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Bujumbura-Burundi


Burundi - Politique.

Situation très confuse à Bujumbura et dans tout le pays.

Bujumbura, le 23 juillet 2001 (Net Press). La situation reste confuse dans la capitale burundaise et dans tout le pays malgré les dénégations officielles des autorités militaires selon lesquelles la situation serait sous contrôle. Jusqu'à présent, on ne sait pas encore qui, des mutins ou des militaires loyalistes, détient le pouvoir. Tout a commencé la nuit dernière lorsque vers 23 h, un "groupe de militaires mutinés" a voulu s'emparer du pouvoir. Des tirs nourris, ponctués d'explosions de grenades, ont été entendus toute la nuit à Ngagara, Kinindo, et un peu partout dans la ville. Certains responsables de l'armée ont admis au cours de la journée, sous couvert de l'anonymat, que "les choses peuvent dérailler".

Ce matin, les mutins ont réquisitionné plus de 50 véhicules (minibus, bus, camionnettes et camions) qui ont pris le chemin du Nord du pays. Officiellement, plus ou moins 80 militaires se sont mutinés. Mais selon d'autres sources par contre, plus de 1000 militaires se seraient mutinés et se seraient dirigés vers la province de Kirundo. A leurs côtés, il y aurait des étudiants de l'université du Burundi et des jeunes de Nyakabiga. Selon les mêmes sources, les garnisons du Nord du pays seraient prêtes à rallier le camp des mutins qui ont enlevé le chef de cabinet militaire du président Buyoya, le général de brigade Libère Hicuburundi et le colonel Michel Mibarurwa, ancien Chef d'Etat-Major Général de l'armée nationale sous Buyoya I. Certains soldats auraient même déserté leurs postes d'attache que sont les positions militaires situées sur les collines surplombant la ville de Bujumbura pour rallier la mutinerie.

A l'heure qu'il est, le bilan officiel des premiers affrontements entre les forces loyalistes et les mutins est de 2 mutins tués, un lieutenant mutin capturé et un blessé léger : le commandant du district de Bujumbura, le lieutenant-colonel Fabien Ndayishimiye, resté loyaliste. Pour sa part, le directeur de l'Agence Burundaise de Presse (ABP), M. Evode Ndayizigiye, qui avait refusé de céder son véhicule de fonction aux mutins, a eu des giffles et des coups de crosse.

A Bujumbura, c'est la peur qui prédomine sur les visages des gens, aussi bien dans les milieux civils que militaires, car, visiblement, personne ne sait jusqu'où peuvent conduire les événements actuels. Les radios privées sont gardées par des gendarmes alors que la sécurité a été renforcée autour des enceintes de la radio nationale.

Le travail a commencé timidement après 8h 30 car avant 8h, la circulation était difficile et du reste les gens avaient peur. Rappelons à ce sujet que des tracts appelant la popualtion citadine à observer une "ville morte" ce lundi 23 juillet 2001, circulaient depuis la fin de la semaine dernière. Selon les organisateurs, il s'agissait de protester contre "le diktat de Pretoria qui a imposé Pierre Buyoya à la tête de la transition". Le ministre de la défense semble appuyer cette hypothèse car il n'exclut pas la liaison de l'intronisation du président Buyoya et de la tentative de coup d'Etat.

Tout ceci intervient au moment où à Arusha Mandela vient d'introniser le tandem Buyoya-Ndayizeye mais, jusqu'à la dernière minute, beaucoup de partis aussi bien hutu que tutsi avaient montré peu d'enthousiasme à l'idée de voir l'actuel chef de l'Etat à la tête des institutions de transition.

Burundi - Télécommunications.

Les mutins sabotent les communications téléphoniques ...

Bujumbura, le 23 juillet 2001 (Net Press). Un groupe de soldats mutins s'est introduit dans la nuit du 22 au 23 juillet 2001 dans les enceintes de l'office national des télécommunications (Onatel) où ils ont débranché un appareil appelé "énergie centrale" de cette société. Cela a fait que personne ne pouvait appeler ni recevoir des appels au moyen du téléphone fixe dans tout le pays. Selon les services de l'Onatel contactés par la rédaction, les mutins se sont attaqués à un outil dont la réparation est difficile. "S'ils avaient coupé le central, il n'y aurait pas eu beaucoup de problèmes", a confié à la rédaction un cadre de l'Onatel. Signalons que cette société est la seule au Burundi qui s'occupe des services de téléphonie fixe. Vers 16h, les communications téléphoniques ont été rétablies.

