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Bujumbura-Burundi

Burundi - Anniversaire.

Commémoration du 29ème anniversaire de l'assassinat du roi Ntare V.

Bujumbura, le 29 avril 2001 (Net Press). Ce dimanche 29 avril 2001, la communauté Ganwa a célébré le 29ème anniversaire de l'assassinat du dernier monarque du Burundi, le roi Charles Ndizeye, connu sous le nom dynastique de Ntare V. Les cérémonies ont commencé par une messe qui a été célébrée à la cathédrale Regina Mundi, après la grand-messe de 10 heures, et à laquelle ont assisté quelques barons du régime, notamment le procureur général de la République, M. Gérard Ngendabanka et le ministre Joseph Ntanyotora.

Dans son homélie, l'abbé Jean Ntahuga a indiqué que contrairement à ce que pensent certains, cette messe en mémoire du roi Ntare V ne rassemble pas uniquement les Baganwa, puisque, a-t-il dit, des Hutu, des Tutsi et même des étrangers y participent. Signalons au passage que la même messe a été célébrée en la mémoire de 3 autres personnes, très vraisemblablement des insurgés Hutu de 1972 tués le même jour que le roi Ntare V, dont le capitaine Martin Burasekuye. L'abbé Ntahuga a regretté que le communiqué lu à la radio nationale invitant les Burundais à commémorer cet annivarsaire ait été lancé par la famille de l'illustre disparu alors que cela devrait être fait par le gouvernement. En effet, a-t-il expliqué, il est "anormal que celui qui a été Sebarundi (père des Barundi) soit complètement oublié des Burundais". Il a ajouté que, comme l'a dit Mgr. Michel Ntuyahaga en date du 17 décembre 1966, "le Burundi est ce qu'il est grâce aux Bami (ses rois) qui nous ont légué un pays uni, fort et stable". Selon lui, le Burundi (et les Burundais) devraient se souvenir (et rendre hommage) autant que possible de ses grands hommes comme le roi Charles Ndizeye pour lequel le pays devrait construire un monument.

Les cérémonies se sont poursuivies au restaurat-snack-bar "Le Consulat" où, au nom des familles du roi Mwambutsa IV, du prince Louis Rwagasore et du roi Ntare V, M. Fidèle Biha a prononcé un discours dans lequel, il a brièvement parlé de la vie et de la personnalité du roi Ntare V. Il a rappelé que celui-ci a été déposé par un coup d'Etat militaire, moins de 3 mois après son intronisation, alors qu'il effectuait une visite d'Etat en République Démocratique du Congo. Le jeune monarque (âgé d'à peine 19 ans) se réfugia alors en Europe, d'où il ne revint qu'en 1972, "attiré dans un guet-apens lui tendu à Kampala (Ouganda) par le régime en place à Bujumbura, qui le ramena de force au Burundi". Le roi fut ensuite conduit à Gitega où il fut emprisonné, puis sommairement exécuté. Le prince Fidèle Biha a poursuivi en demandant que le gouvernement fasse tout pour que soit identifié l'endroit où a été enterré le dernier roi du Burundi, mais aussi que soient connues les circonstances de sa mort et qu'enfin les responsabilités soient établies. Il a aussi exigé une "sépulture digne d'un chef d'Etat".

Il a ensuite présenté au public la reine-mère de Ntare V qui a été longuement applaudie et pour laquelle il a demandé qu'elle soit rétablie dans ses droits et dans ses biens qui "lui ont été confisqués par les ravisseurs du trône". M. Biha a poursuivi en indiquant que la famille du roi Ntare V ne procédera jamais à la levée de deuil aussi longtemps que ce dernier ne sera pas dignement enterré.

Le dernier orateur a été M. Joseph Ntanyotora, ministre du commerce et de l'industrie, qui a pris la parole au nom des invités. Dans un discours très profond qui lui a valu beaucoup d'applaudissements, il a remercié les organisateurs des cérémonies, avant de déclarer que finalement le régime monarchique était le meilleur, car " tout était si bien organisé que chacun savait ce qui lui revenait et ce à quoi il n'avait pas droit". Il a indiqué qu'il n'est pas si monarchiste que cela, mais que de "toute façon, le retour à la monarchie se fera de soi-même".

