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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Enseignement.

Les membres du Conapes maintiennent le statu quo.

Bujumbura, le 19 juin 2002 (Net Press). Les membres du syndicat Conapes en grève depuis le 13 mai 2002 se sont réunis en assemblée générale ce matin au cercle universitaire comme cela est devenu la tradition chaque mercredi depuis le début de cette grève. Ces enseignants ont analysé les dernières ordonnances ministérielles signées du 14, 16, 17 et 18 juin 2002. Ils se sont rendu compte que celles-ci ont été signées dans la hâte et renferment des incohérences sur certains points. Ils estiment que ces ordonnances sont "très loin de répondre à leurs revendications" tant qu'elles contentent les cadres du ministère de l'éducation nationale tout en ignorant les "enseignants debout". Ils considèrent par ailleurs que c'est une manière du gouvernement de vouloir "semer la zizanie" entre les partenaires de l'éducation. Raison pour laquelle ils fustigent cette attitude et ont tenu à faire comprendre que leur cheval de bataille reste le statut spécial des enseignants.

A l'issue de cette réunion, les enseignants en grève ont décidé de maintenir le statu quo. Leur prochaine rencontre a été fixée au 3 juillet 2002 afin de donner, a-t-on appris sur place, "plus de temps au gouvernement" pour qu'il se penche sur cette question qu'il considère comme mineure, selon les enseignants. Ils ont également rendu public un communiqué dans lequel ils "portent à la connaissance de l'opinion tant nationale qu'internationale que le gouvernement désabuse l'opinion en déclarant que les négociatitons ont été clauses alors qu'en réalité les véritables négociations n'ont pas encore commencé". Dans le même communiqué, les enseignants membres du Conapes demandent aux parents et aux autres partenaires de l'éducation de s'impliquer davantage dans la résolution de cette question d'envergure nationale. A noter enfin que les autres syndicats enseignants (STEB et SLEB) avaient tenu, en date du 18 juin 2002, une assemblée générale similaire, au terme de laquelle ils ont décidé eux aussi de garder le statu quo, estimant que leurs revendications n'ont pas encore été satisfaites.

Burundi - Economie.

La vente aux enchères des devises reprend dès la semaine prochaine, assure la BRB.

Bujumbura, le 19 juin 2002 (Net Press). Après 5 semaines de suspension, la vente aux enchères des devises reprend mardi prochain, le 25 juin 2002, a-t-on appris ce matin de source officielle. Selon le gouverneur de la banque de la République du Burundi (BRB), M. Grégoire Banyiyezako, cette suspension était consécutive à des "problèmes techniques". Interrogé sur la nature exacte de ces problèmes, le gouverneur de la banque centrale a reconnu que ceux-ci se résument en clair en la pénurie des devises fortes dans le pays et en particulier à la BRB.

Cette situation a comme conséquence que le prix de toutes les monnaies étrangères a connu une envolée spectaculaire au marché noir de la capitale. Le dollar américain s'échange par exemple, à 1260 Fbu, contre 1050 Fbu, il y a à peine 5 semaines. Tout ceci intervient alors que la majeure partie des bailleurs de fonds traditionnels du Burundi se refusent, contre toute logique, à honorer leurs engagements pris à Genève en décembre dernier et à Paris en décembre de l'année précédente. A Bujumbura, on se permet désormais de rêver des jours meilleurs depuis que l'ONU a officiellement lancé un appel "pressant" tout dernièrement pour la reprise de l'aide et de la coopération internationales avec le Burundi. L'Onu a en effet invité, à l'issue d'une "réunion sur la situation économique critique au Burundi" tenue en date du 14 juin 2002 à New York, les donateurs à entrer dans ce qu'on appelle la "phase post-conflit" dans ce pays. Mais en attendant que les conseils d'administration des institutions de Bretton Woods se réunissent, l'heure reste grave pour le Burundi, ses habitants et ses dirigeants.

Burundi - Administration.

Neuf gouverneurs de province remerciés par le gouvernement.

