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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Négociations.

Les négociateurs de Pretoria tournent les pouces en attendant l'arrivée de la délégation du Cndd-Fdd, tendance Pierre Nkurunziza.

Bujumbura, le 24 avril 2002 (Net Press) C'est ce qu'a appris la rédaction de la part du conseiller politique et diplomatique de ce mouvement, M. Jean-Marie Ngendahayo, joint ce matin par téléphone. En attendant l'arrivée de cette délégation bloquée à Dar-es-Salaam (Tanzanie), à Pretoria il n'y a que des rencontres informelles entre les délégués déjà sur place, parce que, a ajouté M. Ngendahayo, "la délégation gouvernementale a même refusé l'ouverture solennelle de la séance de négociations qui aurait dû avoir lieu le lundi 22 avril 2002".

Selon la même source, il s'agira de négocier, comme convenu en février 2002, les "modalités de signer une trêve". En attendant, la délégation gouvernementale serait parvenue à un consensus avec les délégués du Cndd-Fdd de Jean-Bosco Ndayikengurukiye, mais le contenu de ce "pré-accord" reste inconnu de la rédaction.

Signalons que les négociateurs de la branche de Pierre Nkurunziza toujours bloqués à Dar-es-Salaam sont, d'après l'ancien ministre des relations extérieures et de la coopération de l'ex-président Sylvestre Ntibantunganya, MM. Salvator Ntahomenyereye (secrétaire général de ce mouvement et chef de délégation), Salvator Ntacobamaze (représentant du même mouvement en Tanzanie) et Simon Nyandwi (représentant à Kigoma), plus 2 "militaires". Ils n'auraient toujours pas reçu leurs documents de voyage de la part du gouvernement tanzanien.

Burundi - Santé.

Un infortuné cycliste cogné et délaissé par un véhicule de la vice-présidence, toujours cloué au lit d'hôpital et sans assistance depuis quatre mois.

Bujumbura, le 24 avril 2002 (Net Press). Le pauvre s'appelle Liboire Nizigiyimana et est âgé de 27 ans. Il résidait en zone Cibitoke, en mairie de Bujumbura. En date du 31 janvier 2002 aux environs de 7h 30, il a été cogné par une jeep Land Rover de la vice-présidence de la République immatriculée IT 7276. Il roulait à vélo sur le boulevard du 3 septembre, au niveau du terrain de football du COTEBU, lorsque le véhicule l'a renversé et il s'est ainsi retrouvé entre les roues du véhicule qui s'est arrêté après avoir cassé son bras gauche. Le conducteur du véhicule qui voulait continuer son chemin a été contraint de le transporter à l'hôpital Prince Régent Charles par deux militaires qui étaient à bord ainsi qu'une autre personne, un cadre probablement, qui n'a pas été identifié par la victime et les témoins.

M.Liboire Nizigiyimana a été ainsi conduit à l'hôpital Prince Régent Charles et mis aux bons soins du personnel soignant par les occupants de la jeep. Lorsque les infirmiers ont posé la question de savoir qui va payer les frais d'hospitalisation, le chauffeur a répondu qu'il allait d'abord déposer les personnes à bord au service puis revenir mais la victime ne l'a plus revu.

Le malade a été ainsi délaissé à l'hôpital sans traitement pendant toute une journée. Une plâtre lui a été plus tard appliquée sur son bras gauche pour immobiliser l'os fracturé. Il sera cloué sur son lit d'hôpital pendant 4 mois et lors d'un passage de contrôle en radiographie, le 26 mars 2002, il a été constaté que la fracture était toujours ouverte. Le malheureux accidenté doit payer une somme de 30.000 Fbu, dont 25.000 Fbu pour l'opération et 5000 pour l'anesthésie, mais il est incapable d'avoir cette somme car c'est un indigent. Il exerçait un petit commerce de survie mais depuis quatre mois, toutes ses maigres réserves sont épuisées. Les services de la vice-présidence n'ont jusqu'à présent pas bougé pour venir au secours de la victime.

