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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Génocide.

Commémoration de la journée dédiée à la lutte contre le génocide.

Bujumbura, le 21 avril 2002 (Net Press). Ce dimanche 21 avril 2002, les membres et sympathisants de l'association pour la lutte contre le génocide (AC Génocide - Cirimoso) se sont retrouvés en assemblée générale au Carrefour de la JRR de Ngagara pour célébrer leur traditionnelle journée de souvenir du génocide déclenché en octobre 1993 par le parti Frodebu au pouvoir. Une attention particulière a été accordée aux rescapés du génocide dits "déplacés", au sujet desquels le président de AC Génocide - Cirimoso, le professeur Venant Bamboneyeho a compati pour leur dénuement total pendant que leurs bourreaux, qui sont à l'origine de leurs malheurs sont apparemment les seuls à avoir droit au chapitre et sont plus que choyés. Le représentant des rescapés du génocide vivant à Carama (zone Kinama, au Nord de la capitale) a sollicité l'aide de tout un chacun car le retour à leurs collines natales est devenu chose impossible et plus rien ne garantit qu'ils ne risquent pas d'être obligés de décamper et de devoir chercher quelque part d'autre où se loger.

Pour sa part, le représentant des rescapés du petit séminaire de Buta a décrit comment ils ont survécu à l'attaque des Fdd en avril 1997 en faisant le mort et en se mêlant aux cadavres de leurs anciens condisciples qui venaient d'être lâchement abattus par ces hordes génocidaires. Il a ensuite demandé que le 30 avril de chaque année soit institué jour anniversaire de l'hécatombe de Buta.

Ont ensuite suivi les interventions des autres membres et sympathisants de l'association. Un parmi ceux-ci a appelé les jeunes gens à être vigilants aujourd'hui plus qu'hier, car selon lui, on observe aujourd'hui à Bujumbura le retour des tueries sélectives anti-Tutsi. Ainsi, dernièrement, un étudiant de l'université du Burundi aurait été abattu par des "gardiens de la paix" qui auraient prétendu que cela ne causerait aucun problème "étant donné que c'est un Munyamulenge". Un autre intervenant a déploré le fait que l'Eglise catholique semble avoir été récupérée par les négationnistes notamment dans l'affaire de l'holocauste de Buta, puisqu'elle ne semble pas privilégier le côté criminel mais le pardon dans cette affaire. Il a invité les jeunes gens à faire la politique et à ne plus se contenter des associations de la société civile : "Il en va de l'avenir du pays, car partout dans le monde, c'est la jeunesse qui est à l'origine de toutes les révolutions", a-t-il lancé, avant d'ajouter que ceux qui leur font des recommandations allant dans le sens contraire veulent les "endormir". Un dernier intervenant a déploré que les responsables du Frodebu qui plannifiaient et ordonnaient, en 1994, les enlèvements des officiers de l'armée nationale (tel le colonel Kabwari) et des civils tutsi, soient aujourd'hui propulsés aux plus hauts postes du pays. Il a conclu en demandant que le 29 avril de chaque année soit institué journée nationale en mémoire des milliers de Tutsi emportés en 1972 par la machine génocidaire dont les tenants sont paradoxalement parvenus à convaincre le monde entier que cette année-là il y a plutôt eu génocide anti-Hutu.

Pour sa part, M. Bamboneyeho a déploré qu'il y ait désormais un nouvel ordre politique au Burundi qui ne veut plus que les choses ne soient plus appelées par leur vrai nom mais que l'heure n'est pas pour cela au découragement. Ce serait une haute trahison car ce n'est vraiment pas le moment de baisser la garde, a-t-il conclu.

Burundi - Politique.

Le MSP-Inkinzo déplore "l'absence d'esprit de réconciliation chez beaucoup de politiciens".

Bujumbura, le 21 avril 2002 (Net Press). Le parti MSP-Inkinzo a animé ce 20 avril 2002 une conférence-débat à sa permanence nationale, au cours de laquelle il a déploré l'absence d'un esprit de réconciliation chez beaucoup de politiciens. Le président de ce parti, le Dr. Alphonse Rugambarara, a regretté que 6 mois après l'installation du gouvernement de transition, la commission d'enquête sur les crimes commis au Burundi ne soit pas encore mise en place alors qu'elle aurait dû l'être 30 jours après la formation du gouvernement de transition. Et d'ajouter que le gouvernement en place s'empresse plutôt de préparer des lois sur l'"immunité provisoire" sans avoir au préalable déterminé ceux qui sont concernés par cette immunité. Pour lui, il est inconcevable d'envisager la réconciliation nationale sans que les gens ne sachent qui pardonner. Il a en outre déploré que le rapport de l'ONU de 1996 sur les crimes commis au Burundi soit resté lettre morte.

