NET PRESS

Burundi - Société - Economie.
Les consommateurs et les petits commerçants s'alarment de l'augmentation des prix du carburant.
Bujumbura, le 11 septembre 2002 (Net Press). "On se dirige tout droit vers la calamité puisque la situation du consommateur burundais qui était déjà intenable devient aujourd'hui tout simplement indescriptible". C'est en ces termes qu'a commenté le porte-parole de l'association burundaise des consommateurs (ABUCO), M. Audace Kambayeko, l'augmentation des prix du carburant par le ministère du commerce et de l'industrie. "On nous avait dit que la dévaluation du franc burundais avait été décidée dans l'intérêt du pays et de ses habitants, car les fonds promis par les bailleurs de fonds internationaux, en particulier la banque mondiale, allaient aussitôt être débloqués, mais l'heure est plutôt au désenchantement", a ajouté M. Kambayeko. Car, selon lui, cette décision du ministère du commerce est "vraiment contradictoire" par rapport à ce que le consommateur burundais était en droit d'attendre des pouvoirs publics, surtout quand on sait, a-t-il ajouté, qu'il y a à peine quelques jours la banque mondiale a annoncé le décaissement de 54 millions de dollars en faveur du Burundi.
Il s'est dit choqué par le fait que les autorités font "comme s'il s'agissait simplement de calculs mathématiques, sans prendre en considération l'aspect humain de la chose". Il fallait, a-t-il expliqué, prévoir des balises pour que la situation déjà intenable du consommateur burundais ne s'empire davantage en mettant par exemple à contribution le "fonds spécial carburant". En effet, a poursuivi le porte-parole de l'Abuco, ce fonds est en principe chargé de stabiliser les prix du carburant pour que, compte tenu des faibles moyens du consommateur burundais, ils ne suivent pas les fluctuations quasi-constantes sur les marchés internationaux. Or, a-t-il ajouté, la gestion de ce fonds est "tout autre, pour ne pas dire opaque".
D'après le porte-parole de l'Abuco, cette décision est d'autant plus mal venue qu'elle aura naturellement des incidences négatives sur les prix des autres produits, même de première nécessité, qui devraient connaître une flambée énorme dans les prochains jours. Il a en outre regretté, une fois de plus, que les consommateurs n'aient pas été associés à la prise de cette mesure, pourtant les concernant au premier chef.
Il a d'autre part déclaré que cette mesure est d'autant plus étonnante qu'elle a été prise alors que le prix du baril a chuté depuis un certain temps. A noter néanmoins que cette information a été démentie par un pétrolier contacté par la rédaction qui a indiqué, sous couvert de l'anonymat, que ce prix est passé en très peu de temps, de 21 dollars le baril à 29 dollars. Le même pétrolier a ajouté qu'il faudrait plutôt féliciter le gouvernement qui a tout fait pour ne pas trop augmenter les prix à la pompe du carburant. Car, selon lui, s'il fallait simplement prendre comme référence les prix internationaux, ceux à la pompe devraient être de 800 Fbu le litre d'essence super et non de 780 Fbu comme l'a décidé le ministère du commerce. Ce dernier a donc revu à la baisse, selon le même opérateur économique, certaines taxes qui figuraient dans l'ancienne structure des prix du carburant (datant, rappelons-le, de janvier 2002). Sans oublier, a-t-il poursuivi, qu'il y a eu dévaluation de la monnaie locale, "or, on importe en devises fortes".
Signalons d'autre part que les petits commerçants rencontrés ce matin au marché central de Bujumbura se sont montrés eux aussi inquiets de cette hausse des prix du carburant qui affectera nécessairement les prix de leurs produits. "Etant donné les revenus assez limités de nos clients, il est évident que nous aurons de plus en plus de difficultés pour écouler nos produits, les travaileurs burundais n'ayant bénéficié d'aucune hausse de leurs salaires", a fait observer Pascal, un jeune commerçant au marché central de la capitale. Un autre a renchéri en expliquant qu'il faudra que tous les petits commerçants se rabattent, pour survivre, sur le commerce des produits de première nécessité comme les denrées alimentaires dont l'achat est incontournable pour tout humain. Sinon, a-t-il indiqué, "nous risquons tous de disparaître car plus personne n'aura les moyens d'acheter des produits tels que les vêtements qui passeront désormais, pour une bonne partie des consommateurs, comme du superflu ou au mieux du luxe".
