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Bujumbura-Burundi


Burundi - Transition.

Les tenors du collectif pro-Bayaganakandi se rendent à Arusha pour couper l'herbe sous les pieds des "imposteurs achetés par Buyoya".

Arusha, le 22 juillet 2001 (Net Press). Les dirigeants des partis membres du collectif pour la promotion de la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi ont finalement décidé de se rendre à Arusha après avoir annoncé qu'ils boycotteraient le 15e sommet des chefs d'Etat autour du médiateur Mandela. Deux raisons ont motivé, selon ces partis, ce volte-face. Il s'agit notamment du fait qu'il y a des gens qui sont partis à Arusha soi-disant pour le compte de ces formations politiques dont, en réalité, ils avaient été exclus ou suspendus. Pour les responsables de ces partis, il est inacceptable que ces "imposteurs achetés par Buyoya pour soutenir l'insoutenable, à savoir les 11 conditionnalités criminelles" signent quoi que ce soit au nom de ces partis.

Les mêmes partis ont fait savoir dans un communiqué de presse (disponible sur www.netpress.bi, rubrique Agora) qu'ils sont allés à Arusha pour réaffirmer leur revendication de respect du choix majoritaire qui s'est porté sur le candidat Bayaganakandi. Signalons que le même collectif des partis favorables au colonel Bayaganakandi vient de rendre publique sa version du déroulement des tractations qui ont abouti "à l'imposition de Buyoya par Mandela" le 10 juillet 2001 à Pretoria (Voir www.netpress.bi, rubrique Agora).

Nous venons d'apprendre que les délégués pro-Bayaganakandi ont été bloqués dans la soirée du 21 juillet 2001 à Namanga, sur la frontière tanzano-kenyane, malgré leurs passeports diplomatiques. D'après le Dr. Rugambarara que la rédaction a pu joindre, les services de l'immigration d'Arusha "auraient été soudayés par les agents de Buyoya, dont M. Térence Nsanze, d'après certaines informations sur place". Le Dr. Rugambarara a cependant indiqué qu'ils étaient en contact avec MM. Bomani et Butiku (président de la fondation Nyerere) qui ont déclaré ne pas comprendre ce blocage. Selon nos dernières informations, les deux responsables tanzaniens sont parvenus à régler cette situation puisque le Dr. Rugambarara et ses amis politiques ont été finalement autorisés à entrer en Tanzanie à la mi-journée de ce dimanche 22 juillet 2001.

Signalons au passage que contrairement à ce que nous avions annoncé dans notre édition du 19 juillet 2001, MM. Philippe Minani du Raddes, Etienne Nyahoza et Nzombi Runyanya du PIT n'ont pas fait le déplacement d'Arusha même si leurs noms figuraient sur la liste des délégués invités par l'équipe de la facilitation. Ils ont tenu à observer la consigne de boycott du sommet du 23 juillet 2001 décidée, dans un premier temps, par leurs partis et sont donc restés légalistes.

D'autre part, certaines rumeurs persistantes faisaient état ce dimanche matin de la présence à Arusha du président du parti Parena, M. Jean-Baptiste Bagaza. Les mêmes rumeurs ajoutaient que M. Bagaza voudrait rencontrer l'actuel chef de l'Etat burundais. Pour en avoir le coeur net, notre rédaction a contacté par téléphone le colonel Jean-Baptiste Bagaza qui se trouvait bel et bien à son domicile de Kampala et qui a déclaré qu'il n'entendait pas se rendre à Arusha. Et pour cause, a-t-il expliqué, "Buyoya n'a pas été choisi par consensus, mais il a été imposé".

Pour le colonel Bagaza, il n'y a pas plus de raison d'aller aujourd'hui à Arusha qu'hier à Lusaka ou à Pretoria. Il a ajouté que "le fameux accord de Pretoria" est en réalité un coup d'Etat, semblable à ceux de 1987 et de 1996. D'après le colonel Bagaza, c'est le partenariat Buyoya - Frodebu qui continue et le Parena ne saurait cautionner la pérennité au pouvoir d'un parti qui est à l'origine de tous les malheurs de la population. A la question de savoir si le Parena fera partie du gouvernement de transition issu de "l'accord de Pretoria", M. Bagaza a indiqué qu'il ne reconnaît pas ces institutions qui "n'existent pas".

Burundi - Processus de paix.

Le Parena dénonce "l'absence de vision politique, la versatilité, l'opportunisme et le non-respect de la parole donnée des partis du G5".

Bujumbura, le 22 juillet 2001 (Net Press). Dans sa "Lettre à la Nation" n° 7, le "parti pour le redressement national" (Parena) s'en prend avec une rare virulence aux partis du G5 "avec lesquels il croyait partager certaines valeurs" et au sein desquels il avait "joué un rôle catalyseur" au cours des négociations d'Arusha. Il s'indigne de "l'idéologie zigzagante" de ce groupe de partis, laquelle se réduit, selon lui, à "un jeu de marchandage de prébendes que le pouvoir leur attribue en fonction du thermomètre de leur fidélité". Bien plus, déplore le Parena, ces partis qui "se réclament bruyamment tutsi, ont enterré sans état d'âme les réserves à l'accord d'Arusha qui sont supposées préserver les intérêts de leur communauté". Enfin, le Parena fustige "l'absence de vision politique, la versatilité, l'opportunisme et le non-respect de la parole donnée" de ces partis et invite les Burundais à se joindre nombreux à son combat visant à refuser "d'être écrasés par le rouleau compresseur Buyoya-Frodebu". (Voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Génocide.

