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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Négociations.

Deuxième face-à-face Pierre Buyoya - Pierre Nkurunziza.

Dar-es-Salaam, le 28 octobre 2002 (Net Press). Le chef de l'Etat burundais, M. Pierre Buyoya, a rencontré ce matin le chef de l'une de 2 ailes du Cndd-Fdd, M. Pierre Nkurunziza, dans la capitale tanzanienne pour une 2ème séance de "discussions préliminaires". Jusqu'à la mi-journée de ce lundi 28 octobre 2002, ils étaient toujours ensemble, a-t-on appris de sources proches de la médiation et de la délégation gouvernementale. Selon cette dernière, le chef de l'Etat burundais avait l'intention de regagner le pays aussitôt après ces entretiens.

Rappelons que M. Buyoya était arrivé dans la capitale tanzanienne au cours de la journée du samedi 26 octobre 2002. Il avait rencontré, dans l'après-midi de la même journée, le chef des Fdd, durant 5h de temps. La médiation se refuse à tout commentaire sur le contenu de ces entretiens, se bornant à déclarer qu'elle publiera, le moment venu, un communiqué de presse y relatif. On sait d'autre part durant toutes ces longues heures de laborieuses discussions en tête-à-tête, les 2 hommes ne sont pas parvenus à s'entendre sur ce qui, entre la cessation des hostilités (qualifiée aussi de "trève politique et militaire") et la signature de l'accord de cessez-le-feu, devait intervenir en premier lieu.

Pour Pierre Nkurunziza, il faudrait dans l'immédiat une "trève politique et militaire" afin, a-il dit, de préparer les futures négociations dans un esprit de sérénité. Le président Buyoya a rejeté la proposition qui n'a d'autre but, selon lui, que de permettre au mouvement Cndd-Fdd de se réorganiser sur le terrain afin de revenir en position de force aux prochaines négociations.

Signalons que depuis plusieurs jours, ce mouvement ne cesse de dénoncer, par le web, ce qu'il appelle une "violente offensive de l'armée gouvernementale" contre ses "positions" et son "quartier général", un peu partout dans le pays. Aujourd'hui, ce mouvement menace même de lancer une "contre-offensive jusqu'à Bujumbura". Cela signifie, en clair, selon les observateurs, que le Cndd-Fdd est aux abois et a réellement besoin d'un répit qui ne viendra pas d'aussi tôt.

A Bujumbura pendant ce temps, il circule les rumeurs les plus folles. Ainsi, pour certains, le retour "précipité" de Kigali (Rwanda) du président de l'assemblée nationale - qui aurait dû revenir ce mardi, selon les mêmes sources - signifierait que le Frodebu craint un nouveau chambardement des institutions de la République et surtout de perdre la vice-présidence de la République ainsi que le perchoir. Le président de l'assemblée nationale aurait cherché à se rendre dans la capitale tanzanienne, ce lundi 28 octobre 2002, pour en avoir le coeur net, mais n'aurait trouvé aucun avion, d'après les mêmes sources.

Pour d'autres par contre, l'autre pierre d'achoppement entre les 2 Pierre est que le chef de l'Etat burundais aurait proposé à Nkurunziza de rejoindre, purement et simplement, le processus d'Arusha. Ce que l'autre aurait catégoriquement rejeté, expliquant que le point de départ des futures négociations ne devrait surtout pas être cet accord-là, négocié selon le Cndd-Fdd, en son absence. Rappelons néanmoins que les fondateurs de ce mouvement étaient bien à Arusha, étant regroupés au Cndd.

A noter enfin que des tirs nourris d'armes lourdes se sont faits entendre à Gihosha (l'un des quartiers périphériques de Bujumbura), en début d'après-midi de ce lundi 28 octobre 2002. Aucun bilan des dégâts n'est encore disponible.

Burundi - Economie.

La Brarudi pourrait revoir bientôt à la baisse les prix de ses produits.

Bujumbura, le 27 octobre 2002 (Net Press). C'est ce qu'on apprend de source généralement bien informée à Bujumbura, même si un responsable de la Brarudi ayant requis l'anonymat a catégoriquement démenti l'information. Il a déclaré qu'il ne voit pas comment une telle décision pourrait intervenir dans une conjoncture aussi difficile que celle d'aujourd'hui où la monnaie nationale continue à se déprécier par rapport aux devises fortes alors que l'essentiel de la matière première est achetée à l'étranger.

