NET PRESS
Burundi - Justice.
L'emprisonnement "arbitraire, injuste et illégal" du président de PA-Amasekanya suscite un véritable tollé de protestations ...
Bujumbura, le 9 mai 2002 (Net Press). Depuis que M. Diomède Rutamucero est incarcéré à la BSR, ainsi que 6 présumés membres de son mouvement, des déclarations condamnant cet emprisonnement ne cessent de tomber à notre rédaction. Ce matin, même des Burundais de la diaspora se sont mêlés à cette vague de protestation. C'est le cas notamment des membres de la section Canada de l'association de lutte contre le génocide au Burundi (AC Génocide-Cirimoso) et du mouvement RADECO (rassemblement pour la démocratie des communautés au Burundi) basé en Belgique.
Dans sa déclaration, AC Génocide Canada condamne cette incarcération "irrégulière et injuste" et demande la libération immédiate et inconditionnelle de M. Diomède Rutamucero, président de PA-Amasekanya. Pour cette association, "l'incarcération de M. Rutamucero est une manière dictatoriale de faire taire toute opposition à la criminalisation de l'Etat". Elle déplore en outre que "certains magistrats déshonorent leur noble fonction en se prêtant au jeu du pouvoir politique pour sévir injustement contre les citoyens innocents", et demande enfin au procureur de la République en mairie de Bujumbura de procéder à la libération immédiate et inconditionnelle du citoyen Rutamucero. Pour sa part, le RADECO regrette qu'au "lieu de tout mettre en oeuvre pour arrêter le génocide de la communauté tutsi en cours au Burundi de 1965 à nos jours, d'identifier et de condamner les auteurs et complices des crimes qui endeuillent quotidiennement le Burundi dont le carnage de Mageyo du 29 avril 2002, le pouvoir en place à Bujumbura emprisonne pour la 15è fois le président de l'organisation patriotique et anti-génocide PA-Amasekanya et 6 de ses membres pour le simple fait d'avoir manifesté et le plus pacifiquement du monde, devant le palais du parlement, contre l'institutionnalisation de l'impunité qu'exprime la loi d'amnistie en faveur des leaders des organisations terroristes, criminelles et génocidaires".
Le RADECO exige la libération immédiate et sans condition du président du mouvement anti-génocide PA-Amasekanya et demande enfin à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement burundais afin qu'il cesse de persécuter les paisibles citoyens et toutes les organisations qui luttent contre le génocide. Selon le même mouvement, le gouvernement devrait "considérer et traiter conformément au droit et à la morale universelle les crimes du Frodebu, du Cndd-Fdd, du Frolina et du Palipehutu comme des terroristes-génocidaires". Même son de cloche dans les zones de la mairie de Bujumbura. En effet, après la "jeunesse en lutte contre le génocide, vivant au quartier industriel", 124 personnes habitant la zone Musaga viennent de signer une pétition dans laquelle elles condamnent l'emprisonnement de M. Diomède Rutamucero ainsi que la détention de 6 autres personnes par la PSP à Kigobe. Les 124 pétitionnaires exigent eux aussi la "libération immédiate et sans condition de l'innocent citoyen Rutamucero", car cet emprisonnement est "illégal, injuste et arbitraire".
Burundi - Travail.
La COSYBU invite le gouvernement à restituer aux travailleurs leurs droits syndicaux.
Bujumbura, le 9 mai 2002 (Net Press). A l'issue d'une réunion d'évaluation des activités de la fête internationale des travailleurs, 20 responsables syndicaux réunis au sein de la confédération des syndicats du Burundi (COSYBU) ont publié un communiqué de presse dans lequel ils invitent le gouvernement à restituer aux travailleurs leurs droits syndicaux. Ils déplorent qu'il ait été refusé au vice-président de la COSYBU le droit de prendre la parole à l'occasion de la fête du travail et des travailleurs, alors que dans sa lettre du 21 janvier 2002, le ministre du travail et de la sécurité sociale avait mis fin à la "confusion entretenue par le gouvernement en ce qui concerne la direction de la COSYBU". Et d'ajouter que le ministre avait également reconnu dans la même correspondance la légitimité de la direction de la COSYBU issue des élections du congrès du 29 avril 2000. Les responsables syndicaux regrettent que le gouvernement actuel viole ainsi la convention 87 de l'organisation internationale de travail (OIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Enfin, ils expriment la volonté et la détermination des travailleurs à recouvrer les prérogatives qui sont les leurs, à commencer par leur représentation à la prochaine session de l'OIT (qui se tiendra à Gèneve du 3 au 20 juin 2002) par leur direction "légale et légitime".
Burundi - Politique.
Les partis et mouvements du G7 cherchent coûte que coûte à être "pluri-ethniques".