Rappelons que selon l'autorité du ministère du commerce et de l'industrie, l'augmentation de 8% décidée ce 10 septembre 2002 est due à "l'ajustement monétaire dicté par la banque mondiale" et à l'augmentation du prix du pétrole sur le marché mondial qui est passé dernièrement de 21dollars le baril à 30 dollars. Le prix à la pompe sera désormais de 780 Fbu le litre pour l'essence super (contre 720 Fbu jusque-là), de 730 Fbu le litre de gasoil (contre 670 Fbu), et de 710 Fbu pour le pétrole lampant (contre 650 Fbu jusque-là).
Burundi - Enseignement.
La suspension de l'ancienne direction du syndicat Conapes confirmée par l'assemblée générale.
Bujumbura, le 11 septembre 2002 (Net Press). En dépit du déploiement des forces de l'ordre au cercle universitaire de Bujumbura, lieu habituel de la tenue des réunions du syndicat Conapes, une rencontre des membres de ce syndicat a pu avoir lieu à l'école privée "Lycée de l'Avenir" sous la présidence d'Aloys Niyongabo, président du comité exécutif provisoire du Conapes depuis le 13 juillet 2002. Celui-ci a informé les participants à cette assemblée générale que cette réunion se tient dans la légalité la plus absolue. En effet, a-t-il expliqué, "nous avons authentifié le procès-verbal de la réunion du 13 juillet 2002 et nous disposons pour le moment d'un acte notarié signé le 29 juillet 2002, ce qui atteste notre légalité". Il a déclaré ne pas pourtant comprendre pourquoi les forces de l'ordre et certains agents de la documentation nationale s'activent à investir les lieux de la réunion pour empêcher sa tenue. Les membres de l'assemblée générale du Conapes ont déploré le comportement du comité exécutif sortant présidé par M. Philibert Ngezahayo qui continue à mettre les bâtons dans les roues du nouveau comité exécutif alors que c'est désormais ce dernier qui jouit de toute la légitimité.
M. Niyongabo a néanmoins déploré le fait qu'aucune rencontre avec les hautes autorités en l'occurrence le vice-président de la République qui gère le dossier des enseignants, et le ministre du travail ayant dans ses attributions les syndicats, n'a eu lieu. Il a souligné que le gouvernement garde un oeil bienveillant au comité exécutif déchu le 13 juillet 2002 comme si c'était lui qui l'avait élu au moment où il manifeste une méfiance totale à l'égard du nouveau comité pourtant légitime et désormais légal.
Les participants à cette assemblée générale ont condamné les agissements de M. Philibert Ngezahayo, président du comité exécutif déposé. C'est ainsi que ce dernier a retiré sur le compte de ce syndicat une somme de 120.000 Fbu ce 28 août 2002 et ce pour ses intérêts personnels alors qu'il n'en avait nul droit, selon le président de la séance, M. Aloys Niyongabo. Il a tenu à démentir publiquement les "allégations" du comité sortant selon lesquelles le nouveau comité exécutif a pour objectif de paralyser les activités scolaires de cette année scolaire dont l'ouverture est proche.
A la fin de cette réunion, les membres de cette assemblée générale ont procédé à la confirmation du comité exécutif qui est devenu définitif. Ils ont également décidé de suspendre du syndicat pour une durée de trois mois les membres de l'ancien comité exécutif qui se sont comportés en déstabilisateur du nouveau comité. Il s'agit, peut-on lire dans un communiqué de presse, de leur accorder un délai à même de "leur permettre de s'amender". Les personnes visées sont MM. Philibert Ngezahayo, Emmanuel Mashandari, Didier Ninteretse, Philippe Ndikumana et Balzac Ndayizeye, tous membres de l'ancien comité exécutif et qui avaient été suspendus de leurs postes respectifs en date du 13 juillet 2002.
A noter enfin que les membres de l'assemblée générale du Conapes entendent engager des poursuites judiciaires à l'encontre de leur ancien président, M. Philibert Ngezahayo, pour s'être arrogé le droit de retirer de l'argent sur le compte du syndicat alors qu'il n'en avait aucune prérogative.
Burundi - Economie.
Les raisons de la flambée du prix de l'huile de palme.
