NET PRESS

Burundi - Sports - Sécurité.
Les habitants de la capitale ne comprennent pas pourquoi il leur est interdit de faire du jogging dominical.
Bujumbura, le 29 septembre 2002 (Net Press). Cela fait 3 semaines que les habitants de la ville de Bujumbura se réveillent en trouvant un déploiement impressionnant de la gendarmerie aux principaux carrefours de la capitale, entraînant un bouclage de plusieurs quartiers et la perturbation de la circulation routière. Le scénario s'est répété ce dimanche matin, notamment sur le boulevard du 28 novembre où ne pouvait passer toute personne en tenue de sport. Celui qui insistait était invité à passer par Nyakabiga.
Il y avait un tel déploiement de gendarmes de l'entrée Est du campus Mutanga qu'on avait l'impression que celui-ci était subitement devenu une forteresse. A Nyakabiga, un groupe de sportifs pris pour des membres du mouvement PA-Amasekanya ont été poursuivis pendant un moment par la gendarmerie mais ils ont pu s'échapper. Pendant ce temps, des marcheurs et d'autres sportifs faisant habituellement leurs exercices physiques tous les dimanche matins au bord du lac Tanganyika, ont été violemment dispersés par les forces de l'ordre au niveau de l'avenue du large. C'est la première fois que ces sportifs étaient pris à partie par les forces de l'ordre qui ne les soupçonnent pas d'être affiliés à aucun mouvement politique. Ceci n'a pas empêché ces sportifs de se poser tout un tas de questions. Ils étaient très fâchés et se demandaient ce qui peut bien être à l'origine de ce comportement de la police qui avait visiblement reçu l'ordre d'empêcher le sport dans les rues de la capitale.
A signaler d'autre part que la tension est perceptible dans plusieurs quartiers de la capitale qui ont reçu des tracts du Palipehutu-Fnl leur annonçant l'imminence d'une attaque. C'est le cas notamment à Nyakabiga, Mutanga Sud et Nord, où la population locale ne ferme plus l'oeil et observe des consignes stricts de sécurité, surtout pendant la nuit. On apprend par ailleurs qu'une attaque du genre avait été préparée par les terroristes-génocidaires du Palipehutu - Fnl pour ce samedi soir, mais qu'elle a été contenue par la position militaire de Mugoboka (colline surplombant le quartier de Mutanga -Sud). On ne connaît pas encore le bilan exact de cette fusillade qui a éclaté vers 19h 30', à part que quelques militaires auraient été blessés. Dans le même temps, les résidences universitaires, et notamment le campus Mutanga (situé entre Mutanga-Sud et Nyakabiga), sont devenues de véritables forteresses depuis quelques 3 jours. Les forces de l'ordre sont présentes au campus Mutanga où aucun signe de tension n'est visible, n'en déplaisent aux auteurs du dernier tract émanant des "étudiants hutu" qui affirment craindre pour leur sécurité. Leur voeu a été exaucé puisque tout ce qu'il demandait leur a été accordé : renforcement des mesures de sécurité dans les homes universitaires et interdiction du sport dominical dans les rues de la capitale pour les mouvements qu'ils qualifient d'"extrémistes".
Burundi - Travail.
Les "Badasigana" de la mairie de Bujumbura protestent contre "les méthodes ignobles des détracteurs de l'Uprona".
Bujumbura, le 29 septembre 2002 (Net Press). Soixante-seize "Badasigana" (militants du parti Uprona) de la mairie de Bujumbura viennent de rendre publique une pétition dans laquelle ils protestent énergiquement contre ce qu'ils qualifient de "méthodes ignobles des détracteurs du parti Uprona". Ils s'insurgent en particulier contre la volonté de ces derniers de vouloir "réduire au silence et à la misère les vrais militants du parti Uprona par le chômage et l'intimidation ".
Pour ces Badasigana, le récent "licenciement abusif et illégal" de Mme Gaudence Nibogora s'inscrit parfaitement dans le "programme de ceux-là mêmes qui ont pactisé avec le Frodebu, le Cndd-Fdd, le Palipehutu-Fnl et autres organisations qui ont planifié et exécuté le génocide d'octobre 1993 et qui dure jusqu'à ce jour". D'après les signataires de la pétition, les accusations portées contre Mme Gaudence Nibogora par M. Luc Rukingama pour justifier la rupture de son contrat sans préavis ni indemnités, sont "aussi imaginaires que grotesques". Car, cette femme "responsable de famille, très grande patriote et militante, doublée d'un humanisme sans égal" ne pouvait rompre de sa propre initiative son contrat de travail au moment où "elle voyait à quelques pas sa pension de retraite". Les pétitionnaires ne comprennent pas comment Mme Nibogora qui était entrée à la permanence de l'Uprona depuis longtemps comme sous-statut peut être renvoyée de cette façon alors que son dossier est "tout à fait vierge". Par ailleurs , cette dame a toujours été cotée très bon et n'avait aucun blâme à sa charge. Ils estiment enfin que son licenciement aurait dû suivre toutes les étapes du régime disciplinaire qui hiérarchise ainsi les sanctions disciplinaires : avertissement, blâme, mise à pied, licenciement avec préavis, licenciement sans préavis ni indemnité. Et ce, d'autant plus que l'intéressée avait monté tous les échelons jusqu'au sommet de la maison qui l'employait. Signalons en passant que Mme Nibogora est membre du comité central du parti Uprona, tendance Charles Mukasi et ceci pourrait expliquer cela.
