NET PRESS
Burundi - Economie - Santé.
"L'Onapha ne va pas fermer malgré ses difficultés ...", assure la direction.
Bujumbura, le 27 mai 2002 (Net Press). Des informations inquiétantes faisant état de l'imminente fermeture de l'Office national pharmaceutique (Onapha) ont circulé avec insistance ces derniers temps dans la capitale, surtout qu'une bonne partie de son personnel s'était vu accorder il y a quelques jours un "congé" forcé. Pour en savoir davantage, la rédaction a contacté le directeur général de cette entreprise, M. Nestor Ntibategekanya. Il a indiqué que cette société, créée par l'Etat du Burundi en 1979, a bénéficé des capitaux d'investissement pendant les deux premières années de son existence, avant qu'elle devienne une entreprise mixte. Son directeur général a par ailleurs déclaré que malgré les difficultés auxquelles cette société fait face, elle ne va pas du tout fermer. "Elle a d'ailleurs réalisé de très bons bénéfices durant les 3 dernières années", puisqu'en 1999, le résultat d'exploitation était de 218 millions, de 270 millions en 2000 et enfin de 307 millions en 2001. Autre fait positif : l'Onapha paie régulièrement à l'Etat des impôts de l'ordre de 40% du résultat d'exploitation et ce dernier reçoit également des dividendes. Les difficultés actuelles de fonctionnement de cette entreprise sont essentiellement liées aux factures impayées par certains ministères. Cela fait que l'Onapha arrive difficilement à importer les matières premières et à pouvoir payer les taxes de service lors de l'importation. Le directeur général de l'Onapha a d'autre part invité le gouvernement à limiter la libéralisation de l'importation des médicaments, car cela cause un tort sérieux à l'unique industrie pharmaceutique du pays en raison de la concurrence déloyale de certains particuliers, qui "opèrent presque dans l'anarchie". Et ce pour une bonne gestion des rares devises dont dispose le pays, d'autant plus que le médicament n'est pas un produit comme les autres. M. Ntibateganya s'est enfin exprimé sur la privatisation de l'Onapha qui est en étude. Il s'est montré confiant avec l'entrée, prochainement, de l'INSS et de la Mutuelle de la Fonction Publique (déjà partenaires privilégiés de l'Onapha) dans l'actionariat, à côté du personnel et de l'Etat. Selon lui, cela va renforcer la capacité de cette société qui pourra ainsi entrer en compétition avec la société qui opéreront prochainement dans le même domaine.
Burundi - Sécurité routière.
Des chauffards tuent des militaires tout près de Maramvya...
Bujumbura, le 27 mai 2002 (Net Press). La scène macabre a commencé dans la mairie de Bujumbura, zone Buyenzi, ce 25 mai 2002 vers 22 heures, quand un véhicule de marque Hiace a cogné une voiture Carina. Notre reporter n'a pas pu identifier les plaques de ces deux véhicules car il faisait nuit. Les deux chauffeurs ont discuté pendant un moment mais n'ont pas pu s'entendre. Celui qui conduisait la Hiace et qui venait de cogner a tenté de fuir. Il a pris le chemin de l'aéroport international de Bujumbura et il a pris soin de ne pas allumer ses phares pour essayer de se camoufler. L'autre chauffeur de la Carina a filé le minibus et pour ne pas attirer l'attention de celui qui fuyait, il a aussi éteint ses phares. Les deux véhicules se sont dirigés vers l'aéroport international de Bujumbura à toute allure. Selon des sources en provenance de Maramvya, les deux chauffeurs qui roulaient à grande vitesse sont arrivés aux environs de Maramvya vers 22h30 et ont percuté une position militaire qui, normalement, passe la nuit sur la route nationale Bujumbura - Cibitoke pour veiller sur la Rukoko. Six militaires ont aussitôt succombé suite à cet accident. Les deux véhicules ont été par la suite interceptés en cours de route et ils se trouvent actuellement à la brigade de Gihanga.Quant aux deux chauffeurs, ils se trouvent actuellement entre les mains de la police.
Burundi - Sécurité.
La sécurité reste préoccupante dans certains coins du pays...
Bujumbura, le 27 mai 2002 (Net Press). La sécurité reste toujours préoccupante dans la province de Bujumbura rural où depuis plus de deux mois, les combats entre les terroristes-génocidaires et l'armée régulière se sont intensifiés dans la commune d'Isale. Selon le conseiller principal de cette province, M. Sévérin Barumunungu, deux chefs de colline ont été enlevés dans le secteur de Nyakibande en zone Nyambuye, tandis qu'une autre personne avait été enlevée dans la nuit de vendredi à samedi 25 mai 2002 dans la même commune. Ces combats ont occasionné un déplacement de 40.000 personnes à Rushubi, au chef- lieu de la province. Ces déplacés sont des cibles de plusieurs maladies à cause de la promiscuité. Ils survivent grâce à l'aide alimentaire du PAM, et de l'assistance des ONG's qui les approvisionnent en eau et en médicaments. Dans la nuit de dimanche à lundi 27 mai 2002, 2 vaches, 10 chèvres et 2 moutons ont été volés à Kankima dans la commune de Mugongomanga, frontalière de la commune d'Isale. Malgré qu'il n'y ait pas de guerre ouverte entre les terroristes-génocidaires et les forces régulières, des criminels sont signalés en commune de Mubimbi, riveraine de la forêt de la Kibira qui regorge d'un grand nombre de ces malfaiteurs. Une autre zone rouge est la commune Nyabitsinda en province de Ruyigi, comme l'a signalé le gouverneur, M. Isaac Bujaba. Il y a un mois déjà que les terroristes-génocidaires se sont infiltrés dans cette localité et dispensent des enseignements propagandistes à la population en même temps qu'ils exigent des rançons. Deux tiers de la population de cette commune qui compte 34.000 habitants sont déplacés soit vers deux sites de protection de Nyabitsinda, et de Muhwazi, soit vers d'autres ménages. Les militaires et l'administration font tout pour ramener l'ordre et la sécurité.