AC Génocide-Cirimoso engage la vitesse supérieure afin de venir en aide aux "rescapés provisoires" du génocide.

Bujumbura, le 22 juillet 2001 (Net Press). L'assemblée générale de l'association de lutte contre le génocide "AC Génocide Cirimoso" qui s'est tenue ce 21 juillet 2001, a vu la participation du représentant de cette association à Lusaka (en Zambie), M. Chrysostome Harahaganzwe qui a été le grand orateur du jour. Après l'introduction du professeur Venant Bamboneyeho, M. Harahaganzwe a pris la parole et déploré que 8 ans viennent de s'écouler sans que rien de palpable ne soit fait en faveur des rescapés du génocide qui continuent à mourir comme des mouches emportées par la misère, le Sida, la tuberculose, ..., quand ils ne sont pas froidement abattus par les hordes génocidaires du Cndd ou du Palipehutu.

"Pleurer nos morts sans se préoccuper des rescapés est vain", a martelé M. Harahagazwe qui a avancé des propositions concrètes pour sortir de cette situation. Pour lui, la lutte contre le génocide ne peut se faire qu'en inculquant aux jeunes l'amour du travail : "Il faut leur apprendre les métiers, les techniques de pointe comme l'informatique et l'internet en vue de créer leurs propres emplois", a-t-il ajouté. Comme tout cela exige beaucoup de moyens financiers, M. Harahaganzwe a lancé l'idée d'une banque des rescapés du génocide dont les fonds proviendraient essentiellement des contributions des membres et sympathisants de l'association, mais aussi de la contribution des partenaires étrangers. Au cours des échanges qui ont suivi, l'assistance a appris avec indignation que l'"amnistie provisoire" prévue par Arusha est déjà une réalité puisque des auteurs du génocide continuent à être libérés un à un, selon un intervenant. Les participants ont clôturé la réunion en se convenant d'adresser une lettre aux chefs d'Etat de la sous-région impliqués dans les accords d'Arusha et de Pretoria afin de les mettre en garde contre l'amnistie du génocide que garantissent ces accords.

Burundi - Sport.

Les forces de l'ordre continuent à malmener les membres de PA-Amasekanya.

Bujumbura, le 22 juillet 2001 (Net Press). Le jogging dominical des membres et sympathisants de PA-Amasekanya a été sérieusement perturbé ce dimanche matin par les forces de l'ordre. En effet, ces sportifs anti-génocidaires qui avaient commencé par faire un petit tour du côté du domicile de l'ancien responsable du medium de la haine "Burundi Bureau", Albert Mbonerane, où ils ont entonné des chants lui rappelant que les Burundais n'ont pas encore oublié son rôle catalyseur dans le génocide des Tutsi en cours, ont été interceptés par des éléments de la gendarmerie nationale au niveau du pont Ntahangwa, près du campus Mutanga. Ils sont quand même parvenus à passer à travers les mailles du filet de ces gendarmes. Arrivés au niveau de Nyakabiga III, tout près de la nouvelle paroisse de l'Eglise Pentecôte, une camionnette pleine de gendarmes a dépassé le groupe de sportifs dans le but de les bloquer ou de les disperser. Se voyant opposer une résistance, ces gendarmes n'ont pas hésité à tirer dans la foule. Heureusement, personne n'a été touché mais une panique générale s'est momentanément emparée aussi bien des habitants du quartier Nyakabiga III que des fidèles de l'Eglise Pentecôte. Par la suite, un véhicule de l'agence de presse britannique "Reuters" présent sur place a été réquisitionné et son chauffeur brièvement interpellé. De leur côté, 2 jeunes gens qui faisaient leur sport ont été arrêtés tandis qu'un journaliste d'une radio privée locale, la "Radio Publique Africaine", et un caméraman de Reuters qui filmait les faits l'ont échappé bel.

Burundi - Société.

André Migurumiko refait encore parler de lui ...

Bujumbura, le 22 juillet 2001 (Net Press). Les enseignements du pasteur Migurumiko continuent à semer la confusion au sein de certaines familles de la capitale. En cette période où les écoles secondaires sont en train de délivrer des diplômes de fin des humanités, ce pasteur très controversé de la MEI (Mission Evangélique Indépendante) refait encore parler de lui. En effet, certains élèves fidèles à ses enseignements préfèrent remettre leurs diplômes à Migurumuko plutôt qu'à leurs parents. Les autorités de ces écoles sont placées devant un dilemme : à qui, des parents ou des élèves, faut-il donner ces diplômes ? Certains considèrent que les élèves en sont les propriétaires exclusifs et peu importe la destination de ces documents. D'autres par contre estiment que ce sont les parents qui doivent garder ces diplômes pour avoir payé tous les frais de scolarité de leurs enfants. Pour ces parents, Migurumiko veut récolter les fruits de ce qu'il n'a pas semé et plus grave encore, ils le soupçonnent de vouloir leur prendre leurs enfants.

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