NET PRESS

Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires tuent 10 personnes et blessent plusieurs autres dans une embuscade sur la route Bujumbura-Bugarama.
Bujumbura, le 24 juin 2002 (Net Press). Le voyage sur la RN1 n'est plus une promenade de santé. Les terroristes-génocidaires ne cessent de semer en effet la mort et la désolation sur cet axe reliant Bujumbura à Bugarama. Ce matin, aux environs de 8h 30, quatre véhicules qui venaient de Kayanza (2 minibus Hiace, un camion et une voiture) sont tombés dans une embuscade à 500 m de Bugarama, non loin de la Kibira. On déplore la mort de 10 personnes dont 3 enfants et une femme ainsi que plusieurs blessés dont beaucoup sont dans un état critique. Le conducteur du camion qui descendait à Bujumbura pour s'approvisionner en huile de palme s'est vu dépouiller de tout son argent. Cet attentat est intervenu après que les forces de l'ordre, aux trousses des terroristes-génocidaires depuis deux jours dans la région, les aient contraints à se replier sur la Kibira.
Soulignons que cette embuscade est la seconde la plus meurtrière après celle du 22 mai 2002 qui a coûté la vie à 11 personnes dont un sénateur d'ethnie twa. Notons que les terroristes-génocidaires recourent très souvent à des embuscades du genre chaque fois qu'ils essuient de cuisants échecs un peu partout dans le pays. Ce qui est le cas aujourd'hui car les forces de l'ordre sont en train de mener des opérations de grande envergure dans la Kibira.
Rappelons que c'est sur le même tronçon que deux gardes de corps de Mgr Nduhirubusa (évêque de Ruyigi) ont été dernièrement tués en présence de ce dernier qui a été par après conduit dans la Kibira par les terroristes-génocidaires du Cndd. Il sera libéré au cours de fastes cérémonies présidées par le représentant du pape au Burundi, le gouverneur sortant de Bubanza, M. Gilbert Kayonde, l'évêque de Bubanza et le chef des terroristes-génocidaires, Manassé Nzobonimpa.
Le gouvernement actuel qui comprend en son sein des leaders de ces organisations avait tenu à cette occasion à écarter l'armée nationale de la remise officielle de l'évêque et ses "ravisseurs" ont pu regagner gaillardement leur forêt pour continuer à pratiquer leur sport favori : le massacre de civils et paisibles voyageurs. Le gouvernement le sait très bien et est parfaitement au courant de l'identité de ceux qui commettent ces atrocités sans pour autant pouvoir les en empêcher. Parmi les membres du gouvernement figurent les leaders des organisations responsables de plusieurs tueries du genre dans la même région, comme par exemple les massacres de Teza en juillet 1996. (Voir www.netpress.bi, rubrique "Agora", "autres documents" : Chronique d'un génocide).
Tout ce monde meurt dans l'indifférence totale et aucune pensée pieuse en leur faveur n'a été exprimée par le gouvernement dont ses dirigeants sont plutôt occupés aujourd'hui à présenter les nouveaux gouverneurs : le président de la République à Gitega, le vice-président à Bururi et le ministre de l'intérieur à Bubanza.
Burundi - Justice.
Célébration de la journée internationale de lutte contre la torture.
Bujumbura, le 24 juin 2002 (Net Press). Le Burundi s'est associé en ce jour au reste du monde pour la célébration de la journée internationale de lutte contre la torture. A cette occasion, l'association burundaise pour la défense des droits des prisonniers (ABDDP) a organisé une journée de réflexion sur les "détentions préventives excessives".
Dans son exposé sur les "conséquences juridiques d'une détention préventive excessive", M. Vincent Ngendambizi, consultant juridique au bureau de l'assemblée nationale de transition a indiqué que les effets de ces détentions s'exercent sur les différents intervenants en l'occurrence le magistrat, le gardien de prison, le détenu ainsi que de tierces personnes.
M. Ngendambizi a souligné que lorsque le délai de détention préventive a expiré et sans excuse valable, le magistrat instructeur qui omet de présenter l'inculpé devant le juge de détention préventive s'expose à des sanctions disciplinaires et éventuellement pénales. Et d'ajouter que les sanctions sont amplement justifiées par l'impératif de protéger les détenus contre la puissance excessive mais aussi l'arbitraire des magistrats. En revanche, l'Etat a l'obligation de mettre le magistrat dans les conditions de travail lui permettant d'accomplir les devoirs d'instruction dans les délais légaux.
