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Bujumbura-Burundi


Burundi - Transition.

L'élection du bureau de l'assemblée nationale de transition repoussée...

Bujumbura, le 7 janvier 2002 (Net Press).
L'élection du président et de tout le bureau de l'assemblée nationale de transition qui devait avoir lieu dans la matinée de ce 7 janvier 2002 a été finalement repoussée de 24 heures. Elle aura lieu dans la matinée de ce mardi 8 janvier 2002, au terme des consultations internes au sein des différents groupes représentés à Kigobe.

Rappelons que 3 prétendants à la présidence de l'assemblée nationale de transition restent officiellement en lice. Il s'agit des présidents des deux ailes rivales du Frodebu, MM. Jean Minani et Augustin Nzojibwami, mais aussi de l'ancien premier vice-président de la République sous le régime du "partenariat politique intérieur", M. Frédéric Bamvuginyumvira.

Le président sortant du parlement burundais, M. Léonce Ngendakumana, qui serait prêt à briguer un nouveau mandat si "les députés lui faisaient de nouveau confiance" a déclaré pour sa part sur les ondes d'une radio locale que "logiquement et pour instaurer une bonne culture de partage du peu que nous avons", les candidats originaires de la même province que le chef de l'Etat sont à exclure d'office. Ce qui a provoqué les foudres du député Augustin Nzojibwami qui s'est explicitement senti visé par "cette attaque inacceptable". 

Contacté au téléphone par notre rédaction, M. Nzojibwami s'est demandé d'où le président sortant de l'assemblée nationale "a pu tirer de tels propos". Car, selon lui, personne n'est capable, aux termes de tous les textes de lois qui régissent le Burundi, d'exclure qui que ce soit. "Nulle part dans l'accord d'Arusha ou tout autre texte important, il n'est écrit que le président de l'assemblée nationale de transition doit être originaire d'une province différente de celle du chef de l'Etat", a martelé le député Nzojibwami. Il a ajouté par ailleurs que ces textes ne précisent nulle part que le président de l'assemblée nationale sera nécessairement de telle ou telle ethnie. Tout au plus, a-t-il poursuivi, ces textes soulignent que le président et le vice-président de l'assemblée nationale de transition "doivent provenir de familles politico-ethiques différentes".

D'après lui, tout le monde doit bien savoir qu'au Burundi il y a (théoriquement) indépendance des 3 pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), tout en soulignant qu'"il y a, bien entendu, être candidat et gagner". Et d'ajouter que tout ce que les députés du camp adverse du Frodebu (l'aile Minani donc) peuvent lui faire, c'est de lui refuser leurs voix, "sans plus". 

Ces déclarations démontrent, selon lui, que les dirigeants du Frodebu-Minani ont peur des compétitions démocratiques. "Le régionalisme, c'est une arme redoutable qu'ils remuent là ! Des critères pas du tout objectifs! Cela rappelle la Côte d'Ivoire où des gens qui redoutaient un de leurs concurrents se sont arrangés pour dire qu'il n'était pas Ivoirien", a conclu M. Nzojibwami pour qui ces déclarations de M. Léonce Ngendakumana "annihilent complètement le bon discours qu'il avait prononcé vendredi dernier". Il avait alors déclaré qu'il faudra que les dirigeants apprennent à céder sportivement, le moment venu, la place aux autres et à être des citoyens ordinaires.

M. Nzojibwami n'entend donc pas retirer sa candidature et se dit même optimiste, "presque sûr de l'emporter".

La campagne fait donc rage à Kigobe. Le candidat Minani fait parler de lui dans toute la capitale et il est craint, notamment dans les milieux Tutsi où on se rappelle son discours d'octobre 1993 à partir de radio Kigali et de la tristement célèbre RTLM. En dépit de tout cela, il part favori dans la course au perchoir du fait qu'il aurait le soutien des milieux hauts placés qui voudraient faire croire que si Jean Minani était élu, les bailleurs de fonds débloqueraient rapidement les fonds promis à Genève. 

Mais dans les milieux Tutsi on reste sceptique, car on estime que c'est un "G7 comme d'autres", et on continue à prendre l'éventuelle élection de Jean Minani comme un "vrai scandale pour le pays". Il avait été contraint de se retirer, par la rue, de la course au perchoir en 1995, précisément à cause de son rôle catalyseur dans la crise d'octobre 1993. Les députés du G10 et surtout ceux de la société civile risquent de lui opposer une certaine résistance au profit de Bamvuginyumvira ou de Nzojibwami qui paraissent plus fréquentables, aux yeux des Tutsi du moins.

