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Bujumbura-Burundi


Burundi - Putsch.

A quoi voulaient finalement arriver les mutins?

Bujumbura, le 24 juillet 2001 (Net Press). Après l'échec de la tentative de putsch du 23 juillet 2001, les observateurs de la scène politique burundaise continuent à s'interroger sur les véritables motivations des militaires qui se sont mutinés ce 23 juillet 2001. Et chacun y va de ses propres supputations. Pour beaucoup d'observateurs, le fait que les quelques 500 militaires mutins, qui avaient pris à leurs côtés quelques étudiants de l'université du Burundi et des jeunes gens du quartier de Nyakabiga, aient pris la décision de s'en arrêter au niveau de la bifurcation Kirundo-Muyinga, explique amplement que leur coup n'avait pas été du tout préparé. Selon les mêmes observateurs, les sous-officiers et les hommes de troupe impliqués dans cette affaire n'étaient pas visiblement au courant des mobiles qui avaient poussé leurs supérieurs hiérarchiques à agir de la sorte. Ils étaient très motivés et armés jusqu'aux dents (lance-roquettes, mitrailleuses, ... le doigt presque sur la gachette). Ils ont été très déçus lorsque leurs chefs leur ont dit de rebrousser chemin et de retourner à Ngozi : c'est ce qui expliquerait d'ailleurs pourquoi ils ont eux-mêmes remis ces chefs au commandement de la garnison militaire de Ngozi en déclarant que c'étaient ceux-là qui les avaient trompés et entraînés dans cette mutinerie. Ces soldats considéraient qu'ils n'avaient rien à se reprocher, raison pour laquelle ils ont demandé à reprendre sans délai leur service et, en attendant, de passer la nuit dans les divers camps du Nord du pays.

Selon plusieurs observateurs, cette tentative de putsch, la 2ème en moins de 3 mois, prouve qu'il y a un véritable malaise au sein de l'armée nationale puisque chaque fois, les commanditaires parviennent à trouver des troupes qui les suivent aveuglément et parfois d'autres qui leur facilitent la tâche. Néanmoins, les putschistes ont eu cette fois beaucoup de difficultés pour accéder aux enceintes de la radio-télévision nationale.

Dans les milieux de l'opposition tutsi, on n'exclut pas l'hypothèse selon laquelle ce coup serait l'oeuvre du pouvoir lui-même qui aurait voulu ainsi décourager toute velléité de coup d'Etat au sein de l'armée nationale. Cela permettrait aussi, explique-t-on dans les mêmes milieux, de prouver à la face du monde que le pouvoir a le contrôle de la situation, même si "certains militaires peuvent se faire utiliser par des politiciens véreux". Dans les milieux proches de l'Uprona non-négociateur, on est volontiers plus pessimiste puisque selon eux, c'est le "début de la fin de cette armée qui va être progressivement démantelée".

Quoi qu'il en soit, cette tentative de putsch aura démontré qu'il y a un véritable malaise social au sein de l'armée nationale et de la société burundaise toute entière dont il faudrait tenir compte si ce n'est pas la catastrophe qu'on prépare pour ce pays. La "grande muette" et la société dont elle est issue ont ainsi prouvé qu'elles souhaitent ardemment un changement radical, promoteur d'un avenir radieux.

Burundi - Transition.

Les signataires de l'accord d'Arusha regagnent le pays après l'investiture du tandem Buyoya-Ndayizeye.

Bujumbura, le 24 juillet 2001 (Net Press). L'intronisation du nouveau leadership de transition désigné par le médiateur n'a pas fait que des heureux ce 23 juillet 2001 à Arusha. En effet, les partis favorables au colonel Epitace Bayaganakandi étaient très mécontents car ils estiment qu'on leur a ravi leur victoire. Une première partie des délégués burundais est arrivée ce matin à Bujumbura, alors que les autres sont attendus dans la soirée. Au nombre de ceux qui sont arrivés dans la matinée figuraient le désormais vice-président de la République du Burundi, M. Domitien Ndayizeye, l'actuel président de l'assemblée nationale M. Léonce Ngendakumana ainsi que certains membres du collectif pro-Bayaganakandi qui n'ont pas signé le document d'investiture du nouvel exécutif. A leur descente d'avion, les uns et les autres se sont exprimés sur les questions de l'heure dont la récente tentative de coup d'Etat et les institutions de transition.

M. Joseph Nzeyimana regrette que les dernières assises d'Arusha aient consacré un coup d'Etat de l'accord de paix. Et d'ajouter que son camp n'a même pas pris connaissance du document signé par les deux patrons de la transition et certains représentants de la sous-région. Pour le président du Raddes, ce document signé en catimini ne les engage pas et que partant, leur groupe n'entend pas faire partie du futur gouvernement de transition qui "a contourné l'accord d'Arusha".

