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Burundi - Processus de paix.

Aldo Ajello réduit le problème burundais à "un cabinet secret de 50 ou 60 familles qui monopolisent le pouvoir".

Bujumbura, le 19 septembre 2001 (Net Press). Ce point de vue émane de l'envoyé spécial de l'Union Européenne dans la région des grands-lacs, Aldo Ajello d'après le site " In Burundi-Net " par la plume du journaliste Edgar C. Mbanza qui a résumé un chapitre sur le Burundi du " livre-entretien " que Ajello a publié, il y a quelques mois.

D'après le résumé, Ajello s'attaque à Buyoya qui " reste à la solde d'un cabinet secret qui dirige le pays "..." où des gens purs et durs de l'Uprona et de certains petits partis tutsi, encore une minorité, veut s'emparer du pouvoir et le garder ". Ajello s'attaque avec virulence " aux extrémistes tutsi " et " jamais à aucun moment, le diplomate n'évoque directement ou indirectement les extrémistes hutu, ceux que les Nations Unies accusent pourtant d'avoir commis des actes de génocide en 1993 ; ceux-là même qui n'ont jamais caché leur alliance militaire et donc idéologique avec les génocidaires rwandais interahamwe. " D'un coup, il balaie toutes les revendications en rapport avec le génocide. " Si les dirigeants du CNDD sont des présumés génocidaires, la négociation est terminée avant de commencer. Tout cela va normalement se terminer par l'amnistie "

Une constante se dégage aussi bien chez Ajello que chez les autres " médiateurs " dans la crise au Burundi : le Tutsi est toujours dans leur collimateur ; le génocide dont il est victime est transformé en un slogan politique pour opprimer les Hutu et garder le pouvoir ; les extrémistes hutu qui tuent sont des " démocrates " avec qui il faut négocier la paix…

En juillet 1996, une commission internationale d'enquête sur le Burundi implique le Frodebu dans des actes de génocide contre les Tutsi en octobre 1993. Trois mois plus tard, le Secrétaire Général des Nations-Unies envoie son représentant spécial au Burundi Ahmédou Ould Abdallah en novembre 1993 pour initier les négociations de Kigobe et de Kajaga avec le même Frodebu accusé de génocide. En juin 1998, à la veille des négociations d'Arusha, le médiateur dans le conflit Burundi, feu Julius Nyerere accuse les Tutsi de brandir le génocide comme prétexte pour se maintenir au pouvoir. Le 28 février 2000, Nelson Mandela clama haut et fort que la crise au Burundi se limite à une minorité de Tutsi qui monopolise le pouvoir politique, économique et militaire. Les mêmes termes seront utilisés lors de la signature de l'accord de paix d'Arusha, le 28 août 2000 pour humilier les Tutsi qui étaient présents à Arusha en vue de les forcer à signer l'accord.

Une autre constante remarquable est qu'à la veille des grandes décisions sur le Burundi, Nyerere, Mandela et Ajello ont la même " tactique " de s'adresser aux Tutsi en s'attaquant au président Pierre Buyoya croyant à tort qu'il représente les Tutsi depuis qu'il est au pouvoir il y a 14 ans. Aujourd'hui plus que jamais, à la veille de la difficile mise en place des institutions de transition, Ajello tente même de décourager l'armée burundaise, seul rempart contre le parachèvement du génocide des Tutsi et des Hutu modérés en affirmant que " le prix que l'armée continue de payer est très élevé " et " qu'elle a intérêt à arriver à un accord…à condition de ne pas l'humilier " : on dirait que les "rebelles" ne paient aucun prix dans cette guerre! Le Burundi est toujours vu sous un angle caricatural par les "maîtres" de la communauté internationale qui semblent obéïr à une politique préalablement conçue à l'extérieur, comme au Rwanda sous le régime de Habyalimana. La réalité est noyée dans un discours simpliste sur la mise en application des accords signés alors que le terrain d'application ne s'y prête pas. Au Rwanda ce fut un génocide quelques mois après , au Burundi on ne sait pas encore. Ce qui est choquant est que la même communauté internationale envoie ses représentants pour demander pardon après le drame tout en reconnaissant " qu'ils étaient au courant de tout " comme ce fut le cas au Rwanda.

Burundi - Transition.

La mise en place des institutions de transition provoque le rapprochement chez certains et des frictions chez d'autres ...

Bujumbura, le 19 septembre 2001 (Net Press). Depuis quelques semaines, les dirigeants de la presque-totalité des partis du G10, à l'exception du Parena (parti pour le redressement national, dirigé par l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza) sont en consultations "internes" pour définir les stratégies de négociation avec le G7 (le camp hutu donc) en vue de la formation d'un gouvernement de transition, d'un sénat et d'une assemblée nationale de transition, mais aussi pour une nouvelle loi fondamentale. Ainsi, plusieurs dirigeants de ces partis ont été aperçus hier soir au Novotel en négociations ardues.

