NET PRESS
Burundi - Anniversaire.
Avril 1972 : reconstituer d'abord les faits et interpréter après, devoir de mémoire oblige !
Bujumbura, le 28 avril 2002 (Net Press). Les Burundais commémorent ce 29 avril 2002 une des périodes sombres de l'histoire de leur pays : les "événements" d'avril-mai 1972. Depuis 5 ans, cette date évoque aussi le pogrom du petit séminaire de Buta où une quarantaine d'élèves Hutu et Tutsi ont été massacrés par le Cndd qui n'hésita même pas à revendiquer le crime en qualifiant les victimes de militaires burundais.
En parcourant certains témoignages sur l972, on constate une présentation incomplète ou subjective des faits suivant l'appartenance ethnique ou politique des auteurs (de ces témoignages en question), traduisant ainsi l'état d'esprit de l'élite intellectuelle burundaise qui n'a pas le courage d'affronter la vérité et de reconnaître la responsabilité des uns et des autres.
Les Hutu mettent en exergue le génocide dont ils affirment avoir été victimes dans la phase répressive de ces malheureux événements. Des fonctionnaires, élèves et paysans hutu ont été arbitrairement arrêtés et tués sans autre forme de procès par des responsables administratifs et militaires. Dans certaines provinces, même des Tutsi pris sciemment pour des Hutu par leurs ennemis ont été liquidés dans des règlements de comptes. En lisant certains écrits d'extrémistes Hutu, les dizaines de milliers de Tutsi qui ont été sauvagement massacrés par des rebelles Hutu dans les provinces de Bururi, Bujumbura, Gitega et Cankuzo dès le 29 avril 1972 n'ont pas de place dans leurs "annales" de l'histoire du Burundi.
Les Tutsi quant à eux parlent plutôt du génocide perpétré contre eux par des rebelles hutu venus de Tanzanie qui s'appelaient "Mai Mulele". Les Tutsi, hommes, femmes, enfants et même des fœtus, étaient systématiquement massacrés par dizaines de milliers en province Bururi et dans les 3 autres provinces susmentionnées par des rebelles hutu. N'eût été l'intervention de l'armée burundaise, le génocide allait être totalement consommé car des soirées dansantes avaient été organisées dans tout le pays où tous les dignitaires de l'époque étaient invités, à commencer par le président Michel Micombero, pour être tous tués à une heure précise. Suite à ce génocide, le gouvernement a mené une répression aveugle que les parents des victimes qualifient de génocide, expression que les Tutsi n'évoquent pas souvent dans leurs écrits. Certains Tutsi ne regrettent rien du tout, arguant que les rebelles avaient fait pire.
Dans le cadre du devoir de mémoire, les Burundais devraient s'efforcer à reconstituer les faits sans faux-fuyant s'ils ont la volonté d'identifier des auteurs et d'engager des poursuites judiciaires s'il s'avère que le crime commis de part et d'autre est imprescriptible. Cette rigueur devrait s'appliquer à toutes les graves crises antérieures et postérieures à 1972 pour honorer la mémoire de toutes les victimes de la folie meurtrière qui a frappé ce pays depuis son indépendance.
Burundi - Football.
"Tout le bureau fédéral de la FFB ferait mieux de rendre le tablier", estiment les participants à une conférence publique sur le football national.
Bujumbura, le 28 avril 2002 (Net Press). Le football burundais connaît aujourd'hui de très sérieux problèmes. En effet, l'équipe dirigeante de la fédération nationale est secouée par une crise sans précédent, due essentiellement à des malentendus (qui sont en train de virer apparemment vers une brouille définitive) entre d'une part, le secrétaire général et d'autre, le président et ses deux adjoints. Les présidents des clubs des différentes associations, présents à une conférence publique tenue ce 26 avril 2002 au centre culturel islamique, ont bruyamment réagi face à cette situation. Ils ne comprennent pas comment le bureau fédéral menace de limoger l'actuel secrétaire général de la FFB, M. Hussein Nzisabira (alias Hussein Makurata), à qui il est reproché le détournement d'une somme de 1,5 millions de Fbu à l'occasion de son récent voyage au siège de la FIFA (Zurich, Suisse). Pour sa part, M. Nzisabira n'a pas nié cela mais a ajouté que ces accusations servent uniquement d'alibi à ses détracteurs qui veulent à tout prix l'écarter du bureau fédéral. Il a poursuivi en déclarant que les membres de l'actuelle équipe dirigeante, en l'occurrence le président et ses 2 adjoints, détournent "sans sourciller" les fonds de la fédération pour leurs intérêts personnels. Aussi, a-t-il indiqué, "ils leur manquent une politique claire pour la promotion du football". Il donné à titre d'illustration le championnat qui n'a toujours pas démarré jusqu'à ce jour (il aurait dû être lancé au début du mois de février 2002).
