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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Sécurité.

Le Palipehutu-Fnl en débandade après la mort quasi-certaine d'Agathon Rwasa.

Bujumbura, le 11 juin 2002 (Net Press). C'est ce week-end et plus exactement ce samedi 8 juin 2002 qu'a eu lieu la levée de deuil partielle au domicile de Léonce Ngendakumana (ancien président de l'assemblée nationale) d'Alexandre Niyonzima et de son frère Hyacinthe Nibigira, tous deux tués, il y a quelques semaines, alors qu'ils se trouvaient en compagnie de l'ancien porte-parole du Palipehutu-Fnl, Anicet Ntawuhiganayo. Ce dernier a été soupçonné par la garde rapprochée de son supérieur hiérarchique, Agathon Rwasa, de préparer un attentat contre celui-ci et a été ainsi abattu de même que les deux frères susmentionnés, proches eux, du Cndd-Fdd. L'un d'eux, en l'occurrence Alexandre Niyonzima, est connu pour être l'un des signataires d'une lettre ouverte au président Buyoya en 1988. Cet ancien étudiant en agronomie à l'université du Burundi se préparait alors à se réfugier en Suisse.

A l'heure actuelle, on ne sait toujours pas pourquoi ils ont été abattus mais est-il qu'ils étaient, à ce moment précis de fusillade inter-Palipehutu, aux côtés d'Anicet Ntawuhiganayo. On apprend d'autre part que le chef du Palipehutu-Fnl, M. Agathon Rwasa, aurait finalement succombé à ses blessures ce samedi 8 juin 2002. Selon d'autres sources par contre, cette mort serait intervenue dans la journée de jeudi 6 juin 2002. Sa garde rapprochée avait essayé par tous les moyens de l'évacuer sur Naïrobi pour essayer de sauver sa vie grâce à des soins intensifs, mais en vain en raison de l'étau de l'armée nationale qui ne s'est jamais desserré depuis plusieurs jours.

Du coup, les Fnl, privés de leur chef "charismatique", ne savent plus à quel saint se vouer, surtout qu'il y a de sérieuses dissensions internes au sein de ce mouvement. Une aile, constituée essentiellement d'ex-FAR (ex-forces armées rwandaises de l'ancien président Juvénal Habyalimana) ou de Burundais anciennement réfugiés au Rwanda, réclame aujourd'hui des négociations "régionales" incluant le Rwanda, la RDC et bien entendu le Burundi. Ces Rwandais, impliqués dans leur majorité dans le génocide de 1994 ne voient pas en effet quelle serait leur place dans le Burundi d'après le cessez-le-feu et souhaiteraient rentrer dans leur pays. Raison pour laquelle ils voudraient que leur pays d'origine soit impliqué dans les négociations de paix au Burundi. Mais Agathon Rwasa, qui ne voulait tout simplement pas de négociations avec le gouvernement burundais, a tout fait pour étouffer cette note discordante de ses alliés rwandais.

Burundi - Enseignement.

La rencontre des syndicalistes et le représentant du ministre de tutelle se solde par un nouvel échec.

Bujumbura, le 11 juin 2002 (Net Press). Même si le vice-président de la République, M. Domitien Ndayizeye avait haut et fort déclaré que les négociations avec les enseignants sont terminées et qu'elles ne pourraient reprendre ni aujourd'hui, ni demain, certains partenaires de l'éducation restent convaincus que les négociations entre les syndicalistes et le gouvernement restent indispensables pour clôturer définitivement le dossier. La rencontre qui était prévue entre le ministre de tutelle et les syndicalistes dans l'après-midi du lundi 10 juin 2002 n'a pas eu lieu, pour la simple raison que le ministre Prosper Mpawenayo n'avait pas répondu à ce rendez-vous et avait préféré déléguer son chef de cabinet. Celui-ci a eu du mal à s'entretenir avec les syndicalistes. En effet, alors qu'ils s'attendaient à une communication qui va dans le sens de la résolution des problèmes qui se posent aujourd'hui dans l'enseignement, le chef de cabinet au ministère de l'éducation leur a présenté un document parlant d'une commission de suivi des conclusions issues des négociations entre le gouvernement et les syndicats des enseignants. Ces derniers l'ont immédiatement rejeté, ne voyant pas l'opportunité de cette commission. Celle-ci analyserait des conclusions, selon le président du CONAPES, dont certaines ont été "foulées au pied" par le conseil des ministres de la semaine écoulée. C'est pour cela qu'ils ont décidé de sortir illico de la salle de réunion.

Signalons qu'une nouvelle rencontre entre les représentants des syndicats et le vice-président de la République vient s'est tenu à la mi-journée de ce 11 juin 2002, dans son cabinet. Au cours de cette réunion, le vice-président leur a présenté un document axé sur 34 points soulevés lors des négociations. Ses interlocuteurs lui ont demandé un peu plus de temps pour pouvoir analyser ce document.

