NET PRESS
Burundi - Media.
Quand le site web du gouvernement cède son rôle à ceux des particuliers.
Bujumbura, le 23 avril 2002 (Net Press). Depuis quelques mois, le site web du gouvernement n'est plus alimenté. Le traditionnel compte-rendu des ministres - toujours lu par le porte-parole du gouvernement sur les ondes de la RTNB - n'est plus publié sur le site web gouvernemental www.burundi.gov.bi, le dernier compte-rendu date du 18 janvier 2002 et porte sur le conseil des ministres du 17 janvier 2002. Toutefois, le site reste accessible au public.
Depuis quelque temps, ces compte-rendus des conseils des ministres ne sont plus visibles que sur le site de "SOS-Burundi" qu'anime M. Laurent Niyungeko, ancien parrain du président Buyoya lors des élections présidentielles de 1993 (comme l'exigeait la loi électorale d'alors) et actuellement propagandiste officieux du G7. En effet, en visitant son site web, on trouve le compte-rendu du conseil des ministres de la semaine dernière (le 19 avril 2002). Il en est de même du compte-rendu du 2 au 3 avril 2002. Mais rien n'est visible sur le site web du gouvernement.
Les internautes burundais s'interrogent sur ce changement. Pourquoi l'abandon du site web gouvernemental ? A remarquer que tous les gouvernements du monde ont à plusieurs occasions des sites officieux à côte des sites web officiels. Celui de M. Laurent Niyungeko serait-il devenu le site web officieux du gouvernement ?
Burundi - Sécurité.
Le phénomène inquiétant de chasse aux "sorciers" revient au galop en province Cibitoke.
Cibitoke, le 23 avril 2002 (Net Press). Selon des sources sur place à Cibitoke, la population de cette province en a de plus en plus marre de ce qu'elle appelle des "sorciers" et a décidé, à leur égard, de se rendre justice elle-même en les éliminant physiquement.
C'est ce qui s'est produit dans la soirée du 22 avril 2002, vers 19h 30 quand des inconnus ont lancé une grenade au domicile d'un vieux monsieur de la zone Kaburantwa, commune Buganda qui avait reçu la visite d'un de ses fils, commerçant de son Etat, qui était venu avec toute sa famille. Celle-ci a été complètement décimée puisque son chef, son épouse ainsi que 2 enfants ont été tués lors de cet attentat. Il est à noter qu'aucun membre de la famille hôte n'a été blessé ni tué. Selon d'autres sources, la jalousie serait derrière cette affaire car l'homme abattu, malgré les accusations de sorcellerie dont fait l'objet son père (sorti indemne de cet attentat qui visait surtout lui), était un riche commerçant.
Il y a deux mois, un autre cas du genre a été signalé en commune Mugwi où la vie d'un certain Josias Basarumwando, (accusé lui aussi de sorcellerie) a été sauvée de justesse par l'administration locale appuyée par les forces de l'ordre. M. Basarumwando qui affirme avoir été sérieusement battu par ses voisins, indique qu'il a dû depuis abandonner sa maison. Selon lui, les raisons à l'origine de ses malheurs est qu'il a refusé de suivre ses voisins dans leur exil en RD Congo quand cette province avait été envahie par les terroristes-génocidaires dans les années 1996. Il est soupçonné et considéré pour cela d'être un "collabo" de l'armée. Aujourd'hui, il voudrait vendre son petit lopin de terre mais a peur de se rendre sur sa colline où il ne peut décidément plus vivre.
Un mois plus tôt, un autre homme qui vivait jusque-là à Nyamagana, en commune Buganda, a été lui aussi forcé par ses voisins à abandonner sa maison qui a été ensuite incendiée. Il est lui aussi accusé d'être "sorcier".
Rappelons que peu avant le déclenchement de la crise d'octobre et du génocide anti-Tutsi, un phénomène pareil avait été observé un peu partout dans le pays, particulièrement au Nord. Les victimes étaient le plus souvent des Tutsi ou des Hutu de l'Uprona. Aujourd'hui en province Cibitoke, les victimes sont toutes Hutu, les rescapés Tutsi du génocide étant à Bujumbura ou dans des "camps de déplacés" situés aux chefs-lieux de leurs communes.