Tous les intervenants (presque tous d'anciens et nouveaux présidents des clubs, auxquels s'était joint l'ancien président de la FFB, M. Léopold Gisage), qui ont relayé M. Nzisabira ont eux aussi déploré cet état des faits. Ils ont constaté que les conflits à la tête de la fédération ont coïncidé avec l'arrivée des aides de la FIFA (environ 800 millions de Fbu), ce qui risque d'hypothéquer l'avenir du football burundais. Ils ont déclaré que tous ceux qui ont détourné des fonds de la fédération doivent être poursuivis. Ils ont en outre émis le souhait de voir toute l'équipe dirigeante rapidement dissoute pour être remplacée par un comité provisoire. Ils ont également proposé de rédiger un mémorandum à adresser à la FIFA. D'autres ont proposé d'organiser une marche-manifestation ce 1er mai 2002 devant les plus hautes autorités du pays, avec des pancartes dénonçant la mise à mort du football national dans un silence complice du ministère de tutelle.
Notons enfin que le président de la FFB, M. Aimé-Moses Baransananiye, a convoqué une assemblée générale pour ce 4 mai 2002. Celle-ci aurait comme ordre le remplacement "officiel" de l'actuel secrétaire général, M. Hussein Nzisabira, qui, de l'avis général des participants à la conférence publique susmentionnée, ne devrait pas partir seul, n'étant pas plus fautif que les autres.
Burundi - Manifestation.
Un élève blessé au cours d'une manifestation ...
Bujumbura, le 28 avril 2002 (Net Press). Un élève a été blessé par balle ce dimanche 28 avril 2002 au cours d'une manifestation de plusieurs centaines d'élèves qui réclamaient que le président de l'association "jeunesse pour la reconstruction d'un monde en destruction" (JRMD), M. Prosper Ndabishuriye, honore ses engagements. Il avait promis à chacun d'eux une somme de 10.000 Fbu, du matériel scolaire et des frais de transport pendant 2 jours de nettoyage de la ville de Bujumbura.
Certains de ces élèves ont confié à notre reporter qu'ils avaient répondu massivement à ces travaux et que quelques uns n'ont pas hésité à déserter l'école. Un groupe de ces élèves avait été invité ce dimanche 28 avril 2002 au terrain de foot de l'ETS (école technique secondaire de Kamenge) pour écouter les débats qui y étaient organisés par la JRMD sur l'accord d'Arusha, tandis qu'un autre devait se rendre à Buyenzi où ils allaient être entretenus sur la terrible maladie du Sida. Tous ont catégoriquement rejeté ces invitations, indiquant qu'ils ne sont pas à Arusha et qu'ils sont suffisamment grands pour savoir comment se prémunir du VIH-Sida. C'est ainsi qu'ils ont décidé d'assiéger M. Ndabishuriye en lui réclamant leur dû, car, ont expliqué ces élèves, ce dernier a reçu, de la part de ses bailleurs de fonds, un montant de 150.000.000 Fbu destinés à ces travaux. Après l'intervention de la police, les manifestants ont pris le boulevard du 28 novembre avec des pancartes où l'on pouvait notamment lire "Donnez-nous notre argent !" et ont bloqué la circulation en érigeant des barricades.
Le ministre de l'intérieur et de la sécurité publique qui était sur place a indiqué comprendre la réaction de ces élèves et a précisé que la police est intervenue pour sauver la vie de M. Ndabishuriye, même s'il ne comprend pas son "irresponsabilité". Raison pour laquelle il sera convoqué pour s'expliquer. "Au besoin, il sera puni", a ajouté le ministre Ntihabose, selon lequel la balle qui a blessé l'un des élèves-manifestants n'a pas été par la police.
Signalons en passant que ce n'est pas la première fois que M. Prosper Ndabishuriye est mêlé à des problèmes du genre. Il avait été emprisonné il y a environ une année sur demande d'une banque locale dont il n'avait pas pu rembourser un crédit.
Burundi - Rwanda.
Le secrétaire général du FPR repart pour Kigali après 3 jours de visite au Burundi.
Bujumbura, le 28 avril 2002 (Net Press). Le secrétaire général du front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir à Kigali), M. Charles Muligande, vient d'effectuer une visite de travail au Burundi, qui aura duré 3 jours (du 25 au 27 avril 2002). Au cours de son séjour, M. Muligande s'est entretenu dans la soirée du 26 avril 2002 avec la communauté rwandaise du Burundi. Selon des sources dignes de foi, les échanges ont porté sur la récente session du "dialogue inter-congolais" de Sun City, l'emprisonnement de l'ancien président Pasteur Bizimungu et de son ex-ministre Charles Ntakirutinka (tous deux fondateurs du parti PDR-Ubuyanja), ainsi que les futures élections au Rwanda.