Burundi - Afrique du Sud.

Le président sud-africain pourrait visiter très bientôt le Burundi.

Bujumbura, le 7 janvier 2002 (Net Press).
Selon des sources dignes de foi, le chef de l'Etat sud-africain devrait visiter le Burundi ce 10 janvier 2002. Cette visite qui était attendue depuis longtemps aurait été précipitée par l'assassinat, le week-end dernier, d'un membre de la "mission sud-africaine de protection" des dignitaires Hutu rentrés d'exil.

Le principal message du président Mbeki devrait porter sur la gravité de la situation politico-sécuritaire au Burundi, apprend-on de même source.

Le président sud-africain sera accompagné par une forte délégation qui sera essentiellement composée d'hommes d'affaires, d'industriels (du secteur de l'armement et des mines, notamment), ainsi que de quelques uns de ses collaborateurs. 

Il y aurait aussi à son agenda un accord de coopération économique entre les deux pays ainsi que l'ouverture d'une ambassade sud-africaine à Bujumbura qui pourrait être inaugurée par le chef de l'Etat sud-africain avant son retour à Pretoria.

Burundi - Transition.

"Ce qui se trame actuellement à Kigobe et ailleurs ne nous regarde absolument pas", déclare le Parena.

Bujumbura, le 7 janvier 2002 (Net Press).
Alors que les partenaires d'Arusha s'activent pour mettre sur pied toutes les institutions de transition qui ne l'ont pas encore été, le "parti pour le redressement national" (Parena, de l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza) "ne se sent pas du tout concerné par la course aux strapontins qui continue". Selon le commissaire à l'information et porte-parole de ce parti, M. Zénon Nimubona, ceux qui sont à Kigobe ne représentent qu'eux-mêmes puisqu'ils n'y sont que pour leurs propres intérêts égoïstes. "Leur premier souci n'est en tout cas pas l'arrêt de la guerre, ni le relèvement de l'économie nationale, encore moins l'instauration d'une bonne gestion", a déclaré M. Nimubona, visiblement très déçu.

Rappelons que le Parena n'est même pas d'accord avec le principe retenu à Arusha instaurant les quotas de 60 - 40% (qui n'ont d'ailleurs pas été tenus en compte au cours de la composition de l'assemblée nationale de transition) pour, respectivement, les communautés Hutu et Tutsi. "Les deux communautés sont absolument égales, il faut reconnaître qu'on a, au Burundi, 'deux peuples, une Nation', et leur accorder 50% - 50%". Par ailleurs, ces quotas de 60 - 40% ne figurent nulle part dans l'accord d'Arusha, a-t-il insisté. 

Entrer dans ces institutions "n'est ni plus ni moins un simple partage de postes", a poursuivi M. Nimubona. Pour preuve, "certains chefs de partis politiques ont délégué leurs parentés ou leurs amis ou amies, peu importe leur compétence". Cela dénote à suffisance, selon lui, le peu d'estime qu'ils accordent à l'idéologie de leurs partis respectifs et surtout à l'avenir de la Nation. Ceux qui y sont allés seront "très déçus", pronostique-t-il.

Burundi - Sécurité.

Les terroristes-génocidaires essuient un sérieux échec à Bubanza.

Bubanza, le 7 janvier 2002 (Net Press).
Les terroristes-génocidaires ont essuyé un échec dans une tentative de vol de vaches au chef-lieu de la province de Bubanza, dans la nuit du 6 au 7 janvier 2002. Cette attaque est survenue vers 21 h 30 quand un groupe de ces criminels ont tiré beaucoup de coups de feu pour empêcher un éventuel secours. Mais, la population qui faisait des rondes nocturnes en collaboration avec les forces de l'ordre ont pu repousser ces tueurs qui ciblaient un ménage d'un éleveur de la place qui avait été déjà victime d'une attaque du genre il y a un peu de deux ans.

Après avoir constaté leur échec, ces criminels se sont repliés sur la commune de Musigati où ils avaient décimé, il y a une semaine, une famille de 5 personnes qui les avait pourtant offert son hospitalité.

Rappelons que ces criminels ont multiplié ces derniers jours les embuscades sur les routes menant à Bubanza où des passagers ont été tués à défaut d'être dépouillés de tous leurs biens.

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