Bujumbura, le 9 mai 2002 (Net Press). C'est ce qu'on apprend aujourd'hui de source bien informée à Bujumbura. Ainsi, ces partis et mouvements, qu'on qualifiait jusque-là de "pro-hutu"ou de "hutisants" voudraient se défaire de ces connotations en recrutant dans les milieux tutsi de la capitale. Il s'agirait, semble-t-il, d'être en ordre avec l'actuelle loi burundaise régissant les partis politiques, en particulier pour les mouvements comme le Cndd ou le Palipehutu non encore agréés mais faisant partie du gouvernement de transition, en vue d'un agrément dans un très proche avenir. Cette loi interdit en effet des partis "mono-ethniques" ou à "connotation tribale". Pour le reste des formations du G7, c'est à dire déjà agréés, il s'agit de se positionner pour les futures élections communales prévues par l'accord d'Arusha et certainement de couper l'herbe sous les pieds des partis dits "tutsi" (du G10 donc) en puisant dans leur grenier électoral naturel.
Ainsi," le parti du peuple" (PP de l'actuel vice-président du sénat, Schadrak Niyonkuru) a tenu samedi dernier (le 4 mai 2002) un congrès provincial en mairie de Bujumbura. Cette réunion, abondamment arrosée en bière, s'est déroulée à la Maison de la Presse et la majorité des participants étaient tutsi.
De même, le Cndd et le Palipehutu auraient enregistré, ces derniers jours, l'adhésion de plusieurs habitants des quartiers réputés être des fiefs tutsi. Jusqu'à présent, seule la zone Nyakabiga serait toujours réticente à l'adhésion à ces deux mouvements dont les branches armées continuent la guerre.
Burundi - Administration - Société.
Les fonctionnaires de Rumonge se plaignent du manque de "civilité" du commandant sortant de la brigade Rumonge.
Bururi, le 9 mai 2002 (Net Press). Au soir du 7 mai 2002, à partir de 19h, les fonctionnaires de la ville de Rumonge (entre 40 et 50 personnes en tout) s'étaient donnés rendez-vous au "Cercle de Rumonge" pour faire leurs adieux officiels au capitaine Antoine Ngendakuriyo, commandant de la brigade Rumonge depuis une année et demie, qui vient d'être appelé à d'autres fonctions à Bujumbura. Ils avaient pour cela cotisé une somme de 3.000 Fbu par personne pour que la fête soit une réussite et tout avait été prévu (bière, musique...).
Après son petit mot de circonstance, la personne en l'honneur de qui la réception avait été organisée a prétexté répondre à un appel téléphonique sur son portable pour prendre brusquement congé de ses convives. Entre-temps, l'administrateur communal de Rumonge, le major Antoine Bashirahishize s'était déjà levé pour s'exprimer au nom de tous les fonctionnaires et cadres de sa commune. Le capitaine Ngendakuriyo n'est revenu qu'une heure plus tard, mais la fête était déjà gâchée, ont estimé les fonctionnaires de Rumonge qui réclament aujourd'hui d'être remboursés et moralement dédommagés. Car pour eux, cet officier subalterne a manqué de bonnes manières en les méprisant outrageusement. Selon certaines sources, le capitaine Ngendakuriyo aurait en fait une dent contre l'administrateur Bashirahishize qu'il soupçonne d'avoir téléguidé les paysans de sa commune qui ont écrit, il y a quelque temps, au ministre de l'intérieur et de la sécurité publique pour se plaindre d'être régulièrement rançonnés par cet officier.
Burundi - Economie - Opinion.
"A qui finalement appartient la banque BBCI ?", s'interroge un de nos lecteurs.
Bujumbura, le 9 mai 2002 (Net Press). C'est la question que se pose notre lecteur après avoir constaté que l'actuel administrateur directeur général de cette banque, M. Aloys Ntahonkiriye (alias "Rubomora"), refuse obstinément de partir après plus de 10 ans à la tête de la "banque burundaise pour le commerce et l'investissement". Et ce, malgré des résultats "plus que médiocres".
Il est à noter que cette banque appartient, en principe, à l'Etat du Burundi puisque 75% de ses actions sont détenues par des sociétés para-étatiques comme le COTEBU, l'OCIBU, ... C'est, en outre, l'une des rares institutions bancaires (si pas la seule), à ne jamais afficher ses résultats réalisés après chaque année. Notre lecteur y a trouvé une explication très simple : le patron qui aurait dû partir, statutairement, bien longtemps a peur des réunions en assemblée générale des actionnaires ou du conseil d'administration, car, ces institutions auraient alors d'autre choix que de le "remercier". La gestion n'est pas en effet des meilleures et cette banque ne survivrait que grâce au "renflouement" et à l'assistance financière permanente de la banque centrale (BRB). L'ADG de cette banque en aurait même fait une affaire personnelle car, chaque fois qu'il est en difficultés, il amène au siège de cette institution toute sa famille pour huer, séance tenante, ceux qui entendent le renvoyer pendant les réunions du conseil d'administration. Il aurait de cette façon réussi à sauver (temporairement) son siège deux fois. La dernière est quand, tout récemment, il a refusé que le conseil d'administration se réunisse dans les enceintes de cette banque, alors que ce conseil s'apprêtait à le faire succéder par l'ancien ministre des finances, M. Charles Nihangaza. Même s'il semble bénéficier jusqu'ici de l'appui d'"en-haut", M. Ntahonkiriye risque de se voir prochainement remplacé par quelqu'un de moins controversé que l'ex-ministre des finances.