Pour M. Domitien Ndayizeye par contre, les institutions de transition seront n'auront aucune difficulté à diriger le pays et à faire revenir la paix. Il a indiqué que la cohabitation avec le président Buyoya sera bonne et qu'en cas de problème majeur, certains organes prévus par l'accord d'Arusha (comme l'assemblée nationale ou la commission de suivi de la mise en application de l'accord d'Arusha) joueront les arbitres. S'il advenait qu'aucune des 2 instances ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente, les deux têtes de l'exécutif de transition pourraient s'en remettre à la médiation. S'exprimant sur le refus affiché par les partis pro-Bayaganakandi de soutenir les institutions de transition nouvellement désignées, M. Ndayizeye a indiqué qu'il est confiant qu'"ils reviendront à la raison" et rejoindront le futur gouvernement de transition. M. Ndayizeye a été très laconique au sujet de la tentative de putsch d'avant-hier en estimant que "les temps des coups d'Etat sont révolus".

Même son de cloche du côté du président de l'assemblée nationale. Pour Léonce Ngendakumana, les partis favorables à Bayaganakandi ont le droit, en démocratie, de s'opposer aux décisions de Pretoria. Il reste néanmoins confiant que ces partis "saisiront rapidement la balle au bond et intégreront le gouvernement de transition". A propos de la récente tentative de putsch, le président de l'assemblée nationale a interprété la mutinerie comme une manifestation contre ce qui se faisait en même temps à Arusha. Et de s'interroger : "changer les institutions pour les remplacer par quoi?". Il a même brandi l'épouvantail d'octobre 1993 quand le coup d'Etat d'alors "a été suivi par un immense bain de sang". M. Ngendakumana a estimé que les mutins "sont suffisamment raisonnables pour ne pas rééditer les événements de 1993 ou de 1996 quand le coup de force de l'actuel chef de l'Etat a entraîné un embargo régional contre le Burundi".

Burundi - Media.

La Maison de la Presse du Burundi organise une nouvelle session de formation pour les nouveaux journalistes.

Bujumbura, le 24 juillet 2001 (Net Press). La Maison de la Presse organise depuis ce 25 juillet 2001 un nouveau séminaire de formation de 20 journalistes. Au cours des 3 semaines de formation, ils auront à apprendre les techniques de rédaction axées essentiellement sur la pratique. Précisons que les moyens logistiques de ce séminaire ont été accordés par l'Unesco, qui contribue grandement aux différentes activités organisées par la Maison de la Presse dont elle est par ailleurs le principal bailleur. Rappelons qu'un séminaire du genre, d'une durée de 2 semaines, avait été organisé par cette maison en décembre dernier. Il était plus axé sur la théorie.

Burundi - Confessions religieuses.

Vers la fin d'un épisode ou prélude de nouveaux rebondissements au sein de l'Eglise Adventiste du 7ème jour du Burundi ?

Bujumbura, le 24 juillet 2001 (Net Press). L'Eglise Adventiste du 7ème jour du Burundi reçoit ce mercredi 25 juillet 2001, une délégation venue des Etats-Unis qui aura entre autres missions, de trouver des solutions aux multiples problèmes que connaît actuellement cette Eglise. Cette délégation sera conduite par le vice-président de la Conférence Générale, la plus haute instance dans l'organigramme mondial des églises adventistes du 7ème jour. Ce dernier, qui répond au nom de Bediako (de nationalité ghanéenne) sera accompagné par le secrétaire général de la section océan indien, le Malgache Latsara.

La visite de ces hôtes de marque aurait été motivée par la crise qui secoue ces derniers temps cette Eglise. Cette délégation du siège général des églises adventistes du 7ème jour basé aux Etats-Unis pourrait, soit mettre un terme aux chicanes qui existent entre le pasteur Uzziel Habingabwa et une partie des fidèles de l'Eglise de Jabe qu'il considère comme des rebelles, soit provoquer de nouveaux rebondissements. Signalons que ces fidèles accusent toujours le pasteur Habingabwa de "manquements graves" et de mauvaise gestion des biens de cette Eglise. En outre, certaines sources indiquent qu'au sein d'une ONG gérée par cette église, "ADRA", il y a pour le moment un sérieux malaise après le départ de son responsable qui n'était autre que le propre fils de M. Habingabwa. En effet, le pasteur Habingabwa s'est automatiquement déclaré directeur a.i de cette ONG contrariant ainsi la direction de l'ONG "ADRA International" qui lui en avait refusé la direction. Ainsi, le mécontentement de ces fidèles est monté d'un cran quand ils ont appris les rumeurs qui font état d'un détournement d'une somme de 12 millions de nos francs des caisses de l'ASSABU (département de santé de ADRA). Et pour le moment, des centres de santé ou dispensaires des provinces Makamba, Ruyigi et Cibitoke seraient en passe de fermer par manque de fonds de roulement et de médicaments. Tous ces problèmes, ajoutés sans doute à beaucoup d'autres, créent un climat de méfiance entre le "berger" contesté et ses "brebis". La délégation qui arrive demain pourra, espérons-le, rapprocher les vues des uns et des autres sous risque de voir cette Eglise se disloquer. La rédaction a contacté le pasteur Uzziel Habingabwa pour des éclaircissements à ce sujet. Il a indiqué que la délégation viendra pour une visite purement pastorale au Burundi. Pour le moment, cette délégation se trouve au Rwanda et se rendra ensuite en Afrique du sud. Le pasteur Habingabwa a déclaré ne pas être au courant de ce que ses adversaires ont révélé concernant l'agenda de cette délégation.

comptabilité des sociétés