NET PRESS

Burundi - Génocide.
AC Génocide-Cirimoso inaugure sa 8è semaine de lutte contre le génocide.
Bujumbura, le 21 octobre 2002 (Net Press). Les membres et sympathisants de la principale association de lutte contre le génocide au Burundi, AC Génocide-Cirimoso, se sont rassemblés ce lundi 21 octobre 2002 au carrefour de la JRR de Ngagara pour inaugurer les activités marquant la 8è semaine d'information et de réflexion sur le génocide. Dans son discours d'ouverture, le président de cette association, le professeur Venant Bamboneyeho, a regretté que cette semaine intervient au moment où ceux qui sont opposés au génocide continuent à être persécutés. Et de rappeler le cas du président de l'Uprona non-négociateur, M. Charles Mukasi, toujours écroué à la prison centrale de Mpimba. Il a déploré une autre scène "qui dépasse l'entendement" et qui s'est produite la nuit dernière où des rescapés du génocide qui priaient pour les leurs à la cathédrale Regina Mundi ont été jetés dehors par les gendarmes et qui en ont appréhendés cinq dont deux dames d'un certain âge, la député Rose Hakizimana et Mme Immaculée Marorerwa qui seraient détenues dans des conditions assez dures. Il a indiqué que ces deux cas prouvent à suffisance que le pouvoir est décidé à continuer à persécuter toute personne qui lutte contre le génocide, 9 ans après son déclenchement.
Après ce mot d'ouverture, les participants se sont ensuite dirigés vers l'église St Joseph où une foule immense était venue prier pour les siens, spécialement pour les 70 élèves tutsi du lycée de Kibimba et leurs éducateurs immolés par le feu, ainsi que pour les victimes du génocide de la commune Rutegama (Muramvya). Le curé de la paroisse St Joseph a indiqué que la date du 21 octobre rappelle un crime abominable et sans nom. Il a souligné dans son homélie axée sur le message du parabole d'"un riche insensé" selon l'évangile de St Luc où ce dernier rappelle que la richesse de ce monde n'est nullement synonyme de la vie. Il a précisé que la vie est un don de Dieu, raison pour laquelle personne n'a le droit de mettre fin à la vie d'autrui. Il a regretté que la course effrenée pour la conquête du pouvoir ait entraîné au Burundi la mort de plusieurs vies humaines innocentes. De même, il a fustigé le comportement de certaines personnes qui ont pensé à un certain moment qu'elles seront riches après avoir éliminé leurs voisins dont elles convoitaient les biens. Il a fait observer que de telles croyances sont à combattre en nommant le crime par son nom. De leur côté, les criminels doivent être châtiés par une justice saine et fonctionnant comme il faut. Il a expliqué que le bien et le mal doivent être perçus de la même manière, aussi bien devant Dieu que devant les hommes. Il a ajouté que le diable continue à tenter les hommes, raison pour laquelle les maux tels que la haine et la jalousie persistent dans ce pays. Il a enfin invité les Burundais à obéir à Dieu et à ses commandements.
Burundi - Anniversaire.
Le Burundi commémore le 9ème anniversaire de l'assassinat de Melchior Ndadaye.
Bujumbura, le 21 octobre 2002 (Net Press). Il y a 9 ans, le président Melchior Ndadaye qui venait de remporter une victoire écrasante aux élections du 1er juin 1993 face au candidat de l'Uprona Pierre Buyoya, fut assassiné avec une dizaine de ses proches collaborateurs dans une tentative de coup d'Etat du 21 octobre 1993. Cet assassinat fut un prétexte pour les militants du Frodebu de déclencher un génocide qui continue jusqu'à nos jours.
Les festivités marquant cette journée ont été ouvertes par une messe à la cathédrale Regina Mundi où avait répondu présente une foule immense composée essentiellement des militants du Frodebu dont la plupart s'étaient affublés des casquettes et des foulards vert-blanc de ce parti. Une cinquantaine de militaires sud-africains assurant la sécurité des dignitaires du G7 rentrés d'exil étaient à l'extérieur de la cathédrale Regina Mundi où ils ne cessaient de faire des va-et-viens en tous sens.
Après cette messe, les cérémonies du jour se sont poursuivies au palais du 1er novembre où reposent le président Ndadaye et ses proches collaborateurs, et où le climat qui y régnait a rappelé à plus d'un la période d'ébullition et tumultueuse de la campagne électorale de 1993. Beaucoup de gens (presque tous des militants du parti Frodebu) se sont bousculés à l'entrée pour assister aux cérémonies de dépôt des gerbes de fleurs qui devaient y avoir lieu. Contrairement aux autres 21 octobre, il y a eu aujourd'hui des cérémonies officielles et d'autres organisées par le parti Frodebu qui se sont poursuivies pendant un moment après le départ du couple présidentiel ainsi que celui du président du sénat.
