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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Génocide.

Le président Buyoya prie l'assemblée nationale de voter dans les meilleurs délais la loi sur le génocide.

Gitega, le 22 octobre 2002 (Net Press). Comme tous les 22 octobre, les plus hautes autorités du pays se sont rendues ce matin au mémorial du génocide érigé au lieu-dit Kwibubu (Kibimba) où ont été enterrés les restes des 70 élèves Tutsi du lycée de Kibimba et quelques uns de leurs encadreurs tués par le feu le 22 octobre 1993 sur ordre de leur directeur, Firmat Niyonkenguruka. Celui-ci fut plus tard jugé, condamné et exécuté pour ce crime grave.

Le chef de l'Etat et toutes les personnalités qui l'accompagnaient se sont tous recueillis sur la tombe collective de ces enfants, avant que quelques discours de circonstance ne soient prononcés. Le président Buyoya a insisté auprès de l'asemblée nationale de transition - dont, curieusement, le président, M. Jean Minani était le grand absent à Kibimba - pour qu'elle vote rapidement la loi sur le génocide afin que, a-t-il expliqué, ce crime des crimes soit à jamais conjuré dans notre pays.

Pour sa part, le représentant des parents des victimes, M. Simon Suguru, a invité le gouvernement à aider et appuyer les divers mouvements et associations en lutte contre le génocide plutôt que de les combattre, comme cela semble être le cas aujourd'hui. Il a en outre démandé que les pouvoirs publics fassent en sorte que ceux qui ont commis le génocide des Tutsi et des Hutu de l'Uprona soient traduits devant un tribunal pénal international, celui du Rwanda par exemple dont les compétences pourraient s'étendre sur le Burundi, a-t-il suggéré.

Signalons en passant que les rescapés du génocide qui avaient été arrêtés dans la soirée du 20 octobre 2002 à la cathédrale Regina Mundi où ils voulaient passer la nuit pour prier en mémoire des leurs emportés par le génocide, ont été libérés dans la soirée de ce lundi 21 octobre 2002. L'une de ces personnes, Mme Immaculée Marorerwa, aurait été particulièrement brutalisée et même injuriée par le lieutenant-colonel Nimenya malgré son âge avancé (65 ans), uniquement parce qu'elle est membre active de l'Uprona non-négociateur de Charles Mukasi, selon ses propres déclarations. Elle a indiqué qu'il lui a été demandé de monter dans un camion et qu'elle en a été incapable. Les gendarmes l'ont embarquée de force sur ordre personnel du lieutenant-colonel Nimenya qui, au passage, l'a traitée de "folle". Elle ne sait toujours pas où se trouvent ses chaussures qu'elle a perdues à la cathédrale. L'autre dame d'un certain âge libérée à la même occasion et qui avait été arrêtée dans les mêmes conditions est la député (du parti Raddès) Rose Hakizimana qui a perdu énormément de gens en octobre 1993.

La rédaction a essayé de contacter le lieutenant-colonel Nimenya pour en savoir davantage mais en vain. Il ne pouvait être joint ni au bureau ni sur son téléphone portable qui était éteint.

Burundi - Détention.

Une centaine d'étudiants de l'université du Burundi exigent la libération du président de l'Uprona non-négociateur.

Bujumbura, le 22 octobre 2002 (Net Press). Quatre-vingt dix-huit étudiants de l'université du Burundi rescapés du génocide des Tutsi viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils exigent la libération immédiate et inconditionnelle de M. Charles Mukasi et des militaires emprisonnés "parce qu'ils ont résisté aux terroristes-génocidaires". Ces étudiants regrettent que M. Mukasi est emprisonné pour avoir "osé, en usant de sagesse, briser le silence pour prévenir la population burundaise et surtout les Tutsi des dangers qui les menacent". En conséquence, ils invitent les Burundais épris de paix et aux rescapés du génocide en particulier, à la cohésion pour stopper la poursuite du génocide et en vue d'empêcher l'instauration de la loi de la jungle au Burundi.

Ils demandent en outre au gouvernement burundais d'appliquer la convention de la prévention et de la répression du crime du génocide et de tenir en considération le rapport n° S/1996/682.

Burundi - Administration.

Kayanza : un gouverneur de plus en plus décrié par ses collaborateurs ...

