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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Enseignement.

Une association de jeunes exige la démission des ministres de l'éducation nationale et de la fonction publique.

Bujumbura, le 26 mai 2002 (Net Press). Le mouvement de grève des enseignants du secondaire - qui seront bientôt rejoints dès mardi 28 mai 2002 par ceux du primaire - loin de s'estomper, risque décidément de provoquer si pas un véritable séisme, tout au moins, une crise majeure dans ce pays. Ainsi donc, des voix réclamant les têtes de certains responsables qui auraient mal géré cette crise, commencent à se faire entendre. C'est le cas de la "jeunesse solidaire pour le droit et le développement" (JSDDE, que l'on dit proche du "MRC-Rurenzangemero" du colonel Epitace Bayaganakandi) qui exige, sans plus ni moins, "la démission des ministres Festus Ntanyungu et Prosper Mpawenayo, qui ont pris une part active dans cette situation chaotique" qui a provoqué "la mort d'élèves innocents".

Signalons à ce sujet que les forces de l'ordre auraient violemment dispersé, selon des sources locales, une manifestation d'élèves à Matana (Bururi) dans la matinée de ce samedi 25 mai 2002, en tirant à balles réelles sur les jeunes manifestants. Six parmi ceux-ci auraient été blessés, dont quelques uns grièvement. Par ailleurs, le lycéen de Musaga et qui fréquentait le Lycée Africain (privé), atteint de deux balles dans la tête alors qu'il regagnait son domicile, a finalement succombé à ses blessures, selon des sources médicales, alors qu'il allait être évacué sur Nairobi. A Muramvya, une vingtaine d'élèves auraient été grièvement blessés par les tirs des forces de l'ordre au moment où ils assiégeaient la direction provinciale de l'enseignement dans la matinée de vendredi 24 mai 2002.

La JSDDE se déclare profondément touchée par l'attitude du gouvernement qui, "au lieu de favoriser le dialogue, recourt à la force pour étouffer toute revendication". Car, "le droit à la grève est une condition inaliénable à l'association syndicale", raison pour laquelle les forces de l'ordre sont plutôt appelées à "encadrer le mouvement de revendication" et non le réprimer dans le sang, parce que d'autre part, estime la même association, les élèves ont tout à fait raison de revendiquer leur "droit inaliénable à l'éducation".

Rappelons que pour sa part, le vice-président de la République, M. Domitien Ndayizeye a, au cours d'une rencontre organisée au centre culturel islamique dans l'après-midi de ce vendredi 24 mai 2002, fait remarquer que le gouvernement comprend parfaitement les revendications des enseignants, même si ce dernier se trouve entre le marteau et l'enclume. En effet, a expliqué le vice-président de la République, pour satisfaire les renvendications salariales, le gouvernement devrait chercher un montant d'au moins 4 milliards de Fbu, alors qu'en même temps, le FMI exige de Bujumbura une diminution sensible (de 3,5 milliards de Fbu) des frais réservés à la paie des fonctionnaires. Pour le vice-président Ndayizeye, il est évident que le gouvernement burundais ne saurait accepter de telles conditionnalités et la solution pour la crise actuelle de l'éducation est la mise en vigueur d'un "statut général de la fonction publique" (en préparation, selon lui), car, a-t-il reconnu, l'ensemble des fonctionnaires burundais travaillent dans des conditions très difficiles "qu'il faut certainement améliorer, tout en gardant à l'esprit que le le pays dispose de moyens très limités ". Bref, a conclu le vice-président Ndayizeye, on ne saurait rien promettre de concret dans l'immédiat, car "la priorité des priorités demeure le cessez-le-feu, quitte à espérer la reprise de l'économie nationale".

Burundi - Sécurité.

Les terroristes-génocidaires font vivre un véritable enfer aux usagers des principaux axes routiers du pays.

Bujumbura, le 26 mai 2002 (Net Press). Depuis plusieurs jours, les voyageurs burundais vivent un véritable calvaire puisque, même si certains media nationaux ont désormais tendance à vouloir présenter la situation du pays comme normale malgré la violence meurtrière quotidienne, les mouvements terroristes-génocidaires du Palipehutu-Fnl et du Cndd-Fdd ont multiplié ces derniers temps les embuscades sur les principales routes du pays. Ainsi donc, alors que l'armée nationale devait conclure, selon AFP, une "trève de quelques heures" avec les Fdd pour permettre la "rétrocession" à l'Eglise catholique du Burundi, à Mitakataka (Bubanza) de l'évêque de Ruyigi, enlevé quelques jours plus tôt, en date du 23 mai 2002, à quelques kilomètres de là, les "combattants"(sic) du Palipehutu-Fnl ont organisé une véritable boucherie humaine dans la matinée du 22 mai 2002 à Mageyo (Bujumbura rural) où ils ont abattu de sang-froid 11 personnes, toutes Tutsi ou prises comme telles puisque l'une des victimes était en réalité un sénateur Twa de la circonscription de Kirundo et du nom de Jean-Bosco Rutagengwa. Deux autres personnes grièvement blessées au cours de cette embuscade ont trouvé la mort plus tard à l'hôpital. Le lendemain, un minibus qui transportait des commerçants en provenance de Cibitoke et se rendant à Bujumbura est tombé dans une autre embuscade d'autres terroristes-génocidaires à Kagunuzi entre 8h et 9h du matin.

