NET PRESS
Burundi - Justice - Politique.
Une partie de la classe politique se mobilise pour la libération de M. Diomède Rutamucero.
Bujumbura, le 13 mai 2002 (Net Press). Au 12è jour de la détention du président de PA-Amasekanya, les dirigeants de 6 partis du G10 (Abasa, Anadde, MSP-Inkinzo, Raddes, PIT, et PSD) et leurs représentants aux institutions de transition (gouvernement, sénat et assemblée nationale) avaient prévu ce matin de "marcher sur la BSR" ou tout au moins s'y rendre pour réconforter M. Diomède Rutamucero. Rappelons que dans un communiqué de presse du 6 mai 2002, ces partis avaient exigé "la libération immédiate et inconditionnelle" du président de PA-Amasekanya et de 9 "jeunes patriotes" détenus depuis le 2 mai 2002 à Kigobe et à qui il n'est reproché que de "s'être mobilisés pour exprimer leur désapprobation farouche et leur refus de mourir et d'être oubliés" en participant à une manifestation contre le vote de la loi sur "l'immunité provisoire". Car pour ces partis, il est "inconcevable qu'au moment où le gouvernement entame des négociations avec des terroristes génocidaires, il se permet de maintenir des citoyens honnêtes dans une dictature sans nom en les privant de liberté d'expression et de liberté tout court".
Suite à l'"indisponibilité" de certains ministres issus des 6 partis, qui préparaient, semble-t-il, le conseil des ministres de ce mardi 14 mai 2002, la "descente" sur la BSR qui était prévue a été repoussée à plus tard. Mais ce jour-là, elle risque d'être inutile puisque, selon nos informations, M. Rutamucero aura, soit été "transféré à Mpimba", soit libéré.
Signalons d'autre part que le détenu Rutamucero a écrit pour la 2ème fois ce dimanche 12 mai 2002, au commandant du district de Bujumbura pour lui demander une fois de plus "d'appliquer simplement le code de procédure pénale" et le laisser, par conséquent, recouvrer sa liberté parce que, écrit-il, "je n'ai commis aucune infraction".
Lors de son arrestation, il lui a été dit que celle-ci avait été ordonnée par le procureur général de la République mais le mandat d'amener était signé par le procureur de la République en mairie de Bujumbura. Sept jours plus tard, on lui a appris que c'est le commandant de la PSP de Bujumbura, le commandant Manisha, qui a décidé de son arrestation et incarcération. M. Rutamucero s'étonne qu'aucune parmi les 3 personnes qui seraient à l'origine de son arrestation n'ai daigné venir lui signifier les raisons de celle-ci ou l'infraction qu'il aurait commise. Il considère que le code de procédure pénale, notamment en ses articles 3, 8, 27, 45, 57, 59, 60 et 61, "continue d'être violé au jour le jour" en ce qui concerne sa personne, par ceux qui sont sensés le faire respecter.
Pour M. Rutamucero, cela est d'autant plus étonnant qu'il est "un honnête citoyen et non un criminel, un citoyen qui dirige dans la non-violence un mouvement de résistance et de mobilisation sociale pour l'avènement d'une justice distributive, transformatrice, protectrice pour tous les citoyens".
Signalons enfin que les rescapés du génocide des Tutsi résidant à Bujumbura continuent à réclamer eux aussi la "libération immédiate et inconditionnelle" du président de PA-Amasekanya. Ce matin, la rédaction a enregistré un communiqué de 76 rescapés vivant en zone Cibitoke, dans lequel ils fustigent avec leur dernière énergie cette détention "arbitraire".
Burundi - Société.
Jean-Bosco Ndayikengurukiye convole bientôt en justes noces ...
Bruxelles, le 13 mai 2002 (Net Press). C'est ce que l'on apprend de source bien informée dans la capitale belge. L'heureuse élue n'est autre qu'une jeune fille de Bujumbura originaire de Ngozi (Nord du pays) et d'ethnie Tutsi qui fut, il y a quelques années, kidnappée par des Fdd alors qu'elle voyageait sur l'axe Bujumbura-Bugarama. Elle était restée plus de 2 semaines aux mains de ses ravisseurs dont le chef incontesté était à l'époque "le colonel" Jean-Bosco Ndayikengurukiye qui serait âgé aujourd'hui de 36 ans.