Signalons qu'à 17h de ce même dimanche 29 avril 2001, il était prévu une autre messe en la mémoire du garde du corps du président Michel Micombero, M. Kinyomvyi tué le 29 avril 1972 près de la cathédrale Regina Mundi par les insurgés Hutu qui l'avaient pris pour son chef. A cette messe étaient invités les anciens compagnons de lutte du disparu, ses amis ainsi que les membres de sa famille.

Burundi - Génocide.

Quatre ans après le pogrom de Buta, toujours pas de poursuites judiciaires contre ses auteurs.

Bururi, le 29 avril 2001 (Net Press). La communauté chrétienne de Bururi a commémoré hier 28 avril 1997 le 4è anniversaire du pogrom de Buta, perpetré dans la nuit du 29 au 30 avril 1997 par les forces négatives de l'organisation terroriste et génocidaire CNDD. Ni l'Eglise catholique responsable du petit séminaire de Buta, ni le ministère public, ni le gouvernement, personne n'a jusqu'à présent daigner commanditer une enquête judiciaire contre les auteurs de ce crime crapuleux qui a coûté la vie à 43 personnes dont 40 jeunes séminaristes.

A cette période, le CNDD a publiquement revendiqué ce crime en arguant que les 43 personnes tuées étaient toutes des étudiants en formation militaire qui n'ont pas pu résister aux attaques du CNDD, selon son porte-parole, M. Jérôme Ndiho s'exprimant le 4 mai 1997 sur les ondes de la Voix de l'Amérique (VOA). Il ne sera jamais inquiété pour ses propos lancés publiquement pour revendiquer un crime contre l'humanité.

Les élèves rescapés de ce pogrom s'inquiètent aujourd'hui du silence observé par l'Eglise catholique et le gouvernement burundais qui ne veulent pas engager d'enquête à même d'établir correctement les responsabilités, comme le gouvernement l'avait promptement fait à la suite du massacre des fonctionnaires onusiens en octobre 1999 à Muzye en province Rutana. En quelques mois, le gouvernement du Burundi présentait fièrement un rapport d'enquête à l'ONU à New York par le truchement du ministre de la Justice, M. Térence Sinunguruza. Tous les responsables avaient été identifiés.

Le même ministre vient de rendre publiques les conclusions des enquêtes menées au sujet de l'attaque contre l'avion de la compagnie belge SABENA. Il a promis des poursuites judiciaires et quelques personnes soupçonnées d'être impliquées dans cet attentat sont sous les verroux depuis quelque temps. Le ministre Sinunguruza, justifiant les poursuites internationales à engager, avait déclaré que l'attentat contre l'avion de la SABENA relevait du terrorisme international.

Les rescapés de Buta contactés par la rédaction se sont dits choqués par l'attitude du ministre qui ne voit le crime que quand ce sont des étrangers ou leurs intérêts qui sont lésés. Et de se demander si le crime perpétré contre leurs condisciples ne relève pas des crimes susceptibles d'être poursuivis internationalement ou même localement. Quand est-ce que le massacre des Barundi dont le gouvernement en place est en charge intéressera la justice burundaise ? s'est indigné un rescapé de Buta. Il a déploré que ce sont les auteurs des massacres de ses condisciples qui vont bénéficier de l'immunité provisoire comme cela est prévu par l'article 22 de l'accord d'Arusha. "Comme si mes anciens condisciples tués par le CNDD connaissaient eux aussi aujourd'hui une situation provisoire!" a lancé un jeune rescapé de Buta entre deux sanglots. Et un autre de conclure en disant que dans tous les cas, le CNDD et le gouvernement en place sont responsables de leur situation.

Rappelons qu'à plusieurs reprises, le CNDD a revendiqué des tueries massives comme celles de Bugendana et Teza en 1996 au cours desquelles plus de 530 personnes civiles ont été sauvagement massacrées. A quelques exceptions près comme à Teza où il existe quelques dossiers judiciaires contre de petits exécutants dans des cas de massacres collectifs revendiqués, le gouvernement n'engage jamais de poursuites judiciaires. Même les dossiers où les leaders des forces négatives comme l'organisation terroriste et génocidaire CNDD sont accusés devant des juridictions, ils ne connaissent jamais d'épilogue judiciaire. Le cas de Nyangoma dans le dossier des poseurs de mines en 1998 en est un exemple bien parlant. Son dossier a été retourné à l'instruction et tout s'arrêta là alors que ses complices purgent déjà leurs peines. Une justice à sens unique!, dirait-on.

