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Bujumbura-Burundi.

Spécial Transition.

Burundi - Processus de paix.

Quel ouf de soulagement pour Buyoya ?

Bujumbura, le 11 juillet 2001 (Net Press). Le processus d'Arusha semble toucher à sa fin. Serait-t-il arrivé à son but ? On pourrait se demander quel était finalement son but. La double question ne manque pas d'intérêt quand on analyse les résultats combien mitigés après 4 ans de négociations entre le gouvernement, les partis politiques agréés et les organisations génocidaires qui mènent la guerre contre les citoyens burundais. Le mini-sommet de Lusaka en marge du 37e sommet de l'OUA, le 8 juillet 2001, vient d'accoucher d'une tentative de sortie du blocage quant à la gestion de transition en tranches.

Le président Buyoya vient d'avoir sa part de gâteau, à savoir la gestion de la première tranche de 18 mois assortis des conditions draconiennes qui mettent à genou une partie des Barundi, soi-disant représentés par le G10 qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Buyoya peut cependant pousser un ouf de soulagement! Il vient de décrocher les 18 mois au prix d'efforts herculéens déployés depuis 2 ans. 18 mois pour le G10 ou plutôt pour Buyoya III et après lui le déluge, tel Buyoya en juin 1993 laissant derrière lui ses électeurs se faire emporter par le déluge promis par Ndadaye et son parti Frodebu. La suite on la connaît avec le génocide d'octobre 1993 qui emporta plus de 200.000 Tutsi pour leur ethnie et de Hutu pour leur refus à adhérer à l'idéologie du Frodebu. L'aboutissement du processus d'Arusha ressemble beaucoup au processus de démocratisation initié par le même Buyoya.

M. Domitien Ndayizeye, co-listier de Buyoya pour la gestion de la transition en tranches est sans doute le grand vainqueur du marathon d'Arusha. Il vient de décrocher une vice-présidence et une présidence pour deux périodes de 36 mois. A travers lui, le G7 ou le Frodebu viennent de marquer des points importants. Ce parti et ses satellites peuvent se targuer d'un bilan largement positif : un génocide impuni et amnistié, des crimes de toutes sortes et l'angélisation des bourreaux et la criminalisation des victimes avec la bénédiction de la communauté internationale prête à mobiliser une armada des milliers de soldats pour protéger les auteurs des pogroms de Kibimba, Butezi, Ryansoro, Buta, Teza, Bugendana, etc. En prime de tout cela, une ouverture à des élections "un homme une voix" dans une république bananière où la majorité s'acquiert par nature et définitivement.

Dans tout cela, le dindon de la farce, si Buyoya s'impose, est ces partis du G10 qui ont toujours voulu se montrer en une force qui compte alors qu'ils ne valent qu'un homme aux intérêts différents de ceux de la catégorie qu'ils représentent. Ils sont allés à Arusha pour bénir les ambitions d'une candidature de 18 mois.

Mais plus que le dindon de la farce, ce sont ces Burundais victimes de l'idéologie génocidaire développée par des organisations du G7 qui sont les grands perdants de l'accord de Pretoria. Ils peuvent se sentir traqués par une mort imminente dans une transe qui annonce la fin de l'histoire : leurs bourreaux vont leur être imposés comme protecteurs à la manière du loup et de l'agneau. Ceux qui avaient cru dans la justice se voient aujourd'hui imposés le silence car leurs bourreaux en prison sont désormais des "prisonniers politiques" et Buyoya doit souscrire au secours de la morale universelle, ou leur dira que les Milosevic ne sont pas sous les tropiques. Le droit humanitaire international ne peut pas voler au-dessus des milles et une collines burundaises.

En clair, Arusha a atteint ses objectifs bien définis ailleurs par quelques Burundais aidés par la communauté internationale pour le bonheur des uns et le malheur des autres. On est loin de la paix qu'on a toujours chantée au lendemain de nombreux rounds de négociations d'Arusha. La guerre continue, la liste des victimes s'allonge, le duo Buyoya-Ndayizeye peut diriger le pays, peu importe les têtes qui ne cessent de tomber par le glaive des partisans du G7 : les Barundi ont encore à pleurer.

Burundi - Transition.

Mandela parvient à imposer Buyoya comme président de la première tranche de la transition, l'opposition tutsi crie au scandale.

