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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Justice.

Le ministre Fulgence Dwima Bakana provoque une belle unanimité contre lui au sein de la magistrature et du barreau national.

Bujumbura, le 28 juin 2002 (Net Press). En dates du 19 et 20 juin 2002, le ministre de la justice et garde des sceaux, M. Fulgence Dwima Bakana a présenté à l'assemblée nationale en session ordinaire, la politique sectorielle nouvellement initiée par lui-même. Toutes ses innovations ont malheureusement suscité des réactions uniquement négatives au sein de l'assemblée nationale et un tollé de protestations au sein de la magistrature et du barreau national.

Dans un communiqué de presse rendu public ce 27 juin 2002, le bureau du conseil exécutif national du SYMABU (syndicat des magistrats du Burundi) considère que la politique sectorielle au ministère de la justice contient des "affirmations erronées, malveillantes et intolérables qui ne peuvent émaner que d'un homme sans fierté nationale". Le syndicat des magistrats s'indigne que ces informations ne visent que "le discrédit des hommes de la loi burundais", ce qui est un prélude au "démantèlement de la magistrature qui est devenue une obsession pour une certaine classe politique". Ce communiqué précise que "lesdites déclarations sont d'autant plus affligeantes qu'elles émanent paradoxalement d'une personnalité politique qui devrait faire cause commune avec la magistrature dans sa résistance contre les assauts de ses détracteurs".

Le Symabu souligne en outre que "les magistrats burundais ont été choqués par cette attitude négativiste qui cache mal la volonté du ministre de la justice de fragiliser et détruire la magistrature burundaise, tout en ayant les mains bénies et par le gouvernement et par l'assemblée nationale".

Concernant le déséquilibre ethnique au sein de la magistrature comme évoqué par le ministre Dwima, le comité exécutif du Symabu souligne que si tel est le cas, le magistrat burundais n'a aucune part de responsabilité dans cet état de choses, pas plus qu'il ne voit l'incidence de ce déséquilibre sur la qualité des décisions judiciaires rendues. Pour ce syndicat, il s'agit une fois de plus d'un slogan politique lancé à dessein. Le bureau du conseil exécutif national du Symabu conclut en exigeant à l'auteur de ces déclarations de retirer et de changer le document en vue de ne pas entretenir inutilement un climat malsain et d'éviter la rupture définitive avec la magistrature.

De son côté, le conseil de l'ordre des avocats vient de réagir lui aussi au document de la politique sectorielle du ministère de la justice pour la période 2002 - 2004, qui traite "les avocats d'être à la base des lenteurs judiciaires par le recours aux remises, à défaut d'accomplir les devoirs de conclure et plaider dans les délais". Le même document accuse certains avocats de "démarcher la corruption" pour les juges et ajoute que le conseil de l'ordre ferme les yeux là-dessus.

Le conseil de l'ordre des avocats se déclare "choqué" d'entendre pareils propos de la part du ministre de la justice présumé pourtant, plus que tout autre, connaître les réalités des services dont il a la charge. Surtout que le barreau du Burundi est un organe institué par la loi et mérite de ce fait la considération tant de la part des autorités étatiques que de la part du public. Et d'ajouter que le conseil de l'ordre des avocats est parfaitement conscient de ses obligations légales. Il ne faudrait cependant pas ignorer les nombreux obstacles qu'il rencontre dans l'exercice de sa mission et qu'il ne cesse de signaler depuis de nombreuses années à l'autorité chargée de promouvoir les réformes en la matière.

Le conseil de l'ordre des avocats rappelle que des cas de dysfonctionnements existent au sein de ce corps comme ailleurs. Cependant, il serait "injuste de porter globalement un jugement de valeur sur l'ensemble du corps", précise le communiqué. Pour le conseil de l'ordre des avocats, si le ministre de la justice a quelque grief à formuler à l'endroit de l'un ou de l'autre avocat, point n'est besoin de salir tout le corps des avocats. Car, la loi prévoit des mécanismes appropriés pour sanctionner l'avocat coupable ou fautif. Signalons que 6 membres du conseil de l'ordre des avocats, 5 ont apposé leurs signatures au bas de cette "mise au point" : Me Fabien Segatwa (proche du Frodebu) a refusé de le faire pour des raisons que l'on ignore encore.

Burundi - Politique.

Le président du PP anime une conférence de presse.

