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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Enseignement.

La grève des enseignants provoque une sérieuse crise au niveau national.

Bujumbura, le 24 mai 2002 (Net Press). Au 10ème jour de la grève de tous les enseignants du secondaire membres du syndicat Conapes, des manifestations spontanées des élèves du secteur public sont désormais observables aussi bien en mairie de Bujumbura qu'à l'intérieur du pays. Dans la matinée de ce 23 mai 2002, dans la zone Musaga, les élèves du lycée municipal ont décidé de faire sortir des salles de classe tous les élèves des écoles privées. Ils se sont d'abord dirigés au collège de Kinanira où ils ont jeté des pierres sur la toiture des salles de cours pour intimider les élèves de ce collège qui sont aussitôt sortis en désordre. Les militaires dépêchés pour arrêter le mouverment ont dû tirer beaucoup de coups et ont même failli tuer par balles un élève de la 7ème année du Lycée Africain (qui ne faisait pas partie des manifestants mais plutôt qui rentrait chez lui) à la 16 ème avenue de Kinanira. Les sources officielles indiquent à ce sujet que cet élève, bien qu'atteint à la tête, n'est pas mort et que même sa vie n'est pas en danger. Pourtant, des sources médicales indiquaient dès hier que ledit élève avait très peu de chances de survivre. A quelques mètres de là, les forces de l'ordre qui protégeaient le lycée (privé) de Kanyosha ont, sous les ordres du colonel Nibigira, brutalement réquisitionné la voiture de la radio "Bonesha FM", au moment où les journalistes qui étaient à bord tendaient le micro aux jeunes manifestants. Le véhicule a été conduit directement à la brigade de Kanyosha d'où il n'a été remis que beaucoup plus tard. Soulignons que des manifestations similaires ont été signalées dans la majeure partie des zones de la capitale et même à l'intérieur du pays où on déplore trois blesssés par les balles des forces de l'ordre à Gitega. Pour éviter de nouvelles casses, le gouvernement a pris la mesure dès hier soir (23 mai 2002) de fermer momentanément toutes les écoles publiques secouées par ce gigantesque mouvement de soulèvement des élèves du secondaire. Certaines directions des écoles privées ont pris les devants en invitant leurs élèves à rester chez eux ce 24 mai 2002, en attendant d'y voir clair.

Pour sa part, le syndicat CONAPES vient de rendre public un communiqué dans lequel il condamne sans réserve "les services de sécurité de Bujumbura et de Gitega qui ont tiré sur deux élèves". Il fustige le comportement criminel et indigne de ces agents de l'ordre, dont la mission première est d'assurer la protection des citoyens au premier rang desquels figurent les enfants. Ce syndicat condamne le comportement "inacceptable" du gouverneur de Bururi, M. André Ndayizamba qui a procédé à l'emprisonnement de M. Justin Kabayabaya, membre de ce syndicat dans la région Sud. Ce syndicat tient également à informer l'opinion que désormais toute négociation avec le gouvernement sera conditionnée par la libération immédiate et inconditionnelle de tout membre du CONAPES incarcéré ou qui viendrait à l'être. Il "informe l'autorité gouvernementale que tout contact avec l'autorité quelle qu'elle soit et à quelque niveau que ce soit est suspendu".

Il est à noter que les enseignants de la province Bururi sont parmi ceux qui ont le plus répondu à ce mouvement de grève. Ce qui aurait probablement choqué le gouverneur Ndayizamba réputé pour être allergique à toute opposition dans sa province et surtout à celle de la plupart des personnels de l'enseignement, dont certains ont reçu des mutations forcées sur instigation du même gouverneur. Les manifestations des élèves des lycées de Matana et Rubanga qui ont érigé des barricades sur la route nationale n°7 (RN7) ont fait exploser de colère le duo Bizuru-Ndayizamba. Ces "barrages" ont fait suspendre la circulation sur cette route pendant quelques heures. Il a fallu des renforts des gendarmes de la brigade de Matana pour faire enlever ces barricades.

Dans la capitale, les parents d'élèves se sont réunis ce 24 mai 2002 dans leurs quartiers respectifs afin de désigner 3 délégués par quartier pour rencontrer à Kinindo le vieux sage Zénon Nicayenzi qu'ils ont unanimement choisi comme médiateur dans cette crise. Ces parents ont, au cours cette réunion, fait le constat amer que la situation tend à dépasser tous les acteurs, l'Etat en premier lieu. Ces parents ont lancé un appel à tous les intéressés pour qu'ils trouvent une solution à cette question qui n'a duré que trop longtemps. Ils invitent spécialement les comités des parents à se réunir rapidement, pour voir dans quelle mesure il faut assister les enfants emprisonnés, les enfants blessés et prendre en main cette question vitale. Si tout marche comme prévu, les réunions des comités des parents débutent leurs travaux dès demain 25 mai 2002. Signalons enfin que le vice-président de la République a invité tous les concernés à prendre part à une réunion sur cette question épineuse dans l'après-midi de ce 24 mai 2002 au centre culturel islamique.

Burundi - Détention.

Des Burundais de l'intérieur et de l'extérieur du pays continuent à réclamer la "libération immédiate et inconditionnelle" de M. Diomède Rutamucero.