Pretoria, le 11 juillet 2001 (Net Press). Le facilitateur dans les négociations inter-burundaises, M. Nelson Mandela, est donc parvenu à imposer l'actuel chef de l'Etat comme président de la première tranche de la transition, à l'isssue des consultations marathon (12 heures) avec les signataires de l'accord d'Arusha présents à Pretoria. Seuls 5 partis pro-Bayaganakandi (Raddes, MSP-Inkinzo, PIT, Anadde et PRP) ont jusqu'à présent refusé de céder au diktat du vieux médiateur. Ils ont demandé un temps de réflexion et de consultation avec leurs bases de Bujumbura.

Selon Nelson Mandela qui a tenu une conférence de presse hier soir à 21 heures, pour annoncer officiellement sa "percée" dont il avait fait état au sommet de l'OUA à Lusaka, c'est le président Buyoya qui doit être investi parce qu'ayant recueilli l'appui des chefs d'Etat de la région auxquels s'était joint le leader libyen Kadhaffi. Mandela a procédé comme il avait fait pour la signature de l'accord d'Arusha en août 2000, c'est-à-dire par forcing. Ainsi, la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi, qui avait pourtant reçu l'appui de 8 partis sur les 10 du G10, a été abandonnée et le leader du Parena, Jean-Baptiste Bagaza qui pouvait être génant, n'a pas été convié à cette rencontre.

Le Frodebu et le G7 ont donné leur appui total au tandem Buyoya - Ndayizeye tout en exigeant que leurs "conditionnalités" soient prises en compte. Ils ont aussi réussi à faire accepter auprès du médiateur que soit accordée la présidence de la première tranche de la transition à celui qui accepte ses conditions. Ce qui fait dire à la communauté tutsi que si ce choix est confirmé, les partis ultra-hutu auront remporté une victoire de plus, après l'imposition d'un accord dit de paix mais dont l'essentiel des dispositions reflète uniquement les points de vue du G7. On se rappelle que dans leurs "conditionnalités et garanties pour la mise en application de l'accord d'Arusha", le G7 moins le Cndd exigeait l'abandon pur et simple des réserves émises par les partis du G10 (pro-tutsi) et le gouvernement, mais aussi la venue des troupes étrangères au Burundi. C'est notamment à ces exigences qu'a accédé l'actuel chef de l'Etat (voir "les engagements de M. Buyoya pour assurer la transition" sur www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Dans le camp hutu, c'est évidemment la jubilation. Ainsi, selon le président de l'assemblée nationale, M. Léonce Ngendakumana que la rédaction a réussi à joindre par téléphone ce matin, "c'est une très bonne chose que ce choix ait été fait car la mise en place des institutions de transition constituait une barrière psychologique pour l'application de l'accord d'Arusha". Il a ajouté que les partis pro-Bayaganakandi "n'ont pas de choix et devront accepter celui qui a été fait hier soir". Pour lui, qui qu'il soit qui accepte que l'accord soit appliqué était le bienvenu.

Le président Buyoya devrait réaffirmer son acceptation des conditions susmentionnées durant le sommet régional sur le Burundi qui se tiendra le 23 juillet 2001 à Arusha. Les délégués ont quitté Pretora pour Bujumbura via Naïrobi à la mi-journée de ce 11 juillet 2001.

De leur côté, les partis pro-Bayaganakandi ont rendu public ce 11 juillet 2001 un communiqué dans lequel ils "rappellent que le rôle du président Mandela se limite à la facilitation, et le cas échéant, à la médiation, pendant que le rôle de la sous-région et de la communauté internationale est du domaine de l'encadrement, des conseils et des garanties d'applications". Ils réaffirment leur soutien au colonel Bayaganakandi et mettent en garde contre "tout ce qui s'écartera des choix des 19 et 20 mars 2001" qui devra être rejeté. (voir ce communiqué sur www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Pour le Parena enfin, la "proposition faite hier soir est d'autant plus rejetable que, outre que c'est la poursuite du partenariat qui a été consacrée à Pretoria, le candidat retenu a accepté de se soumettre à des conditionnalités proposées par les Hutu alors que ces conditions font partie intégrante des réserves non encore discutées". Il s'agit notamment, selon le porte-parole de ce parti, M. Zénon Nimubona, de la venue des troupes étrangères, de la composition et de la durée des institutions de transition. Le Parena rejette donc le choix fait, car "il est inadmissible que le Frodebu qui règne déjà se passe encore une fois le témoin pour 36 mois encore". Signalons qu'après 18 mois, le président Buyoya a accepté de céder le pouvoir à Domitien Ndayizeye, qui sera secondé par un homme ou une femme désignés par l'actuel chef de l'Etat, apprend-on dans son entourage.

 

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