Bujumbura, le 28 juin 2002 (Net Press). A l'occasion du 10è anniversaire de création du "parti du peuple" (PP), son président, M. Schadrack Niyonkuru (également 2ème vice-président de l'assemblée nationale) a animé ce matin une conférence de presse à l'hôtel Safari Gate. Il a indiqué que la mise en application de l'accord d'Arusha accuse une lenteur excessive, à ses yeux, et que les belligérants traînent les pieds pour négocier et conclure un accord de cessez-le-feu.

Le président du PP a déclaré qu'il n'est pas normal que les "mouvements armés" rejettent le plan de négociations de cessez-le-feu proposé par le G7 sans proposer un autre plan. Il a également souligné que les sanctions contre ces mouvements ne sont pas nécessaires. Le G7 propose à ce sujet que le médiateur s'implique dans ces négociations pour qu'il puisse amener les belligérants à rejoindre la table des négociations. Il a indiqué ne pas comprendre les accusations des "mouvements rebelles" portées contre le G7. Pour M. Niyonkuru l'élimination physique des leaders de ces mouvements ne saurait résoudre les problèmes de cessez-le-feu. D'après le président du PP, le principal handicap de l'application de l'accord d'Arusha reste le cessez-le-feu, raison pour laquelle il demande au gouvernement de présenter au monde son programme de négociations sur le cessez-le-feu.

A propos de la grève des enseignants, le président du PP a indiqué qu'il encourage le dialogue déjà enclenché et quelques mesures déjà prises pour désamorcer cette crise. C'est pour cela qu'il interpelle le gouvernement de revoir le système salarial de tous les fonctionnaires de l'Etat. Il a invité les enseignants à reprendre le service et a demandé au gouvernement de leur donner la garantie de l'application des mesures déjà prises pour satisfaire leurs revendications.

Burundi - Indépendance.

Le "MRC-Rurenzangemero" s'adresse au peuple burundais à l'occasion du 40ème anniversaire de l'indépendance nationale.

Bujumbura, le 28 juin 2002 (Net Press). A quelques jours de la commémoration du 40ème anniversaire du recouvrement de l'indépendance nationale, le parti "MRC-Rurenzangemero" a rendu public ce matin un "message de mémoire, de soutien et d'espoir au peuple burundais". Pour ce parti, cet anniversaire intervient, pour le peuple burundais, dans un contexte de mémoire, de douleur et de prise de conscience de la perte de sa souveraineté. Et d'ajouter que cet anniversaire sera célébré sous une double face : celle "joyeuse, trompeuse et provocante de la classe politique jouissant des acquis de l'accord d'Arusha sensé apporter la paix et la sécurité", sans jamais pouvoir le faire, mais aussi celle "réelle, douloureuse et désespérée perçue par le peuple burundais tant meurtri par les massacres, les pillages, la misère et l'errance à cause du manque de moralité politique des dirigeants dont les alliances contre-nature ne visent qu'à perpétuer l'état de guerre en vue de se maintenir indéfiniment au pouvoir".

Le MRC-Rurenzangemero rend un vibrant hommage au héros de l'indépendance nationale, le prince Louis Rwagasore, dont "les idéaux d'unité, de dignité, de liberté et de souveraineté ont été et continuent malheureusement à être trahis". Il félicite et encourage les forces armées nationales pour leur courageux patriotisme dans la défense de l'intégrité du territoire national et la protection de tous les citoyens. Il appelle enfin au rassemblement de toutes les forces vives et patriotiques pour la réhabilitation des droits du citoyen, la restauration de l'Etat-Nation et l'établissement d'un Etat de droit fondé sur une "démocratie de consensus".

Pour sa part, le mouvement d'autodéfense PA-Amasekanya s'étonne, dans un message intitulé "Burundi bwacu warapfunywe, ntiwapfuye" ("Cher Burundi, mutilé, meurtri, tu es demeuré maître de toi-même" selon la traduction assurée par ce mouvement) que le pouvoir actuel "s'active aujourd'hui à fêter avec pompe le 40ème anniversaire d'une indépendance perdue dont il a savamment supervisé la vente aux enchères". Car, pour ce mouvement, l'indépendance du Burundi "est grandement remise en cause" et le régime en place a "systématiquement trahi les principes chers au héros national et sur lesquels a été fondé le recouvrement de la souveraineté nationale". Il regrette par exemple que la "scandaleuse dualité Hutu-Tutsi" ait supplanté le principe d'unité nationale cher au prince Rwagasore pour la consécration de l'ethnisation totale du pays. Il dénonce également l'impunité du crime en général et en particulier du crime de génocide qui "contrarie l'heureux engagement du héros national au châtiment des crimes, même de moindre importance".