Selon le malade, l'hôpital Prince Régent ne soigne plus les indigents depuis que les pressions fusent de partout pour interdire la "contrainte par corps" des malades insolvables. M. Liboire Nizigiyimana est victime de cette "rigueur" en dépit de la récente mesure du gouvernement qui interdit la séquestration des malades indigents et qui, de fait, implique leur prise en charge par les services publics. En attendant, l'agence Net Press qui a rencontré l'infortuné ce matin lui a remis, par compassion, les 30.000 francs pour qu'il se fasse opérer.

Burundi - Justice.

Le tribunal de résidence Rohero confirme la paternité du ministre Nkundikije à l'égard d'Audry Kwizera.

Bujumbura, le 24 avril 2002 (Net Press). Le tribunal de résidence Rohero s'est prononcé ce matin sur l'affaire opposant M. André Nkundikije à Audry Kwizera qui affirmait depuis longtemps qu'il est bel et bien le fils biologique de l'actuel ministre de la planification du développement et de la reconstruction, malgré les dénégations répétées de celui-ci.

Au cours de l'audience de ce 24 avril 2002, le tribunal a indiqué aux deux parties le contenu du dossier et l'avis du procureur général près la mairie de Bujumbura à qui le dossier avait été transmis. Le même tribunal a ensuite déclaré que les plaintes de Kwizera sont on ne peut plus fondées, car les témoins à charge ont confirmé que ce dernier est issu de l'union entre le ministre Nkundikije et sa cousine Spès Congera. La cour a ajouté que les témoins à décharge ne l'ont pas du tout convaincue.

C'est ainsi que le verdict a été rendu par le tribunal de résidence Buyenzi en faveur d'Audry Kwizera qui désormais doit bénéficier de la part de M. Nkundikije des droits légitimes que tout enfant a de ses parents. Bien plus, M. Nkundikije doit faire inscrire son fils Kwizera à l'Etat-Civil, faute de quoi la justice va l'y contraindre.

Après avoir prononcé la sentence, le président du siège a demandé l'avis de Kwizera qui s'est déclaré très satisfait tandis que le chef de cabinet au ministère de la planification du développement et de la reconstruction qui représentait son patron n'a pas reçu l'occasion de s'exprimer car il n'a pas pu exhiber la procuration exigée par le tribunal.

Burundi - Politique.

L'UFB dément que ses responsables aient prêté serment devant les dirigeants d'un "quelconque parti" ...

Bujumbura, le 24 avril 2002 (Net Press). Dans son communiqué de presse signé le 19 avril 2002, l'union des femmes burundaises (UFB) vient de réagir à une information diffusée par les radios locales et selon laquelle deux femmes auront usurpé le nom de cette association et prêté serment en tant que 1ère et 2ème secrétaires de l'UFB dans la province Mwaro et ce devant M. Luc Rukingama, actuel ministre de la mobilisation pour la paix et la réconciliation (et président de l'Uprona négociateur; ce que ne précise pas le communiqué signé par Mme Concilie Nibigira), dimanche le 4 avril 2002. L'union des femmes burundaises tient donc à porter à l'opinion tant nationale qu'internationale qu'elle a sa propre organisation et qu'aucune autre association, encore moins un individu, quelque soit son titre, n'a le droit de s'y ingérer. Elle précise en outre que dans leur fonctionnement, les organes de l'UFB ne prêtent jamais serment devant un quelconque responsable de parti politique ni devant un quelconque membre du gouvernement. Le même mouvement déclare en plus que depuis sa création, c'est la secrétaire générale de l'union des femmes burundaises qui nomme les membres des comités provinciaux sur proposition des militants de l'UFB, après la tenue du congrès dans chaque province et dénonce énergiquement et une fois de plus, cette "conduite de se prêter le tablier de l'UFB pour se faire valoir".