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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Enseignement.

La grève des enseignants se durcit.

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). C'est ce qu'on a constaté ce matin à Bujumbura et un peu partout dans le pays. Toutes les écoles primaires publiques de la capitale étaient fermées et même le personnel de l'administration centrale du ministère de l'éducation nationale qui s'était rendu à ses postes d'attache n'a pas travaillé, répondant ainsi à l'appel à une grève générale illimitée lancé par les syndicats STEB et SLEB (qui regroupent essentiellement les enseignants du primaire). Dans plusieurs coins du pays, le mot d'ordre de grève de ces 2 syndicats ont été largement suivis pendant que les élèves du secondaire continuent à manifester pacifiquement pour leur droit à l'éducation. C'est le cas à Matana et à Rutovu où les jeunes manifestants, encadrés par la gendarmerie, ne bloquent plus les routes tout en poursuivant leur manifestation de protestation dans la non-violence en brandissant des banderoles dont ils exigent la lecture à tout passant instruit depuis la matinée de ce 27 mai 2002. C'est aussi le cas à Cibitoke (Nord-Ouest) où de telles manifestations ont été signalées depuis hier.

Ce matin, des enfants fréquentant les écoles primaires de Nyakabiga et de Mutanga Sud (mairie de Bujumbura) ont convergé vers l'école primaire SOS de Nyakabiga où ils se sont adonnés à des jets de pierre" dirigés vers la toiture des classes de cette école, qui a même été légèrement endommagée à certains niveaux. Cela a provoqué l'arrêt immédiat des cours à cette école primaire et à l'école maternelle SOS de Nyakabiga. Signalons par ailleurs qu'un écolier a été légèrement blessé (au niveau du pied) par une pierre qui avait perforé la toiture de sa classe. Les forces de l'ordre sont vite intervenues (sans toutefois faire usage de leurs armes), permettant ainsi de limiter les dégâts. Ceci intervient au moment où les écoles secondaires privées de la capitale ont décidé, dans l'après-midi du 27 mai 2002, d'arrêter momentanément les cours, après un incident qui a failli coûter la vie à un chauffeur d'un bus de l'Otraco qui rentrait hier à la mi-journée des enfants du Lycée SOS. Arrivé au niveau du petit séminaire de Kanyosha, ce bus a essuyé un déluge de pierres qui a causé la blessure au visage du conducteur pendant que tous les autres occupants en sortaient précipitamment.

Ainsi donc, pas une seule école primaire ou du secondaire (des secteurs public comme privé) ne fonctionne actuellement au Burundi et les enseignants sont plus que déterminés dans leurs revendications. Ils affirment ne plus croire aux promesses faites au bout des lèvres et exigent du concret, ce qui crée le désespoir des élèves et écoliers qui déclarent pour leur part ne pas voir vers où on se dirige.

Signalons que le conseil des ministres de ce mardi 28 mai 2002 devrait être consacré prioritairement à cette crise. Espérons que le cabinet gouvernemental saura trouver, ne fût-ce qu'une réponse partielle mais tangible aux revendications des enseignants qui se réunissent en assemblée générale ce mercredi 29 mai 2002. Si ceci était fait, on pourrait observer les premiers signes de décrispation dès après-demain. Sinon, ce sera la poursuite du bras de fer qu'on observe aujourd'hui. On rappellera aussi que la réunion de ce 27 mai 2002, du chef de l'Etat avec les gouverneurs de province et les commandants des régions militaires, était elle aussi consacrée pour une grande part à cette question en passe de devenir véritablement une affaire d'Etat.

Burundi - Sécurité.

La population de Muramba (Bubanza) vit sous la hantise des attaques du Palipehutu- Fnl.

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). La population de la zone Muramba en commune et province Bubanza qui avait appréhendé dans la nuit du 18 au 19 mai, deux bandits armés qui se sont révélés à la solde des terroristes-génocidaires des FNL, ne sait plus à quel saint se vouer. Elle a ainsi commencé à fuir ses domiciles, suite à des menaces émanant de ce mouvement terroriste-génocidaire pour s'être fait justice en exécutant extra-judiciairement ces bandits de grands chemins.