Bujumbura, le 24 mai 2002 (Net Press). Au 22e jour d'incarcération du président du mouvement d'autodéfense et anti-génocide "PA-Amasekanya", la mobilisation en faveur de la "libération immédiate et inconditionnelle" de M. Diomède Rutamucero ne fléchit pas, bien au contraire. Deux cents quarante neuf (249) femmes burundaises rescapées du génocide invitent "tous les véritables Bashingantahe à se lever pour refuser que la justice burundaise et le régime en place ne continuent les persécutions des personnes innocentes comme M. Diomède Rutamucero". Selon ces femmes, les accusations "réunies deux semaines durant contre cet honnête citoyen n'ont rien qui tienne debout". De son côté, l'association AC Génocide-Cirimoso a réuni en moins d'une heure, en date lors de son assemblée du 21 mai 2002, 549 signatures pour une pétition exigeant "la libération immédiate et inconditionnelle de l'ingénieur Diomède Rutamucero", dont le "seul grief lui reproché est d'avoir exprimé ouvertement et publiquement ses opinions sur la manière absurde et scandaleuse dont le gouvernement en place gère le dossier génocide". Pour sa part, la ligue burundaise des droits de l'homme "Iteka" estime que M. Diomède Rutamucero n'aurait pas dû être arrêté pour le simple fait que son mouvement a organisé une manifestation contre le vote de la loi sur l'immunité provisoire. Elle demande le respect des dispositions du code de procédure pénal dans ce dossier. De son côté, la section canadienne d'AC Génocide-Cirimoso a réitéré ce 23 mai 2002 son appel pressant pour la libération de M. Diomède Rutamucero, un "citoyen paisible opposé aux accords d'Arusha qui manquent l'instituttionnalisation du crime et l'impunité des criminels".

Burundi - Justice - Sécurité.

La police suspecte l'opposition tutsi d'être derrière le soulèvement des élèves du secondaire.

Bujumbura, le 24 mai 2002 (Net Press). C'est ce qu'on a appris hier soir quand un cadre du ministère de la bonne gouvernance et un ingénieur civil ont été relâchés par la police de sécurité publique (PSP) après 24h d'incarcération "arbitraire". Les deux hommes ont indiqué en effet qu'ils avaient été arrêtés le mercredi 22 mai 2002 vers 18h au nouveau quartier de Kigobe (qui est en train d'être viabilisé) par le commandant de la PSP de Bujumbura, le commandant Manisha, alors qu'ils ne faisaient que l'inspection de la parcelle que l'ingénieur en question envisage d'acheter. Au moment où ils s'apprêtaient à partir, une demi-douzaine d'élèves de l'ETS qui faisaient leur sport sont venus saluer les deux hommes dont l'un (l'ingénieur) fut, il y a quelque temps, leur enseignant. Tout le groupe a été, par la suite, embarqué par le commandant Manisha pour Kigobe où toutes les huit personnes ont été longuement interrogées, d'abord par le commandant Manisha et le colonel Nimbesha (directeur général de la sécurité publique au ministère de l'intérieur), puis par un OPJ jusqu'à minuit, heure où ce dernier a décidé de les "loger" au cachot même s'ils venaient de lui signifier clairement, au cours de deux interrogatoires menés séparément qu'ils n'ont rien à voir, ni avec le mouvement des enseignants (n'étant pas des enseignants), ni avec le soulèvement des élèves des écoles secondaires publiques. Ils n'ont été relâchés qu'au soir du jour suivant (jeudi 23 mai 2002), vers 18h30, mais les élèves de l'ETS arrêtés le même jour qu'eux sont restés "coffrés" à Kigobe, comme les 6 autres arrêtés au premier jour de leur soulèvement. Comme la police veut tout savoir à partir des renseignements extorqués, selon les deux hommes, parfois grâce à de sévères bastonnades et même des tortures, puisque les 6 jeunes interpellés au premier jour du soulèvement éprouvent à présent de sérieuses difficultés pour marcher. Un des responsables de la police aurait par ailleurs déclaré aux deux hommes susmentionnés qu'elle est à la recherche des "véritables meneurs" de ce soulèvement qui doivent être, selon elle, de l'opposition tutsi. Raison pour laquelle tout attroupement, à certaines heures et à certains endroits, est devenu suspect, aux yeux de la police.

Avis de recrutement

Le Complexe Textile de Bujumbura "COTEBU" désire recruter un comptable répondant aux conditions suivantes :

- Etre de nationalité Burundaise; - Etre âgé de 25 ans minimum et de 30 ans maximum - Avoir un diplôme de niveau A1 (ISCO) en Comptabilité; - Avoir une expérience pertinente dans la tenue d'une comptabilité des sociétés publiques et privées et être habitué aux procédures comptables et de gestion; - Maîtriser l'usage de l'outil informatique (Word, Excel et logiciels comptables); - Etre libre de tout engagement vis-à-vis d'un autre employeur.

Les lettres de candidature, accompagnées d'une copie de diplôme certifiée conforme à l'original et d'un curriculum vitae, doivent parvenir à la Direction Générale du COTEBU au plus tard le 27 Mai 2002 à 17h 00.