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Bujumbura-Burundi

Burundi - Politique.

"La nouvelle rencontre gouvernement-Frodebu n'est qu'une perte de temps de plus", selon le Parena.

Bujumbura, le 22 juin 2001 (Net Press). Alors qu'il s'est ouvert depuis ce 21 juin 2001 en Afrique du Sud une nouvelle "session de travail" entre le gouvernement, l'Uprona-Rukingama et le Frodebu-Minani autour du médiateur Nelson Mandela, le reste de la classe politique burundaise commence à réagir à cette rencontre. Ainsi, pour le Parti pour le Redressement National (PARENA) de l'ancien président du Burundi Jean-Baptiste Bagaza, il s'agit d'une "perte de temps de plus qui n'aboutira à rien". Car, selon M. Léonidas Ntakaye, secrétaire général-adjoint chargé de l'administration au PARENA, les 3 parties ont la même vision politique et n'ont donc rien à négocier entre elles. En effet, d'après M. Ntakaye, l'Uprona (aile Rukingama) et le Frodebu ont été ensemble dans la convention de gouvernement et sont toujours ensemble dans le "partenariat" qu'ils "veulent à présent améliorer au détriment du peuple burundais en trompant le médiateur qu'ils représentent, à eux seuls, l'opposition et le pouvoir". Le Parena n'est donc pas d'accord avec cette façon de faire et il aurait plutôt fallu associer tous les partenaires importants, dont le parti Parena. Pour M. Ntakaye enfin, ce "voyage ruineux" est inutile, comme tous ceux qui l'ont précédé d'ailleurs. Il a conclu en indiquant que si on veut vraiment aboutir à quelque chose de palpable, il faut associer à ces négociations d'autres partenaires, à savoir l'opposition armée et non armée.

Burundi - Politique.

Le collectif pro-Bayaganakandi fustige le "ballet diplomatique du Frodebu et du Gouvernement qui prépare un coup d'Etat contre Arusha".

Bujumbura, le 22 juin 2001 (Net Press). Le groupe des 8 partis politiques soutenant la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi vient de sortir de sa réserve, en fustigeant ce qu'il appelle l'"actuel ballet diplomatique du Frodebu ou du G7 et du gouvernement" qui ne vise, selon lui, qu'à préparer un coup d'Etat contre l'accord d'Arusha. Selon le porte-parole de ce collectif, le Dr. Alphonse Rugambarara, ce sont "ceux qui sont en mauvaise posture qui sont allés solliciter le médiateur Mandela" alors que le camp pro-Bayaganakandi "attend sereinement la tenue d'un sommet des chefs d'Etat de la région qui devrait régler les deux questions encore pendantes dans le processus de paix d'Arusha". Pour le Dr. Rugambarara, le Frodebu et le gouvernement devraient plutôt réunir leurs énergies pour contribuer à trouver une solution à la grande question qui reste irrésolue dans ce processus, à savoir celle des tueries quotidiennement perpétrées par les Fdd et les Fnl. Le G8 demande au G7 de cesser d'inventer des voies de sortie qui n'en sont pas car cette façon n'est pas du tout constructive. Le G8 rappelle que M. Ndayizeye ne fait pas l'unanimité dans son camp, comme le candidat Bayaganakandi, puisqu'il n'a recueilli que 6 voix sur 7 et qu'il y a à ses côtés un autre candidat, en l'occurrence celui du Cndd, Albert Mbonerane. "Il n'y a donc pas plus de problèmes au G10 qu'au sein du G7 et on ne devrait pas chercher des poux là où il n'y en a pas", a-t-il conclu.

Burundi - Transition.

Des Burundais de la diaspora invitent les "institutions sortantes" à faciliter la mise en place des institutions de transition.

Genève, le 22 juin 2001 (Net Press). Dans un appel lancé aux autorités et au peuple burundais, les associations en lutte contre le génocide d'Europe, d'Amérique et d'Afrique appellent à l'investiture immédiate des candidats - présidents désignés à Arusha. Pour ces associations, à savoir AC Génocide Suisse, AC Génocide BENELUX, AC Génocide Canada, AIPR Canada et ASP/Burundi-Belgique, les négociations d'Arusha ont abouti à la désignation de nouvelles institutions de transition devant ramener la paix. Elles ajoutent que "leurs excellences le colonel Epitace Bayaganandi et M. Domitien Ndayizeye" ont été désignés respectivement comme président et vice-président de la République du Burundi pour la durée convenue à la majorité écrasante (16/18). Pour ce faire, elles invitent les "institutions sortantes et le peuple burundais sans exception aucune, le Médiateur Mandela, les chefs d'Etat de la Région des Grands Lacs et la communauté internationale à prendre acte de l'irréversibilité de cette décision historique du peuple burundais et de la région et à faciliter la mise en place de nouvelles institutions de transition". Par la même occasion, lesdites associations invitent les groupes armés à "cesser immédiatement leurs actions sanguinaires sans issue et à engager sans tarder les négociations de cessez-le-feu avec les nouvelles institutions de transition désignées à Arusha les 19-20 mai 2001" (voir www.cbinf.com/netpress.bi)

Burundi - Sécurité.

