NET PRESS

Burundi - Processus de paix.
Le médiateur Nelson Mandela en passe d'imposer l'actuel chef de l'Etat comme président de transition ...
Pretoria, le 10 juillet 2001 (Net Press). D'intenses tractations se déroulent depuis ce matin dans la capitale sud-africaine entre le médiateur dans le conflit burundais, Nelson Mandela, et les délégués du G10 moins le Parena qui n'a pas été autorisé à prendre part à cette rencontre. Mandela, qui est arrivé à Pretoria hier soir en provenance de Lusaka à l'issue d'un mini-sommet à huis-clos sur le Burundi, a annoncé aux délégués des partis pro-tusti que le président Buyoya a reçu le soutien de 10 hauts officiers de l'armée burundaise et que pour cela, le colonel Bayaganakandi qui, logiquement, devrait être investi président de la 1ère tranche de la transition, ne le sera pas, n'étant pas soutenu par l'armée qui est une force importante dont il faut tenir compte. Mandela a reconnu que le colonel Epitace Bayaganankandi devrait être investi si on tient compte des règles de la démocratie, car il a recueilli l'appui de 8 partis sur les 10 du G10. Mais, a-t-il ajouté, afin de ne pas frustrer cette armée, les partis promoteurs de la candidature du colonel Bayaganakandi devraient apporter leur soutien à M. Buyoya.
Jusqu'à la mi-journée, les partis pro-Bayaganakandi avaient refusé cette offre et les consultations internes à leur collectif continuaient. La situation n'est toujours pas claire même si la direction du Frodebu-Minani présente dans la capitale sud-africaine s'est montrée très optimiste, en affirmant que "les choses peuvent avancer malgré les réticences de certains". La même source nous a précisé que la médiation était parvenue à convaincre le pouvoir de Bujumbura qu'il était important de mettre en place les institutions de transition avant le cessez-le-feu.
Selon certaines sources proches de la médiation, c'est le Frodebu-Minani et son G7 qui aurait proposé à la dernière minute la candidature du président Buyoya. Le même parti estime Buyoya facile à manier et facile à faire avaler à la communauté tutsi ses exigences qu'il ne cesse de revoir à la hausse. Le G7 soupçonne en effet le colonel Epitace Bayaganakandi d'être "radical" parce que soutenu par des "partis radicaux".
Burundi - Processus de paix.
L'ancien président Jean-Baptiste Bagaza se dit "pas étonné par la tournure actuelle du processus de paix inter-burundais".
Kampala, le 10 juillet 2001 (Net Press). L'ancien président de la République du Burundi, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, vient de réagir à chaud aux tractations en cours à Pretoria visant à imposer l'actuel chef de l'Etat comme président de la 1ère tranche de la transition. Pour le président Bagaza, cela était prévisible, à partir du moment où son parti, qui se dit "représentant de la vraie opposition", a été écarté de cette réunion de Pretoria.
Pour l'ancien président de la République contacté au téléphone par la rédaction, "si le soutien de 10 officiers de l'armée burundaise constitue l'argument massue avancé par le médiateur pour imposer le président Buyoya, moi aussi ou même le colonel Bayaganakandi, nous pouvons en trouver autant sinon plus au sein de nos vaillantes forces armées", a-t-il déclaré.
Le colonel Bagaza en est venu à se demander pourquoi les négociateurs actuels, "qui font tous partie du régime de partenariat", ont été obligés de se déplacer jusqu'à Pretoria "pour améliorer leur régime alors qu'ils pouvaient le faire à Bujumbura même". Pour lui, tant qu'on n'aura pas désigné les "vrais négociateurs" ("le gouvernement et l'opposition réelle, armée et non armée"), on n'aboutira jamais à une vraie paix. Et de se demander dans quelle paix le Burundi est alors que les gens se font tuer tous les jours un peu partout dans le pays. Pour M. Bagaza, si l'actuel gouvernement est reconduit, moyennant quelques aménagements, la situation de guerre génocidaire et de chaos sur tous les plans va perdurer, a-t-il pronostiqué.
Burundi - Justice.
La prison centrale de Mpimba continue à accueillir des présumés criminels.
Bujumbura, le 10 juillet 2001 (Net Press). 6 personnes ont été arrêtées et conduites à la prison centrale de Mpimba le 6 juillet 2001. Elles sont accusées d'avoir tué le chef de quartier Twinyoni et une femme dans la zone de Kamenge, au Nord de la capitale Bujumbura. Après ce crime, ces personnes soupçonnées d'appartenir au Fnl auraient également procédé au pillage des boutiques de ce quartier dans la même soirée.
Burundi - Marchés Publics.
Le bras de fer continue autour du dossier "engrais chimiques".
