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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Enseignement.

Les enseignants, enfants mal aimés de l'Etat ?

Bujumbura, le 21 juin 2002 (Net Press). Les concernés ne se posent même plus cette question, eux qui, durant les dernières négociations avec le vice-président de la République, ont fait observer au haut responsable de l'Etat, différentes ordonnances ministérielles à l'appui, qu'ils sont parmi les "grands oubliés de la République". Ces enseignants ont semblé ne pas comprendre du tout l'esprit de ces ordonnances qui ont érigé certaines personnes ayant fait les mêmes études qu'eux, en "cadres d'appui" ou "cadres techniques" aux cabinets de certains ministères, en leur accordant sans aucune justification selon ces enseignants, beaucoup d'avantages matériels (des salaires, par exemple, se chiffrant en plusieurs centaines de milliers de Fbu).

Leur interlocuteur leur aurait répondu que "cela fait partie de certaines erreurs du passé que l'on s'attellera à corriger". Ce à quoi ils lui auraient rappelé que même sous le nouveau gouvernement de transition, cela est parfaitement observable dans certains nouveaux ministères tels que celui de la bonne gouvernance ou celui chargé de la lutte contre le Sida. Cela dit, les enseignants, qui croient savoir ne pas être du tout naïfs, estiment que même si le pays est pauvre et confronté à une crise socio-économique sans précédent, "le peu qu'il y a devrait être équitablement redistribué entre tous les fils et filles de ce pays".

Les mêmes enseignants se disent par ailleurs mécontents des exigences des bailleurs de fonds dans l'assistance à ce pays lorsque ceux-ci demandent et obtiennent que les fonds alloués au Burundi (qui sont généralement des crédits à rembourser dans 40 ou 50 ans et non de l'aide à proprement parler) soient gérés par des ONG's originaires des pays bailleurs ou alors par des "boîtes" telles que les projets AGETIP, CURE, PREBU ou CELON, et non par l'Etat du Burundi lui-même. Ils dénoncent en particulier les salaires "exorbitants" accordés aux personnels de ces ONG's et de ces projets, "pendant que la majeure partie de la population crève de faim" alors que ces institutions fonctionnent avec l'argent du contribuable.

Bref, la grogne est toujours là dans les milieux des enseignants et risquent d'aller plutôt crescendo. Tout compte fait, ces enseignants ont peut-être raison et la meilleure façon de résoudre la crise actuelle de l'enseignement n'est certainement pas de laisser pourrir la situation, mais au contraire, de corriger petit à petit ces déséquilibres et ces "injustices" tant décriés. Sinon, les choses peuvent s'envenimer et la situation ingérable. A bon entendeur, ...

Burundi - Nominations - Genre.

Les experts en concept "genre" se plaignent que peu de femmes figurent dans les personnes nouvellement nommées à de hautes responsabilités.

Bujumbura, le 21 juin 2002 (Net Press). Les féministes et les experts en concept "genre" sont aujourd'hui très fâchés contre le gouvernement et le sénat de transition qu'ils accusent de n'avoir pas pris en considération la donne "genre" en procédant aux dernières nominations de nouveaux gouverneurs de province et de nouveaux ambassadeurs. Et tout ceci malgré les récentes formations de plusieurs membres de ces institutions en ce concept qu'ils semblaient même avoir mieux compris ou assimilé que d'autres, a-t-on appris ce matin de source proche du projet "Appui à la promotion de l'égalité en genre".

C'est comme si les femmes étaient incapables de faire des descentes sur terrain en tant que gouverneurs alors qu'elles forment la majorité des personnels des ONG's ou des mouvemnts associatifs les plus actifs sur le terrain", s'insurgent les milieux susmentionnés. Ceux-ci ont par ailleurs tenu à battre en brèche la considération "macho" selon laquelle les femmes font rarement de bons diplomates.

Rappelons que parmi les 9 nouveaux gouverneurs de province pas une seule femme n'y figure et que parmi les 16 nouveaux diplomates on ne compte que deux femmes. A noter à propos de ces nouveaux diplomates que le nouvel ambassadeur burundais (à condition cependant que son accréditation soit agréée ou confirmée par le pays où il devrait représenter le Burundi) à Dar-es-Salaam s'appelle Ferdinand Ngendabanka et non Ngendanganya comme l'indiquait notre livraison d'hier le 20 juin 2002. Il a été nommé tout juste 2 semaines après son retour au pays, après un exil de 6 ans au Canada. Concernant enfin les nouveaux gouverneurs de province, la rédaction a malencontreusement omis de donner, dans son édition du 19 juillet 2002, l'identité de celui qui a été nommé à la tête de Bubanza. Il s'agit de M. Isaïe Bigirimana du parti MSP-Inkinzo. Il était jusque-là président du tribunal de grande instance de Bubanza.

