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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Enseignement.

Les syndicats des enseignants condamnent la campagne de diabolisation dirigée contre eux par le gouvernement.

Bujumbura, le 27 juin 2002 (Net Press). Depuis le 25 juin 2002, le gouvernement a entamé une campagne de présentation des gouverneurs de province à leurs populations. A cette occasion, les membres du gouvernement délivrent dans toutes les provinces un seul et même message : les revendications des enseignants sont sûrement liées à des mobiles politiques.

Les membres des syndicats SLEB et STEB, réunis en assemblée générale ce 27 juin 2002, au cercle universitaire de Bujumbura ont condamné cette campagne médiatique du gouvernement au cours de laquelle, certains membres de l'exécutif en profitent pour dénigrer et diaboliser l'enseignant. Ils refusent que le gouvernement déplace délibérément le noeud du problème en l'associant à une manipulation d'un parti politique, le Parena en l'occurrence. Selon les mêmes enseignants, la grève a pour seule origine leurs revendications concernant le statut spécial de l'enseignant. A l'issue de leurs échanges, les membres des syndicats SLEB et STEB se sont convenus de maintenir le statu quo jusqu'à ce que le gouvernement prenne conscience de l'ampleur du problème et signe des garanties par le truchement d'une autorité habilitée sur la mise en application des ordonnances déjà signées. Certaines parmi celles-ci sont contraires aux décisions du conseil des ministres alors que d'autres sont pratiquement inapplicables parce que "purement et simplement contraires à la politique de l'enseignement en vigueur", selon les membres des deux syndicats.

Signalons que contrairement à ce qui se dit parfois par la voix des ondes, la quasi-totalité des enseignants ont suivi le mouvement de grève à l'exception de certaines écoles implantées dans les zones les plus reculées où même les informations leur parviennent à peine, ont indiqué les enseignants des provinces Kirundo et Gitega. A noter enfin que le gouvernement envisagerait d'organiser des séances de vacatariat à l'intention des élèves des 10èmes et des 1ères pour leur permettre de terminer l'année scolaire. Selon les syndicats, ces séances seraient assurées par le personnel des bureaux pédagogiques ainsi que par d'autres enseignants qui le souhaitent et qui seraient très bien payés. Selon le président du Conapes contacté au téléphone, cette mesure n'a pour autre objectif que de casser le mouvement de grève.

Burundi - Politique.

Le parti Frodebu se prépare à célébrer avec faste le 9ème anniversaire de sa double victoire électorale de 1993.

Bujumbura, le 27 juin 2002 (Net Press). A l'occasion du 9è anniversaire de sa victoire aux présidentielles du 1er juin 1993 et aux législatives du 29 juin de la même année, le parti Frodebu organise ce samedi 29 juin 2002 une conférence de presse à l'hôtel Source du Nil. Cette conférence de presse qui débutera à 10 heures aura comme thème principal : "Main dans la main, bâtissons la démocratie dans un pays réconcilié", comme indiqué sur l'invitation signée par ordre Liboire Ngendahayo, au nom de président du même parti, le Dr. Jean Minani, également président de l'assemblée nationale de transition.

Aussitôt après cette conférence, le même parti devrait offrir un cocktail. Ce double anniversaire intervient au moment où les relations entre le Frodebu et le mouvement Palipehutu-Fnl sont au plus mal. Ce mouvement ne décolère pas en effet vis-à-vis du Frodebu et de ses alliés qu'il accuse de plusieurs maux. Ainsi par exemple, il estime que leur récente déclaration sur le "cessez-le-feu et la formation de nouveaux corps de défense et de sécurité ainsi que sur le prochain sommet régional sur le Burundi" n'engage que ses auteurs. Dans un communiqué signé depuis Amsterdam par Alain Mugabarabona, ce mouvement constate avec "désolation que le G7 n'est qu'une création ex-nihilo qui veut se substituer aux véritables belligérents pour chercher un cessez-le-feu en blanc comme il l'a fait avec l'accord d'Arusha et pour se remplir le ventre et les poches". Pour ce mouvement, le G7, acculé par ses partenaires à trouver un cessez-le-feu comme il s'y était lui-même engagé avant la mise en place du gouvernement de transition, "cherche à sauver sa tête en se payant celle des mouvements armés".