Bujumbura, le 10 juillet 2001 (Net Press). Dans son édition du 8 juillet 2001, la rédaction avait fait mention des irrégularités qui s'observent autour du dossier de fourniture des engrais chimiques. La rédaction avait ajouté que deux sociétés soumissionnaires avaient même saisi le deuxième vice-président de la République pour qu'il mette fin à ces irrégularités. Le responsable de la société A.M.C. qui a gagné ce marché a contacté la rédaction pour souligner que malgré tout le bruit orchestré autour de ce dossier, les deux sociétés RUTA COMPANY et CHIMUSA Em. Nyankiye ne sont pas les moins disantes pour le marché de fourniture de 2.300 tonnes d'engrais à la direction générale de l'agriculture.
En effet, a-t-il expliqué, la commission centrale des marchés publics a ignoré le rabais de 3% consenti par la société A.M.C. alors que les rabais sont autorisés par les dispositions légales et réglementaires des marchés publics. Après ce rabais, a poursuivi le même responsable, l'offre de A.M.C. est de 855.336.203 Fbu, alors que la proposition d'attribution en 2 lots séparés serait de 878.186.662 Fbu, soit un écart de 22.850.459 Fbu. Par ailleurs, a-t-il ajouté, dans cet appel d'offres, il n'est écrit nulle part que le marché devait être adjugé lot par lot. Le ministre de l'agriculture et de l'élevage et celui des finances ont décidé de donner raison à la sous-commission technique qui, selon eux, a fait une analyse objective des offres en désavouant la commission centrale des marchés. Il faut rappeler, a-t-il conclu, que la même commission centrale est à la base de nombreux litiges, tel que le marché d'informatisation de l'INSS, le marché de fourniture de la centrale téléphonique de l'ONATEL, etc.
Burundi - Sécurité.
La commune de Nyanza-Lac toujours menacée par les terroristes génocidaires.
Makamba, le 10 juillet 2001 (Net Pess). La commune de Nyanza-Lac en province de Makamba a été attaquée à la fin de la semaine dernière par des terroristes-génocidaires en provenance de la Tanzanie. Au cours de cette attaque, aucun dégât humain n'a été déploré, mais ces criminels ont emporté un troupeau de 40 vaches dans leur mouvement de fuite. Selon nos sources sur place à Kigoma en Tanzanie, ces terroristes-génocidaires intensifient actuellement leurs entraînements dans le but de lancer prochainement une attaque "d'envergure" contre la ville de Bujumbura via la RD Congo. Précisons enfin que les mouvements de ces criminels sur le lac Tanganyika ne sont plus signalés. C'est pour cette raison que la pêche qui avait été suspendue depuis deux semaines a repris le week-end dernier au Sud du pays.
Burundi - Tanzanie - Sécurité.
Vers le début de collaboration entre les autorités des provinces burundaises et tanzaniennes ?
Kigoma, le 10 juillet 2001 (Net Press). Selon des sources sur place à Kigoma, la collaboration au niveau de la sauvegarde de la sécurité entre les autorités provinciales de Kigoma et Cankuzo commence à être effective. En effet, les forces de l'ordre tanzaniennes ont détruit le 25 juin 2001 des campements des terroristes-génocidaires sur la frontière commune. Ces derniers ont fui, certains vers l'intérieur de la Tanzanie, d'autres vers le Burundi. Cette attitude a été interprétée par les responsables des provinces burundaises frontalières à la Tanzanie comme une amorce d'une collaboration entre elles et le district de Kigoma.
Du côté burundais, les autorités provinciales de Cankuzo viennent d'arrêter 2 bandits qui venaient de voler des vaches en Tanzanie. Ces derniers avaient attaqué le chef de secteur de Mukobora (Tanzanie), le "Katibukata" (chef de secteur) Minani. Ils lui avaient alors volé 5 vaches avant de le prendre lui-même en otage pour le libérer plus tard après avoir foulé le sol burundais. Ses ravisseurs l'ont intimidé au moyen des fusils locaux (Mugobore).
Arrivés au Burundi, ces bandits ont été interceptés et 3 vaches récupérées. Ces voleurs se trouvent entre les mains de la police et les vaches sont gardées à la position militaire de Camazi (commune Gisagara) en attendant d'être restituées à leur propriétaire. Ce vol avait nourri beaucoup de spéculations au sein des autorités tanzaniennes qui avaient déjà officiellement accusé les forces de l'ordre burundaises d'être les instigateurs de ce vol. En effet, ces autorités avaient déjà écrit à l'administrateur communal de Cendajuru pour protester contre ces "incursions militaires". Heureusement, la capture de ces bandits a apaisé les esprits de part et d'autre. Malgré tous ces signes de bonne volonté, les autorités du district de Kigoma continuent à fuir tout contact avec leurs homologues burundais pour mettre un terme à l'état d'insécurité sans cesse observé sur la frontière commune.
