NET PRESS  
TEL.(257)217080
B.P. 2775
FAX.(257)217614
E-MAIL ADDRESS:netpress@cbinf.com
SITE WEB http://www.cbinf.com/netpress.bi
Bujumbura-Burundi.


Burundi - Assemblée nationale.

Un projet de loi qui pose sérieusement problème.

Bujumbura, le 25 avril 2002 (Net Press). Comme l'avait prédit, il y a plusieurs jours, l'agence Net Press, le projet de loi portant "immunité provisoire de poursuites judiciaires en faveur des leaders politiques rentrant d'exil", pose sérieusement problème à Kigobe. Car, dans ce dossier, les avis des membres de la commission politique de l'assemblée nationale de transition sont largement partagés. Si certains réclament une "immunité" de 3 ans (pour correspondre avec la durée de la transition) au lieu des 2 ans proposés officiellement par le gouvernement, d'autres souhaitent carrément une "immunité" qui irait au-delà du provisoire, parce qu'il n'est pas question pour eux d'être arrêtés aussitôt après la transition. D'autres considèrent, par contre, qu'il faudrait commencer par définir le concept même d'"infraction à mobile politique " (dont parle le projet de loi soumis aux députés) qui reste inconnnu dans la terminologie judiciaire du Burundi.

Pendant ce temps, d'autres membres de la commission politique estiment que le vote d'une telle loi serait mal venue car elle anéantirait les espoirs de dédommagement (par voie juridique) que nourrissent les personnes victimes de l'un ou autre acte de barbarie perpétré depuis le déclenchement de la crise d'octobre 1993. Car, ajoutent les mêmes membres, tout action civile dépend du pénal et il est important que la très grande souffrance endurée depuis plusieures années par les gens soit quelque peu soulagée par des dédommagements, par exemple.

D'autres membres de la même commission soulignent que la loi ne saurait être personnalisée et qu'il faut, ainsi, accorder cette "faveur" à tous les rapatriés et même à ceux qui n'ont jamais pris le chemin d'exil. D'autres encore estiment qu'il est indécent de tuer et d'exiger d'être amnistié, sans même qu'on sache ceux qui seront bénéficiaires de cette immunité ou amnistie. Raison pour laquelle, beaucoup (parmi lesquels des députés du G7) auraient voulu que ceux qui souhaitent en être bénéficiaires se fassent connaître en se faisant inscrire sur une liste par exemple.

Par contre, une autre catégorie des membres de la même commission considère qu'étant donné que "les leaders rentrant d'exil" bénéficient déjà d'une amnistie de fait, le vote d'une telle loi est "à la limite, de la provocation". Les travaux de cette commission dirigée par le président du groupe parlementaire Frodebu, Léonidas Ntibayazi, sont donc quelque peu bloqués.

C'est sans doute cela qui explique ce projet de loi qui devait être étudié en 2è position, selon du moins le calendrier initial de la session parlementaire en cours (mais qui va bientôt prendre fin), a été remis à la veille de la clôture de cette session; soit jeudi le 2 mai 2002. Ceci a été décidé ce 24 avril 2002 par le secrétaire général-adjoint de l'assemblée nationale de transition, M. Pierre Barusasiyeko.

A noter que pour tous les autres projets de loi, M. Barusasiyeko parle uniquement d'"analyse" alors que pour ceux programmés pour le jeudi 2 mai 2002, il parle d'"analyse et vote" en session plénière.

Ces 2 derniers projets de loi sont respectivement celui portant "répression des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre" et "immunité provisoire de poursuites judiciaires en faveur des leaders politiques rentrant d'exil". Ce dernier accuse un sérieux retard puisqu'il aurait dû être envoyé au conseil des ministres lundi le 22 avril 2002; ce qui n'a pas été possible.

Les députés burundais pourront-ils accorder leurs violons sur cette question ultra-sensible ? Wait and see !

Burundi - Justice.

Les chambres criminelles continuent à siéger ....

Ngozi, le 25 avril 2002 (Net Press). Les 3 chambres criminelles du pays continuent à siéger pour instruire et juger les nombreux dossiers relatifs aux crimes qui ensanglatent ce pays depuis octobre 1993. A Ngozi, on aura particulièrement noté au cours de la journée du 24 avril 2002 un fait divers qui aurait été banal mais qui en dit long sur l'état d'esprit général des Burundais aujourd'hui.