Rappelons que dans une récente déclaration, le porte-parole du Cndd-Fdd de Pierre Nkurunziza avait eu des mots semblables vis-à-vis du G7. Ce groupement de 7 "mouvements et partis politiques signataires de l'accord d'Arusha" avait, en date du 19 juin 2002, rendu publique une déclaration où ils ont appelé le médiateur à convoquer "sans délai une session de négociations au finish" sur le cessez-le-feu et la formation de nouveaux corps de défense et de sécurité. Et ce, "dans l'objectif ultime d'aboutir sans délai à un accord de cessez-le-feu permanent et de procéder à la formation de nouveaux corps de défense et de sécurité". A ces négociations "non-stop" qui devraient se tenir, selon le G7, à Dar-es-Salaam, devraient être invités le gouvernement de transition ainsi que toutes les parties signataires de l'accord d'Arusha. A leur issue devrait intervenir un accord qui ferait partie de l'"accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi".

Burundi - Politique - Media.

La journée du samedi 29 juin 2002 devrait être particulièrement chargée pour les professionnels des media.

Bujumbura, le 27 juin 2002 (Net Press). Décidément, la journée de ce samedi 29 juin 2002 devrait être particulièrement chargée pour les journalistes burundais. En effet, à côté de la conférence de presse et du cocktail qui sera offert par le parti Frodebu, deux autres événements devraient avoir lieu ce jour-là. Il s'agit du retour au pays de l'ancien président de la république, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, après plusieurs années d'exil à Kampala (Ouganda), mais aussi d'un "lunch" (dîner) que devrait offrir le nouveau commandant du contingent sud-africain en l'honneur des journalistes burundais. Le colonel sud-africain voudrait nouer des premiers contacts avec les professionnels burundais des media afin d'avoir, avec eux, de bonnes relations "d'entente et de coopération", a-t-on appris de source proche du contingent sud-africain. Ce lunch devrait être offert à partir de 12h 30 au quartier général du contingent sud-africain situé dans les enceintes du palais du 1er novembre où reposent les anciens présidents Melchior Ndadaye et Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs anciens collaborateurs.

Burundi - Processus de paix.

"Il faut éviter l'exclusion entre les politiciens", selon un participant à un atelier sur le processus de paix.

Bujumbura, le 27 juin 2002 (Net Press). Le politicien burundais est à la base de tous les maux que connaît la société burundaise. Il est donc à mobiliser pour qu'il y ait une véritable culture de la paix au Burundi. C'est ce qui ressort d'un exposé sur "la mobilisation des politiciens et de la société à la culture de la paix", présenté par le sénateur Raphaël Bitariho. Cet exposé a ouvert toute une série d'autres prévus au cours des travaux de l'atelier de validation du programme national pour une culture de la paix au Burundi organisés par le ministère de la mobilisation à la paix et la réconciliation nationale et l'Unesco, à l'hôtel Novotel du 27 au 28 juin 2002.

Le sénateur Bitariho a indiqué que l'accord d'Arusha prévoit une commission nationale "vérité et réconciliation" pour que les auteurs de tous les crimes commis depuis l'indépendance soient connus et jugés. Le même accord prévoit également la répression des fautes pour éradiquer le mal burundais, mais aussi la mise en place de deux observatoires de lutte contre le génocide : l'un national, l'autre régional.

Au cours des débats qui ont suivi, le président du parti Raddes, M. Joseph Nzeyimana a souhaité qu'il y ait une bonne cohabitation entre les politiciens afin qu'ils évitent de se regarder en chiens de faïence. Il s'est dit étonné qu'après la signature de l'accord d'Arusha, il y ait exclusion de certains politiciens qui ont pourtant pris part à ces négociations. Certains sont ainsi considérés comme "petits" et sont complètement ignorés dans ce genre de travaux.

Face à cette situation, ceux qui s'estiment exclus ont introduit des recours auprès de la commission de suivi de l'accord qui devrait se prononcer là-dessus. M. Nzeyimana a souligné qu'on devrait rapidement mettre fin à l'exclusion entre les politiciens afin de bien mettre en application l'accord. Il a été appuyé par l'abbé Astère Kana (membre de la CSA et nouveau président du conseil d'administration de l'université du Burundi) qui a indiqué qu'il faut qu'il y ait la notion de vertu dans la politique. Il a ajouté qu'il est pour une opposition constructive pour reconstruire le pays.