NET PRESS  
TEL.(257)217080
B.P. 2775
FAX.(257)217614
E-MAIL ADDRESS:netpress@cbinf.com
SITE WEB http://www.cbinf.com/netpress.bi
Bujumbura-Burundi.


Burundi - Enseignement.

Les membres du syndicat CONAPES déterminés à poursuivre la grève.

Bujumbura, le 14 mai 2002 (Net Press). Au lendemain du déclenchement de la grève des enseignants, le syndicat CONAPES a tenu sa 1ère assemblée générale d'évaluation au cercle universitaire où s'était donné rendez-vous beaucoup d'enseignants. Le président de ce syndicat, M. Philibert Ngezahayo, a rappelé à l'assistance le contenu des entretiens que le comité exécutif de son syndicat a eu avec le ministre de tutelle en date du 10 mai 2002. Dans l'ensemble, cette rencontre n'a rien apporté de nouveau et aucun consensus n'a été dégagé à son issue, a indiqué M. Ngezahayo. Raison pour laquelle le CONAPES s'est engagé à poursuivre son mouvement de grève jusqu'à la satisfaction totale de ses revendications. Toutes les interventions qui ont eu lieu ont insisté sur les stratégies à prendre pour éviter que ce mouvement de grève ne se termine en queue de poisson comme ce fut le cas au cours des années passées. Pour ce faire, les membres du CONAPES se sont convenus de mettre en place des comités du syndicat dans toutes les provinces du pays et dans tous les établissements afin de mieux informer tous les membres sur l'évolution de la grève et lutter contre la désinformation à laquelle se livrent souvent les détracteurs du mouvement, selon les grévistes.

Les syndicalistes ont également échangé sur la nouvelle "commission ad hoc chargée d'analyser les revendications des enseignants et de préparer un rapport à soumettre au gouvernement". Selon le président du CONAPES, on ne peut rien attendre de cette commission qui a été mise en place par le ministre de l'éducation nationale parce qu'elle est "lacunaire" (aucun membre du ministère des finances n'y figure). Ensuite, la question a déjà dépassé les instances du ministère de tutelle et se trouve maintenant au niveau de la présidence de la République.

A noter qu'une nouvelle rencontre du comité exécutif du CONAPES avec le ministre Mpawenayo est prévue demain le 15 mai 2002 pour lui demander de poursuivre le dossier des enseignants qui est en train de "pourrir quelque part dans les tiroirs de la présidence de la République".

Soulignons qu'une autre réunion d'évaluation est prévue ce vendredi et le mouvement de la grève qui était initialement d'une semaine pourra être reconduit en fonction de l'issue que lui auront réservé les autorités concernées.

Burundi - Criminalité.

Un ancien chef d'Etat-major de l'armée burundaise assassiné à son domicile.

Bujumbura, le 14 mai 2002 (Net Press). L'ancien chef d'Etat-major de l'armée burundaise sous le président Michel Micombero, le général-major Thomas Ndabemeye, a été assassiné chez lui à Rohero II dans la matinée du 14 mai 2002. Des personnes non encore identifiées se sont introduites dans sa maison et lui ont tiré deux balles dans la poitrine, du côté du coeur. On ne connaît pas encore le mobile de ce lâche assassinat.

Rappelons que le général-major Thomas Ndabemeye était le chef d'Etat-major de l'armée burundaise sous la première République. Il avait été démis de ces fonctions lors du coup d'Etat du 1er novembre 1976 qui avait renversé le lieutenant-général Michel Micombero, alors président de la République. Depuis, Thomas Ndabemeye avait renoncé à la politique et s'était converti en fermier puisqu'il s'était alors lancé dans le secteur agricole dans sa province d'origine, Bubanza, jusqu'à son assassinat. Le Burundi vient de perdre ainsi un de ses rares généraux car depuis l'indépendance, les officiers supérieurs d'un grade aussi élevé se comptent en "unités" (puisqu'ils sont moins de 10).

Burundi - Détention.

Les Burundais continuent à réclamer la libération "immédiate et inconditionnelle du citoyen Diomède Rutamucero".

Bujumbura, le 14 mai 2002 (Net Press). Après l'incarcération du président de PA-Amasekanya M. Diomède Rutamucero en date du 2 mai 2002, à la Brigade Spéciale de Recherche, des communiqués et déclarations de beaucoup de ces compatriotes réclamant sa libération continuent à nous parvenir. C'est le cas de la "jeunesse révolutionnaire Rwagasore" (JRR) qui "condamne avec la dernière énergie les actes de terrorisme et de persécution dirigé par le pouvoir en place contre les associations en lutte contre le génocide et plus particulièrement contre le mouvement PA-Amasekanya, ses dirigeants et ses membres". La JRR "exige la libération immédiate et inconditionnelle du citoyen Diomède Rutamucero" et demande aux secrétaires généraux de l'ONU et de l'OUA, à l'Union Européenne, aux chefs d'Etats de la sous-région, aux associations luttant pour le respect des droits de l'homme de "faire pression sur le pouvoir de Bujumbura pour que la loi sur l'immunité provisoire des génocidaires et autres criminels ne soit pas votée".