Burundi - Sécurité.

Les forces de l'ordre recourent aux gros moyens pour déloger les terroristes-génocidaires retranchés à Mutambu (Bujumbura rural).

Bujumbura, le 21 juin 2002 (Net Press). Depuis la nuit dernière jusqu'à ce matin, des tirs nourris d'arme lourde ont été entendus à Bujumbura depuis les collines surplombant la capitale. Il s'agissait des opérations de grande envergue menées par l'armée nationale pour déloger les terroristes-génocidaires qui s'étaient retranchés dans la localité de Rukuba en commune Mutambu après avoir essuyé une série de revers dans les localités de Gasarare et Mbare où ils avaient élu domicile depuis quelques jours. Ces criminels s'étaient regroupés à Rukuba à partir d'où ils envisageaient d'attaquer les communes Kabezi et Mutambu. Signalons d'autre part que les forces de l'ordre ont continué à traquer l'ennemi durant toute la nuit du 20 au 21 juin 2002 dans la commune Kabezi et plus précisément dans les localités de Nyabusenge et Mugembe frontalières à la commune Mutambu.

Burundi - Economie.

La brouille persiste entre le directeur général de la Regideso et son ministre de tutelle.

Bujumbura, le 21 juin 2002 (Net Press). Dans son édition du 10 juin 2002, la rédaction a fait état de malentendus entre le directeur général de la Regideso, M. Philippe Niyongabo, et son ministre de tutelle, M. Mathias Hitimana, dans la mesure où le directeur général a passé outre les recommandations de son ministre en attribuant, sans avoir consulté son conseil d'administration, à la société Bicor s.a le marché d'assurance du charroi de la Regideso. A noter à ce sujet que c'est la Socar s.a qui était la moins disante parmi les 3 sociétés soumissionnaires et présentait donc l'offre économique la plus avantageuse.

Ces malentendus se sont renforcés puisqu'en date du 18 juin 2002, un véritable bras de fer a opposé durant de longues heures les deux hommes. Le directeur général de la Regideso qui tenait mordicus à se rendre personnellement à Abidjan pour une réunion continentale sur la privatisation, a pu finalement partir avec le concours direct de l'entourage du chef de l'Etat contre la volonté du ministre de l'énergie et des mines. Celui-ci n'a pas en effet apprécié que M. Niyongabo s'auto-désigne comme représentant de la Regideso à la réunion d'Abidjan sans avoir consulté aucun organe dirigeant de son entreprise, encore moins le personnel ou le syndicat, en violation des dispositions légales. Il n'aurait pas non plus consulté le ministère de tutelle qui devait lui signer l'ordre de mission.

Arrivé au niveau de l'aéroport, le directeur général de la Regideso s'est fait comprendre qu'il n'avait pas le droit de s'envoler avant qu'il se soit "conformé à la loi". Il s'est alors tourné vers la présidence de la République où le chef de cabinet est venu à son secours en instruisant le ministre de la bonne gouvernance (qui devait diriger la délégation burundaise en partance pour Abidjan) de lui confectionner un ordre de mission. Ce qui fut rapidement fait et le directeur général de la Regideso a pu donc s'envoler pour Abidjan, après de longues heures d'attente et de suspens qui en disent long sur les très mauvaises relations entre MM. Niyongabo et Hitimana.Ce dernier n'aurait pas encore pardonné au directeur général de la Regideso d'avoir refusé d'obtempérer à ses injonctions et surtout d'avoir très mal géré, selon l'entourage du ministre Hitimana, le dossier "assurance du charroi de la Regideso pour l'exercice 2002". (Voir "Net Press" du 10 juin 2002)

Le même entourage ministériel a par ailleurs démenti que M. Hitimana, qui se trouvait toute cette journée du 21 juin 2002 en conseil des ministres, ait l'intention de démissionner contrairement à ce que prétendaient des rumeurs persistantes qui circulaient ce matin à Bujumbura.