NET PRESS
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Burundi - Politique.
5 ans d'"opération de sauvetage" du Burundi par Pierre Buyoya : un bilan peu reluisant.
Bujumbura, le 25 juillet 2001 (Net Press). "Les forces armées burundaises, auxquelles se sont jointes les forces vives de la Nation, ont décidé de nous confier la lourde mission de sauver le pays de la profonde crise qui le mine depuis 3 ans. Aucune ambition personnelle ne peut justifier à l'état actuel des choses, la course au pouvoir dans un pays meurtri par les tueries qui révoltent toute conscience .... notre action n'est pas un coup de force classique, mais une opération de sauvetage visant à éviter la catastrophe au Burundi".
Ces propos sont du président Buyoya tenus le 25 juillet 1996, lors de son putsch contre le régime de la Convention. Ils traduisent un bilan fort négatif de ce régime qu'il venait donc de renverser. Le même bilan avait été fait par le gouvernement Nduwayo-Ntibantunganya qui avait constaté le 22 juillet 1996 dans une réunion du conseil des ministres que la situation empirait. Dans un rapport d'une commission ministérielle qui avait été mise sur pied à cette fin, déposé le 24 juillet 1996, les ministres concluaient : "nous pensons que le gouvernement devrait davantage réfléchir sur la façon dont le pays peut se doter rapidement de nouvelles institutions (un chef d'Etat, un nouveau premier ministre, un gouvernement) sans le plonger dans un vide institutionnel et surtout en évitant que cette situation génère des violences incontrôlables".
Une telle conclusion relève du courage pour un gouvernement. Elle était tirée dans la foulée des pogroms génocidaires de Teza et Bugendana où plus de 600 civils ont été tués par le CNDD de Léonard Nyangoma. Le retour de Buyoya intervenait dans un contexte objectif. Mais depuis ce retour, aucun bilan n'est jusqu'ici fait par le gouvernement Buyoya pour présenter objectivement le bilan de sa gestion. Cinq ans après, la situation n'a pas évolué et M. Buyoya peut tout de même réclamer 18 mois de plus pour une nouvelle "opération de sauvetage". Il vient de les avoir sur imposition de M. Mandela devant seulement 3 chefs d'Etat au lieu de 14 invités. Un camouflet en somme qui cache mal la désapprobation par les chefs d'Etat de la fameuse "communauté de fait des pays de la sous-région pour le Burundi".
Le bilan de Buyoya II est peu reluisant et parfois sombre. Sur le plan sécuritaire, les terroristes-génocidaires ont gagné du terrain (politiquement surtout) puisqu'ils ont été élevés au rang de "mouvements politiques armés ou des opposants armés". Pis encore, ils investissent les institutions issues des accords et diktat d'Arusha. Le Burundi passe la tête basse dans le concert des Nations et ses institutions sont dictées par l'étranger. Buyoya lui-même passe pour un exécutant des ordres dictés par Arusha sous la pression des terroristes-génocidaires.
Sur le plan judiciaire, l'impunité gagne du terrain et les bourreaux sont amnistiés au nez et à la barbe des victimes du génocide. Arusha a enrichi le droit par une trouvaille originale appelée "immunité provisoire". Les criminels tournent les pouces tandis que les rescapés du génocide sombrent dans le désespoir. Pourtant, Buyoya avait martelé dans sa déclaration du 25 juillet 1996 : " ... tout mettre en oeuvre pour lutter contre l'impunité. Le Burundi a sombré dans le chaos puisqu'en grande partie, le crime a été toléré avant d'être banalisé. (...) Désormais, la règle sera que tout responsable de crime ou délit devra démissionner de son poste et se présenter devant la justice, pour répondre de ses actes".
Cinq ans après, l'impunité est toujours là. Le Burundi sombre toujours dans le chaos, car le crime est toujurs toléré et banalisé du fait que demain, tous les criminels vont connaître l'absorption de leurs crimes par l'acte inédit d'"amnistie provisoire". Combien de responsables publics ont été inquiétés pour leur crime? Les putschistes et les génocidaires dominent les institutions nationales. Même le président de l'assemblée nationale, Léonce Ngendakumana, qui était poursuivi pour ses crimes de massacre a bénéficié d'un non-lieu inexplicable.
Sur le plan économique, tous les indicateurs sont au rouge et le franc burundais a connu une érosion sans précédent de 300%. Le pouvoir d'achat s'est dramatiquement érodé, passant de 230 US$ à 120 US$ aujourd'hui PNB par habitant. La misère, la maladie, la corruption, ..., ont connu une extrême inflation. Le gouvernement a été qualifié de "gouvernement le plus corrompu de tous les temps". Ces dernières années (voir jugement rendu dans l'affaire "Etat du Burundi contre Charles Mukasi").