Burundi - Confession religieuse.
Les querelles intestines n'en finissent pas au sein de la communauté islamique du Burundi (COMIBU).
Bujumbura, le 23 avril 2002 (Net Press). Le représentant légal suppléant et le vice-président de l'assemblée générale de la COMIBU, respectivement Idi Rajabu Kabano et Juma Gilbert, ont écrit ce 22 avril 2002 au ministre de l'intérieur et de la sécurité publique pour l'inviter à s'opposer aux cérémonies de remise et reprise prévues le 27 avril 2002 pour les partisans de M. Issa Ntambuka. Car, pour les 2 hommes, les nouveaux organes élus en date du 12 au 13 avril 2002 sont "illégaux", ces élections ayant été organisées "sur fond de la tricherie et en violation flagrante des statuts de la COMIBU et en foulant au pied les recommandations du ministre de l'intérieur et de la sécurité publique". Le ministre Ntihabose avait demandé à M. Ntambuka que personne parmi les membres de l'assemblée générale ne soit exclu. Ce qui n'a pas été fait puisque 30 membres, au nombre desquels figurent les signataires de la lettre susmentionnée, ont été empêchés d'y prendre part.
Parallèlement, les 2 personnes lésées ont écrit au représentant légal sortant de la COMIBU, M. Issa Ntambuka, pour protester contre ses "démarches diffamatoires et machiavéliques" qui consistent en une véritable "campagne de diffamation et de médisance à l'égard de certains sheikhs, fonctionnaires, cadres et intellectuels musulmans ainsi que des associations islamiques" ayant refusé de le suivre dans son "ignoble mission de diviser la communauté musulmane". Ils lui demandent de mettre fin à ce projet "machiavélique" et de cesser de "jeter l'opprobre sur les cadres musulmans" dans ses contacts actuels avec la classe politique et auprès des autorités administratives et politiques du pays. "Il faut cesser de diviser les musulmans en groupes politiques, ethniques ou régionaux, car l'Islam est un et indivisible", ont-ils conclu.
Rappelons que lors des élections tenues en décembre 2001, M. Issa Ntambuka s'était permis d'exclure, de sa seule initiative, 30 membres de l'assemblée générale de la COMIBU parmi lesquels le représentant légal suppléant, le vice-président de l'assemblée générale ainsi que les représentants de plusieurs groupements d'associations islamiques membres de la COMIBU, alors qu'il n'en a statutairement pas le droit. C'est probablement pour cela que le ministre de l'intérieur avait invalidé ces élections et avait appelé à la tenue d'autres où personne ne devrait être exclu.
Les recommandations ministérielles n'ont pas été tenues en considération lors de l'assemblée générale tenue du 12 au 13 avril 2002 au CPF, mais le ministre des cultes tarde visiblement à réagir. Ce qui explique probablement cette pagaille observable aujourd'hui au sein de la COMIBU aujourd'hui.
Burundi - Travail.
Le personnel de l'IGEBU reprend le travail.
Bujumbura, le 23 avril 2002 (Net Press). Après près de 2 semaines de grève, le personnel de l'institut géographique du Burundi (IGEBU) a repris le service ce 22 avril 2002. De source proche de ce personnel, la décision a été prise après que les travailleurs eurent reçu l'ordre venant d'"en haut". Cependant, ces travailleurs tiennent toujours à leurs revendications et attendent le retour du ministre de tutelle actuellement en mission à l'étranger, auprès de qui ils espèrent trouver plus de compréhension.
Rappelons que les agents et cadres réclament l'entrée en vigueur des statuts signés en octobre 2001 par le ministre des finances du gouvernement sortant, M. Charles Nihangaza, et qui auraient dû entrer en application dès janvier 2002. Ce personnel estime que ce statut a beaucoup traîné, car pour les autres services de l'Etat qui avaient formulé les mêmes réclamations ont déjà vu leurs revendications satisfaites.