Le président Buyoya et son épouse ont déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du président Melchior Ndadaye. Ils ont été suivis par l'épouse de feu Melchior Ndadaye, Mme Laurence Ndadaye et son beau-père, M. Pie Ndadaye. Les cérémonies officielles ont été clotûrées par le dépôt des gerbes de fleurs sur la tombe de Ndadaye par les représentants du corps diplomatique et consulaire. Le couple présidentiel et celui du président du sénat sont partis aussitôt après avoir écouté le discours du président Ndadaye à l'occasion de la victoire de son parti.
Le parti Frodebu a ensuite organisé ses propres cérémonies en présence de hauts dignitaires du pays et des représentants du corps diplomatique et consulaire. Au nom du Frodebu, le Dr Jean Minani a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du défunt président. Il a été suivi par les familles des anciens collaborateurs de Melchior Ndadaye.
Le public présent a ensuite eu droit à une sorte de meeting puisque des militants du Frodebu (qui ont été aussitôt imités par le président de l'assemblée nationale et président du Frodebu, le Dr Jean Minani, ainsi que le vice-président de la République, M. Domitien Ndayizeye) ont instantanément levé le poing avec leurs formules habituelles qui accompagnent ce geste. On aurait dit un meeting du Frodebu des années 1993 quand ses militants prononçaient des formules énigmatiques du genre "Inivo ni ugutwi" ("Le niveau, c'est l'oreille"), "Susuruka" ("Réchauffez-vous"), ..., formules dont certains pensent avoir saisi la signification, après le déclenchement du génocide en octobre 1993 quand des familles entières furent décimées par la machette ou les gourdins. Les militants du Frodebu liquidaient en effet leurs victimes de la même façon dans tout le pays, après avoir soigneusement bloqué toutes les routes avec des troncs d'arbres pour empêcher toute intervention de l'armée : ils se servaient de ces machettes presque toutes flambant neuves pour donner des coups mortels au niveau de l'oreille, zone naturellement très sensible. D'autres Tutsi et Hutu de l'Uprona étaient brûlés vifs dans leurs maisons, alors que les bébés étaient pilés au moment où les femmes enceintes étaient éventrées par les militants du Frodebu qui étaient tout déchaînés et qui prétendaient venger, sous l'encadrement de l'administration territoriale, l'assassinat de "leur" président par un petit groupe de militaires.
Burundi - Arrestation.
Les forces de l'ordre font déguerpir des fidèles de la cathédrale Regina Mundi et en arrêtent cinq.
Bujumbura, le 21 octobre 2002 (Net Press). A la veille de la célébration de la journée marquant le déclenchement du génocide des Tutsi, des chrétiens rescapés de ce génocide résidant en mairie de Bujumbura s'étaient rassemblés dans la cathédrale Régina Mundi pour y passer la nuit en priant pour toutes les victimes du génocide jusqu'au lendemain (21 octobre 2002) à 18h. Le curé de la cathédrale, l'abbé Jean-Louis Nduwimana, s'est présenté à l'autel vers 21h pour convaincre ces fidèles de rentrer, en leur expliquant que les chrétiens prient tous les jours en faveur des disparus et que de toute façon, personne n'avait préalablement demandé de permission pour passer la nuit dans ce temple. Tout près de lui, il y avait un officier de la gendarmerie nationale qui dirigeait une compagnie d'une vingtaine de gendarmes et d'agents de la documentation nationale (police présidentielle) qui, eux, se trouvaient à l'extérieur de la cathédrale. Ces fidèles ont été donc contraints de vider les lieux. Arrivés dehors, ils ont violemment pris à partie par les policiers qui avaient été dépêchés sur les lieux. Cinq personnes, dont des vieilles dames, ont été arrêtées et conduites au cachot du camp Kamenge, plus connu sous l'appelation de camp Socarti.
Réagissant à l'événement, le mouvement d'autodéfense et anti-génocide PA-Amasekanya a condamné, dans une déclaration parvenue à notre rédaction, l'attitude du curé de la cathédrale Regina Mundi qui, "au lieu de dénoncer et de condamner le crime de génocide, à l'instar de ce qu'a fait le Bon Dieu à l'égard du criminel Caiën qui venait de tuer son frère Abel, a plutôt préferé la banalisation du crime". Pour ce mouvement, l'abbé Nduwimana a violé "le principe sacré de l'inviolabilité des Eglises en chassant des chrétiens qui pensaient avoir trouvé enfin un endroit où ils pouvaient pleurer en toute tranquillité les leurs emportés par la machette". Le même mouvement exige en outre la "libération immédiate et sans condition des 5 personnes arrêtées pour avoir simplement osé prier pour les centaines de milliers de citoyens emportés par le génocide".
Burundi - Assassinat.
Quand un des assassins de Mgr Joachim Ruhuna justifie son acte criminel...