Bref, le tableau est sombre pour les 5 ans d'"action de sauvetage" du régime Buyoya. Qu'à cela ne tienne, Buyoya vient d'exiger 18 mois de plus pour conduire son train de sauvetage. Dieu seul sait si l'"homme-providence" du 3 septembre 1987 qui vient d'être reconduit, pourra ou pas réussir.
Dans tous les cas, ce qu'il n'a pas pu faire pendant 130 mois, il ne le fera pas en 18 mois, en moins que les desseins du peuple burundais ne soient pas ceux du président Buyoya. Avant d'entamer la dynastie Buyoya III, on devrait d'abord évaluer Buyoya I et Buyoya II pour pouvoir se rendre compte de ce qu'il faut redresser. Est-il encore possible de le faire ? La question est ainsi posée.
Burundi - Télécommunications.
Le syndicat de l'Onatel proteste contre la mutation "injustifiée" de 47 de ses membres vers l'intérieur du pays.
Bujumbura, le 25 juillet 2001 (Net Press). Le syndicat de l'Office National des Télécommunications "Onatel" vient de déposer un préavis de grève auprès du département de l'inspection du travail. Ce syndicat entend ainsi manifester le mécontentement du personnel de cet office face à de nombreuses irrégularités observées dans le dossier portant "accord d'interconnexion Onatel-Réseaux mobiles". Il s'étonne que malgré les dispositions de l'accord d'interconnexion physique Onatel-Telecel, signé le 10 février 1993, spécialement en son article 28 qui stipule que "les parties contractantes conviennent que le trafic national inter-réseaux ne fera pas l'objet d'échanges de comptes", le directeur général a passé outre en signant, dans la plus grande discrétion, un "arrangement intermédiaire à un accord d'interconnexion" avec son collègue de Telecel Burundi. Le ministre de tutelle avait alors cassé cet accord d'arrangement en date du 29 mars 2001. Le personnel se demande par ailleurs de quel droit le conseil d'administration de l'Onatel s'est permis de tenir plusieurs réunions qui n'avaient d'autre but que "de déterrer un dossier déjà clos" visant le versement à Telecel Burundi par l'Onatel d'un montant de 21 FBU par minute de communication de fixe-mobile "avec effets rétroactifs et sans motif valable".
Selon le syndicat de l'Onatel, la direction de cet office et son conseil d'administration ont été épaulés dans cette entreprise par l'ARCT (Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications) dont une bonne partie du conseil d'administration est constituée par des gens "ayant des intérêts évidents dans Telecel".
Ce syndicat semble en outre ne pas comprendre pourquoi le ministre Mbonigaba est revenu sur sa décision en entérinant l'échange de comptes avec effet rétroactif décidé par l'ARCT. Pour ce syndicat, l'Onatel doit négocier un accord d'interconnexion avec des préalables ne nuisant pas à ses intérêts. Il exige enfin la levée de la mesure de mutation des 47 cadres et agents de l'office qui a été décidée "sans tenir compte des intérêts de l'entreprise" et dans le but de "casser le syndicat" et "d'éloigner les représentants des organes sociaux".
Burundi - Recherche scientifique.
Un prisonnier défend brillamment son mémoire à l'université du Burundi.
Bujumbura, le 25 juillet 2001 (Net Press). Il s'appelle Raphaël Manirakiza, alias Rufonya. Il était étudiant à l'université du Burundi et il était sur le point de défendre son mémoire qui portait sur "Le phénomène de démobilisation de l'armée". Il est aujourd'hui sous les verrous à la prison centrale de Mpimba et il est accusé d'avoir participé à la tentative de putsch du 18 avril 2001. M. Manirakiza a déposé son mémoire pour défense à la faculté de psychologie au mois d'avril 2001 qui avait programmé sa soutenance le 4 mai 2001. Il sera malheureusement arrêté le 25 avril 2001 pour les raisons précitées. L'université a alors demandé qu'il soit autorisé de défendre son mémoire et l'autorisation lui a été finalement octroyée le 21 juillet 2001 entre 10h et 17h. Il est allé défendre son mémoire et a obtenu la plus grande distinction, soit la note de 18 sur 20. Après sa défense, il est retourné à la prison centrale de Mpimba où il reste incarcéré.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires cachés dans un champ de canne à sucre tuent 2 agents de la SOSUMO.
Rutana, le 25 juillet 2001 (Net Press). Ce lundi 23 juillet 2001, deux agents de la Société Sucrière du Moso (SOSUMO) ont été tués dans les champs de plantation de la canne à sucre par des terroristes-génocidaires qui s'y étaient embusqués. Ces terroristes-génocidaires se sont rués sur les deux agents qu'ils ont froidement abattus. Par ailleurs, de sérieux affrontements ont opposé dimanche soir les agents de sécurité de cette société aux terroristes-génocidaires sur l'axe Karera-Nyanza (Commune Musongati) qui est souvent cité comme couloir de passage des terroristes-génocidaires. Buyaga et Muhafu, deux localités de la commune Giharo, seraient en outre des bastions de ces criminels, selon des sources locales.
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