Un des prisonniers impliqués dans les massacres génocidaires de 1993 a vivement interpellé le gardien de prison qui était à côté de lui, lors du trajet prison - parquet, en lui demandant de lui ôter les menottes qui liaient ses bras ou alors de relier un de ses bras à celui d'un autre détenu. Avant que l'autre ne réponde, le présumé génocidaire avait enchaîné en faisant remarquer que le gardien de prison devait lui ôter ces menottes sinon, a-t-il ajouté, "nous, on va bientôt nous libérer et lorsque cela sera chose faite, je te mettrai les menottes non seulement sur les 2 bras, mais aussi aux pieds".

Rappelons que les gardiens de prison sont en général d'anciens militaires ou gendarmes à la retraite.

Arrivé au parquet, le gardien de prison a porté plainte auprès du magistrat instructeur qui aurait décidé d'ouvrir un 2è dossier à charge de l'inculpé, en plus de celui de participation à massacres à caractère génocidaire visant les Tutsi de sa région.

Burundi - Enseignement.

Les étudiants de l'ENS refusent de se faire réinscrire.

Bujumbura, le 25 avril 2002 (Net Press). Le conseil d'administration de l'école normale supérieure (ENS) a tenu une réunion extraordinaire ce 24 avril 2002, à l'issu de laquelle, il a décidé de lever la mesure d'annulation de l'année académique 2001 - 2002.

Ce conseil a recommandé à la direction de l'école d'appeler les étudiants à se faire réinscrire ce 25 avril 2002 selon les nouvelles conditions auxquelles ils devront souscrire et reprendre par la suite les cours en date du 29 avril 2002. Et ceux qui ne se conformeront pas à cette décision seront automatiquement exclu.

On apprend néanmoins que les étudiants de l'ENS ne se sont pas exécutés et ont plutôt tenu une réunion en vue d'analyser les contours de cette décision pour ne pas tomber dans ce qu'ils prennent pour un "piège". Selon les étudiants rencontrés par notre reporter, ils n'entendent pas se faire réinscrire sans avoir pris connaissance, au préalable, des nouvelles dispositions qu'envisage d'inclure dans le règlement académique le conseil d'administration de cette école.

Signalons que ce conseil a souligné dans son communiqué qu'il a agi, en prenant cette décision, sur demande des parents et des étudiants, demande qu'il considère comme légitime d'autant plus que ces étudiants ont arrêté les cours au moment où l'année académique 2001-2002 allait toucher à sa fin.

Burundi - Enseignement.

"Il est plus qu'urgent de rendre attrayante la carrière enseignante", estiment les participants à une table ronde sur l'éducation.

Bujumbura, le 25 avril 2002 (Net Press). Le syndicat des travailleurs de l'enseignement (STEB), en collaboration avec des associations de la société civile et l'ONG Action Aid, a organisé ce 25 avril 2002 une table ronde autour des thèmes suivants : "la corrélation entre l'éducation pour tous et les droits de la personne humaine" et "le pas franchi par le gouvernement du Burundi après le forum de Dakar". C'était au centre culturel islamique et les participants ont, à cette occasion, déploré que le gouvernement oriente plutôt ses préoccupations ailleurs que vers l'enseignement si du moins on se réfère au budget alloué à l'éducation (autour de 15% du budget de l'Etat). Certains participants ont constaté que le système éducatif burundais est "dans l'impasse" et que les problèmes observables aujourd'hui dans ce domaine débordent largement le cadre sectoriel de l'éducation. Ils considèrent en outre que la contribution des parents au financement de la scolarisation universelle n'est envisageable que si les revenus de tous les ménages burundais s'améliorent nettement par rapport à la situation actuelle.

Soulignons que la situation actuelle des enseignants, tant du primaire que du secondaire, n'a pas été passé sous silence. Convaincus que l'état actuel des enseignants quant au traitement salarial n'est pas des meilleurs, les participants ont émis le souhait de voir redresser le moral des enseignants en revoyant à la hausse leurs salaires. Car après tout, on ne peut pas parler de scolarisation pour tous quand ici et là, les enseignants ne cessent de déserter la carrière jugée ingrate pour d'autres secteurs plus rénumérateurs.

Certains participants à cette table ronde ont fait observer que les dirigeants de ce pays sont certainement au courant des incohérences qui caractérisent le système éducatif burundais puisqu'ils préfèrent presque tous, pour leurs enfants, les écoles privées à l'école publique.