Les conséquences de manque de communication ne se sont pas fait attendre. Les fonctionnaires, ne pouvant pas travailler sans communication, ont déserté leurs lieux de travail et se sont rendus dans des places publiques pour chercher des informations. Dans la matinée, les rumeurs les plus folles circulaient aussi bien à Bujumbura qu'à l'intérieur du pays. Aussi, les internautes ont été également bloqués dans leur travail car ils ne pouvaient pas utiliser accéder au web sans téléphone. Signalons en outre que les sociétés Telecel, Africel et Spacetel ont été les grandes gagnantes de cette situation de confusion car les gens ne pouvaient communiquer qu'à l'aide des téléphones portables.

Le personnel de l'Onatel avait de son côté planifié de déposer un préavis de grève ce 23 juillet 2001 car il est mécontent de son administration et plusieurs mutations, notamment des responsables syndicaux, ont été enregistrées à la fin de la semaine passée au sein de cet office. Pour ce personnel, il s'agit d'une façon détournée de détruire leur syndicat qui reste intransigeant sur la gestion de leur société.

Burundi - Confessions religieuses.

L'"association Mgr Joachim Ruhuna Bon Pasteur" (AMJR) appelle à la béatification de l'archevêque assassiné.

Bujumbura, le 23 juillet 2001 (Net Press). Ce dimanche 22 juillet 2001 s'est tenue dans les locaux du grand séminaire de Bujumbura l'assemblée générale ordinaire de l'AMJR. Outre le rapport d'activités présenté par le président de l'association, M. Paul Rusiga, les membres présents ont été informés et ont longuement débattu sur la construction en cours, à Gitega depuis le 7 juillet dernier, d'un monument en mémoire de Mgr Joachim Ruhuna.

Ce projet avait été décidé il y a 18 mois par l'AMJR, afin que l'assassinat de Mgr Joachim Ruhuna ne soit pas rangé dans les oubliettes de l'histoire et banalisé à l'instar de tant de centaines de milliers d'autres morts, comme semblent le souhaiter certains et pas des moindres. Aussi, les membres présents à l'assemblée générale d'hier ont-ils réitéré, une fois de plus, leur souhait que soit entamée la longue procédure de béatification du charismatique archévêque, immolé sur l'autel de l'intolérance ethnique le 9 septembre 1996 pour son ferme engagement en faveur des idéaux de paix, de réconciliation et de fraternité.

Pour atteindre cet objectif, les membres de cette association sont conscients que la route sera longue et difficile. Déjà, leur proposition d'ériger le mémorial du souvenir en face de la cathédrale de Gitega n'avait pas été accueilli favorablement par son successeur (voir "Net Press" du 20 juillet 2001). Mais aussi les autorités ecclésiastiques de l'archidiocèse de Gitega avaient tenté de diluer la messe célébrée à l'occasion du 4ème anniversaire de son assassinat au sein d'autres "disparitions" dont celle de Mgr Gabriel Gihimbare en 1965.

Outre la section de l'AMJR très active à Bujumbura, deux autres sections de l'association sont à pied d'oeuvre à l'intérieur du pays : à Ruyigi où Mgr Ruhuna a été évêque de 1973 à 1981 puis à Gitega où l'archévêque a accompli son apostolat jusqu'à son voyage fatal de Burasira. Signalons aussi qu'un livre dédié à Mgr Ruhuna vient d'être publié avec comme titre "Mgr Joachim Ruhuna, le Pasteur Fidèle", où l'on apprend qu'en 1960, Mgr Antoine Grauls, le prélat belge alors archévêque de Gitega, avait fait cette annonce prophétique à Ruhuna alors grand séminariste stagiaire à Giheta : "Toi, je le sais, tu vas me succéder", une annonce que le jeune Joachim Ruhuna avais prise pour une aimable plaisenterie.

Signalons enfin que l'AMJR est pilotée par un trio particulièrement actif que rien ne semble ébranler pour atteindre les objectifs que s'est fixés l'association : M. Paul Rusiga, un des anciens officiers les plus brillants de l'armée burundaise, le père Liboire Kagabo, président du conseil d'administration de l'université du Burundi et représentant légal de la nouvelle université de Mwaro et qui célèbre son jubilé d'argent le 25 août 2001 et enfin M. Joseph Ntibigarura, un haut cadre de la société "Utema Travydhro".

de la CSA, l'Ethiopien Berhanou Dinka, les