NET PRESS

Burundi - ONU.
La mission du Conseil de Sécurité de l'ONU laisse perplexes les Burundais ...
Bujumbura, le 24 mai 2001 (Net Press). La mission du Conseil de Sécurité de l'ONU en tournée dans la sous-région et en Afrique, a fait un très bref séjour au Burundi de quelques heures hier 23 mai 2001. Elle a pu rencontrer tous ceux avec qui elle souhaitait s'entretenir, mais n'a pas atteint son objectif principal qui était, selon toute vraisemblance, de convaincre les Burundais que le "conflit congolais ne sera pas réglé au détriment du conflit burundais", selon les propres mots de l'ambassadeur français à l'ONU, M. Jean-David Lévitte qui conduisait cette délégation.
Dans une très brève conférence de presse au centre culturel français de Bujumbura, qui n'aura duré que 12 minutes, M. Lévitte a indiqué qu'il était à la tête de la "plus importante mission du Conseil de Sécurité de l'ONU jamais vue". "La plus longue aussi", devait-il ajouter. Il a rappelé qu'il s'était entretenu avec le chef des FDD, Jean-Bosco Ndayikengurikiye, pendant près de 3 heures et qu'il comptait rencontrer dans la même soirée une délégation du PALIPEHUTU. A tous, a poursuivi l'ambassadeur Lévitte, "le message est le même et il est d'une extrême simplicité : pas de solution militaire au conflit burundais. Tous doivent avoir un esprit de compromis et accepter de travailler pour l'unité du Burundi et non la désunion".
M. Lévitte a poursuivi en déclarant que le Conseil de Sécurité qui l'avait mandaté est décidé à poser des gestes concrets sur le terrain pour le réglement simultané des conflits burundais et congolais, mais il s'est refusé à tout commentaire sur la manière d'y parvenir, se bornant à déclarer très diplomatiquement que le Burundi a beaucop de chances d'avoir un médiateur de la carrure de Nelson Mandela.
Seuls 4 journalistes ont été autorisés à poser des questions, lesquelles n'ont pas reçu de réponses satisfaisantes, tellement le conférencier avait, à la manière d'un automate, préparé soigneusement ses phrases et a tout fait pour ne pas répondre aux questions ou aux aspects de celles-ci qu'il trouvait gênants. C'est quand par exemple un confrère lui a demandé si , "comme les Burundais se lancent les uns les autres à la figure le génocide", il n'y a pas moyen d'étendre les compétences du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) au Burundi.
Bref, les journalistes présents dans la salle sont restés sur leur faim et donnaient l'impression de n'avoir rien appris de nouveau au cours de cette conférence. Beaucoup ont même regretté que les principales questions qui tiennent à coeur les Burundais ont été très soigneusement éludées par le conférencier, ce qui a fait dire à un confère qu'"on se fout du Burundi et des Burundais" et que "la priorité pour l'ONU et ses diplomates, c'est le Congo".
Cette mission était tellement pressée qu'elle a falli laisser sur place un des leurs : un journaliste français portant un badge "MONUC" (Mission d'observation des Nations Unies au Congo) qui a dû courir pour rattraper l'autocar affrêté par le gouvernement burundais pour le transport des illustres hôtes jusqu'à l'aéroport.
Selon un confrère qui avait assisté à cette conférence, les 12 ambassadeurs qui composaient cette mission avaient raison d'être pressés et imprécis dans leurs déclarations, car, "il était très difficile d'expliquer aux Burundais qu'à Lusaka (NDLR : d'où venaient directement ces diplomates), les FDD et les FNL sont des "forces négatives" à désarmer et à traduire en justice, l'instar des Interahamwe et des ex-FAR, alors qu'au Burundi ce sont des "mouvements rebelles" à intégrer coûte que coûte dans le processus de paix d'Arusha".
Burundi - Société.
L'homme d'affaires Jérôme Ndayizeye profite de sa liberté provisoire pour prendre le large ...
Bujumbura, le 24 mai 2001 (Net Press). L'homme d'affaires Jérôme Ndayizeye, patron de la société UFAC (Usine de fabrication de farines à base de céréales) en liberté provisoire depuis quelque temps, vient de prendre le large à destination de l'Europe, et plus précisément de la Belgique. M. Ndayizeye avait été emprisonné pendant plus de 2 semaines à la prison centrale de Mpimba, pour "faux en écriture" et "falsification de documents officiels", avant de bénéficier d'une libération conditionnelle moyennant le versement d'une caution de près de 100 millions de FBu. M. Ndayizeye qui doit autour d'un milliard de FBu aux banques locales, a quitté le pays après avoir vendu tous ses biens. Ces banques chercheraient à présent à vendre les farines de la société UFAC pour essayer de récupérer leur dû. Les dépôts de cette entreprise avaient été mis sous scellés, ces farines n'ayant pas été dédouanées. L'homme d'affaires avait essayé de les faire passer pour des farines importées par l'ONG "Action contre la faim", dans le but de bénéficier d'exonération des droits de douane. La supercherie avait été découverte, à la dernière minute, par les services habilités, ce qui avait conduit l'homme d'affaires à Mpimba.
