NET PRESS
Burundi - Enseignement.
"Toutes ces rencontres organisées ces jours-ci par le gouvernement constituent une tentative de court-circuiter les négociations", estiment les dirigeants des syndicats enseignants.
Bujumbura, le 10 juin 2002 (Net Press). Depuis que le vice-président de la République, M. Domitien Ndayizeye, a annoncé par la voix des ondes que les négociations du gouvernement avec les syndicats des enseignants en grève depuis bientôt un mois sont définitivement clauses, des rencontres tous azimuts sont organisées pour parler de cette question. Ce matin, c'était le tour des gouverneurs des provinces, des directeurs provinciaux de l'enseignement ainsi que des commandants des régions militaires, tous invités pour apprendre le contenu de la synthèse des négociations que le gouvernement a unilatéralement clauses pour qu'en conséquence ces derniers puissent convaincre les enseignants à reprendre sans tarder le service.
Pour leur part, les représentants des syndicats CONAPES et STEB, contactés par la rédaction, estiment que c'est une manière du gouvernement de vouloir créer l'amalgame en prétendant "traiter la question localement", alors que celle-ci est devenue apparemment insoluble au niveau national. Et pourtant, a ajouté l'un de ces syndicalistes, ces responsables provinciaux n'ont pas de baguette magique pour réussir là où leurs supérieurs ont échoué. Du coup, ces administratifs ne feront autre chose que menacer les enseignants de leurs ressorts pour essayer de les contraindre à reprendre le travail, a expliqué un syndicaliste qui croit savoir que cela ne résoudra rien, étant donné que les enseignants sont au courant de toutes "ces manoeuvres de démobilisation qui se préparent activement". De l'avis de tous les dirigeants des syndicats enseignants, il est évident que le gouvernement cherche visiblement à court-circuiter les négociations. Ils ne comprennent pas en effet comment une partie peut se permettre de conclure les négociations en essayant de rabaisser et même d'ignorer complètement son partenaire. Ils réaffirment néanmoins leur "entière disponibilité" à participer à la suite des négociations, même si "les promesses faites par le gouvernement risquent d'être des chimères tant qu'il n'existe nulle part aucun écrit signé et validé".
Signalons que les syndicats STEB et SLEB ont tenu une assemblée générale ce samedi 8 juin 2002 au cours de laquelle ils se sont convenus à l'unanimité à garder le statu quo et à ne céder à quelque menace que ce soit. A noter que les représentants des syndicats des enseignants étaient attendus par le ministre de tutelle dans son cabinet à 14h 30 et par le représentant de l'Unesco au Burundi à 16 h.
Burundi - Justice.
L'affaire Isidore Rufyikiri vs Etat du Burundi à la barre.
Bujumbura, le 10 juin 2002 (Net Press). La cour administrative de Bujumbura a auditionné ce matin pour la première fois, l'affaire Isidore Rufyikiri vs Etat du Burundi à qui Me Rufyikiri demande des dommages et intérêts pour son "emprisonnement illégal" de 1997 à 2000. Au cours de cette séance, Me Fidèle Ntirushwa, représentant l'Etat du Burundi, a demandé à la cour un peu plus de temps pour préparer sa réplique à la plainte de la partie demanderesse. C'est ainsi que la cour a décidé que l'affaire soit remise au 18 septembre 2002.
Dans sa lettre adressée au président de la cour administrative, Me Rufyikiri réclame une indemnisation à l'Etat du Burundi "pour l'immense et indescriptible dommage qui lui a été infligé par un emprisonnement abusif qui s'est enfin soldé par un acquittement". Dans sa plainte contre l'Etat du Burundi, Me Rufyikiri fait remarquer qu'il a été arrêté en date du 13 mars 1997 dans l'affaire "complot contre le président de la République et sur les armes" et qu'il a été acquitté par la cour suprême en date du 30 août 2000. Il considère que face à la très longue détention (3 ans, 5 mois et 18 jours) sans confirmation, ni moindre respect de prescrit de la loi, procédure doublée de terribles et méchantes brimades morales et physiques, l'Etat du Burundi doit lui verser des dommages et intérêts de 462.054.000 Fbu. Et d'ajouter que parmi les traitements inhumains et dégradants subis, figurent son emprisonnement à la documentation nationale, à la prison de Rumonge sans oublier les diffamations et les calomnies dont il a fait objet. Signalons que c'est pour la première fois qu'une personne qui a été acquittée traîne l'Etat du Burundi en justice.
