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Bujumbura-Burundi

Burundi - Processus de paix.

Les parties signataires invitées à un sommet régional sur la question du leadership de la transition.

Arusha, le 27 juin 2001 (Net Press). Selon des sources proches de l'équipe de la facilitation, un sommet des chefs d'Etat de la sous-région sur le Burundi devrait avoir lieu le 23 juillet 2001 dans la ville tanzanienne d'Arusha. A ce sommet où il est attendu que le médiateur Nelson Mandela présente aux chefs d'Etat de la sous-région un rapport sur la situation actuelle en ce qui concerne le leadership de la transition, prendront aussi part tous les signataires de l'accord d'Arusha. Cette question de la désignation du leadership de la transition n'a pas été encore résolue malgré l'appel lancé par le médiateur lors du dernier sommet pour qu'elle trouve une solution "dans les plus brefs délais".

Ce sommet permettra-t-il enfin la désignation des institutions de transition? Wait and see ... mais d'orès et déjà, on peut franchement en douter, au regard des dernières "conditionnalités" émises par 6 partis du G7 avant la mise en place de ces institutions. N'en déplaise donc à Mandela qui pense être "au bord d'une percée", ce sommet risque d'être un "n"ième sommet de plus qui ne devrait pas accoucher de grand chose.

Burundi - Parti politique.

L'acte de M. Onésime Bugabo provoque un tollé de protestation au sein du parti RADDES.

Bujumbura, le 27 juin 2001 (Net Press). Dans sa livraison d'hier 26 juin 2001, la rédaction avait fait mention d'un cafouillage qui naissait au sein du parti RADDES, où son secrétaire exécutif adjoint chargé des finances, M. Onésime Bugabo, a décidé, avec l'aide de ses amis Juvénal Kamenge, Imelda Kayibigi (épouse de M. Kamenge), et Abel Nzeyimana, de remplacer provisoirement le président du parti en détention pour le moment. La rédaction avait également indiqué qu'une partie des membres du RADDES avait mal accueilli cette décision et qu'une réunion de mise au point était prévue au soir du 26 juin 2001. Selon des sources proches des milieux pro-Nzeyimana, M. Onésime Bugabo, qui n'est donc pas secrétaire exécutif comme il le prétendait, aurait refusé de se présenter à la réunion, arguant qu'il n'avait pas de temps, car il est chef de cabinet a.i et ministre a.i au ministère de l'énergie et des mines. En effet, M. Bugabo est un haut cadre chargé des ressources humaines à ce ministère et ses deux supérieurs hiérarchiques ne sont pas au pays pour le moment.

Rappelons que son président du RADDES actuellement en détention avait délégué ses pouvoirs à M. Sylvestre Ntambutso en date du 31 mai 2001 qui était ainsi appelé à "assurer l'intérim de la présidence du président du parti RADDES chaque fois que le représentant légal et président du parti est absent". Il avait ajouté que M. Ntambutso "représente le parti en toutes circonstances et répond de toutes questions politiques et autres pour lesquelles le RADDES sera interpellé. Il est le seul responsable vis-à-vis des autorités politiques et administratives du pays et a par conséquent les pleins pouvoirs pour agir en lieu et place du président". M. Ntambutso vient de réagir à la "tentative de putsch" de M. Bugabo en soulignant que ce dernier n'a reçu aucun mandat du président pour convoquer la réunion et que la décision qui lui donne la présidence du parti est nulle et non avenue. Seul la délégation de pouvoir par le représentant légal reste en vigueur, a conclu M. Ntambutso.

Pour sa part, M. Onésime Bugabo a indiqué à notre rédaction qu'il n'était pas au courant de la réunion d'hier soir et qu'à son avis, il était le seul habilité à convoqué de telles reunions.

Burundi - Société.

Une bière locale fait des ravages en province Mwaro.

Mwaro, le 27 juin 2001 (Net Press). En cette période de récolte de haricot de patate douce, une bière locale appelée "umunanasi" fait des ravages au sein de la population de Mwaro. En effet, les paysans se retrouvent avec un peu d'argent et se mettent à consommer cette boisson très sucrée, très alcolisée et qui crée une sorte de dépendance, et qui contribue même à diminuer la force physique de ses consommateurs. Cette boisson qui était à l'origine fabriquée avec du jus d'ananas, compte aujourd'hui parmi ses ingrédients essentiels le sucre, le thé et de la levure. La conséquence de cette situation est qu'il y a des bagarres un peu partout dans la province (jusque dans les ménages) et les gens deviennent de moins en moins aptes à faire quoi que ce soit. Ainsi, la production de café risque de ne pas être très bonne cette année.

