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Bujumbura-Burundi

Burundi - Génocide.

 

Commémoration de la journée dédiée à la lutte contre le génocide.

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). Ce samedi 21 avril 2001, l'association pour la lutte contre le génocide AC Génocide-Cirimoso a organisé, comme tous les 21 de chaque mois, une journée commémorative du génocide des Tutsi déclenché le 21 octobre par le parti Frodebu. Le ministre ayant la gestion du Musée Vivant dans ses attributions ayant refusé d'accorder ce lieu, cette journée a été célébrée non pas au Musée Vivant comme l'avaient souhaité les dirigeants de AC Génocide-Cirimoso, mais au Carrefour de la JRR de Ngagara qui ne peut contenir que 600 personnes au maximum et présente ce désavantage de ne pas êttre situé au centre-ville.

 

Le président de l'association, le professeur Venant Bamboneyeho qui est arrivé à 11 heures, a commencé par remercier le public présent qui avait répondu à ces cérémonies organisées en mémoire des nombreuses victimes du génocide perpétré, a-t-il rappelé, depuis octobre 1993 par le parti Frodebu. Il a ensuite demandé à ce que soit observée une minute de silence en mémoire des victimes de ce génocide, avant de rappeler que le principal point à l'ordre du jour était la signature d'une pétition adressée au président du Conseil de Sécurité des Nations-Unies lui demandant d'"empêcher que l'Etat burundais procède à l'amnistie d'un génocide flagrant en violation flagrante du droit international et de la morale universelle".

 

Signalons que ce projet de pétition a été signée par tout le public présent au Carrefour de la JRR, soit environ 600 personnes qui ont été invitées à la faire signer par le plus grand nombre de personnes possible. Ces personnes ont pour cela une semaine devant elle. 

 

Le président Bamboneyeho a ensuite accordé la parole aux membres et sympathisants de l'association AC Genocide-Cirimoso. Le premier intervenant a indiqué qu'il faut compléter le projet de pétition en rappelant au Conseil de Sécurité de l'ONU que la communauté internationale a, face au génocide des Tutsi burundais, le même comportement qu'elle avait hier vis-à-vis du génocide rwandais de 1994, puisqu'elle "se complaît dans un silence complice" et qu'elle risque donc de ne faire demain que constater les dégâts. "Les mea culpa tardifs ne sont pas franchement les bienvenus", a martelé le même intervenant.

 

La seconde personne à prendre la parole a insisté pour qu'on rappelle dans la pétition que "les FDD ne sont que des tueurs travaillant main dans la main avec les ex-FAR, les FNL et les Interahamwe, avec lesquels ils ont d'ailleurs signé une convention de collaboration pour exterminer les tutsi de la sous-région des grands lacs en commençant par ceux du Burundi et ensuite ceux du Rwanda". Le même intervenant a poursuivi en indiquant qu'il est "inconcevable de négocier avec les FDD alors que leur projet n'est pas de faire la paix, mais d'exterminer". Selon lui, les FDD n'ont pas de revendication politique et sont plutôt uniquement mus pas l'idéologie génocidaire.

 

Cette journée a été clôturée vers 12 h 15 minutes, mais contrairement aux 21 des mois antérieurs, les agents de la Mairie de Bujumbura ont permis que la banderole de AC Génocide marquant cette journée flotte du matin au soir à son lieu habituel d'affichage (au centre-ville, près du principal carrefour routier de la capitale). Elle portait cette inscription que la plupart des membres et sympathisants de cette association ont apprécié : "Bonnes gens, méfiez-vous, ..., le génocide est toujours là, impuni, arrogant !".

 

Burundi - Parti politique.

 

Le parti PARENA condamne l'arrestation de deux de ses militants.

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). Le Parti pour le Redressement National (PARENA) dirigé par l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza vient de réagir à l'arrestation, en fin de cette semaine, de 2 de ses militants : MM. Ildéphonse Ndagijimana et Raphaël Manirakiza (alias Rufonya), travaillant respectivement à l'Onatel et à l'Université du Burundi.

 

Dans une déclaration parvenue à notre Rédaction, ce parti indique qu'il n'est pas tellement surpris pas ces arrestations, car "ce n'est pas pour la première fois que le Major Buyoya frappe dans les rangs du PARENA pour camoufler ses échecs ou ses réelles intentions politiques (...)".

 

Le même parti se considère par ailleurs comme une "victime désignée à l'avance" du pouvoir  pour avoir apposé une fin de non-recevoir, à travers ses réserves à l'accord d'Arusha, à l'amnistie des génocidaires. Or, selon le PARENA,  il est évident que ces arrestations "n'ont d'autre but que de détourner l'opinion sur les négociations avec Jean-Bosco Ndayikengurukiye à Libreville devant aboutir à la fusion de l'armée actuelle avec la rébellion et à l'amnistie de cette dernière".