Pour sa part, une source proche du ministère du commerce a déclaré n'être officiellement au courant de rien, tout en reconnaissant avoir entendu, par des ouïe-dire, qu'il y aurait des tractations entre la direction de la Brarudi (qui chercherait à ce que le gouvernement revoie sensiblement à la baisse les taxes perçues sur la bière et les boissons gazeuses Brarudi) et l'Etat. La même source a indiqué que cela est parfaitement possible, surtout qu'il y a une sérieuse mévente des produits Brarudi depuis la dernière hausse des prix qui a obligé tous les consommateurs à "réajuster" à la baisse la quantité de bouteilles à consommer régulièrement. Elle a ajouté qu'il faudrait que la Brarudi comprenne qu'elle ne peut pas réaliser les mêmes bénéfices qu'il y a 10 ans et qu'elle accepte donc, elle aussi en même temps que le gouvernement, de revoir à la baisse sa marge bénéficiaire. Sinon, a averti la source, cette maison pourrait fermer.

Rappelons que la principale association des consommateurs burundais, l'ABUCO, de même que la centrale syndicale la plus représentantive, la COSYBU, avaient sévèrement critiqué ces hausses de prix décidés à leur insu. Elles avaient exigé que ces mesures soient revues dans les meilleurs délais.

Rappelons enfin que le ministre du commerce et de l'industrie, M. Charles Karikurubu, n'était pas du tout parvenu à convaincre les députés, lors d'une séance de questions orales à l'assemblée nationale, sur le bien-fondé de ces mesures impopulaires et très controversées. C'est sans doute en raison des ces pressions que seraient actuellement menées des négociations secrètes (puisque personne ne veut les confirmer) qui se dérouleraient entre la direction de la Brarudi et l'Etat burundais.

Burundi - Détention.

M. Charles Mukasi et ses avocats saisissent la cour suprême pour statuer sur sa détention préventive.

Bujumbura, le 28 octobre 2002 (Net Press). Deux lettres de recours en annulation des actes de procédure de la détention de M. Charles Mukasi, président de l'Uprona non-négociateur, sont parvenues au président de la cour suprême ce lundi 28 octobre 2002. La première lettre est celle de M. Mukasi lui-même qui rappelle qu'en date du 6 octobre 2002, il a été violemment arrêté et conduit à la documentation nationale sans connaître les raisons de son arrestation. Une semaine après, soit le 11 octobre 2002, il a été conduit devant un substitut du procureur qui, malgré ses protestations, a signé un mandat d'arrêt pour le "séquestrer à Mpimba".

D'après M. Mukasi, il est emprisonné depuis 23 jours par un policier et un substitut incompétents, le tout, dans l'ignorance totale des faits mis à sa charge. Il signale qu'en vertu de la loi pénale, il est justiciable de la cour suprême en sa qualité de président du parti Uprona et membre du comité central de ce parti. C'est pourquoi il demande à cette cour d'annuler tous les actes de procédure pris en son encontre et de prononcer sa libération.

Ses avocats, Mes Tharcisse Ntakiyica et Gabriel Sinarinzi, ont quant à eux attiré l'attention du président de la cour suprême sur le fait que l'officier du ministère public ayant délivré le mandat d'arrêt provisoire n'a toujours pas conduit le prévenu devant un juge compétent, alors que l'article 72 du code de procédure pénale prévoit que l'officier du ministère public a l'obligation de conduire l'inculpé devant le juge compétent le plus proche au plus tard dans les 15 jours de la délivrance du mandat d'arrêt provisoire. Ils demandent enfin à la cour suprême de demander la nullité de tels actes et d'ordonner la libération immédiate et sans condition de M. Charles Mukasi.

Burundi - Politique.

Les forces de l'ordre tentent d'empêcher les membres et sympathisants du Parena de rencontrer leur président en zone Cibitoke.

Bujumbura, le 28 octobre 2002 (Net Press). Dans la matinée de ce 27 octobre 2002, les militans et sympathisants du Parena (parti pour le redressement national) du colonel Jean-Baptiste Bagaza avaient afflué à la 16è avenue de la zone Cibitoke (au Nord de la capitale Bujumbura), n° 119. Une rencontre avec le président de ce parti y était prévue et une tribune pour la circonstance avait été érigée. La police avait apparemment reçu l'ordre de faire échouer ce rendez-vous. La population de la zone Cibitoke a refusé d'obtempérer aux ordres de la police, si bien que celle-ci, à l'arrivée du colonel Jean-Baptiste Bagaza, n'a pu qu'assister impuissante à cette séance d'échanges. La rencontre du président du Parena avec la population de Cibitoke a donc eu lieu en bonne et due forme dans une parcelle d'un particulier, certainement membre de ce parti.