En principe, toute personne en liberté provisoire ne peut pas quitter le territoire national sans l'accord préalable du magistrat instructeur, mais M. Ndayizeye a pris son avion à l'aéroport international de Bujumbura sans grand problème. A Bujumbura, l'opinion croit savoir que cet homme d'affaires aurait bénéficié de la complicité de certains corps de police qu'il aurait corrompus à coup de millions de FBu. M. Ndayizeye est pour le moment en Belgique où résidait déjà sa famille. Nombreux sont ceux des Burundais qui se demandent s'il n'est possible de conclure entre les 2 pays des accords de coopération judiciaire pouvant permettre l'extradition des hommes comme M. Jérôme Ndayizeye ou M. Samuel Biha, qui doivent de bagatelles sommes au contribuable burundais.
Burundi - Politique.
"La recherche d'un 4ème candidat au sein du G10 est une manoeuvre de diversion", selon le collectif pro-Bayaganakandi.
Bujumbura, le 24 mai 2001 (Net Press). Le collectif des 8 partis politiques promoteurs de la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi vient de rendre public un communiqué dans lequel il s'insurge contre ce qu'il appelle des "manipulations inacceptables du pouvoir et de ses associés pour éviter la mise en application de l'accord d'Arusha". Ces partis estiment que la récente rencontre de San Egidio qui a réuni le CNDD, le PARENA, le gouvernement et l'UPRONA, tout comme le dernier déplacement en Afrique du Sud du président de la République et de "certains groupes identifiés" sont des tentatives d'exclure le colonel Epitace Bayaganakandi. C'est aussi le cas, ajoutent les mêmes partis, de la "recherche d'un 4ème candidat du G10 pour écarter à la fois le major Pierre Buyoya, le président Bagaza et le candidat Bayaganakandi" qui, selon eux, relève d'une manoeuvre de diversion et de retardement de la mise en place de nouvelles institutions.
Face à cette situation, ces partis font savoir qu'ils "s'en tiennent et s'en tiendront aux résultats des 19-20 mars 2001 à Arusha, en ce qui concerne la présidence de la 1ère tranche de la transition". Ils considèrent en outre que tout en étant primordial pour le retour à la paix, le cessez-le-feu "n'est pas un préalable pour la mise en place des nouvelles institutions dans le cadre de l'accord d'Arusha". Ils concluent en faisant remarquer à la communauté internationale et à la médiation que leur silence devant cette "recherche effrenée d'un nouveau cadre des négociations pour faire échec à Arusha peut coûter très cher au Burundi, à la sous-région et à la crédibilité internationale".
Burundi - Sécurité.
Des personnes brûlées vives dans leurs maisons à Rutana par les terroristes-génocidaires.
Rutana, le 24 mai 2001 (Net Press). La nuit dernière, les terroristes-génocidaires ont attaqué la zone Muzye de la commune Giharo (province Rutana) entre 3h et 4h du matin. Au cours de cette attaque, ces tueurs ont brûlé un nombre indéterminé de maisons avec tout ce qui se trouvait à l'intérieur. Cette attaque intervient au moment où des rumeurs faisaient état ces derniers jours d'infiltration de plus de 300 terroristes-génocidaires du FDD en provenance de la Tanzanie. Dans la commune Gitanga de la même province, d'autres terroristes-génocidaires en provenance de Buhema, commune Kayogoro, province Makamba, où venait de les déloger l'armée nationale, ont attaqué hier 23 mai 2001, la localité de Rukobe se trouvant sur la frontière avec la commune Makamba. Beaucoup de maisons ont été brûlées et les populations locales ont dû se déplacer massivement pour sauver leur peau.
Burundi - Sécurité.
Les teroristes-génocidaires tendent une embuscade très meurtrière à un véhicule de transport en commun empruntant l'axe Bubanza-Bujumbura.
Bubanza le 24 mai 2001 (Net Press). Les terroristes-génocidaires ont tendu dans la matinée de ce 24 mai 2001 une embuscade très meurtrière à un minibus "Hiace" de transport en commun qui empruntait l'axe Bubanza-Bujumbura. L'attaque qui a causé la mort de 10 personnes a été perpétrée vers 10 heures, au niveau de la zone Mitakataka, en commune et province Bubanza (à environ 15 km de la capitale), par un groupe de terroristes-génocidaires du FNL venus des palmeraies et des bananeraies situées juste à côté de cette route.
Outre ces tués, 4 autres personnes ont été grièvement blessées au cours de la même attaque. Elles ont été immédiatement admises à l'hôpital de Bubanza. Ces terroristes-génocidaires étaient si nombreux que les rescapés de l'attaque ne se sont pas empêchés de penser que ces tueurs font sûrement partie des 4.000 "combattants de la liberté" qui ont fui l'application des accords de Lusaka qui les qualifient de "forces négatives" et préconisent leur désarmement et leur traduction devant le tribunal pénal international.