Il a également fait remarquer que les règles de protection des détenus peuvent rester théoriques si l'Etat ne produit pas suffisamment de magistrat pour affronter tout le travail et s'il ne les dote pas des moyens et conditions de travail leur permettant de respecter les délais légaux. M. Ngendambizi a ajouté que lorsque les délais de détention sont dépassés, l'inculpé est admis à saisir par voie de requête la juridiction compétente pour statuer sur son cas. Et de regretter que peu de détenus recourent à ce moyen faute d'être au courant du nouveau code de procédure pénale. Selon M. Ngendambizi, de telles détentions ont des conséquences néfastes sur les tiers, car le détenu manque nécessairement à tous ceux qui attendaient de lui l'exécution de ses obligations civiles (la famille, ses créanciers ainsi que la partie civile). Il a conclu en indiquant que la détention préventive excessive n'arrange personne car elle dérange tout le monde y compris l'Etat qui fait des dépenses supplémentaires. Il faut donc la combattre.
Burundi - Enseignement.
Le représentant légal du lycée africain en appelle au ministre de l'éducation nationale pour récupérer effectivement son école.
Bujumbura, le 24 juin 2002 (Net Press). Dans une lettre du 15 juin 2002, le fondateur et représentant légal du lycée africain (privé), M. Callixte Gasana prie instamment le ministre de l'éducation nationale de "trancher la question, en elle-même évidente, de représentation légale" de cette école. M. Gasana, qui avait fait de M. Paul Porota (propriétaire et représentant légal d'une autre école privée dénommée CESTE) son adjoint pendant une longue absence au Burundi (pour des raisons de service au Rwanda), ne comprend pas du tout comment ce dernier puisse s'auto-proclamer représentant légal de ce lycée.
En date du 31 mai 2002, M. Gasana avait porté plainte contre son ancien n° 2 auprès du tribunal de grande instance de Bujumbura pour "manquements graves aux devoirs d'éducation et aux dispositions statutaires" de l'a.s.b.l lycée africain. Il lui est notamment reproché de s'être rendu coupable "d'abus de confiance, de détournement de biens, d'usurpation de titre et de pouvoirs, et d'aversion ethnique dans l'association". M. Gasana, dès son retour au Burundi, a réuni une assemblée générale extraordinaire des membres effectifs du conseil scientifique du lycée africain, en date du 28 mai 2002.
Au cours de cette assemblée, M. Paul Porota qui avait refusé d'y prendre part, a été déchargé de ses fonctions de secrétaire général et de représentant légal suppléant. M. Porota qui assurait la gestion au quotidien de cette école devait faire, à cette occasion, le point sur la situation économique et administrative de cette école depuis 1999. Au cours de la même réunion, il a été constaté que le représentant légal suppléant, le directeur et les préfets sont absents à cette école pendant ce moment de grève pour encadrer le corps professoral et les élèves, et que grosso modo il y a un laisser-allez intolérable dans la gestion de la même école. De plus, M. Porota avait passé outre ses prérogatives en renvoyant tous les enseignants licenciés permanents et en privilégiant l'aspect commercial plutôt que scientifique.
Raison pour laquelle les participants à cette assemblée générale extraordinaire ont décidé de suspendre de ses fonctions M. Paul Porta. Celui-ci a répliqué en portant plainte auprès de la PJP (police judiciaire des parquets) contre M. Gasana pour "grevelerie" et "usage de faux documents". Cette police a emprisonné durant 2 jours le fondateur du lycée africain au début de ce mois de juin 2002, avant qu'il ne s'acquitte d'une somme de 350.000 Fbu qu'il était supposé devoir à un hôtel de la place. A ce sujet, c'est son établissement et donc son représentant légal suppléant d'alors (en 1999), M. Paul Porota, qui s'étaient engagés à payer les frais d'hôtel de M. Gasana. Aujourd'hui, son adversaire affirme être le véritable propriétaire de cette école et accuse en conséquence M. Gasana d'être en possession de "faux documents", alors que c'est lui qui a fondé l'a.s.b.l lycée africain en 1987.
Paradoxalement, M.Gasana vit aujourd'hui presque en clandestinité, en raison des menaces d'arrestation que fait peser sur lui celui en qui il avait placé sa confiance en date du 14 décembre 1998. Il ne lui est reproché que de vouloir récupérer son école.