 

Le PARENA exige enfin la "libération immédiate et inconditionnelle de ses militants injustement et arbitrairement arrêtés". (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

 

Signalons d'autre part que la délégation envoyée par ce parti à la BSR (Brigade spéciale de recherche) pour demander un droit de visite pour ses militants détenus a été, selon le chef de la même délégation, M. Léonidas Ntakaye (secrétaire général-adjoint chargé de l'administration du PRANA), violemment prise à partie par les gendarmes. Selon toujours M. Ntakaye, il s'en est suivi des échauffourées qui ont duré 15 minutes, alors que les 50 membres de la délégation étaient allés de façon tout-à-fait pacifique demander que les 2 détenus soient traités conformément au droit humanitaire.

 

Burundi - Parti politique.

 

L'Uprona de Mukasi regrette que le Burundi soit devenu "la terre d'asile des génocidaires de toute la sous-région".

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). Le parti Uprona, tendance Mukasi, vient de rendre publique une déclaration (en langue nationale) où il s'en prend une nouvelle fois au régime en place à Bujumbura accusé d'avoir fait en sorte que le Burundi est "devenu la terre d'asile des génocidaires de toute la sous-région qui fuient la République Démocratique du Congo en raison de l'application des accords de Lusaka". Rappelons que selon Lusaka, les FNL, les FDD, ex-FAR et Interahamwe sont, au terme de Lusaka, des "forces négatives" à désarmer ou à renvoyer pour jugement dans leurs pays d'origine.

 

Selon ce parti, ces groupes se réfugient  au Burundi car c'est "le seul pays (de la sous-région) où ils ont des complices au gouvernement, à l'assemblée nationale et dans d'autres instances dirigeantes du pays". L'Uprona non-négociateur rappelle par ailleurs que le CNDD-FDD, le FNL et leurs alliés rwandais ex-FAR et Interahamwe avec lesquels ils ont signé deux accords de collaboration (le 22/05/1995 à Bukavu (RDC) et le 23 mai 1997 en province de Cibitoke) ont fusionné, au terme de ces accords, pour devenir le FNL.

 

Il appelle enfin les Burundais à adhérer plus nombreux, à l'"Accord-cadre pour la restauration de l'Etat de droit au Burundi", seule organisation à même de ramener la vraie paix au Burundi, conclut M. Mukasi (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").  

 

 

Burundi - Processus de paix.

 

Le parti Frodebu, aile Nzojibwami, encourage le gouvernement de "poursuivre sans désemparer l'initiative de Libreville".

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). Le parti Frodebu, aile Nzojibwami, vient de rendre publique une déclaration à l'issue d'une réunion de son Comité directeur de ce samedi 21 avril 2001. Ce parti s'en prend particulièrement aux auteurs du récent putsch manqué. Ce parti s'étonne qu'il y ait encore au Burundi "le virus de la conquête du pouvoir par la force". Il fait remarquer que la jeunesse a été ciblée par les putschistes du "fameux FJP (Front de la Jeunesse Patriotique) dont le mouvement des mutins s'est réclamé".  Il condamne cette tentative de putsch et félicite les forces de l'ordre "pour leur sens élevé de patriotisme".

 

Le Frodebu-Nzojibwami fait en outre observer que cette tentative de putsch est intervenue au moment où la sécurité était encore une fois mise à mal dans les provinces Gitega, Mwaro, Ruyigi, Rutana, Makamba, Bujumbura Rural et Bururi, et au moment où le président Buyoya était en train de négocier à Libreville avec le chef des FDD, Jean-Bosco Ndayikengurukiye. Pour ce faire, le FRODEBU de Nzojibwami demande au gouvernement de "poursuivre sans désemparer l'initiative de Libreville pour aboutir rapidement au cessez-le-feu permanent, à l'Etat de droit et à la transition". Ce parti "exige du gouvernement que les mutins et leurs complices soient jugés et punis conformément à la loi et à la hauteur de leur forfait". Il condamne également les "violences aveugles perpétrées par la rébellion armée dans tout le pays".

 

Le Frodebu, aile Nzojibwami réaffirme enfin que le pouvoir émane du peuple. Et de ce fait, il estime qu'"un groupe, soit-il de 19 signataires à Arusha, de 30 mutins à bord d'un camion, d'un G6 hutu et/ou tutsi ne pourra jamais empiéter sur les prérogatives du peuple".

