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Bujumbura-Burundi


Burundi - Politique.

Nouveau "Barita" ou agenda caché de la sous-région.

Bujumbura, le 26 juillet 2001 (Net Press). C'était dans l'après-midi du 25 juillet 1996 lorsque les Burundais apprirent que le major Buyoya venait de reprendre le pouvoir par un coup de force. Cette nouvelle fut accompagnée d'un ouf de soulagement par des milliers de Burundais confrontés aux hécatombes que le tandem Ntibantunganya-Nduwayo, respectivement président et premier ministre, ne pouvait plus arrêter.

De plus, le Burundi allait subir une occupation militaire puisque, en juin 1996, le président de la République et le premier ministre avaient officiellement accepté en Tanzanie, le principe d'envoi des troupes étrangères pour "maintenir la paix et la sécurité au Burundi". Durant la même période, un plan codé d'occupation du Burundi était à l'étude aux Nations-Unies "Restore hope in Barita" : "Barita" étant le Burundi où s'entredéchirent deux principales ethnies, les Ush (Hutu) et les Dum (Tutsi). Le plan simulait l'application d'un cessez-le-feu entre le gouvernement et le mouvement de libération du peuple hutu "Cease-Fire Agreement between Barita Governement and the Ush People Liberation Movement".

Pour le président Buyoya, le coup d'Etat n'était "qu'un acte de sauvetage d'un pays au bord d'un chaos généralisé". Mais, les pays de la sous-région, dont certains allaient envoyer des troupes militaires au Burundi, n'ont pas tardé à affaiblir son régime en imposant un blocus total au Burundi sous la houlette du Mwalimu Julius Nyerere, alors médiateur dans le conflit burundais. Il avait juré de mettre à genou le gouvernement du Burundi, n'eût été la pression de la communauté internationale qui faisait remarquer que ce sont les couches défavorisées de la population qui étaient les plus éprouvées par les sanctions.

Certes, l'objectif de la communauté internationale était de forcer le gouvernement à négocier avec les "rebelles" mais l'on est en droit de se demander s'il n'y avait pas derrière ce "noble objectif" un agenda caché d'occuper le Burundi.

Le gouvernement burundais s'est en effet plié aux exigences des leaders de la sous-région jusqu'à interdire les associations anti-négociations de manifester publiquement contre Arusha depuis 5 ans. Mais la barre des exigences reste placée trop haut : le président Buyoya vient d'être intronisé à Arusha par les mêmes leaders de la sous-région ce lundi 23 juin 2001 pour conduire la première tranche de la transition en acceptant de mettre en application les 11 conditions de Pretoria. Celles-ci annulent toutes les réserves émises par son camp, le G10, lors de la signature de l'accord de paix, le 28 août 2000 à Arusha. Le principe d'envoi des troupes étrangères, un des facteurs qui avait précipité la chute du régime Ntibantunganya-Nduwayo en juillet 1996 est de nouveau imposé au tombeur de ce dernier, parmi les 11 conditions.

Il ressort que l'envoi des troupes étrangères au Burundi figure parmi les exigences des leaders de la sous-région aussi bien en 1996 qu'en 2001. Il reste à savoir où ces troupes seront déployées et comment, puisque la "rébellion" n'a jusqu'ici le contrôle d'un seul mètre carré du territoire national.

Signalons tout de même que les spécialistes du langage codé des Nations-Unies se sont trompés à la page 18 de leur plan d'occupation du Burundi en écrivant "Burundi" à la place de "Barita" comme ils avaient choisi de le faire partout dans ce document.

Burundi - Politique.

Pourquoi le collectif pro-Bayaganakandi entend rester dans l'opposition, d'après le Dr. Alphonse Rugambarara.

Bujumbura, le 26 juillet 2001 (Net Press). Dans une interview accordée à notre rédaction, le porte-parole du collectif des partis pour la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi à la présidence de la transition, le Dr. Alphonse Rugambarara, a tenu à réaffirmer que les formations politiques de son groupe n'entreront pas au gouvernement de transition dirigé par MM. Buyoya et Ndayizeye. "Ce serait signer notre propre mort", a déclaré le Dr. Rugambarara, car "cela reviendrait à cautionner la trahison dont les deux hommes se sont rendus coupables à Arusha et à Pretoria".

Parmi les 11 engagements pris par le président Buyoya, deux ont le plus particulièrement révolté le porte-parole du collectif pro-Bayaganakandi. Le premier est le point (ii) qui indique que le chef de l'Etat s'est "engagé à mettre en oeuvre fidèlement et sans réserves (sic) toutes les dispositions de l'Accord". Le deuxième est le point (viii) qui dispose que le chef de l'Etat doit "faire appel aux troupes régionales et internationales et aux forces de maintien de la paix en nombre suffisant...".

