NET PRESS
Burundi - Politique.
Six partis du G10 mettent en garde le gouvernement et l'assemblée nationale contre "toute tentative d'imposer l'impunité comme mode de gouvernement".
Bujumbura, le 12 mai 2002 (Net Press). Six partis politiques du G10 à savoir l'Abasa, l'Anaddé, le MSP-Inkinzo, le PIT, le PRP et le Raddes, viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils réaffirment leur soutien aux "conclusions pertinentes" contenues dans la déclaration du 2 mai 2002 du groupe parlementaire contre le génocide et l'exclusion et pour la réhabilitation du citoyen sur les trois projets de loi controversés à l'assemblée nationale. C'est pourquoi ces partis demandent à cette institution de les renvoyer au gouvernement pour que ce dernier les envoie à son tour à la CSA afin qu'elle en vérifie officiellement la conformité ou non à l'accord d'Arusha.
Cette déclaration a été rendue publique après que les présidents de ces partis eurent réuni leurs représentants dans les institutions de transition pour une séance d'évaluation de leur participation à la mise en application de l'accord d'Arusha. Au cours de cette réunion, un débat riche et approfondi sur les travaux de l'assemblée nationale et en particulier sur les trois projets controversés.
Les 6 partis réaffirment en outre leur opposition catégorique à toute "manipulation de l'accord, à la confiscation de celui-ci par les partis Uprona et Frodebu et mettent en garde le gouvernement et l'assemblée nationale contre toute tentative d'imposer l'impunité comme mode de gouvernement au mépris de l'esprit de justice et du respect dû aux victimes". Selon les mêmes partis, il est "inconcevable qu'au moment où le gouvernement entame des négociations avec des terroristes génocidaires, il se permet de maintenir des citoyens honnêtes dans une dictature sans nom en les privant de liberté d'expression et de liberté tout court et de façon arbitraire". Ils remercient les "jeunes patriotes qui se sont mobilisés pour exprimer leur désapprobation farouche et leur refus de mourir, d'être oubliés" et demandent au gouvernement de procéder rapidement et sans condition à la libération de M. Diomède Rutamucero, ainsi qu'à celle de 9 jeunes gens incarcérés par la PSP à Kigobe depuis le 2 mai 2002.
Burundi - Enseignement.
Le syndicat CONAPES maintient son mot d'ordre de grève.
Bujumbura, le 12 mai 2002 (Net Press). Malgré de longues discussions entre le ministre de l'éducation nationale et les syndicats des enseignants, le CONAPES (conseil national du personnel de l'enseignement secondaire) déclare qu'il n'a pas encore levé son mot d'ordre de grève pour le 13 mai 2002. Pour prendre une telle décision, indique la direction de ce syndicat, la base doit être au préalable consultée. C'est ainsi qu'une assemblée générale des membres de ce syndicat est prévue le 14 mai 2002 au cercle universitaire.
Les dirigeants des syndicats STEB, SLEB et Conapes avaient rencontré le ministre de l'éducation nationale ce 10 mai 2002 pour des discussions qui ont duré plus de 5 heures. Signe que les négociations étaient ardues, ces discussions ont repris le lendemain, quand le ministre Mpawenayo a reçu le renfort de son collègue de la fonction publique, M. Festus Ntanyungu. A l'issue de ces 2 "séances de travail", les deux ministres ont signé un communiqué conjoint qui avait pour but de rassurer les enseignants que leurs revendications allaient être analysées dans les meilleurs délais et leur ont promis notamment de revoir à la hausse la rémunération accordée lors de la surveillance et de la correction du concours national et du test de la 10è.
Un seul point a constitué une pierre d'achoppement, puisque selon les ministres Ntanyungu et Mpawenayo, les dirigeants des 3 syndicats enseignants vont se joindre à l'administration du ministère de l'éducation nationale pour faire arrêter la grève alors que pour les dirigeants syndicaux, la base devra d'abord être consultée et c'est son point de vue qui devra primer. Rappelons que les enseignants avaient été conviés, du 10 au 11 mai 2002, à un atelier sur la promotion de la carrière enseignante où il a été recommandé d'améliorer la vie de l'enseignant en lui facilitant l'accès au logement, le recyclage ainsi que la gratuité de l'enseignement pour les enfants des enseignants fréquentant l'école secondaire.
Burundi - Détention.
La mobilisation en faveur de la libération de M. Diomède Rutamucero ne fléchit pas ...