 

Burundi - Opinion.

 

Un lecteur de "Net Press" invite le pouvoir à bien traiter l'auteur du putsch manqué du 18 avril 2001.

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press).  Il s'appelle Alexis Banuma,  médecin vétérinaire de formation. Il vient de nous écrire au sujet du putsch manqué de ce 18 avril 2001 et de son auteur, le lieutenant Gaston Ntakarutimana, dont le sort semble le préoccuper beaucoup.

       

Notre lecteur qui semble avoir de la sympathie pour le jeune lieutenant putschiste indique avoir toujours eu peur des "jugements expéditifs". Ce jeune homme pourrait être exécuté alors que, selon M. Banuma, il "n'a fait qu'appeler nos forces de sécurité à un peu plus de vigilance" car pour lui, "il n'est pas normal qu'un groupe de 30 militaires puisse pénétrer dans les enceintes de la Radio-Télévision Nationale sans aucune résistance de la part de ceux qui gardent les lieux normalement ".

 

Pour M. Banuma, le lieutenant Ntakarutimana était sans doute fatigué ou peut-être même atteint de malaria, mais il reste selon lui, un homme "courageux, éprouvé par la vie et le génocide, qui a osé dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas".

 

Au lieu d'être maltraîtré, ce jeune officier devrait être, selon M. Banuma, soigné et on devrait lui accorder un repos d'au moins un mois. "La loi militaire étant ce qu'elle est, il devrait alors être éventuellement interrogé", a conclu notre lecteur pour qui ce jeune homme, au lieu d'être sanctionné, devrait être fait conseiller politique du pouvoir actuel car, "à voir son discours du 18 avril 2001, il a politiquement de bonnes idées".

 

Burundi - Confession religieuse.

 

45 adeptes de Migurumiko incarcérés à Mpimba demandent d'"être élargis conformément au nouveau code de procédure pénal".

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). 45 adeptes du pasteur André Migurumiko détenus à la prison centrale de Mpimba depuis le 9 avril 2001 viennent d'écrire au procureur de la République en mairie de Bujumbura afin de lui demander d'"être élargis conformément à la loi", car pour eux, ils sont "illégalement détenus".

 

Rappelons que ces personnes sont pouruivies pour "coups et blessures volontaires et violation de domicile" contre leurs rivaux de la tendance Karayenzi de la Mission Evangélique Indépendante qu'ils avaient sérieusement tabassés vers la fin du mois de mars 2001.

 

Burundi - Transition.

 

Un faux rectificatif du président du parti Vert-Intwari, ex-Vaillant, le candidat-président André Nkundikije.

 

Bujumbura, le 22 avril 2001 (Net Press). Le président du parti Vert-Intwari, M. André Nkundikije a saisi la Direction de l'agence "Net Press" pour exiger la publication "in extenso" d'une lettre qui, selon lui, "tient lieu de rectificatif". Il s'agit d'une longue lettre de 4 pages pour rectifier on ne sait quelle dépêche même si dans son introduction il parle d'une dépêche du 8 avril 2001 ("Le parti vert-Intwari confirme son retrait du collectif pro-Bayaganakandi" du 8 avril 2001). La dépêche de 2 petits paragraphes, si c'est d'elle qu'il s'agit, porte précisément sur une phrase que voici : "Signalons néanmoins que cette position (celle de retrait du G8) risque de créer des dissensions internes au sein de ce parti à l'instar de ce qui s'est passé au PSD (Parti Social-Démocrate) puisque son Comité Exécutif reste, semble-t-il, fidèle au soutien de la candidature du Colonel Candidat-président".

 

Voilà ce qui a fait déployer la verve du candidat-président et leader du parti Vert-Intwari, ex-Vaillant-Intwari qui a écrit : "Votre appréhension injustifiée relève d'un esprit manifestement corrosif et d'une volonté délibérée de nuire. Cela est intolérable et condamnable parce que, non seulement c'est un mensonge flagrant, mais aussi et surtout, c'est un clin d'oeil, non voilé, à l'endroit des adversaires et détracteurs de notre parti". Il a ajouté que son parti "soutient fermement la candidature à la magistrature suprême de son président pour la période de transition".

 

Le reste de sa lettre n'est qu'un tissu d'affabulations indignes d'être publiées même s'il tient à ce que la rédaction les publie in extenso. La rédaction prend ses responsabilités pour éviter au public la lithanie de contre-vérités que M. Nkundikije impute à l'Agence Net Press. La rédaction aurait même refusé ce que Nkundikije appelle "rectificatif" car il ne redresse rien. Sa lettre n'est qu'un faux rectificatif.

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