Burundi - Politique - Opinion.
"Institutionnellement parlant, après Arusha égale avant Arusha", estime Me Isidore Rufyikiri.
Bujumbura, le 29 septembre 2002 (Net Press). Dans une déclaration que vient de rendre publique le président du comité de suivi de la Sojedem (association "solidarité jeunesse pour la défense de droits des minorités"), Me Isidore Rufyikiri estime qu'après-Arusha égale avant-Arusha fait observer que l'unique différence apparente est que les équilibres de l'époque d'avant-Arusha ont été faits de façon volontariste par le président Pierre Buyoya tandis que ceux d'après-Arusha l'ont été sur base d'un accord entre parties négociatrices. Pour lui, le fait de déplacer Léonce Ngendakumana pour placer Jean Minani ou remplacer Frédéric Bamvuginyumvira par Domitien Ndayizeye, c'est "blanc bonnet et bonnet blanc" et cela prouve que les "Burundais sont revenus à la case départ". Me Rufyikiri déclare que deux faits majeurs sont là pour confirmer sa vision : la guerre continue sans désemparer et s'intensifie davantage d'une part et toutes les questions fondamentales demeurent non encore négociées en l'occurence les réserves émises par le G10. Il souligne que si le pouvoir de transition de Bujumbura était sain et soucieux de servir l'intérêt public, tous les Burundias devraient momentanément se faire violence et s'en accomoder. Et à son tour, le pouvoir de transition devrait s'appliquer honnêtement à organiser le meilleur cadre d'une vraie et saine négociation sur l'avenir institutionnel du Burundi. Si cela ne peut se réaliser, le pays et son peuple vont continuer à convulser, avant de basculer inexorablement vers un fin tragique, prévient l'avocat. C'est pour cette raison qu'il invite toutes les forces patriotiques hutu et tutsi à se serrer désormais les coudes pour déclarer la guerre aux hordes de tueurs.
Il se montre d'autre part très pessimiste en déclarant qu'au-delà des apparences de recherche d'une solution négociée, les "rebelles hutu et tous les autres militants hutu visibles ou invisibles de la cause génocidaire sous l'infatiguable téléguidage de la main invisible des lobbies anti-tusi, ne visent secrètement qu'une victoie militaire". Et d'ajouter que cela se témoigne éloquemment par des interminables remises à sine die des négociations sur le cessez-le-feu, qui ne sont que des "manoeuvres dilatoires" visant à permettre à "la rébellion" d'aguerrir leurs combattants et de mieux s'équiper.
Il va plus loin en estimant qu'il est "illusoire de tenir le génocidaire, car il ne vous fera pas de cadeau, ne fera plus marche-arrière et ne baissera pas les armes". Le président du comité de suivi de la Sogedem appelle les "hypocrites zélés de l'éternel slogan ringard de 'modérés/extrémistes'" à ne pas s'offusquer de ses propos, car son approche du problème burundais ne vise ni à diviser ses concitoyens ni à haïr qui que ce soit, mais seulement à les aider à mieux comprendre leur environnement pour une meilleure et durable cohabitation pacifique. Il invite enfin les Tutsi à emboîter le pas, dans leurs comportements de tous les jours, à leurs compatriotes Hutu qui "avancent résolument les coudes serrés vers leur objectif", au moment où tous les autres, en particulier "l'élite intellectuelle et commerçante de Bujumbura, s'appliquent frénétiquement" à gaspiller le peu de ressources matérielles qui leur reste ainsi que leurs énergies dans des fêtes et d'autres choses inutiles.
Communiqué
La REGIDESO porte à la connaissance de son aimable clientèle qu'elle met à sa disposition une facilité supplémentaire. En effet, les guichets des caisses seront désormais ouverts tous les samedi de 8h 00' à 13h 00' à partir de ce 28 septembre 2002. Les clients qui ne pouvaient pas se disponibiliser en semaine pendant les heures de services peuvent dorénavant effectuer leurs paiements et sont invités à se munir de leurs factures.
La REGIDESO rappelle à sa clientèle que les guichets de ses caisses sont logés dans le bâtiment abritant les services de la direction commerciale sise à la Chaussée Prince Louis Rwagasore n°10, en bas de la SOMECA. En payant vos factures d'eau et d'électricité à temps, vous évitez les mesures de recouvrement forcé et les désagréments qui s'en suivent.