De son côté, la section estudiantine d'AC Génocide - Cirimoso indique que la manifestation du mouvement PA-Amasekanya pour laquelle a été emprisonné M. Rutamucero a fait comprendre aux députés de prendre la "judicieuse décision de renvoyer au gouvernement le dangereux projet de loi sur l'immunité provisoire". Et d'ajouter que "l'idéologie anti-génocide constitue un mouvement social pacifique et démocratique, le peuple est sa force; le renforcement de la cohésion nationale, la culture de la vérité et la justice constituent les piliers de son projet de société". L'association exige la libération immédiate et inconditionnelle de M. Rutamucero.

Un appel similaire a été lancé par l'assocation "Vita e pace" (regroupant des rescapés du génocide des Tutsi résidant en Italie) qui demande la libération immédiate et sans conditions du président de PA-Amasekanya, "coupable uniquement de lutter contre le génocide et l'impunité des crimes". La même association demande par ailleurs que "le projet de loi sur l'immunité provisoire des terroristes génocidaires ne soit jamais mis à l'ordre du jour des sessions du parlement".

Pour leur part, 110 femmes rescapées du génocide des Tutsi regrettent, dans une "déclaration contre l'incitation des victimes à la violence", que le gouvernement "contraint toutes les polices et l'institution judiciaire en général à persécuter et torturer moralement et physiquement toute personne qui n'accepte pas d'être tué en silence ou qui évoque l'Etat de droit". Elles prient enfin ceux qui ont arrêté et détenu "injustement et arbitrairement l'Ir. Diomède Rutamucero et 10 autres jeunes Tutsi de les libérer sans conditions et de cesser les persécutions envers les citoyens qui luttent contre le génocide dans la non-violence".

Signalons que ces jeunes gens ont été relâchés hier soir après avoir versé une amende chacun de 10.000 FBu, mais tous n'auraient pas eu leurs quittances de la part de la PSP. Il est à noter enfin que selon son entourage, M. Diomède Rutamucero a été interrogé une 2è fois ce matin par le même officier de la PSP auteur du premier interrogatoire (du lundi 6 mai 2002). Il lui a demandé s'il sait où se trouvent les domiciles de certains dignitaires du G7 comme les ministres Festus Ntanyungu, Albert Mbonerane, ... Les membres de PA-Amasekanya y auraient fait un petit tour lors de leur sport dominical du 27 mai 2002, selon la police. L'officier lui a encore demandé pourquoi les membres de ce mouvement chantent toujours en faisant leur cross des chansons anti-Frodebu et anti-Arusha. M. Rutamucero a indiqué qu'ils ne chantent jamais, à sa connaissance. L'entourage du président de PA-Amasekanya considère que "l'on cherche coûte que coûte à lui trouver un dossier" et il s'étonne que ce soit la PSP qui interroge quelqu'un qui est détenu à la BSR. "Il y a sûrement anguille sous roche", estime la famille Rutamucero.

Burundi - Sécurité.

Rutana : l'administration dément les "allégations" du Cndd-Fdd.

Rutana, le 14 mai 2002 (Net Press). Le Cndd-Fdd (tendance Pierre Nkurunziza) affirme, sur son site web, que la localité de Kibonobono située en commune Giharo, province Rutana serait à feu et à sang. Il va jusqu'à déclarer que "l'armée gouvernementale et sa milice nommée gardiens de la paix ont encerclé dimanche matin (12 mai 2002) la colline Kibonobono, brûlant toutes les maisons des habitants de cette colline, tuant des civils et pillant des maisons".

La rédaction a cherché à en savoir davantage en contactant l'administration locale qui a catégoriquement démenti ces "allégations". La vraie version des faits est que très tôt dans la matinée de ce dimanche, les forces de l'ordre ont été renseignées de l'existence sur la colline de Kibonobono d'individus chargés de collecter des cotisations pour les Fdd. C'est ainsi qu'ils ont organisé une patrouille dans cette localité suspecte au terme de laquelle un "collaborateur" des Fdd a été appréhendé chez lui avec tous les documents qui attestent de sa collusion avec ces criminels dont des reçus de cotisation (200 FBu pour les femmes, 500 Fbu pour hommes et 1000 Fbu pour ceux qui possèdent des vélos) ainsi que des rapports et comptes-rendus des réunions tenues par les sympathisants des Fdd.

La même source a précisé qu'aucun combat ni incident n'ont eu lieu dans cette localité. Et d'ajouter que la personne appréhendée se trouve pour le moment dans les mains de l'administration et qu'elle a accepté d'éclairer les militaires pour mettre la main sur les autres maillons de cette chaîne.