NET PRESS

Burundi - Politique.
La tension monte à Bujumbura à la veille de la célébration du 40ème anniversaire de l'indépendance.
Bujumbura, le 25 juin 2002 (Net Press). A la veille du 40ème anniversaire du recouvrement de l'indépendance nationale, la tension monte dangereusement dans la capitale burundaise où circulent depuis quelques jours les rumeurs les plus folles. Il est notamment dit que d'ici quelques jours devrait intervenir un remaniement ministériel sanctionnant le départ ou le limogeage de 11 ministres dont ceux qui "dérangent". Selon les mêmes rumeurs, l'ancien dirigeant du Cndd-Fdd aujourd'hui tombé en dissidence, M. Jean-Bosco Ndayikengurukiye, devrait être de retour au pays avant le 1er juillet 2002.
Pour en savoir davantage, la rédaction a interrogé à ce sujet de hauts responsables de l'Etat. Pour le porte-parole de l'armée nationale, le colonel Augustin Nzabampema, tout cela est une "vaste blague" et entre dans le cadre de la déstabilisation. M. Ndayikengurukiye ne saurait rentrer aujourd'hui, étant donné que lors de la dernière session des négociations de son mouvement avec les représentants du gouvernement, aucun pas positif n'a été noté. Au contraire, on a enregistré une régression, a ajouté le colonel Nzabampema qui a par ailleurs démenti que le "château Moss" (de Rumonge) soit en train d'être retapé ou réhabilité pour servir de résidence à M. Ndayikengurukiye.
Le porte-parole de l'armée nationale a par ailleurs déclaré qu'il n'y a "aucun intérêt à ce qu'un ministre aussi méritant et compétent que celui en charge aujourd'hui de la défense nationale soit limogé". Car, pour le colonel Nzabampema, le ministre Cyrille Ndayirukiye "travaille très bien, monte de grade et a de très bonnes relations avec le chef de l'Etat, chef suprême des forces armées", malgré les "bruits" entendus ici et là ces derniers jours.
Pour sa part, le ministre de l'énergie et des mines, M. Mathias Hitimana, présenté par les "bruits" susmentionnés comme l'un de ceux qui devraient partir, a déclaré ne pas être au courant du "remaniement ministériel" à venir. Même si l'essentiel des décisions se tiennent, au niveau du gouvernement, uniquement par le chef de l'Etat et son adjoint, sans nécessairement que le reste du cabinet en soit informé, a ajouté le ministre Hitimana, le duo qui se trouve au sommet de l'Etat "n'est pas libre de renvoyer qui il veut et quand il veut". En effet, a-t-il expliqué, on est là, non pas qu'ils l'aient voulu, mais grâce aux dispositions de l'accord d'Arusha. Par ailleurs, nul ne saurait être renvoyé pour des divergences de vue avec le chef de l'Etat ou son adjoint, car il est de notoriété publique qu'on ne voit pas nécessairement les choses de la même façon, étant donné que nous provenons de formations politiques différentes.
Pour le reste, a encore ajouté le ministre Hitimana, un membre du gouvernement ne saurait être limogé que pour des fautes ou des défaillances d'ordre administratif ou de gestion. "Au gouvernement, nous sommes les représentants de nos partis politiques et non ceux du parti du président, raison pour laquelle il n'est pas tellement libre de nous renvoyer quand il veut et comme il veut", a insisté le ministre Hitimana, également président-fondateur du parti PRP. Sinon, le chef de l'Etat aurait outrepassé les dispositions et l'esprit de l'accord d'Arusha. M. Hitimana, qui se définit comme un "homme politique et non pas simplement quelqu'un chargé juste de gérer le quotidien d'un ministère", a par ailleurs fait remarquer que "quand les gens se tiennent traquilles, il n'est pas dit qu'ils n'ont pas de forces derrière eux"'.
Même si les membres du gouvernement actuel ne sont pas solidaires (cfr la question des réserves au sujet desquelles "certains" affirment qu'elles seront progressivement levées sans consultation aucune de leurs auteurs), le ministre de l'énergie et des mines a tout de même tenu à préciser qu'il y a des points sur lesquels il s'entend avec le président de la République. C'est notamment quand le chef de l'Etat a insisté pour qu'une commission internationale d'enquête sur les divers crimes commis au Burundi (et notamment celui de génocide) soit envoyée au Burundi même sans cessez-le-feu, contrairement aux ténors du G7 qui estiment que la cessation des hostilités doit être une condition sine qua non pour l'envoi de cette commission . C'est aussi le cas quand il a expliqué aux leaders du G7 que sans cessez-le-feu, il ne saurait y avoir d'intégration des "forces rebelles" au sein de l'armée nationale. Il a conclu en dénonçant une fois de plus la confiscation du processus de paix et de sa mise en application, par le président de la République, sa formation politique (l'Uprona négociateur) et le G7. Par exemple, a-t-il indiqué, "à part moi-même, dans les institutions de transition, le PRP n'a que 2 députés sur 4 qui auraient dû lui être attribués (le député Ibrahim Mangona ayant été imposé par le chef de l'Etat et 2 autres députés refusés pour des raisons incompréhensibles) et pas un seul gouverneur, pas un seul ambassadeur".