Des entrainements militaires des terroristes-génocidaires continuent en Tanzanie.

Kigoma, le 22 juin 2001 (Net Press). Selon des sources tanzaniennes de Kigoma, des entrainements militaires des terroristes-génocidaires continuent à se faire au grand jour. Ces terroristes-génocidaires font quotidiennement des incursions dans les provinces de l'Est du Burundi qui se soldent souvent par des vols de bétail, de vivres et d'argent. Selon les mêmes sources, des témoignages recueillis dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie, ces entrainements ont pour objectif de former des terroristes-génocidaires qui viendraient destabiliser la mairie de Bujumbura dans les prochains jours. Pour ces raisons, la population des provinces de l'Est du Burundi vit constamment dans une peur panique. C'est semble-t-il, pour cette même raison que le mouvement de rapatriement a d'ailleurs cessé ces derniers temps. Tout laisse croire que cette situation est consécutive aux mesures prises par les terroristes-génocidaires pour empêcher le retour de ces réfugiés craignant que ces derniers ne dévoilent leurs "secrets": les lieux précis d'entrainement, l'arsenal de guerre dont ils disposent, les lieux qui seront les premiers visés par les attaques, etc. Ces otages des terroristes-génocidaires vivent des conditions inhumaines. Néanmoins, ont précisé nos sources, celui qui parvient à franchir la frontière est rétabli par les autorités burundaises dans sa famille d'origine.

Burundi - Economie.

Le CIP décide un nouveau report de la date d'ouverture des offres de préqualification pour la privatisation de l'Onatel.

Bujumbura, le 22 juin 2001 (Net Press). Le Comité Interministériel de Privatisation (CIP) vient d'annoncer qu'il a décidé de reporter une nouvelle fois la date d'ouverture des offres de préqualification pour la cession aux privés des 51% des actions de l'Onatel détenus par l'Etat. Ainsi, cette ouverture qui devait avoir lieu le 4 juillet prochain a été repoussée au 4 octobre 2001. Selon le commissaire principal au SCEP (Service chargé de la privatisation des entreprises publiques, qui sert de secrétariat au CIP), M. Prosper Banyankiye, le CIP veut ainsi que la privatisation de l'Onatel intervienne après l'arrivée au Burundi du central téléphonique tant attendu par les Burundais depuis plusieurs mois. Cela permettra, a ajouté M. Banyankiye, de vendre cette entreprise à sa "valeur réelle".

La rédaction a cherché à savoir si les pouvoirs publics ne sont pas inquiétés par le fait que le pays risque de perdre un peu de sa souveraineté quand les télécommunications seront "complètement aux mains des étrangers", comme semble s'en inquiéter déjà une certaine opinion. Pour le commissaire principal au SCEP, "il faut poser les problèmes en termes objectifs et quitter le terrain des slogans pour des choses concrètes, c'est-à-dire le business" car, pour lui, garder sa souveraineté c'est avant tout assurer un revenu aux gens, un emploi et leur sécurité. Selon M. Banyankiye, les gens ne devraient pas se faire beaucoup d'inquiétude car, même si la nationalité des éventuels acquéreurs n'importe pas beaucoup (l'important étant les capacités techniques et financières de ces derniers), ces acquéreurs devront se constituer en groupements ayant des alliances avec des sociétés locales. Il y aura donc "nécessairement de la mixité des fonds des nationaux (qui auront droit à 14% du capital de l'Onatel à côté des 51% des actions qui seront vendues aux privés) et des étrangers"pour revigorer l'Onatel. Signalons que l'Etat du Burundi a décidé de procéder à la privatisation de l'Onatel quand il s'est rendu compte que la gestion étatique est "relativement peu efficace" par rapport à la gestion privée, selon toujours M. Banyankiye. Il fallait donc des gens à même d'élaborer de bonnes stratégies pour le long terme, le problème de liquidités (de nouveaux investissements) ne venant qu'en deuxième position.

Burundi - Conférence.

Les autorités de la mairie et du ministère de l'intérieur opposent l'article 60 de l'acte constitutionnel de transition au porte-parole du G8.

Bujumbura, le 22 juin 2001 (Net Press). Le porte-parole du G8 avait l'intention d'animer une conférence de presse ce samedi 23 juin 2001 à l'hôtel Source du Nil. Le maire de la ville de Bujumbura, M. Pie Ntiyankundiye, contacté au téléphone par la rédaction, a précisé qu'il entend appliquer rigoureusement la loi sur les partis politiques. En effet, a-t-il expliqué, l'article 60 de l'acte constitutionnel de transition précise que les manifestations et les réunions publiques ne sont pas autorisées. Au niveau des partis politiques, seuls les organes dirigeants au niveau national, provincial et/ou communal peuvent se réunir et non des manifestations ou des réunions sur les places publiques. Par contre, pour le porte-parole du G8, cela démontre que les libertés politiques ne sont qu'un leurre au Burundi et que "nous sommes prisonniers d'un pouvoir qui refuse l'application de l'accord de paix, la liberté d'opinion et d'association, et qui trompe continuellement la médiation et la communauté internationale".

 

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