Contacté à ce sujet, le chef de zone Cibitoke, M. Janvier Rwimo a confirmé les faits. En réalité, il jette le tort aux forces de l'ordre qui n'ont rien fait pour empêcher cette rencontre. Il a expliqué que normalement, les meetings des partis politiques sont actuellement interdits et que seules les réunions des organes dirigeants sont autorisées par la loi. Il ne comprend pas donc comment il a empêché un meeting et qu'il se fasse en présence des forces de l'ordre.

Au sujet des échanges, ils ont porté essentiellement sur la situation socio-politique du moment. Les participants ont posé une série de questions à M. Jean-Baptiste Bagaza. Un participant a demandé au président du Parena pourquoi son parti n'a pas voulu intégrer les institutions de transition. A cette question, l'hôte de Cibitoke a fait savoir que son parti n'a pas adhéré à ces institutions parce que tout simplement adhérer à ces institutions suppose cautionner cette politique d'un régime que le président Bagaza ne soutient pas. Et d'ajouter que même ceux qui y ont adhéré comme ceux du G5 n'ont rien obtenu ou changé à cette politique, si ce n'est que le seul partage des postes.

Le président du Parena s'est également exprimé sur la guerre qui s'éternise. Selon lui, cette guerre ne connaîtra jamais de fin aussi longtemps que le régime actuel sera là parce que, a-t-il expliqué, ce dernier regorge de partenaires de la rébellion. Le président Bagaza a révélé à l'assistance qu'en pleines négociations d'Arusha, le ministre des relations extérieures de l'époque, M. Séverin Ntahomvukiye, a déclaré que "le gouvernement du Burundi a renoncé définitivement à la victoire militaire". C'est cette raison qui fait que la guerre n'en finit pas de faire des ravages.

Burundi - Société.

Le conseil national des Bashingantahe affirme ne pas être rangé derrière le pouvoir.

Bujumbura, le 28 octobre 2002 (Net Press). Le secrétaire général du conseil national des Bashingantahe, M. Zénon Manirakiza, a indiqué, au cours d'une conférence de presse tenue dans la matinée de ce 28 octobre 2002 que le CRID (centre de recheche pour l'inculturation et le développement) a été selectionné par le comité de pilotage du projet de réhabilitation de l'institution des Bashingantahe. Il a ajouté que depuis lors, ce centre est devenu un simple service d'appui technique. M. Manirakiza a précisé que ce n'est donc pas le CRID qui a investi les Bashingantahe en mairie de Bujumbura le 31 août 2002, mais c'est plutôt l'abbé Adrien Ntabona en tant que président du conseil national des Bashingantahe, investi lui-même traditionnellement en août 1968 (au lendemain de son ordination sacerdotale à Rome par le pape Paul VI), qui l'a fait.

Il a souligné que l'abbé Ntabona a agi en collaboration avec le conseil des Bashingantahe en mairie de Bujumbura composé jusqu'à cette date de Bashingantahe investis sur leurs collines d'origine. Il a affirmé que les noms des personnes investis en mairie de Bujumbura avaient étés communiqués au niveau de leurs zones et a précisé qu'il y en a qui ont été refusés par les comités de zone. Il a indiqué qu' à la prochaine occasion, ce conseil usera de tous les moyens à sa disposition pour que les habitants de la capitale puissent exprimer leurs avis sur les candidats à investir. Ainsi, les listes seront affichées sur les lieux publics et ceux qui voudront faire des observations le feront par écrit. Pour sa part, le conseil jugera dans la transparence.

Il a déclaré que ce conseil reste à l'écoute de tous ceux qui voudront bien faire des propositions positives afin de réhabiliter cette institution. Ainsi, il a précisé que la récente prise de position du parti Frodebu sera analysé au cours de la session du 14 au 15 novembre 2002. Il a enfin précisé que l'institution des Bashingantahe n'a pas l'intention de conquérir le pouvoir, et n'est aucunement rangée derrière le régime actuel comme certains veulent le faire accréditer.

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