Burundi - Politique.
Le sommet des chefs d'Etat de la sous-région sur le Burundi reculé de plusieurs jours.
Bujumbura, le 25 juin 2002 (Net Press). C'est ce que l'on a appris ce matin de source bien informée dans la capitale burundaise. Ainsi donc, ce sommet qui aurait dû se dérouler ce 25 juin 2002, après avoir été reporté d'abord au 27 juin, puis au 29 juin 2002, pourrait se tenir vers la mi-juillet 2002.
Interrogé à ce sujet, le porte-parole du chef de l'Etat, M. Marcien Barakana, joint sur son portable depuis Gitega où il est allé assister à l'investiture du nouveau gouverneur de province, s'est refusé à tout commentaire, précisant simplement que "tous les détails seront donnés à la presse le moment venu". De là à conclure que ce moment n'est pas encore venu, il n'y a qu'un pas.
Beaucoup d'autres ministres contactés étaient injoignables en raison d'une "campagne nationale de sensibilisation des parents et des enseignants" menée dans tout le pays depuis dimanche dernier pour tenter de convaincre les enseignants en grève depuis le 13 mai 2002 de reprendre le service. Le ministre en charge du processus de paix, M. Luc Rukingama, se trouvait aujourd'hui à Makamba et son collègue porte-parole du gouvernement, M. Albert Mbonerane, à Cankuzo, dans sa province d'origine.
Après ce report quasi-certain de ce sommet, le Palipehutu-Fnl crie victoire et se félicite beaucoup, sur internet, du succès de sa "diplomatie" qui vient de l'emporter, selon le même mouvement, sur celle du "couple Buyoya-Minani". Car, pour ce mouvement, le but de ce sommet qui devait se tenir à Arusha n'est autre que "d'amener les chefs d'Etat de la sous-région dans la logique de prendre des sanctions à l'encontre des groupes armés". Le même mouvement croit par ailleurs savoir qu'il serait le plus visé par ces sanctions, le Cndd-Fdd de Pierre Nkurunziza s'étant déclaré disposé à engager des négociations avec le gouvernement burundais "avec le concours des autorités tanzaniennes".
Selon des informations circulant sur le web et émanant des sympathisants du Palipehutu-Fnl, les pays de la sous-région et en particulier la Tanzanie, l'Ouganda, l'Afrique du Sud et la RDC, ne seraient pas parvenus à s'entendre sur la nécessité de décréter de telles sanctions. C'est en l'occurrence la Tanzanie qui serait très peu encline à cette option, contrairement à l'Afrique du Sud prête, elle, à "tout pour mâter tout mouvement refusant la colloboration régionale". La Tanzanie s'estimerait en effet en mesure de convaincre le Palipehut-Fnl de rejoindre la table des négociations comme elle l'a réussi avec le Cndd-Fdd de Nkurunziza.
Burundi - Enseignement.
Les parents de la zone Ngagara s'expriment sur la grève des enseignants dans les écoles publiques.
Bujumbura, le 25 juin 2002 (Net Press). La grève des enseignants qui ne fait que perdurer ne peut pas laisser indifférents les parents d'élèves qui sont pour le moment des laissez-pour-compte. Ainsi, ce 23 juin 2002, sous l'initiative de l'union des femmes burundaises (UFB), mouvement proche de l'Uprona, des mères d'enfants de la zone Ngagara se sont rencontrées pour échanger sur la situation problématique causée par la grève des enseignants du secteur public. A l'issue de cette rencontre, elles ont rendu publique une déclaration dans laquelle elles se disent très inquiètes par la situation actuelle qui a des incidences sur l'avenir de la Nation. Elles ont déclaré que même si toute fonction implique des droits et des devoirs, celle des enseignants mérite plus d'égards compte-tenu des exigences du métier. C'est pour cette raison qu'elles ont recommandé que le gouvernement considère les enseignants comme des adultes responsables qui n'agissent pas sous l'influence de qui ce soit, car leurs revendications sont purement syndicales. Elles ont en outre demandé que le gouvernement et les syndicats s'entendent afin de poursuivre les négociations, les seules susceptibles de ramener les choses dans l'ordre.
De son côté, le président de l'Uprona non-négociateur, M. Charles Mukasi considère que l'attitude du gouvernement de vouloir associer à tout prix la grève des enseignants à une manipulation politique surtout de la part de ceux qui ont toujours combattu l'accord d'Arusha, est une manoeuvre de de diversion qui consiste à désorienter l'opinion. Il demande par conséquent au gouvernement de dissocier les problèmes de l'enseignement de la politique politicienne. M. Mukasi en déduit par ailleurs que si tous ces enseignants et élèves étaient manipulés par des hommes politiques alors, cela prouverait à suffisance que ce sont les anti-Arusha qui seraient les plus écoutés et les mieux suivis dans ce pays. M. Mukasi a fait savoir qu'il n'existe pas de solution à ce mouvement de grève en dehors d'une réforme structurelle du ministère de la fonction publique. Car, a-t-il fait observer, il existe de grandes inégalités salariales au sein de ce ministère qui sont liées en grande partie aux statuts spéciaux selon des secteurs donnés.