Burundi - Justice.
M. Diomède Rutamucero enfin traduit en chambre de conseil.
Bujumbura, le 10 juin 2002 (Net Press). Après un mois et une semaine de détention, le président du mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya", M. Diomède Rutamucero, a été traduit dans la matinée de ce lundi 10 juin 2002 en chambre de conseil, ce qu'on appelle communément une "séance de confirmation ou d'infirmation de la détention". Selon la famille Rutamucero, le juge lui a fait savoir qu'il est poursuivi pour "injures à l'endroit du ministre Prosper Mpawenayo et du vice-président de la République", ce qui a beaucoup étonné M. Rutamucero, étant donné qu'on ne le lui a signifié que plus de 30 jours après son incarcération. Il lui a en outre été demandé si son mouvement est agréé, question à laquelle il a répondu en expliquant que PA-Amasekanya remplit parfaitement les conditions exigées par la Constitution de la République du Burundi, la charte de l'unité ainsi que le code de procédure pénale, pour travailler dans la légalité.
Pour le reste, M. Rutamucero a souligné, selon la même source, "l'irrégularité de la procédure" de sa détention et a fait observer qu'en matière pénale, la responsabilité est individuelle. Raison pour laquelle il ne comprend pas pourquoi il pourrait être poursuivi pour des injures qui auraient été proférées par d'autres personnes, fussent-elles de membres de son mouvement. Après 15 minutes d'audition, le juge a mis ce dossier en délibéré. Signalons enfin que pendant ce temps, beaucoup de sympathisants de M. Rutamucero avaient fait le déplacement jusqu'au parquet et l'ont longuement applaudi à son arrivée et à son départ du palais de la justice. Des gendarmes s'étaient eux aussi déplacés pour parer à toute éventualité.
Burundi - Malversations.
Attribution du marché d'assurance du charroi de la Regideso pour l'exercice 2002 : SOCAR crie "au scandale du millénaire" et au "hold-up".
Bujumbura, le 10 juin 2002 (Net Press). La "société commerciale d'assurance et de réassurance" (SOCAR s.a) vient de porter plainte auprès du ministère de la bonne gouvernance et de la privatisation afin de recouvrer ce qu'elle considère comme son "droit" : l'attribution du marché d'assurance du charroi de la Regideso pour l'exercice 2002. En effet, selon la SOCAR, ce dossier "aux allures d'un feuilleton (NDLR : il a duré 8 mois alors qu'en principe, il aurait été bouclé très rapidement) vient d'être clôturé dans la plus parfaite irrégularité".
Il est à rappeler à ce sujet que parmi les 3 sociétés d'assurances (SOCABU, BICOR et SOCAR), cette dernière remplissait les conditions aussi bien techniques que financières puisqu'elle était la moins disante avec 59.598.035 Fbu contre respectivement 59.926.543 Fbu et 70.356.511 Fbu pour ses concurrentes.
Malgré cela, la direction générale et la présidence du conseil d'administration se sont trouvé de bonnes raisons pour que ce marché ne soit pas attribué au soumissionnaire, arguant que la SOCAR s.a. a "des problèmes internes de gestion" et en la soupçonnant même de ne pas être financièrement capable d'exécuter ce marché. Il est tout de même étonnant d'avancer de tels arguments quand on sait que cette société avait été sélectionnée parmi beaucoup d'autres pour avoir justement rempli toutes les conditions requises par le dossier d'appel d'offres, aussi bien sur le plan financier que technique.
