NET PRESS

Burundi - Politique.
Les massacres d'Itaba continuent à faire couler beaucoup d'encre et de salive.
Bujumbura, le 23 septembre 2002 (Net Press). L'affaire tant médiatisée des "massacres d'Itaba" continue à faire couler beaucoup d'encre et de salive, et l'ocasion est trop belle pour les formations politiques du G7 et les mouvements armés qui en sont issus pour crier haro, comme à leur habitude, sur l'armée nationale.
Ainsi donc, les mouvements Cndd, Frolina et Palipehutu (signataires de l'accord d'Arusha et participant au gouvernement de transition) "condamnent avec la plus grande énergie ce crime odieux qui a été perpétré de sang-froid" par ce qu'ils appellent "l'armée-Etat". Ils affirment que c'est le porte-parole de l'armée qui a lui-même "publiquement avoué, et ce malgré la présence d'un gouvernement issu de l'accord d'Arusha". Ils s'en prennent également au chef de l'Etat, commandant suprême de l'armée, "qui a, récemment au cours d'une visite en commune Rutegama, province Muramvya, proféré des menaces à l'encontre de la population civile qu'il accuse à tort et à travers de collaborer avec ceux qui combattent son armée". Pour eux, cela ressemble fort à une "incitation au massacre de la part de la plus haute autorité de l'Etat". (sic!)
Pour eux, ces massacres constituent un "crime contre l'humanité dont les responsables doivent être sévèrement châtiés". Ils terminent en menaçant de "reconsidérer" leur participation à un gouvernement où leurs représentants "n'ont aucune autorité sur les services de défense et de sécurité".
Rappelons à toutes fins utiles que les signataires de cette déclaration sont ceux-là même qui ont ordonné les hécatombes de Bugendana, Teza, Buta, ... où des milliers d'innocents ont péri, simplement parce qu'ils étaient nés Tutsi. "Aujourd'hui, ces hommes se la coulent douce, veulent diriger tout un pays et se paient même le luxe de se montrer menaçants en oubliant le sang qui est sur leurs mains", fait-on observer dans les milieux des rescapés du génocide des Tutsi.
Pour sa part, le Palipehutu-Fnl d'Agathon Rwasa n'y va par 4 chemins en demandant, tout comme les 4 mouvements susmentionnés, à la communauté internationale de ne plus accorder au gouvernement burundais d'aide autre qu'humanitaire. Car "cet argent ne servira qu'à acheter des armes", selon son secrétaire national aux relations extérieures. Ce mouvement se dit indigné mais pas étonné, car de tels massacres sont presque quotidiens depuis plusieurs années.
De son côté, le parti Sangwe-Pader (du député Augustin Nzojibwami) se dit "profondément scandalisé par l'attitude du gouvernement dont le silence rime avec complicité ou démission". Dans les deux cas, ajoute-t-il, la crédibilité et la responsabilité du gouvernement sont "sérieusement mises en cause". En effet, explique le même parti, on ne saurait comprendre qu'un gouvernement responsable ait mis plus de 8 jours pour apprendre que plus d'une centaine de citoyens aient été massacrés dans une commune du territoire national dont il est censé contrôler la quasi-totalité. Le parti Sangwe-Pader exige du président de la République, de son gouvernement et de la coalition de partis G7 Hutu et G10 Tutsi qui les soutiennent de faire "le constat de leur échec, d'en assumer courageusement et collectivement l'entière responsabilité et d'agir en conséquence, dans l'intérêt du peuple burundais". Ce parti demande en outre à ces institutions de "cesser de désorienter la population par leurs discours dichotomiques sur les attitudes et les comportements à observer en cas d'attaques ou de combats". Le même parti informe la communauté internationale que pour le peuple burundais, chaque jour est un "onze septembre depuis le 21 octobre 1993 et plus particulièrement depuis le 1er novembre 2001, date de la mise en place du gouvernement de transition". Il tient en outre à signaler que pour que "les négociations du cessez-le-feu permanent aboutissent, il faut un gouvernement capable, soudé et responsable".
Le président de l'Uprona non-négociateur, M. Charles Mukasi, estime pour sa part que cette affaire cache mal ce qu'il appelle la "manipulation politicienne". Car, "ce n'est pas dans les habitudes du parlement, ni du gouvernement, ni du vice-président sud-africain de s'émouvoir et d'exiger des enquêtes lors des massacres des citoyens burundais devenus quotidiens comme ceux de Butezi, Teza, Bugarama, Buta, Bugendana et Kibimba pour ne citer que ceux-là". D'autre part, même s'il est évident que ceux qui nourrissent cette campagne ont leurs visées à eux qu'il croit être le démantèlement de l'armée nationale en tentant de démontrer qu'elle est mauvaise, ajoute M. Mukasi, "si l'armée burundaise était vraiment anti-population civile et anti-hutu, il n'était pas besoin d'aller jusqu'à Itaba pour trouver des civils hutu et innocents à massacrer".