Bujumbura, le 12 mai 2002 (Net Press). Onze jours après l'arrestation et l'incarcération à la BSR du président du mouvement d'autodéfense et anti-génocide "PA-Amasekanya", la mobilisation en faveur de sa libération ne fléchit pas. Au contraire, elle tend même à s'amplifier, puisque les habitants des différents quartiers de la capitale continuent à se relayer pour réclamer sa "libération immédiate et inconditionnelle". Après la "jeunesse en lutte contre le génocide, vivant au quartier industriel" et 124 habitants de la zone Musaga, la rédaction a enregistré ce dimanche 12 mai 2002 les communiqués de 192 rescapés du génocide des Tutsi résidant à Nyakabiga et de 89 autres vivant à Buyenzi. Tous se déclarent "mécontentés par le harcèlement permanent" de M. Rutamucero à qui il n'est reproché, selon eux, que ses convictions anti-génocide et opposées à l'impunité des crimes. Ils considèrent que le fait de le mettre au cachot plus de 10 jours, sans interrogatoire et donc sans dossier, n'honore pas du tout la justice burundaise. Raison pour laquelle ils exigent la "libération immédiate inconditionnelle" du président de PA-Amasekanya, puisque même ceux qui ont commis et commandité le génocide des Tutsi ainsi que le massacre des Hutu non-acquis à cette sale idéologie, loin d'être inquiétés, ont plutôt eu droit au soleil".
Pour sa part, le porte-parole de PA-Amasekanya, M. Gédéon Ntunzwenindavyi, considère, dans un communiqué de presse, que "le nouveau code de procédure pénale devrait être appliqué pour permettre la libération de paisibles citoyens que sont M. Diomède Rutamucero et 9 jeunes gens accusés à tort" d'appartenir à ce mouvement. Par ailleurs, M. Ntunzwenindavyi ne comprend pas du tout pourquoi c'est un officier la PSP qui est allé interroger M. Rutamucero à la BSR qui "dispose d'OPJ (officiers des polices judiciaires) autant compétents qu'expérimentés". Pour lui, c'est clair : "cela ne peut que confirmer la thèse de l'arrestation de M. Rutamucero par le Commandant de la PSP (...) qui n'a pas encore daigné se soucier des 9 victimes de la barbarie et de la brutalité de ses agents, détenus à Kigobe depuis le 2 mai 2002".
Burundi - Football.
Assemblée générale extraordinaire de la FFB : les clubs de la capitale claquent la porte ...
Bujumbura, le 12 mai 2002 (Net Press). La crise malgache serait-elle en train de faire des émules au sein du football burundais ? C'est ce qu'on est tenté de croire, au vu de la réaction spectaculaire des présidents des clubs de football de Bujumbura, à la fin de non-recevoir que venait de leur opposer le président de la FFB, M. Aimé-Moses Baransananiye. Et pourtant, le malentendu ne tenait qu'à un détail apparemment banal : l'inversion des points inscrits à l'ordre du jour à laquelle tenait inconditionnellement "la capitale", qui exigeait que l'adhésion de la ligue B à la FFB soit discutée avant l'adoption du budget. En réalité, trop de calculs étaient en arrière-plan dans la tête des uns et des autres (nous y reviendrons dans nos prochaines livraisons ainsi que sur d'autres points) et moins de trente minutes ont suffi pour que les présidents des clubs de Bujumbura claquent la porte du Novotel, avec les conséquences que les membres restants de l'assemblée générale ont tenté de minimiser, mais ... !
Certes, le président de l'association de football de Ngozi a évoqué un proverbe burundais pour fustiger l'hégémonie des clubs de Bujumbura : "Nta mpfizi yimya izindi zirorera". Certes, le président de la fédération s'est basé sur le quorum de deux tiers des membres restants de l'assemblée générale pour continuer les débats comme si de rien n'était, certes Bujumbura n'est pas à confondre avec l'ensemble du pays comme le répétait souvent l'ex-président Ntibantunganya dans un tout autre contexte, mais il ne faudrait pas minimiser les conséquences extrêmement graves qui découleraient de la situation actuelle en cas de blocage.
Optimiste, M. Baransananiye a promis qu'il allait organiser une rencontre avec ceux qu'on va désormais qualifier de "dissidents" et on ne peut que lui souhaiter bonne chance. Mais dans l'hypothèse (non souhaitable mais non impossible) où les positions resteraient figées, on ne tarderait pas à se rendre compte que ces "dissidents" de la capitale, bien que minoritaires, constituent une minorité très nuisible qu'il ne faudrait surtout pas "minoriser". Il suffirait par exemple que les clubs de Bujumbura se retirent du championnat pour que le football burundais soit vidé de son contenu. On n'en est pas encore là, mais les plus pessimistes ne manqueront pas de constater que notre foot est décidément maudit. En effet, il y a à peine six mois que la crise ouverte entre le ministre de tutelle d'alors, Gérard Nyamwiza, et la fédération avait atteint son paroxysme. Il y a 5 mois, le nouveau comité exécutif élu le 2 décembre 2001 se perdait dans des chicanes que la rédaction de Net Press avait malheureusement pressenties.
Une médiation est actuellement en cours, conduite par M. Léonard Nduwayo, pour réconcilier le secrétaire général et le reste du comité exécutif. Souhaitons-lui seulement qu'il ait plus de chances que feu Julius Kambarage Nyerere ou Nelson Mandela. Sans quoi, si l'association de football de Bujumbura démarre le championnat dès le week-end prochain, comme elle en fait planer la menace, en dehors de la FFB il ne manquera pas dans les milieux de sports des gens pour se demander qui, au sein du football burundais, est Didier Ratsiraka ou Marc Ravalomanana.