Bujumbura, le 21 octobre 2002 (Net Press). Cette révélation ne date pas d'aujourd'hui mais du 15 décembre 2001 à Gitega, lors de l'inauguration du monument dédié à feu Mgr. Joachim Ruhuna. Enregistrée sur une cassette-vidéo, elle a été portée à la connaissance des membres de l'AMJR (association Mgr Joachim Ruhuna bon pasteur) réunis en assemblée générale ce dimanche 20 octobre 2002 dans les locaux du grand séminaire de Bujumbura. C'est l'évêque de Bururi, Mgr Bernard Bududira qui a fait cette révélation au cours des cérémonies inaugurales. L'identité de l'assassin qui revendiquait fièrement son acte a été révélée. Il s'agit d'un ancien séminariste de Mureke, réfugié en Tanzanie, aujourd'hui membre très actif des Fdd. Pour cet assassin donc, Mgr Joachim Ruhuna devait être tué car il avait condamné sans ambages l'holocauste de Bugendana du 23 juillet 1996, perpétré par les terroristes-génocidaires et où plus de 400 déplacés tutsi furent sauvagement massacrés. On se souvient que l'archévêque n'avait pas mâché ses mots et le message qui agite encore ses assassins aujourd'hui est celui où, se référant à l'ancien testament, il les avait comparés à Caïn, considéré à juste titre comme l'ancêtre des criminels en déclarant : "Muzopfa nka Gahini" ("Vous finirez vos jours errant comme Caïn").
L'autre "crime" reproché à posteriori à Mgr Ruhuna, selon toujours cet assassin qui est loin de se repentir, est que l'ancien archévêque de Gitega avait "rendez-vous" avec le président Buyoya comme le prouvait l'agenda du prélat disparu retrouvé dans sa jeep après son assassinat. Car, pour ce tueur, un rendez-vous pris avec celui que ce dernier considérait comme un de ses grands ennemis méritait d'être sanctionné par la mort. L'évêque de Bururi n'a pas manqué d'établir un parallélisme avec la mise à mort de Jésus Christ à qui les Juifs reprochaient tantôt de s'être proclamé "Fils de Dieu", tantôt d'avoir "osé" déclaré de façon symbolique que s'ils détruisaient le Temple, il le reconstruirait en 3 jours. Tous les arguments sont donc avancés, y compris les plus fantaisistes pour justifier l'assassinat d'un homme dont on réclame de plus en plus aujourd'hui, dans de nombreux milieux et pas seulement au sein de l'AMJR, la béatification. On sait que la procédure est très longue, mais Mgr Bernard Bududira a accepté de présenter au Vatican le dossier "Mgr Ruhuna" à côté de celui des 43 séminaristes de Buta, "martyrs de la fraternité", eux aussi sauvagement assassinés en avril 1997.
Parmi ceux qui étaient convaincus que l'ancien archévêque de Gitega est déjà inscrit sur la liste des saints, on citera Mgr Michel Ntuyahaga, décédé le 6 juin 2002. Alors qu'il recevait un jour des visiteurs dans son avant-dernière demeure située tout près de la paroisse St Michel, il leur avait dit, parlant de Mgr Joachim Ruhuna, "ne priez plus pour lui, priez-le désormais".
Burundi - Syndicat.
La Cosybu exige l'annulation "sans délai" des dernières hausses de prix.
Bujumbura, le 21 octobre 2002 (Net Press). La confédération des syndicats du Burundi (Cosybu) - centrale syndicale la plus représentative au Burundi - vient de rendre publique une déclaration musclée à l'égard du gouvernement. Ainsi, elle déclare avoir constaté "avec amertume" que le gouvernement du Burundi est "loin de se soucier du sort de la population paupérisée jusqu'au dernier soupir". Et d'ajouter que les différentes dévaluations de la monnaie burundaise et le déficit budgétaire chronique sont liées, à ses yeux, aux charges inhérentes au "train de vie arrogant des dignitaires et aux malversations économiques impunies". La Cosybu, qui considère les dernières dévaluation et hausses des prix de tous les biens et services comme une "provocation à l'endroit de la population du Burundi et des travailleurs en particulier", prie instamment les pouvoirs publics d'annuler "sans délai les dernières hausses des prix" et d'entamer un dialogue immédiat avec leurs parternaires sociaux. Elle demande enfin au gouvernement de procéder au retrait immédiat du projet de texte déréglémentant le mouvement syndicat burundais.
AVIS DE MISE EN VENTE
La BANCOBU met en vente un véhicule en circulation dont les caractéristiques sont les suivantes :
Une VOITURE TOYOTA-CORONA, plaque d'immatriculation 01 BA 1210, année de fabrication 1995, n° de châssis AT1900126946.
Ledit véhicule est vendu dans l'état où il se trouve et peut être visité dans l'enceinte de la BANCOBU pendant les heures de service à partir du 08.10.2002. Les offres sous plis fermé devront être adressées à Madame le chef du Département Ressources Humaines et Logistique au plus tard le 25.10.2002.
La BANCOBU se réserve le droit de refuser toute offre jugée inférieure à la valeur réelle dudit véhicule.