Burundi - Droits de l'homme.

Le camp des réfugiés Banyamulenge de Rugombo démantelé sous la supervision d'une délégation du HCR.

Cibitoke, le 11 juin 2002 (Net Press). Les Banyamulenge qui avaient élu domicile en province Cibitoke après avoir fui les affrontements qui font rage à l'Est de leur pays ont été refoulés ce matin du camp de réfugiés de Rugombo, sans façon. En effet, ils ont été condamnés à l'errance par la destruction systématique de leur camp et ce, sous les yeux d'une délégation du HCR et du conseiller principal du gouverneur de la province de Cibitoke.

Selon des sources sur place à Cibitoke, cette scène pitoyable de la démolition des sheetings du camp de réfugiés de Rugombo a commencé aux environs de 7h quand la population du quartier swahili et des secteurs voisins a afflué vers ce site, visiblement très motivée et intéressée pour le mettre complètement à terre. Avant la démolition du site, le conseiller principal du gouverneur de la province avait fait savoir à ces réfugiés qu'ils viennent de perdre désormais le statut de réfugiés et que ceux qui le peuvent n'ont qu'à chercher des cartes de résidence pour étranger afin de ne pas être considéré comme des irréguliers.

Sur place à Cibitoke, on s'interroge encore sur les raisons d'ordonner une telle démolition de ces maisons de fortune alors que le HCR avait retiré à ces pauvres Banyamulenge leur statut de réfugié. Il aurait été plus humain pour le HCR, selon la même source, de laisser à ces Banyamulenge au moins leurs maisons de fortune après avoir suspendu son assistance.

Sous un soleil accablant, les malheureux refoulés essayent pour le moment de chercher un abri pour leurs enfants qui pleurent déjà, faute d'avoir eu de quoi mettre sous la dent depuis le matin. Soulignons que cette mesure pour le moins"draconienne" est intervenue après que ces Banyamulenge eurent refusé d'être transférés à Muyinga en commune Gasorwe, puisque les ressortissants de cette province n'avaient pas caché leur hostilité face aux Banyamulenge.

Burundi - Media.

Le paysage médiatique burundais s'enrichit d'un nouveau-né : le bimensuel "Notre Terre".

Bujumbura, le 11 juin 2002 (Net Press). Alors que la presse écrite était quasiment morte depuis plusieurs années, un bimensuel spécialisé dans l'environnement a vu le jour ce lundi 10 juin 2002. Il a pour nom "Notre Terre" et pour directeur des publications M. Victor Mubwigiri (journaliste à l'agence burundaise de presse) qui se dit "très préoccupé par la dégradation sans cesse croissante de l'environnement" de son pays. M. Mubwigiri s'est par ailleurs déclaré révolté par "les gens qui profitent de l'impunité ambiante, de leurs postes de responsabilité et de l'insécurité pour justifier l'abattage irresponsable, systématique et irrégulier des bois de forêts", alors que cela a évidemment un impact négatif sur le climat et la santé des habitants de ce pays, même si très peu de gens s'en rendent compte. Face à cette situation, le directeur de "Notre Terre" estime que le temps des discours est "largement dépassé" et qu'il faut aujourd'hui des actions concrètes. Raison pour laquelle il va jusqu'à réclamer des sanctions pour tout contrevenant, petit ou grand, à de bonnes manières en matière de sauvegarde de l'environnement.

Burundi - Justice.

Le parquet de Bujumbura accusé de violation du code de procédure pénale.

Bujumbura, le 11 juin 2002 (Net Press). L'avocat Prosper Niyoyankana, qui défend un certain Eliachim Nzohabonimana, vient d'adresser une correspondance au procureur général de la République pour lui demander de libérer ce prévenu qui a été arrêté dans l'"irrespect total des règles de procédure ce mercredi 5 juin 2002 par le parquet de la mairie de Bujumbura". Dans cette correspondance, Me Niyoyankana a fait savoir que son client avait été provisoirement libéré par le juge à l'issue de l'audience de la chambre de conseil du 17 avril 2002 et que le parquet n'avait pas interjeté appel contre l'ordonnance. Il avait plutôt donné son accord le 23 avril 2002.

C'est pourquoi l'avocat considère qu'il est "irrégulier et contraire à la loi que le même parquet sous la pression d'un supérieur hiérarchique, puisse violer l'ordonnance précitée alors qu'aucune des conditions auxquelles avait été soumise cette décision n'a été violée par l'intéressé". Le même avocat souligne qu'il adresse cette correspondance au procureur général de la République puisqu'il est la plus haute autorité du ministère public chargée de surveiller l'exécution des lois, règlements et décisions de justice. Aussi, l'avocat demande-t-il au procureur général de la République de "redresser cette procédure en ordonnant la libération du prévenu Nzohabonimana".