Makamba, le 11 septembre 2002 (Net Press). Aujourd'hui, on en sait un peu plus sur les raisons qui font que le prix de l'huile de palme, produit pourtant local, connaît de perpétuelles hausses depuis quelques jours. D'après nos enquêtes, cela est lié à l'exportation légale (le ministère du commerce ayant délivré des licences d'exportation à certains commerçants de Nyanza-Lac et sa région) et illégale, très massive ces derniers jours, de cette denrée vers Kigoma (Tanzanie). Dans cette ville serait en effet installé un expatrié (Blanc) qui transformerait l'huile de palme en d'autres produits divers.
Ainsi donc, en moins d'une semaine, le prix d'un fût d'huile de palme (en moyenne 200 kg) est passé de 45.000 Fbu, à Nyanza-Lac et sa région, mais aussi à Rumonge, à plus de 60.000 Fbu. Les producteurs locaux qui en étaient désespérés, il n'y a pas longtemps, en pensant qu'ils ne trouveraient pas de clients, sont aujourd'hui aux anges, contrairement à l'administration locale. Celle-ci craint en effet que les hommes d'affaires locaux fassent ces exportations plutôt de nuit en passant par les ports de Mvugo et Muguruka notamment pour échapper aux impôts et autres taxations. En outre, ils ne ramènent pas de devises fortes mais des shillings tanzaniens.
La production n'ayant pas suivi le rythme de ces exportations massives, il faudrait que le ministère du commerce et de l'industrie se montre plus regardant en délivrant les licences d'exportation de l'huile de palme, pour en définitive ne pas créer une pénurie de ce produit au pays, pense-t-on sur place à Nyanza-Lac. Le ministère du commerce est donc invité à emboîter le pas à celui de l'intérieur qui a dernièrement donné ordre à tous les services chargés de la surveillance des frontières de bloquer l'exportation illégale du riz vers les pays voisins. A noter que cette dernière mesure a permis de stabiliser le prix du riz sur le marché local, même si aujourd'hui celui-ci risque apparemment de connaître une nouvelle envolée en passant de 300 Fbu ces derniers jours à 400 aujourd'hui.
USA - Terrorisme.
Les Etats-Unis commémorent le premier anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre.
New York, le 11 septembre 2002 (Net Press). Les USA ont commémoré en ce jour le 1er anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les cérémonies se sont déroulées à New York sur "Ground Zero", lieu où naguère étaient situées les deux tours, symboles du capitalisme triomphant.
A New York, le maire de la ville a adressé un message de circonstance à l'assistance. Une foule en émoi avait fait le déplacement, des drapelets à la bannière étoilée dominait la foule, des fleurs, des portraits des victimes étaient brandis par les personnes présentes, etc. Une longue lecture des noms des 3800 victimes, ouverte par l'ex-maire de New York, M. Rudolph Juliani, a dominé les cérémonies où leurs proches se succédaient pour prononcer leurs noms.
A Washington où les cérémonies ont eu lieu au Pentagone, le président Bush a prononcé un discours de circonstance. Une minute de silence a été ensuite observée. Comme à New York, des chants religieux ont dominé les cérémonies comme si la puissante Amérique était devenue un Etat théocratique. Ailleurs, on a commémoré l'événement, chacun à sa façon.
Ainsi par exemple, à Bujumbura, l'ambassade de ce grand pays a organisé une exposition dite "Headlines of History" ( A la une de l'Histoire). Mais dans le commun des mortels de Bujumbura, les gens étaient indifférents et parfois accusaient les Etats-Unis d'être eux-mêmes responsables de leur triste sort pour avoir pratiqué une politique de deux poids deux mesures en ce qui concerne la question du Moyen-Orient. D'autres se disent que le 11 septembre n'est pas si douloureux que les 9 ans de terrorisme-génocide que connaît le Burundi dans l'indifférence totale de toutes les Nations dites civilisées, dont les USA. Ces derniers et le reste de l'Occident ont même soutenu et encouragé les négociations entre les victimes et les terroristes-génocidaires burundais, murmurent des habitants de la capitale sous la hantise permanente du terrorisme du Palipehutu et du Cndd. Certains se sont même permis d'ironiser en disant : "Et si George Bush acceptait de négocier avec Ben Laden et son organisation terroriste Al Qaida comme Bujumbura a négocié avec les terroristes-génocidaires du Cndd, Palipehutu et Frolina !"