La jeune fille était retournée chez elle après plus de 2 semaines d'absence et sa famille qui considérait qu'elle était déjà morte avait porté son deuil et avait même procédé à la levée de deuil définitive. Signalons enfin que malgré leur "lutte de libération" contre "l'oppresseur Tutsi", les chefs "rebelles" raffoleraient des femmes Tutsi, puisqu'un jeune "officier" du Palipehutu-Fnl se serait marié dernièrement avec une jeune fille Tutsi de Bujumbura elle aussi, alors que ce mouvement venait de subir un cuisant échec dans Bujumbura rural : l'armée nationale venait en effet de le déloger de tous ses "sanctuaires" ou fiefs et de mettre la main sur des stocks impressionnants d'armes de ce mouvement qui s'était vengé sur la population locale (Hutu, qu'elle soupçonnait d'avoir renseigné l'armée) en découpant en mille morceaux 9 paysans.
Burundi - Sécurité.
Les forces de l'ordre continuent à pourchasser les terroristes-génocidaires en province Ruyigi.
Ruyigi, le 13 mai 2002 (Net Press). Depuis une dizaine de jours, les forces de l'ordre sont aux trousses des terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd qui avaient envahi la commune Nyabitsinda de la province Ruyigi. Ces criminels qui étaient venus de la Tanzanie toute proche avaient attaqué en date du 10 mai 2002 le chef-lieu de Ruyigi où ils ont tué une personne et pillé 10 maisons.
Ces tueurs qui n'ont pas pu faire face aux opérations de ratissage de l'armée nationale se sont repliés sur la chaîne de montagnes de Mpungwe. Signalons que malgré ces attaques intempestives, les Burundais réfugiés en Tanzanie continuent à rentrer car l'on enregistre chaque semaine entre 400 et 500 personnes qui transitent par Ruyigi avant de regagner leurs communes d'origine.
Burundi - Enseignement.
Les élèves de la section paramédicale de l'école de la Fidélité assiègent le ministère de la santé publique.
Bujumbura, le 13 mai 2002 (Net Press). Les élèves de la section paramédicale de l'école (privée) de la Fidélité ont assiégé ce matin le ministère de la santé publique pour exiger des informations claires sur l'état d'avancement du dossier de l'agrément de leur section. En effet, cette école, agréée par le ministère de l'éducation nationale, a ouvert depuis cette année scolaire une section paramédicale sans que le ministère de la santé publique donne son accord de principe. Les élèves se sont inquiétés lorsque la directrice de cette école a tenu une réunion avec les parents en date du 4 mai 2002, à laquelle n'ont pas été conviés les délégués de classe.
Le directeur général a.i. au ministère de la santé, le Dr. Libère Ndayisenga, leur a indiqué qu'il va rencontrer dans les prochains jours une délégation de 2 enseignants, 2 parents et 2 élèves. Il a ajouté que le ministère de la santé publique avait déjà signifié à la direction de l'école qu'elle travaille dans l'irrégularité et qu'elle devrait faire tout son possible pour remplir toutes les formalités d'usage. Depuis la prolifération des écoles secondaires privées, certains responsables se permettent de travailler dans l'irrégularité et les élèves se retrouvent souvent en difficultés lorsqu'ils se voient refuser de passer les tests de fin de cycle. Les parents d'élèves devraient prendre des précautions en faisant inscrire leurs enfants uniquement dans des écoles agréées.
Burundi - Société.
Une femme acariâtre brûle sa voisine et déserte son domicile pour échapper à la justice.
Bujumbura, le 13 mai 2002 (Net Press). L'on dit souvent que "l'homme est un loup pour l'homme". Cet adage trouve son sens au camp militaire de Ngagara où une dame acariâtre, Mme Jeanne d'Arc Nasasagare, mariée à un sergent et mère d'une fillette de 3 ans a versé volontairement et avec préméditation de l'eau bouillante sur sa voisine qui est toujours en réanimation au CHUK (centre hospitalo-universitaire de Kamenge) depuis le 29 avril 2002. La méchante dame aurait ainsi voulu se venger d'un viol de sa fille de 3 ans par le fils de sa voisine, âgé lui, de 8 ans.
Celle-ci avait été expulsée du camp bataillon para (Musaga) l'année passée pour avoir brûlé avec des braises, une autre voisine suite à un petit malentendu.
La famille de la (2è) victime se plaint du comportement "laxiste" puisqu'elle n'a pas sévi comme il se devait pour juger et punir la criminelle. Selon cette famille, la brigade spéciale de recherche (BSR) aurait brièvement interpellé Mme Nasasagare pour des interrogatoires, avant de la laisser repartir. C'est ainsi qu'elle en a profité pour déserter son domicile et échapper ainsi à la justice. Une source proche de la BSR, a indiqué pour sa part que ce dossier continue et que la coupable n'a jamais fui. Selon la même source, la méchante femme elle est revenue aujourd'hui à Bujumbura après son retour de Minago (Rumonge) où elle était allée rendre visite à ses parents. Et de conclure en soulignant qu'elle répond, comme il faut, à toute convocation.