Burundi - Sécurité.

Une nouvelle flambée de violence signalée à Rutana.

Rutana, le 28 mai 2002 (Net Press). De sources sur place à Rutana, des bandes criminelles sont de nouveau signalées dans les communes de Musongati et de Mpinga-Kayove où ils ont tué dans la matinée de ce 27 mai 2002 deux commerçants et blessé 3 autres personnes dont un directeur d'une école primaire. Ces tueurs ont également incendié une camionnette sur la frontière Mpinga-Kayove et Musongati, non loin du centre de négoce de Shanga. Cette bande d'une dizaine de criminels s'est ensuite dirigée, après ce forfait, vers les chutes de Karera, en zone Shanga, commune Musongati, un lieu difficilement accessible vu son relief et et surtout le comportement de la population locale, accusée très souvent de complicité avec les terroristes-génocidaires. Selon les mêmes sources, des mouvements de ces terroristes-génocidaires depuis la Tanzanie pour la province de Rutana sont constamment signalés ces derniers temps en raison, sans doute, de la décrue de la Malagarazi.

Burundi - Administration.

La direction générale des routes va bientôt disparaître.

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). C'est ce qu'a révélé vendredi dernier le ministre des travaux publics et de l'équipement, M. Balthazar Bigirimana, lors d'un bref point de presse tenu dans son cabinet de travail, et ce, a expliqué le ministre, "pour plus d'efficacité". Cette direction générale sera, d'ici peu, scindée en 3 services distincts : l'office des routes, le fonds national routier et l'agence de location des matériels des travaux publics. Il a par ailleurs annoncé la fusion prochaine des services de cadastres urbain et rural, comme avant l'année 1981, dans le souci d'éviter les fraudes qui font actuellement perdre beaucoup au Trésor public.

Burundi - Sécurité.

Bujumbura en passe d'être une ville de très grande criminalité.

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). Selon des sources bien informées de la capitale, la police burundaise a sérieusement du pain sur la planche ces derniers temps puisqu'elle est désormais confrontée à de nouvelles formes de banditisme et de criminalité. Les bandits d'aujourd'hui ne tuent plus pour tuer et usent souvent de méthodes plus sophistiquées : usage d'armes à feu avec silencieux, recours à de belles voitures pour commettre des forfaits dans des quartiers éloignés ou même en plein centre-ville dès la tombée de la nuit, ...

A côté de cela, est en train de se développer une autre forme de vols où les bandits de grands chemins ne craignent plus personne. Pas même les hautes autorités de la République, comme le procureur de la République, M. François Ndayiragije, qui s'est fait dernièrement piquer son téléphone mobile tout près de l'hôtel Novotel alors qu'il se trouvait dans sa voiture et que c'était à une heure de pointe (12h). Un vilain pick-pocket a profité de l'embouteillage pour prendre le portable pendant qu'un de ses complices s'arrangeait de l'autre côté du véhicule pour distraire notre autorité qui, dans l'après-midi de la même journée, a porté plainte auprès de la police de sécurité publique (PSP) pour l'aider à retrouver son appareil. Car, dans ce domaine, il semble que les bandits font un "travail" en chaîne et qu'ils pourraient être même aux services d'un ou plusieurs "patrons".

Ce week-end, un jeune cadre du ministère des finances a eu plus de chance que le procureur puisqu'il a pu attraper le bandit qui a failli lui subtiliser son portable alors qu'il conversait avec un ami. C'était au niveau de la station-service Petrobu située juste à côté du centre culturel français de Bujumbura et le téléphone mobile a pu être récupéré grâce, à la fois, à l'"inexpérience" du voleur qui ne "travaillait" pas en équipe mais seul, mais aussi grâce à la "sportivité" de celui qui a failli être victime de ce vol. Le jeune cadre est sorti rapidement de sa voiture pour engager une véritable course-poursuite avec le brigand, à travers de nombreux véhicules. Il en est sorti vainqueur puisqu'il a pu rattraper le malfrat et a confié à notre reporter qu'il doit tout cela au cross dominical qu'il fait tous les dimanches dans les rangs du mouvement d'auto-défense "PA-Amasekanya". Les automobilistes de la capitale sont vivement invités à faire plus attention lors des embouteillages et à être sportifs.