Signalons par ailleurs que concomitamment à cette situation, a lieu dans certaines communes de cette province la collecte de l'effort de guerre de certaines populations en faveur des mouvements terroristes-génocidaires qui envoient, clandestinement et à l'insu de l'administration, des émissaires faire du porte à porte. Les communes Nyabihanga, Ndava, Kayokwe et Bisoro dans une moindre mesure sont les plus citées comme celles où ce phénomène s'observe.

Burundi - Sécurité.

Neuf morts et deux blessés lors d'une embuscade routière au Sud du pays.

Bururi, le 27 juin 2001 (Net Press). Ce matin vers 8h, un groupe de malfaiteurs non encore identifiés a tendu une embuscade très meurtrière à un minibus de transport en commun qui se rendait de Gitega à Rumonge, au niveau de la localité de Ruzira (Matana, près de la frontière avec la commune de Ryansoro). Le bilan provisoire est de 9 morts et 2 blessés. Ces criminels ont ensuite dépouillé leurs victimes de tout leur argent. Des enquêtes ont été immédiatement entreprises pour connaître l'identité des auteurs de ce crime, car, en plus de terroristes-génocidaires, sévissent dans la région des bandits de grand chemin qui opèrent en véritables bandes organisées.

Burundi - Administration.

Les corps de police de Gitega se disent révoltés par leur diffamation par un des leurs.

Gitega, le 27 juin 2001 (Net Press). Un officier de la police judiciaire des parquets de Gitega du nom de Jean-Paul Ngendabanyikwa a été dernièrement sanctionné pour avoir imité le cachet de son service. Il a été alors accusé de "faux et usage de faux" et a été condamné à 5 ans de servitude pénale avec 2 ans de sursis et 50.000 Fbu d'amende. Cette sanction a été décidée après qu'une commission d'enquête et le parquet général près la cour d'appel de Gitega aient mené des enquêtes et établi sa culpabilité. Il s'est vu un peu plus tard avec un dossier disciplinaire mais toutes ces sanctions ne sont jamais infligées pour des raisons que ses collègues ignorent.

Pour sa part, M. Ngendabanyikwa, proche du Frodebu aile Minani, a entrepris une véritable campagne visant à salir les corps de police de Gitega dont il est pourtant issu. Il s'est appuyé sur le cas d'un prisonnier qui était tombé malade et est décédé à l'hôpital suite à la malaria, pour affirmer que c'est la police qui serait indirectement à l'origine de sa mort. Les personnels de ces corps craignent que cet OPJ ne passe à leur division.

Burundi - Socio-économie.

Le gouverneur de la province de Mwaro accusé d'avoir "irrégulièrement" vendu plus de 200 ha de terres domaniales.

Mwaro, le 27 juin 2001 (Net Press). Selon un recensement établi par l'inspecteur provincial des forêts à Mwaro, le gouverneur de cette province aurait déjà "distribué" plus de 200 ha de terres domaniales appartenant à l'Etat, dont essentiellement des domaines boisés. Certains paysans seraient même menacés d'expropriation, les terres qu'ils exploitent depuis plus de 2 siècles, ayant été ou étant sur la voie d'être cédées aux autres. Dans certains cas, l'inspection des forêts se serait proposée à la cession de ces terres et aurait même porté plainte.

Le prix de ces terres serait de 200 000 FBU pour un ha. Le comble, selon nos sources, est que toutes ces terres ne sont pas attribuées aux plus nécessiteux (comme les Batwa qui ne peuvent plus vivre uniquement de la poterie et de la chasse) mais à des grands commerçants de Bujumbura. Ceux-ci brûlent d'abord les arbres de ces boisements pour en faire du charbon et continuent ensuite à exploiter ces terres.

Selon les mêmes sources, l'autorité provinciale de Mwaro n'aurait pas suivi toutes les procédures d'usage en cette matière et n'aurait pas respecté les codes foncier, forestier et de l'environnement qui interdisent formellement l'attribution des domaines boisés de l'Etat.

Pour sa part, le gouverneur Nestor Niyungeko a rejeté en bloc toutes ces accusations en indiquant que l'inspecteur provincial des forêts a "voulu renchérir, car il n'ya qu'un ou deux cas à signaler". Il a ajouté qu'il est venu en aide à plusieurs sinistrés de guerre qui ne pouvaient pas retourner dans leurs provinces d'origine en raison de la guerre, en leur distribuant quelques terres. Il a aussi reconnu avoir donné des terres à "ceux qui ont les moyens pour qu'ils fassent augmenter la production dans la province et qu'ils injectent de l'argent dans l'économie" de cette province. Il a néanmoins ajouté que la plupart des terres attribuées étaient boisées d'arbres vieux de plus de 70 ans qui ne pouvaient donc pas donner de charbon. Il a terminé en rappellant qu'il est lui aussi conscient de la face écologique du problème puisqu'il a ordonné la constitution de beaucoup de pépinières en vue du reboisement.

 

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