Kayanza, le 22 octobre 2002 (Net Press). Il s'agit de M. Edouard Nkurunziza, en fonction depuis à peine trois mois, mais à propos de qui tous les collaborateurs, en particulier les administrateurs communaux, se plaignent en l'accusant d'entretenir un "climat politique malsain". Ainsi que le prouve une correspondance dernièrement lui adressée par l'administrateur communal de Matongo, M. Damien Nyabenda, le gouverneur envoie régulièrement des gens perturber l'ordre et la tranquillité dans les différentes communes qui font semblant d'être en état d'ébriété. Le tout dernier cas est celui d'un homme qui a publiquement déclaré : "Nimwitonde, ibintu bigiye guhinduka kandi ndi kuri mission ya gouverneur" ("faites attention parce que les choses vont bientôt changer et je suis en mission commandée par le gouverneur"), alors que l'administrateur Nyabenda le priait simplement de rentrer et de quitter le bistrot où il était pour que la population ne se moque pas de lui, étant donné son état d'ivresse et son statut de fonctionnaire. L'homme en question a refusé de s'exécuter. Le lendemain matin, on a retrouvé son corps inanimé au bord de la route.

Depuis, des bruits ont couru comme quoi il avait été tué par ou sur ordre de l'administrateur communal qui affirme pour sa part que ce dernier aurait été écrasé par un véhicule. D'autres gens seraient chargés (par le gouverneur, du moins l'affirment-ils) de mener des enquêtes pour pouvoir dresser la liste complète de ceux qui auraient été tués par l'administrateur communal de Matongo. Celui-ci prie instamment le gouverneur Nkurunziza de le laver car, dit-il en substance dans sa lettre, c'est ce dernier qui serait à l'origine de la diffamation de l'administrateur Nyabenda.

Il ne comprend pas en outre comment il peut être accusé de tout cela ou d'incompétence après 6 ans de service alors que personne parmi les gouverneurs précédents ne s'était jamais plaint de lui. D'autre part, les administratifs de base (chefs de secteur, de colline...) et les "jeunes gardiens de la paix" sont vivement découragés par le gouverneur Nkurunziza, selon tous les administrateurs communaux sous ses ordres, à collaborer avec les forces de l'ordre pour traquer les "assaillants" dans la Kibira, comme cela était devenu une habitude auparavant. Le gouverneur va jusqu'à les convoquer pour leur dire qu'il leur interdit formellement cela, avec pour conséquence immédiate que la majorité des chefs de secteur et de colline ont désormais très peur de travailler.

Bref, le courant ne passe plus entre le nouveau gouverneur de la province Kayanza et ses administrateurs communaux qui l'accusent d'être un obstacle au retour à la paix, étant donné qu'il s'oppose à la politique initiée par le gouvernement qui veut que les forces de l'ordre soient toujours épaulées dans leur travail par la population, représentée par les administratifs de base et les jeunes gardiens de la paix.

Les administrateurs communaux de Kayanza ne comprennent pas comment un gouverneur de province peut oser dire que ce travail incombe uniquement aux forces de l'ordre, arguant que les gardiens de la paix ne sont pas rémunérés. Ils souhaiteraient visiblement son remplacement dans les meilleurs délais pour l'intérêt de la sécurité dans cette province. Cette attitude rappelle celle du chef de la zone Kanyosha (mairie de Bujumbura) dont les administrés ne cessent de réclamer son départ pour incapacité et/ou accoïntance avec l'ennemi. Ce à quoi il rétorque, en les narguant, qu'il continuera à les diriger, malgré eux, au nom du parti (Frodebu).

AVIS DE MISE EN VENTE

La BANCOBU met en vente un véhicule en circulation dont les caractéristiques sont les suivantes:

Une VOITURE TOYOTA-CORONA, plaque d'immatriculation 01 BA 1210, année de fabrication 1995, n° de châssis AT1900126946.

Ledit véhicule est vendu dans l'état où il se trouve et peut être visité dans l'enceinte de la BANCOBU pendant les heures de service à partir du 08.10.2002. Les offres sous plis fermé devront être adressées à Madame le chef du Département Ressources Humaines et Logistique au plus tard le 25.10.2002.

La BANCOBU se réserve le droit de refuser toute offre jugée inférieure à la valeur réelle dudit véhicule.

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