M. Rugambarara a par ailleurs déclaré que le protocole II de l'accord d'Arusha est presque quotidiennement violé, car les libertés politiques sont bafouées sauf pour les parti Frodebu et Uprona (négociateur) qui sont les seuls à exercer pleinement les activités politiques. Et d'ajouter que c'est ainsi que les représentants de son parti à Bururi et à Bubanza sont menacés par l'administration territoriale. Il a aussi indiqué que le protocole III n'est pas non plus respecté, car au lieu de débloquer l'aide promise à Paris et à Genève, la communauté internationale évoque la sécurité alors que les "mouvements armés" qui mènent la guerre n'ont jamais été sanctionnés pour n'avoir pas rejoint à temps la table des négociations. En d'autres termes, le Burundi reste frappé par un embargo économique qui ne dit pas son nom, a déclaré le Dr. Rugambarara. Les représentants du MSP-Inkinzo aux institutions de transition, la ministre Françoise Ngendahayo et le député Pascal Kamo, ont à leur tour expliqué qu'ils continuent de faire tout pour fustiger ces violations de l'accord et pour qu'on en débatte au sein des mêmes institutions.

Burundi - Economie.

La BCD cherche à être une véritable banque de proximité.

Bururi, le 21 avril 2002 (Net Press). C'est ce qu'a déclaré en substance le président du conseil d'administration de la "banque de commerce et de développement" (BCD s.a), M. François Butoke, à l'occasion de l'inauguration officielle de l'agence de Rumonge ce samedi 20 avril 2002. Cette agence, fonctionnelle depuis le 2 avril 2001, est la 1ère que cette jeune banque, qui se surnomme elle-même le "benjamin des banques commerciales du Burundi", ouvre à l'intérieur du pays. C'est le 4ème point de vente après le siège central, l'agence du marché central de Bujumbura et le guichet de la Brarudi.

Signalons que la BCD qui a vu le jour en 1999, se porte très bien, alors qu'il n'y a pas longtemps, certaines mauvaises langues la disaient finie et sur le point de subir le triste sort des institutions comme le Meridian Biao Bank ou la CADEBU, tombées en faillite depuis quelques années déjà. La BCD a donc su agréablement surprendre en annonçant, lors de son assemblée générale annuelle, des bénéfices très consistants : 286 millions de Fbu de bénéfice net, soit plus de 500 millions de Fbu de bénéfice brut. M. Butoke s'est félicité que cette jeune banque a déjà versé au Trésor public en 3 ans de son existence plus d'un milliard de Fbu comme impôts.

Pour sa part, le ministre des Finances, M. Edouard Kadigiri qui avait personnellement fait le voyage de Rumonge pour cette inauguration, a félicité la direction de la BCD pour avoir atteint son pari de se rapprocher de sa clientèle de Rumonge. Il a invité les dirigeants de cette banque à ne pas se contenter de servir de dépôt de l'argent de ses clients, mais surtout de leur accorder des crédits pour leur auto-développement. Il a terminé son court discours de circonstance en souhaitant à la BCD d'aller toujours de l'avant et en promettant d'être toujours disponible pour l'inauguration de nouvelles agences de cette banque (qu'il a appelées de tous ses voeux) dans d'autres communes de Bururi et dans le reste du pays.

Selon un fonctionnaire rencontré sur place à Rumonge par notre reporter, cette agence arrive à point nommé, car avec ses services entièrement informatisés, les salaires sont perceptibles le même jour qu'ils ont été versés par l'employeur. "Dix minutes après, cela est parfaitement faisable alors que une telle opération prenait plusieurs jours", a-t-il renchéri avant de souhaiter simplement que cette banque revoit légèrement à la hausse le montant des (petits) crédits accordés à sa clientèle. Signalons enfin qu'à la BCD où on est très fier du pas déjà franchi "en si peu de temps", ce samedi 20 avril 2002 était décidément un jour de fête car ceux des invités qui l'ont désiré ont passé toute la journée et toute la nuit sur place à Rumonge, en train de siroter de la bonne bière et de danser car il y avait un "boum" (ou soirée dansante). Tous les autres qui sont rentrés sur Bujumbura ont continué la fête dans un bar haut standing de la capitale.

Burundi - Association.

L'association "Urisanze" tient sa première assemblée générale.

Bujumbura, le 21 avril 2002 (Net Press). L'association féminine "Urisanze", agréée le 23 janvier 2002 et compte pour le moment 38 membres effectifs, a tenu sa première assemblée générale ce 21 avril 2002 dans les locaux du centre de paix pour les femmes. Elle regroupe en son sein essentiellement des femmes âgées et d'autres moins âgées (autour de 25 ans). Sa présidente, Mme Pascasie Ndayizeye, a présenté à l'assistance les circonstances ayant conduit à sa création de cette association, ses objectifs, ses réalisations, ainsi que ses projets. Elle s'est assignée entre autres objectifs de secourir les personnes en détresse, en attachant une attention particulière aux femmes les plus âgées qui n'ont pas de soutien moral ou financier, aux orphelins et aux veuves. Elle s'est fixée comme projet à court terme d'inventorier toutes ces personnes en détresse ainsi que leurs besoins immédiats afin de collecter les aides à leur apporter. Raison pour laquelle ses responsables sont prêtes à toquer à toutes les portes : ministères sociaux, organismes humanitaires internationaux, sans oublier les membres de l'association. Car, il faut que tout un chacun sente l'impérieuse nécessité de la prise en charge de toutes ces personnes âgées qui ont été utiles à la Nation du temps où elles étaient encore actives. Cette association compte aussi exercer des activités génératrices de revenus. A long terme, cette association s'est fixée un objectif difficile mais louable : construire des centres d'accueil pour les personnes âgées en difficultés.