Bujumbura, le 19 juin 2002 (Net Press). Comme annoncé dans notre édition du 18 juin 2002, huit gouverneurs de province ainsi que le maire de la capitale ont été limogés hier soir. Le sénat de transition a longuement délibéré à leur sujet jusque tard dans la nuit (22h 45 environ), avant finalement d'approuver leur remplacement par de nouveaux responsables suivant l'esprit de l'accord d'Arusha. La nomination officielle des 8 nouveaux gouverneurs de province et du successeur du 1er magistrat de la capitale, par les 2 têtes de l'exécutif burundais, est sortie, elle, ce matin. Les nouveaux responsables administratifs sont M. Pontien Niyongabo (un ancien de l'Anadde qui a viré vers l'Uprona négociateur) pour la mairie de Bujumbura, M. Ignace Ntawembarira (du PP) pour Bujumbura rural, M. Anicet Niyongabo (un ancien syndicaliste que l'on dit aujourd'hui proche de l'Uprona négociateur) pour Bururi, M. Tharcisse Ntibarirarana (Frodebu) pour Gitega, M. Emile Nibizi (du G7) pour Karusi, M. Edouard Nkurunziza (du Frodebu) pour Kayanza, M. Prosper Bazombanza (du G10) pour Mwaro et enfin M. Salvator Ngendabanyikwa (du RPB) pour la province de Muyinga.

Ces nominations interviennent 8 mois après la mise en place du gouvernement de transition. Certains "key players" dans le processus d'Arusha avaient, il y a à peine quelques semaines, déclaré qu'il ne serait pas bon de "chambarder l'administration territoriale, tout comme les corps de défense et de sécurité" au moment où la guerre bat toujours son plein et qu'elle s'est même accentuée dans une bonne partie du pays. L'autre camp avait cru comprendre que c'était le blocage mais les deux parties ont fini par trouver un terrain d'entente. Selon les observateurs, ces nominations augurent l'imminence d'autres plus nombreuses dont les dossiers se trouvent depuis plusieurs mois quelque part à la présidence et à la vice-présidence de la République.

Ainsi, de nouveaux ambassadeurs pourraient être nommés prochainement. Certains vont jusqu'à dire que même le gouvernement pourrait être légèrement, dans un proche avenir, remanié. Signalons en passant que le nouveau maire de la capitale était jusque-là jeune cadre de l'INCN (institut national pour la conservation de la nature) alors que le nouveau gouverneur de Mwaro était jusqu'à hier conseiller économique du gouverneur à la même province. De son côté, la province Gitega sera dirigée par un homme dont la nomination avait été rejetée par la population de cette province sous le régime Ntibantunganya.

Burundi - Justice.

Tous les prévenus dans le dossier "attentat contre un avion de la Sabena" acquittés.

Bujumbura, le 19 juin 2002 (Net Press). Au cours de son audience publique du 18 juin 2002, la chambre criminelle près la cour d'appel de Bujumbura a acquitté les 6 prévenus poursuivis dans l'attentat contre un avion de la Sabena à l'aéroport international de Bujumbura en date du 4 décembre 2000. Tous ces prévenus originaires de Rukaramu, localité située à mi-chemin de la réserve naturelle de la Rukoko et de l'aéroport international de Bujumbura. Selon le ministère public, ils sont accusés d'avoir été complices des bandes armées, infraction punie par l'article 435 ainsi que par l'article 68, alinéa 3 du code pénal, livre II. L'autre infraction à leur charge est la participation aux bandes armées. Ils étaient également accusés de collecter des vivres pour le compte des terroristes-génocidaires et de faire ou d'avoir fait partie du mouvement de jeunesse du Palipehutu-Fnl, infraction punie par l'article 419 du code pénal, livre II. Les prévenus ont nié les faits mais certains ont reconnu qu'ils étaient au courant de l'attaque et qu'ils l'avaient même communiqué aux autorités politico-militaires. Un d'eux a signalé qu'il a vu 12 des assaillants auteurs de cette attaque se replier sur la Rukoko. Il a même prétendu que le couloir des assaillants était connu de tous. Deux dames accusées d'avoir aidé les assaillants en leur fournissant des vivres et des médicaments ont nié les faits. Une d'elles a prétendu que ces vivres et médicaments étaient destinés aux orphelins de Rukaramu, tandis que sa co-accusée a démenti avoir prêté un véhicule aux assaillants pour déplacer leurs biens en expliquant qu'elle l'avait prêté à son chef de secteur (Rukaramu) qui en a fait ce qu'il a voulu, a-t-elle dit. Tous les prévenus, appuyés par leurs avocats, ont plaidé non coupables et ont réclamé leur libération. Le ministère public avait requis la peine capitale pour les 4 hommes et 20 ans de servitude pénale pour les deux femmes. A la tombée de la soirée, la chambre criminelle, après sa délibération, a acquitté tous ces prévenus, faute d'éléments de culpabilité pouvant convaincre la cour.

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