Pendant ce temps, les embuscades meurtrières sont devenues monnaie courante depuis près de 2 semaines sur les axes Ruyigi-Gitega et Bugarama-Bujumbura. Parfois, les terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd (qui sèment le chaos et l'insécurité, depuis plusieurs jours, à Muriza, sur la frontière entre les provinces de Ruyigi et Gitega) et du Palipehutu-Fnl poussent leur cynisme jusqu'à obliger les passagers à se déshabiller complètement. Ainsi, certains voyageurs, après avoir été dépouillés de tous leurs biens et de tout leur argent, arrivent à Gitega ou à Bujumbura en costume d'Adam. Du coup, on ne se hasarde plus à emprunter certains axes routiers réputés être les plus dangereux ces jours-ci, surtout que ces pratiques macabres rappellent d'autres qui le sont encore plus et que ces criminels avaient prisé il y a quelques années, qu'ils pourraient reprendre à tout moment : faire avaler de la matière fécale à des personnes humaines dont certaines en étaient même mortes. On rappellera à toutes fins utiles que ces tueurs recourent à de telles pratiques surtout quand ils sont en difficultés sur le terrain des opérations et qu'ils ne savent plus où donner de la tête. Et dire qu'ils seront demain au gouvernement ou dans d'autres institutions de l'Etat, aux côtés des fondateurs de leurs organisations criminelles qui y sont déjà.

Signalons d'autre part que d'autres terroristes-génocidaires ont attaqué dans la nuit du 25 au 26 mai 2002, la zone Gihosha (Nord de la capitale) où ils ont tué 2 personnes. Ils y ont également pillé beaucoup d'argent et d'autres biens dans plusieurs ménages. N'eut été l'intervention rapide des forces de l'ordre qui ont même dépêché un blindé, les dégâts auraient été énormes. En province de Bujumbura rural, un autre groupe de ces criminels a attaqué la localité de Murambi (en commune Isale) où ils ont tué deux personnes et pillé beaucoup de biens dans de nombreux ménages. A Muramvya, ces criminels ont tué durant la nuit dernière le chef de zone Kibogoye en commune de Bukeye. Il est le enième administratif à la base assassiné par ces tueurs pour "mauvaise collaboration" avec eux.

Burundi - Syndicat - Droits de l'homme.

Les syndicats du Burundi exigent la libération immédiate et inconditionnelle du syndicaliste Célestin Nsavyimana.

Bujumbura, le 26 mai 2002 (Net Press). Les responsables des syndicats du Burundi, à travers le président de la Cosybu (centrale syndicale la plus représentative au Burundi), viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils fustigent l'arrestation et la détention "sans motif connu jusqu'à l'heure qu'il est" du premier responsable du syndicat des travailleurs des transports, M. Célestin Nsavyimana. Aucun mandat d'amener ne lui aurait été exhibé par l'OPJ de la documentation nationale qui l'a arrêté à son bureau de travail sis au port de Bujumbura et qui l'a ensuite conduit à la documentation dans la matinée du 23 mai 2002. M. Nsavyimana est incarcéré depuis ce jour-là alors que son état de santé exige un "suivi régulier et fort" et que, étant veuf, ses jeunes enfants ont constamment besoin de lui à la maison, surtout qu'un d'eux doit recevoir des injections médicamenteuses tous les matins et soirs. Raison pour laquelle, tous les responsables des syndicats du Burundi "exigent la libération immédiate et sans condition du syndicaliste Célestin Nsavyimana, détenu à la documentation nationale sans motif officiel connu". Signalons en passant que selon certaines sources, M. Nsavyimana est soupçonné par la police présidentielle d'être derrière le mouvement de contestation et de mécontentement des enseignants du secondaire, un mouvement qui connaît une ampleur jamais vue au Burundi.

Burundi - Grève.

Les élèves du lycée de Matana organisent une opération "ville morte".

Bururi, le 26 mai 2002 (Net Press). Les élèves du lycée de Matana sont encore une fois descendus dans les rues pour empêcher le marché de se tenir dans la matinée de ce dimanche 26 mai 2002. Aucun marchand n'a tenté de s'aventurer devant la fureur des jeunes manifestants. Ces derniers se sont étendus à même le sol dans la route menant vers Bujumbura pour empêcher aux voyageurs de se rendre dans la capitale. Les gendarmes dépêchés sur les lieux assistaient impuissants, car, l'ordre de tirer sur ces enfants qui ne réclament que leur droit à l'éducation leur a été retiré. Ce n'est qu'en début d'après-midi que la trafic a été ouvert après que les élèves se soient retirés dans leur internat. Le gouverneur de Bururi à la tête d'une véritable armada de gendarmes s'est rendu sur les lieux pour calmer le jeu. Nos sources ne précisent pas néanmoins les clauses des négociations qu'il a engagées avec les élèves. Sur place à Matana, certains craignent pour ce lundi une situation plus chaotique, puisque toutes les écoles (y compris celles qui jusque-ici s'étaient écartées de ce mouvement) envisagent de descendre dans la rue.