Le Dr. Rugambarara s'est aussi dit révolté par certaines dispositions du communiqué conjoint du 15e sommet régional sur le Burundi qui violent, selon lui, l'accord d'Arusha. Pour toutes ces raisons, a-t-il conclu, les partis de son groupe resteront dans l'opposition et constitueront une opposition constructive. (voir sur www.netpress.bi, rubrique "Agora", les garanties et engagements pris par le président Buyoya ce 23 juillet 2001 et le communiqué conjoint sanctionnant le 15e sommet régional sur le Burundi).

Burundi - Sécurité.

Les populations du Sud du pays craignent de nouvelles infiltrations massives des terroristes-génocidaires en provenance de la Tanzanie.

Bururi, le 26 juillet 2001 (Net Press). La sécurité reste précaire dans plusieurs localités du Sud du pays, du fait de la présence des terroristes-génocidaires sur le mont Rukambasi (à cheval entre plusieurs communes de Makamba et de la la commune Rumonge).

Ainsi, une personne a été tuée à Kigwena dans la nuit de dimanche à lundi 23 juillet 2001. Au cours de la nuit suivante, un jeune "gardien de la paix" a été blessé à Mayengo, dans la même région. On ne connaît pas encore le bilan des victimes dans le camp des terroristes-génocidaires. Par ailleurs, un vol à main armée a été perpétré à 21 h 30 dans la nuit de mardi à mercredi 25 juillet 2001 sur le lac Tanganyika près du centre urbain de Rumonge. La victime de ce vol est un pêcheur qui s'est vu ravir son moteur et tout son matériel de pêche.

D'autre part, les populations du Sud du pays craignent de nouvelles infiltrations massives de terroristes-génocidaires en provenance de la Tanzanie, qui pullulent déjà dans la région. En effet, selon des informations qui circulent dans les camps de réfugiés burundais de Kigoma, les terroristes-génocidaires auraient reçu l'ordre, de la part du chef de l'Etat tanzanien, de conquérir au plus vite au moins une commune de la province de Makamba en vue d'entamer, en bonne position, les négociations qui s'annoncent entre le nouveau gouvernement de transition et les FDD et les FNL. C'est ce qui expliquerait en partie l'escalade de violences dont se sont rendus responsables ces dernières semaines les deux mouvements au Sud du pays.

Burundi - Société.

"Faire du sport dans les rues de la capitale serait-il devenu un crime ?", s'interroge un citoyen.

Bujumbura, le 26 juillet 2001 (Net Press). Il s'appelle Gaspard Baranshamaje et évolue, à 45 ans, dans le secteur privé. Dimanche le 22 juillet 2001, comme le lui a recommandé son médecin, il faisait son sport dominical et courait lentement et seul sur l'avenue de l'imprimerie (surnommée avenue de la mort) lorsque, arrivé sur le boulevard central (goudronné) de Nyakabiga, il a vu derrière lui des centaines d'autres sportifs qui étaient poursuivis par une camionnette de la gendarmerie. Un des gendarmes a tiré pour disperser ces sportifs mais fort heureusement aucun dégât n'a été enregistré.

M. Baranshamaje a été ensuite prié par un gendarme de monter à bord de la camionnette. Le gendarme l'a menacé de le battre s'il refusait d'optempérer, ce à quoi l'autre s'est montré coopératif. Il a été arrêté en même temps que deux personnes qui, apparemment, faisaient partie des sportifs poursuivis par la gendarmerie : une femme prise pour une journaliste d'une radio locale, ainsi qu'un jeune homme qui serait jusqu'à présent sous les verroux. Ils ont été ensuite conduits au camp SOCARTI, avant d'être transférés à la BSR. Là, ils ont subi un interrogatoire les yeux bandés et menottes aux mains.

Par après, ils ont été transférés au cachot de la brigade Kanyosha à l'entrée duquel les gendarmes ont enlevé les menottes et l'habit qui servait à bander les yeux des 3 captifs. C'est à 16 h 30 qu'est intervenue la libération de M. Baranshamaje qui proteste aujourd'hui contre ces mauvais traitements par la gendarmerie et se demande si "faire du sport dans les rues de la capitale est devenu un crime". Si tel est le cas, ajoute-t-il, il faudrait bien l'annoncer par une loi écrite. M. Baranshamaje qui a appris que les sportifs qui étaient derrière lui et poursuivis par la gendarmerie étaient des membres du mouvement d'autodéfense PA-Amasekanya, ne comprend pas pourquoi ils sont empêchés de faire pacifiquement leur sport dominical alors que d'autres groupes bloquent pendant plusieurs heures la route, depuis le port de jusqu'au musée vivant de Bujumbura.

Notons au passage que "PA-Amasekanya" vient de rendre publique une déclaration dans laquelle ce mouvement indique que ses membres sont persécutés parce qu'ils "ont refusé de cautionner la politique du pouvoir en place dominé par les terroristes-génocidaires" (voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

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