Burundi - Politique.

Les ténors du FRODEBU s'envolent pour Naïrobi ...

Bujumbura, le 29 avril 2001 (Net Press). Le président de l'assemblée nationale, M. Léonce Ngendakumana, le premier vice-président de la République Frédéric Bamvuginyumvira, le secrétaire général du FRODEBU, aile Minani, Domitien Ndayizeye ainsi que d'autres responsables du FRODEBU comme Sylvestre Ntibantunganya, Charles Karikurubu, Ngendanganya et autres, ont quitté Bujumbura ce dimanche matin à destination de Naïrobi pour une rencontre entre le FRODEBU de l'intérieur et celui de l'extérieur.

M. Domitien Ndayizeye a déclaré que les jours à venir vont marquer un tournant décisif au Burundi. "Il va y avoir certainement un changement des institutions", a-t-il dit avant de préciser qu'il est nécesaire d'entrer dans un tel changement dans la sérénité, en rassurant notamment "ceux qui vont quitter les institutions".

Il sied de rappeler que ce déplacement des ténors du FRODEBU-Minani vers Naïrobi intervient au lendemain de l'intervention du premier vice-président Frédéric Bamvuginyumvira au parlement le 27 avril 2001 où il avait déclaré que "pour satisfaire ceux qui veulent entrer au gouvernement, il y a moyen de mettre en place de nouvelles institutions en dépit de la poursuite de la guerre" mais avec comme base, le FRODEBU et l'UPRONA qui, selon lui, forment un "consensus suffisant". L'UPRONA de Rukingama lui a emboîté le pas le samedi 28 avril 2001 en affirmant qu'au jour "j", "chacun aura sa part suivant son poids politique" (Hageze gukera, bamwe bose bazokera ubwo bareha). A un journaliste qui lui demandait si mettre en place les institutions n'est pas contraire aux clauses de l'accord d'Arusha, M. Domitien Ndayizeye a répondu par la négative en indiquant qu'Arusha prévoit la réconciliation. Le président de l'assemblée nationale, M. Léonce Ngandakumana, a esquivé les questions de la presse sur l'ordre du jour de Naïrobi en parlant de "visite privée" pour savourer son week-end. A y regarder de près, on est tenté de se demander si ce n'est pas un partenariat bis ou élargi qui se prépare.

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résidé par le député Alphonse Kadege et aura comme secrétaire général M. Charles Ndabirabe, un ancien syndicaliste membre de la société civile.

Burundi - Sécurité.

Version de la famille du défunt tué à Muramvya qualifié de voleur par la police.

Bujumbura, le 29 mars 2002 (Net Press). Suite à un article paru dans "Net Press" le 25 mars 2002 intitulé "un voleur se fait descendre bêtement à Muramvya", la famille du disparu donne une autre version des faits. Elle rejette catégoriquement le qualificatif de voleur que la police a collé à la victime. Selon cette famille, feu Nduwimana a travaillé pour une autre personne (un cadre de l'OTB - Teza) pendant plus de 6 ans qui ne s'est jamais plaint de lui. En outre, la somme due était de 272.040 Fbu et non de 350.000 Fbu comme révélé par la police. Au début du mois de février 2002, cette affaire avait été portée devant le commandant-adjoint de la PSP Muramvya. Il avait été convenu que le défunt paie 100.000 Fbu pour le mois de mars et que le reste soit remboursé progressivement par tranches de 50.000 Fbu. D'où la famille ne comprend pas comment il y a eu émission d'un mandat d'arrêt contre son enfant pour une affaire qui avait été clôturée. Quant au jour de l'assassinat, les trois agents de police (et non quatre comme précédemment mentionné) se sont présentés au domicile du défunt à 6 heures du matin, un dimanche. Quand le disparu a ouvert la porte, le policier a directement tiré sur sa tête et le jeune homme est mort sur-le-champ. La famille précise qu'il n'y a jamais eu d'accrochages entre lui et le policier. Et de préciser qu'il s'agit plutôt d'un assassinat pur et simple et qu'elle entend porter l'affaire devant la justice.

 


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