cette population pour attaquer une position militaire située au-dessus de Gihosha. Les forces de l'ordre qui ont vite flairé l'astuce, n'ont pas autorisé au groupe de "fuyards" de continuer sa route vers la capitale, sinon, a-t-on appris de source bien informée, ces criminels se seraient infiltrés, via Kamenge, dans toute la capitale. On se souvient que l'un de leurs chefs a déclaré à travers les radios locales que ces groupes criminels ont l'intention de multiplier des attaques contre les "quartiers chics où résident les plus hautes autorités de ce pays". Mais cela n'a pas empêché que, tard dans la nuit (à partir de 2 heures du matin), des quartiers pauvres et déshérités comme Bwiza et Buyenzi soient pillonés, des heures durant, aux obus du mortier, par les mêmes criminels sans doute à partir d'un endroit qui ne serait pas très éloigné du lac Tanganyika.
Depuis, le calme était progressivement revenu dans l'ensemble de la capitale, excepté quelques tirs qui ont été entendus la nuit dernière (du 5 au 6 juin 2002) du côté de Gihosha. On apprendra plus tard qu'en réalité, c'était dans la partie rurale de Gihosha, relevant de la commune Isale où ces tirs ont été signalés, les premiers à 21 h 45 et les suivants vers 23h. Les forces de l'ordre qui venaient de remarquer des mouvements anormaux d'ombres mouvantes, escaladant les collines qui surplombent la capitale ont immédiatement pensé à une nouvelle attaque de terroristes-génocidaires. C'est ainsi qu'ils ont tiré beaucoup de balles en l'air pour décourager toute action de l'"ennemi". Signalons en passant que ces tirs au mortier, en plus de quelques blessés enregistrés à Buyenzi, ont également emporté un chien littéralement déchiqueté en mille morceaux par un obus tombé à Rohero II.
Burundi - Media - Société.
Les professionnels des media sont parmi les meilleurs à appréhender et à intégrer dans leur vie le concept de "genre".
Bujumbura, le 6 juin 2002 (Net Press). C'est ce qu'a déclaré, au cours d'un atelier-media orgnaisé ce 5 juin 2002 par le projet "Appui à la promotion de l'égalité des genres", le modérateur de la séance, M. Athanase Ntiruhangura (journaliste animateur à la 2è chaîne de la radio nationale). Il a été fortement appuyé par la coordinatrice nationale de ce projet, Mme Christine Mbonyingingo, qui s'est déclarée très satisfaite du niveau atteint par les journalistes initiés au concept "genre". Il s'agissait de penser à de nouvelles actions à initier par les communicateurs burundais en faveur d'une bonne intégration de ce concept par toutes les couches de la population de ce pays, afin de permettre l'éclosion d'une "plus grande justice sociale" et d'un '"développement durable harmonieux", a ajouté Mme Mbonyingingo. Ce concept n'est ni nouveau, ni un notion importée contrairement à ce que soutient une certaine opinion, a insisté pour sa part M. Ntiruhangura, selon lequel les journalistes ont été les premiers à comprendre, sans doute, a-t-il dit, parce que "leur combat quotidien n'est autre que la lutte contre les injustices et les inégalités".
Rwanda - Droits de l'homme.
L'ambassade du Rwanda à Bujumbura proteste vigoureusement contre la dernière déclaration de la LDGL.
Bujumbura, le 6 juin 2002 (Net Press). Dans un communiqué parvenu ce matin à notre rédaction, le chargé d'affaires de l'ambassade du Rwanda à Bujumbura, M. Wellars Mukama s'insurge énergiquement contre le passage relatif au Rwanda de la toute dernière déclaration de la LDGL (ligue des droits de la personne dans la région des Grands-Lacs). Rappelons que selon le comité directeur de la LDGL qui s'est denièrement réuni à Bujumbura (du 29 mai au 1er juin 2002), "des entraves à l'exercice des libertés d'expression, d'opinion et d'association continuent à empêcher la jouissance des libertés fondamentales. Ainsi, toute opinion différente des options du pouvoir en place fait l'objet d'intimidation, de persécutions et de diverses autres tracasseries.
Pour l'ambassade du Rwanda à Bujumbura, au vu de telles conclusions, il est à "se demander si le comité directeur de la LDGL n'est pas en retard de 8 ans sur les réalités de la République rwandaise". Car, pour la même ambassade, "la jouissance des libertés les plus fondamentales de l'homme a été rendue possible au Rwanda, dès 1994, par une guerre de libération qui a mis fin au génocide et à la dictature sanguinaire qui l'avait organisé". C'est notamment, ajoute le communiqué, le droit à la vie dont "différentes catégories de Rwandais avaient été privés pendant plus de 30 ans", le droit à une patrie garanti à toutes les couches de la population rwandaise ainsi que le droit à l'égalité des chances, contrairement aux pratiques de l'ancien régime. Concernant le parti PDR-Ubuyanja et son président, l'ancien chef de l'Etat Pasteur Bizimungu, "le concerné est poursuivi pour avoir violé la loi qui régit les associations et surtout pour s'être rendu coupable d'incitation à la haineethnique et à la violence". Pour le reste, l'ambassade du Rwanda à Bujumbura invite plutôt la LDGL à "visiter le Rwanda pour pouvoir actualiser ses informations sur ce pays". En tout état de cause, conclut le communiqué, la liberté d'opinion et d'expression ne saurait plus excuser l'incitation à la haine ethnique et au génocide.