Burundi - Politique - Enseignement.
Cinq partis du G10 rejettent leur implication dans le mouvement de grève des enseignants.
Bujumbura, le 27 mai 2002 (Net Press). Cinq partis du G10 à savoir l'Anadde, le Msp-Inkinzo , le Pit, le Prp et le Raddès viennent de sortir un communiqué de presse dans lequel ils rejettent catégoriquement leur implication dans le mouvement de grève des enseignants. Ils indiquent que cette rumeur inquiétante date de la récente rencontre du vice-président avec les enseignants en grève, ce qui a fait dire au gouvernement, au Frodebu et à l'Uprona que ces partis sont impliqués dans ce mouvement. Ils regrettent que le pouvoir cherche des boucs émissaires en direction de ceux qui ne partagent pas certaines orientations de l'accord d'Arusha, lorsqu'il éprouve des difficultés dans la résolution des problèmes des enseignants. Ils indiquent néanmoins qu'ils suivent avec inquiétude les gesticulations du pouvoir dans la résolution de ces problèmes. Et d'ajouter qu'il est inadmissible que des élèves soient tués par des agents de l'ordre au service du gouvernement et qu'il n'y ait aucune excuse de sa part, mais plutôt des menaces et intimidations. Par ailleurs, ils se déclarent prêts à offrir leurs bons offices, si le pouvoir éprouve des difficultés à résoudre lui-même ces problèmes. Ces partis concluent leur communiqué en indiquant qu'ils tiendront, conjointement avec le parti Abasa, à l'hôtel Source du Nil à 17 heures, une conférence de presse ce mercredi 29 mai 2002 où ils vont clarifier notamment leurs positions sur la violation de l'accord d'Arusha et la question du cessez-le-feu.
Burundi - Parti politique.
Le président du parti Abasa organise une conférence de presse à la permanence du parti.
Bujumbura, le 27 mai 2002 (Net Press). Dans une conférence de presse organisée ce 27 mai 2002, dans la permanence de son parti, M. Térence Nsanze, président de l'Abasa (alliance burundo-africaine pour la salut) vient de s'exprimer sur bien des problèmes socio-politiques auxquels le Burundi est confronté. Il a fait savoir que le pays connaît ces derniers jours une série d'événements graves et a ciblé la question de l'enseignement qui constitue à ses yeux "un séisme socio-politique très important". Il a déploré que le bras de fer entre le gouvernement et le corps enseignant risque d'hypothéquer l'avenir de la jeunesse et partant, celle de la nation entière. M. Térence Nsanze a fustigé le gouvernement qui, "au lieu de faire face aux vrais problèmes de l'enseignement, se cache derrière des déclarations surannées et stéréotypées". Face à ces problèmes des enseignants, le président du parti Abasa a suggéré certaines propositions : tout d'abord, il faudrait une création immédiate et urgente des comités représentatifs de tous les protagonistes pour une issue heureuse. Ensuite, il propose que le gouvernement prenne un engagement immédiat et officiel pour l'amélioration rapide des conditions des enseignants. M. Nsanze a également proposé au gouvernement de dépêcher à travers les pays étrangers, à travers des organismes internationaux et d'autres ONG's, des ambassadeurs chevronnés qui comptent dans la conduite des affaires internationales en vue de plaider comme des avocats, la cause sacrée des enseignants. M. Térence Nsanze s'est aussi exprimé sur cette guerre qui continue malgré la signature des accords d'Arusha. Il a déploré qu"'il est totalement déconcertant de constater que les négociations avec le rebelles et la médiation n'ont jusqu'ici abouti à aucun résultat tangible". Il a recommandé d'insérer dans les délégations du gouvernement qui négocient le cessez-le-feu avec les rebelles, les représentants de tous les signataires de l'accord d'Arusha. Il a également demandé que les chefs d'Etat de la sous-région, en l'occurrence le président Museveni, qui jouit d'une estime aussi bien dans la région que sur l'échiquier international, s'implique personnellement dans ce processus de négociation pour aboutir à la paix. M. Nsanze a également répondu à la question selon laquelle "l'accord d'Arusha serait un non-événement, un rendez-vous manqué". Pour lui, "un processus négocié et concerté entre les partisans et les pourfendeurs de l'accord apparaît comme un passage obligé vers l'instauration d'un système national inclusif et consensuel, au lieu de camper sur des positions irréductibles et destructrices". Car, selon lui, "cet accord n'est ni un intouchable dogme écclésiastique, ni un immuable décret divin, ni encore moins un sacro-saint commandement de Dieu". M. Nsanze a conclu sur la célèbre citation de De Gaulle selon laquelle "la seule politique qui vaille est celle qui tient compte de la réalité".