Plus tard, le ministre de l'énergie et des mines, M. Mathias Hitimana, entrera dans la danse en sommant le directeur général de la Regideso d'attribuer ce marché à la société soumissionnaire la moins disante. C'était en date du 15 avril 2002. Huit jours plus tard, c'est-à-dire le 23 avril 2002, le directeur général de la Régideso, M. Philippe Niyongabo a écrit à son directeur administratif et financier pour lui demander de négocier un contrat d'assurance avec SOCAR en-déans 8 jours. Cette société a soumis, en date du 29 avril 2002, à la direction de la Régideso un projet de contrat qui ne sera jamais signé. Entre-temps, la société BICOR a porté plainte au tribunal de commerce et a sommé la Regideso de lui attribuer le marché. Le 30 mai 2002, ce tribunal a rendu un verdict favorable à la BICOR s.a. Dès le lendemain et sans avoir au préalable demandé l'avis des organes de gestion de son entreprise, ni celui du ministre de tutelle, le directeur général de la Régideso a conclu avec la BICOR le contrat d'assurance du charroi Regideso pour l'exercice 2002. Le 3 juin 2002, le ministre Hitimana a écrit au directeur général de la Regideso pour lui demander de "ne signer aucun contrat d'assurance charroi avant la consultation du conseil d'administration de la Regideso". Au cas où cette signature aurait déjà eu lieu, la direction de la Régideso, était invitée à "rompre immédiatement ce contrat"et à faire appel du jugement rendu par le tribunal de commerce dont "la compétence est mise en cause", en particulier par la direction de la SOCAR qui estime que tant qu'il n'ya pas de lien commercial entre la Regideso et toute autre société d'assurance, seule la chambre administrative pouvait être saisie (mais en aucun cas, le tribunal de commerce). La direction de la SOCAR s.a qui croit savoir être face au "scandale financier du millénaire"et à un "véritable hold-up", prie instamment le ministre de la bonne gouvernance, qui se trouve être parmi "les gardiens de la moralité et de la légalité des affaires" à ne pas cautionner cette "parfaite illustration de la mauvaise gouvernance".
Signalons en passant que le conseil d'administration de la Regideso est dirigé par M. Didace Nzobambona, gendre d'un frère de l'homme d'affaires Prosper Turimuci qui se trouve être, pour sa part, président du conseil d'administration de la BICOR. Ceci pourrait peut-être expliquer cela.
La Société Concessionnaire de l'Exploitation du Port de Bujumbura (EPB) met en vente les véhicules dédouanés dont les caractéristiques sont les suivantes :
1°) Une voiture Peugeot 405, immatriculée 01BA 2531 N° de châssis : VF 34BD2H270874764 Année de fabrication : 1994 Puissance du moteur : 10 cv
2°) Une voiture Daewoo Racer, immatriculée 01BA 4869 N° de châssis : WATF 19 T 1NB 534523 Année de fabrication : 1992 Puissance du moteur : 9 cv
Ces véhicules sont dans un bon état de circuler et peuvent être visités tous les jours ouvrables dans les enceintes du Port de Bujumbura à dater de ce vendredi 7/06/2002 pendant les heures normales de service.
Les offres sous pli fermé doivent parvenir au secrétariat de la Direction Générale de l'EPB au plus tard le 17/6/2002 à 17 heures locales. Une caution de deux cents mille francs Bu (200 000 frs bu) par véhicule, remboursables aux non-gagnants et déductibles du prix de vente pour les gagnants, à verser au compte n° 201-53750-59 ouvert à la BCB ou au compte n° 701-2048-01-57 ouvert à l'IBB au nom de l'EPB est exigée.
Chaque enveloppe portera la mention suivante : "Soumission pour voiture ....". La séance d'ouverture des offres se fera mardi le 18/6/2002 à 9 heures locales dans la salle des réunions de l'EPB. Les offres peuvent être remises main à main au président de la séance avant l'ouverture des offres. Les soumissionnaires gagnants disposent de cinq jours pour effectuer les formalités de transfert à leurs frais et régler le montant de la soumission. Passé ce délai, les véhicules seront cédés aux soumissionnaires de second rang et leurs cautions ne seront pas remboursées.
Les offres du personnel de l'EPB pourront être analysées avec une légère faveur par rapport aux autres offres.
L'EPB se réserve le droit de refuser toute offre jugée inférieure à la valeur réelle des véhicules.