Burundi - Sports.

Clôture du tournoi "BCB Trophy 2002".

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). C'est dans la matinée de ce dimanche 26 mai 2002 que s'est déroulée la grande finale du tournoi "BCB Trophy 2002". Au premier set, le duo Edouard Hicintuka (président de la fédération nationale de tennis) - Yves Horent a battu le duo Déo Ntahondereye (alias Gorby) - Michel Maniatis, avec un score de 6 à 5. Le 2ème set a été, quant à lui, remporté à 6/5 par le duo Gorby - Edouard, tandis que le dernier a été gagné, sur un score sans appel de 6 à 0. Le principe d'un tel tournoi dit "poto-poto" est que chaque joueur change de partenaire à la fin de chaque set et à la fin de chaque match, on comptabilise les points de chaque compétiteur. Ce qui a donné 17 points à MM. Ntahondereye et Horent (ex-aequo), 12 pour Hicintuka et 11 pour Michel Maniatis.

Après la distribution des prix par le directeur du tournoi, M. Libérat Hicintuka (directeur commercial de la Brarudi) avec un humour qu'on ne lui connaissait pas jusque-là, est venu le temps des discours. Le président du Tennis Club de Bujumbura, M. Pierre Ngenzi, a remercié la BCB (banque de crédit de Bujumbura) pour avoir disponibilisé un montant de 3 millions de Fbu et d'être ainsi entré dans la catégorie des grands sponsors de cette discipline sportive. Ce qui a valu une jolie coupe à son administrateur directeur général, M. Audace Bireha, qui a fait remarquer, de son côté, qu'au-délà d'une opération de marketing ou de publicité, sa banque appuie le tennis par "admiration pour l'esprit sportif" et pour "la compétitivité des sportifs". Une entreprise commerciale doit en effet être compétitive pour survivre dans un environnement de forte concurrence et au-délà, se renforcer et évoluer positivement. La fête s'est ensuite poursuivie par une réception gracieusement offerte par la BCB, dans les jardins de l'Entente Sportive de Bujumbura.

Signalons, enfin que le jeu "poto-poto" qui permet d'allier des très bons joueurs à ceux d'un faible niveau a réservé beaucoup de surprises lors de ce tournoi, comme l'arrivée en finale de certains joueurs qui avaient difficilement franchi les éliminatoires ou les quarts de finale. C'est cela qui explique aussi l'élimination de bons joueurs comme la Française Marion Verguès, qui malgré son très beau jeu, manque visiblement d'endurance, faute d'entraînements suffisants (puisqu'elle travaille pour la plupart du temps à l'intérieur du pays). Elle a néanmoins reçu un prix de "meilleur coup droit" et un autre d'encouragement, étant la seule femme participante au milieu de 47 tennisman.

Burundi - Religion.

Parole du Bon Berger : un religieux s'exprime.

Bujumbura, le 28 mai 2002 (Net Press). Selon un religieux lecteur de Net Press, un bon berger donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, quant à lui, à la vue du loup, laisse les brebis et s'enfuit. Le loup en profite pour disperser le troupeau et s'en régaler. C'est ainsi que le 9 septembre 1996, les "assaillants" ont tendu une embuscade au bon berger qui a été massacré sauvagement mais les brebis ont eu la vie sauve. Le vendredi 18 mai 2002, les loups ont tendu une embuscade à Kumusenyi, près de Kavumu chez feu Mirerekano, ce sont les brebis qui ont été "mangées", tandis que le berger a été mis sous "la protection" des loups.

Dans l'un ou l'autre cas, selon toujours notre lecteur, les loups ne mangent que des Tutsi. Qu'attendent le reste des bergers - Archévêques et Evêques regroupés en plusieurs conférences et commissions - pour condamner ce génocide anti-Tutsi ? s'interroge en conclusion notre lecteur religieux.