Burundi - Circulation routière.
Le premier magistrat de la capitale déclare la guerre aux "chauffards".
Bujumbura, le 23 septembre 2002 (Net Press). Après avoir constaté une recrudescence jamais vue des accidents de circulation dans les rues de la capitale, le maire de la ville de Bujumbura, M. Pontien Niyongabo, a dernièrement réuni dans son cabinet tous les intervenants en matière de transport pour voir comment remédier à cette situation. A noter à ce sujet que de janvier à juillet 2002, 776 accidents ont été signalés pour les taxis à Bujumbura, tandis que le nombre d'accidents enregistrés dans la catégorie des bus est de 370. Pendant la même courte période, 304 accidents de camions ont été répertoriés, contre 147 pour les IT (immatriculation temporaire), 170 pour les motos, 89 pour les vélos et 133 pour les piétons.
Il a été démontré au cours de cette réunion que tous ces accidents sont surtout dus à des erreurs humaines et quelques fois à des défaillances d'ordre technique : distraction des chauffeurs, excès de vitesse pour le transport rémunéré, usage du téléphone portable étant au volant, l'ivresse des conducteurs, défauts d'équipement (pas de frein, par exemple), conduite sans permis, augmentation sans cesse croissante du nombre de véhicules, ...
Eu égard à cette situation, a expliqué le maire Niyongabo, il a été décidé un contrôle plus rigoureux et plus régulier des véhicules circulant dans la capitale. En outre, une commission municipale de gestion du transport devra voir bientôt le jour afin de "réglementer ce secteur qui cause beaucoup de problèmes aujourd'hui". Cette commission aura aussi pour mission de voir dans quelle mesure pourrait être mis un terme à cette véritable hécatombe causée par ces accidents, a conclu le maire Niyongabo.
Burundi - Droits de l'homme.
La secrétaire générale d'Amnesty International dans nos mûrs.
Bujumbura, le 23 septembre 2002 (Net Press). La secrétaire générale d'Amnesty International, Mme Irène Khan, est en visite au Burundi depuis ce dimanche 22 septembre jusqu'au 26 septembre 2002 pour se rendre compte de ses propres yeux de l'état des droits de l'homme dans ce pays. Elle donnera un point de presse dans la matinée de ce mardi 24 septembre 2002, à partir de 15h, au centre jeunes Kamenge. Avant de repartir pour Londres (siège de son organisation), la secrétaire générale d'Amnesty International animera une conférence de presse au Novotel à 9h le jeudi 26 septembre 2002.
Burundi - Enseignement.
Les étudiants boursiers de l'université de Ngozi manifestent leur mécontentement.
Ngozi, le 23 septembre 2002 (Net Press). Les étudiants de l'université (privée) de Ngozi boursiers du gouvernement sont très mécontents et ont tenu à le montrer ce matin en organisant une "descente" au bureau postal local où ils ont organisé un sit-in de quelques minutes. En effet, la police est vite intervenue, permettant le déblocage temporaire de cette crise puisque les quelques dizaines d'étudiants présents ont promis de revenir le lendemain chercher "la réponse définitive" à leur problème. En clair, ils reviendront séquestrer la dame responsable de ce bureau postal qu'ils accusent d'avoir détourné une somme de 19 millions de Fbu correspondant à 8 mois d'arriérés de bourse.
Ces étudiants, qui sont ceux qui ont réussi à l'examen d'Etat, affirment en effet disposer d'informations sûres et certaines selon lesquelles le ministère des finances et le département des bourses et stages du ministère de l'éducation nationale ont versé en date du 17 septembre 2002 ce montant à la poste centrale (siège de la régie nationale des postes) sur le compte du bureau postal de Ngozi. C'est leur propre recteur qui leur a montré vendredi dernier (20 septembre 2002) le bordereau de versement. Lorsqu'ils lui ont dit de vérifier l'information, même par téléphone (en appelant par exemple le siège central), la brave dame responsable de ce bureau postal a rejeté la proposition et a failli même se fâcher, expliquant qu'elle est sûre et certaine que l'opération n'a jamais eu lieu.
Ces étudiants déclarent pour leur part que cela signifie sans plus ni moins que cette femme s'est "prêté" cet argent pour faire des affaires et le remettre plus tard après l'avoir fructifié pour son intérêt personnel. En attendant, elle recourra à toutes sortes d'astuces pour gagner du temps, mais les étudiants indiquent qu'ils ne lui en donneront pas l'occasion et qu'ils se sont très bien préparés à ce véritable bras de fer qu'a engagé, selon eux, cette femme.