Les travaux iraient bon train, même si quelques divergences persistent. Finis donc les "gros malentendus" d'il y a quelques mois où le G10 s'était divisé en 2 camps apparemment très opposés l'un à l'autre : le camp pro-Buyoya et le camp pro-Bayaganakanandi.

Par contre, au Parena, c'est la dissension qui prévaut pendant ce temps. En effet, depuis Kampala, où il vit en exil, le président de ce parti, le colonel Jean-Baptiste Bagaza a décidé de "décharger de ses fonctions de sécrétaire général", M. Rémy Nkengurutse. Par solidarité avec son grand ami personnel, le vice-président et représentant légal suppléant, M. Cyrille Barancira, a décidé de démissionner de toutes ses fonctions dans la direction de ce parti. Selon certains proches du président du Parena contactés par la rédaction, il est reproché à l'ancien secrétaire général "certaines grosses maladresses", comme sa récente rencontre avec Aldo Ajello (l'envoyé spécial de l'Union Européenne dans la région des grands-lacs), alors que le reste des dirigeants du Parena y étaient opposés. M. Ajello est accusé d'être trop hutisant par la majorité des militants et dirigeants du Parena, et de jouer le jeu des ultra-hutu.

Le reste de la direction du Parena se dit même soulagé que les 2 hommes aient été écartés, car, ils sont soupçonnés d'avoir été approchés et probablement d'avoir accepté l'offre d'entrer au gouvernement de transition. Les 2 hommes auraient en effet déclaré que leur parti pourrait entrer dans ce nouveau gouvernement à condition qu'il ait "le même poids" que le Frodebu ou l'Uprona, alors que la ligne officielle de ce parti est de se tenir à l'écart de toutes les "institutions de transition issues d'Arusha et de Pretoria".

Le parti pour le redressement national, PARENA, qui jusqu'ici s'était mis à l'abri des divisions au sein des partis politiques vient donc d'être à son tour contaminé. Pour l'heure, l'on ne sait pas encore qui va remplacer M. Rémy Nkengurutse ni celui qui va prendre la place de M. Cyrille Barancira. Ce qui est sûr, c'est que les deux hommes resteront au sein du parti comme simples membres. M. Cyrille Barancira qui s'est entretenu hier avec le président Bagaza a affirmé ne pas savoir les raisons du limogeage de M. Nkengurutse. M. Cyrille Barancira a démenti la version selon laquelle l'ancien secrétaire général voudrait intégrer les institutions de transition sans l'aval du parti. M. Barancira accuse le président Bagaza d'avoir pris unilatéralement la décision de mettre à l'écart le secrétaire général de ce parti sans consulter les organes dirigeants. Malgré cette situation pour le moins préjudiciable pour les 2 hommes, ils n'entendent pas former une aile dissidente du Parena comme l'ont fait les autres partis. M. Barancira exclut par ailleurs toute main invisible du pouvoir en place dans cette crise que traverse le Parena.

Burundi - Droits de l'homme.

Le président de PA-Amasekanya recouvre la liberté ...

Bujumbura, le 19 septembre 2001 (Net Press). Après une semaine d'incarcération à la BSR, l'Ir. Diomède Rutamucero a été liberé dans la matinée de ce 19 septembre 2001 après avoir versé une amende de 20.000 Fbu. Rappelons qu'il avait été emprisonné le 12 septembre 2001 pour avoir organisé "une manifestation interdite" en date du 9 septembre 2001. Soulignons enfin que l'emprisonnement de M. Rutamucero avait suscité beaucoup de désapprobation au sein de la population rescapée du génocide vivant dans la quasi-totalité des zones de la capitale.

NECROLOGIE

L'inoubliable Maître Jean Kagayo : 2 ans après!

Deux ans après ton lâche et ignoble assassinat par les ennemis de la paix, toi très cher époux, père et frère, sache que nous ne t'oublierons jamais. Ainsi, nous voudrions inviter tous nos amis et connaissances à se joindre à nous pour une messe en ta mémoire ce mercredi (19 septembre 2001) soir, à 17h, à la cathédrale Regina Mundi.

Nous voudrions aussi demander à cette occasion que ceux qui t'ont assassiné, qui sont les mêmes qui ont commis des massacres à caractère génocidaire depuis octobre 1993, soient traduits en justice et punis pour leurs crimes au lieu de se voir accorder des postes juteux et stratégiques dans les institutions de transition qui sont sensées être l'aboutissement du processus dit de "paix" d'Arusha. Nous, ta famille et tous les autres Burundais, nous voudrions qu'on nous rassure qu'on aura réellement la paix à l'issue de ce processus ou si nous devons continuer à compter nos morts.

Mme Rose Kagayo et ses enfants, Lewis Kagayo, Steve Kagayo et Joanna Kagayo, profitent de l'occasion pour remercier tous ceux qui les ont assistés, surtout le Barreau du Burundi, dans les moments difficiles.

 

 

diences