NET PRESS

Burundi - Négociations.
Les négociations sur le cessez-le-feu suspendues ...
Dar-es-Salaam, le 29 octobre 2002 (Net Press). Alors qu'elles avaient démarré effectivement ce matin, les négociations sur le cessez-le-feu entre le gouvernement burundais et le Cndd-Fdd de Pierre Nkurunziza ont été suspendues. Le mouvement de Pierre Nkurunziza indique qu'il ne peut pas continuer les pourparlers en l'absence du président Buyoya qui est attendu cet après-midi à Bujumbura. Ce mouvement a indiqué qu'il sortira un communiqué de suspension unilatérale des hostilités, mais tout en précisant bien qu'il répliquera en cas d'attaque de leurs positions. De son côté, la délégation du Palipehutu-Fnl arrivée hier en Tanzanie a déclaré qu'il est venu s'entretenir avec le médiateur et non avec le président Pierre Buyoya. Rappelons que c'est la première fois que ce mouvement se rend au lieu des négociations même s'il continue à refuser de rencontrer la délégation gouvernementale.
Burundi - Economie - Travail.
Le processus de privatisation des grosses "boîtes" de l'Etat inquiète de plus en plus les travailleurs.
Bujumbura, le 29 octobre 2002 (Net Press). Après l'Ocibu (office du café du Burundi), c'est le tour aujourd'hui du personnel de l'office du thé du Burundi (OTB) de crier haro sur la "politique de privatisation qui semble se décider en dehors du Burundi". Les travailleurs de l'OTB se disent inquiétés par plusieurs études sur financement des fonds Stabex qui sont actuellement en cours et qui, en principe, visent la réhabilitation de l'outil de production et donc de la filière thé. Ils souhaitent être associés à ce processus afin d'éviter qu'il "ne se fasse pas sur le dos des travailleurs et n'aboutisse pas à l'effet contraire à l'objectif visé". Ces travailleurs affirment, dans leur communiqué, que c'est d'ailleurs pour suivre attentivement le processus de privatisation en gestation qu'ils ont songé à créer un syndicat qui a dernièrement été enregistré et qui compte 722 membres répartis sur les cinq complexes théicoles de l'OTB (Rwegura, Teza, Tora, Ijenda et Mabayi) et le siège de cette société.
Concernant la détérioration du pouvoir d'achat des travailleurs burundais consécutive à la récente dévaluation de la monnaie nationale, le personnel de l'OTB exige que ses salaires soient "réajustés en conséquence, à l'instar de ce qui se fait pour les théiculteurs, d'autant plus que l'OTB est une entreprise qui exporte (et non qui importe) et, est donc en principe moins frappée par les effets de la dévaluation". Au sujet enfin des "changements en cours des cadres dirigeants dans les administrations, et dans les sociétés publiques dans le cadre de la mise en application de l'accord d'Arusha", le nouveau syndicat dénommé Sytrathé (syndicat des travailleurs de la filière thé) affirme être au courant des "rumeurs de plus en plus persistantes" qui font état d'imminents changements à la tête de l'OTB. Il se montre fort inquiet et recommande à ce sujet aux plus hautes autorités de l'Etat de "privilégier les promotions internes" afin d'éviter, dit-il, de mettre à la tête d'une entreprise aussi stratégique et dans les moments aussi cruciaux (de restructuration-privatisation) des cadres qui seraient choisis plus sur des critères d'appartenance politique que d'expérience ou de compétence managériale. Et ce d'autant plus qu'il existe au sein du personnel de l'OTB suffisamment d'hommes et de femmes répondant à la fois aux critères de compétence et d'expérience, et aux critères politiques, si l'on veut respecter les principes d'équilibre prônés par l'accord d'Arusha.
Comme on le voit, les travailleurs burundais, qu'ils soient de l'Ocibu ou de l'OTB, ont de plus en plus peur de se retrouver, du jour au lendemain, dans la rue à cause des processus de privatisation dont ils sont complètement tenus à l'écart (du moins l'affirment-ils) et qui sont décidés à partir de Bruxelles avec les fonds Stabex. A l'origine, ces fonds étaient destinés, rappelons-le, à "stabiliser les exportations" des pays sous-développés partenaires de l'union européenne (de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) et non de la privatisation des entreprises stratégiques de ces pays, qui risque tout bonnement de conduire à leur fermeture au lieu d'être réhabilitées. C'est du moins ce que craignent ces travailleurs et les pouvoirs publics ont en principe pour obligation de répondre rapidement à leurs préoccupations légitimes.
Burundi - Sécurité.
L'armée nationale mène des opérations contre les terroristes-génocidaires dans le pays.
Bujumbura, le 29 octobre 2002 (Net Press). C'est à cause des attaques des terroristes-génocidaires contre les positions militaires de Nyambuye et de Mugoboka (Bujumbura rural), dans l'après-midi de ce 28 octobre 2002 que 3000 personnes habitant ces localités ont fui vers la paroisse Mont Sion de la zone Gikungu en mairie de Bujumbura. Ces habitants ont indiqué qu'ils ont fui par peur des combats entre les forces de l'ordre et les terroristes-génocidaires du Palipehutu-Fnl. Trois civils ont été tués au cours de ces affrontements qui ont duré au moins une heure de temps tandis que 5 autres ont été blessés. Signalons que dans cette même province, les affrontements entre les forces de l'ordre et les terroristes-génocidaires en commune Kabezi ont fait ces derniers jours 7 morts et le déplacement de 20.000 personnes. Suite à ces opérations, les populations de la commune voisine de Rumonge passent la nuit dans des marais. Il convient de signaler qu'un autre groupe de 15 criminels a attaqué, dans la nuit du 27 octobre 2002, la zone Buruhukiro de la commune Rumonge où ils ont pillé dans trois boutiques.
D'autres opérations de l'armée nationale ont été menées la nuit du 28 au 29 octobre 2002 dans la localité de Nyangurube, commune Butaganzwa, en province Ruyigi, où deux personnes avaient été tuées par les terroristes-génocidaires qui y grouillaient. Suite à ces opérations, beaucoup de ces criminels du Cndd-Fdd ont été abattus par l'armée qui a capturé un autre. Les opérations de traque de ces tueurs sont également signalées à Kinyinya, toujours en province Ruyigi ainsi qu'à Buhoro, commune Itaba (province Gitega), ce qui a occasionné la fermeture de la route Gitega-Ruyigi depuis ce matin. A Ruyigi, de petits groupes de ces terroristes-génocidaires pillent depuis plusieurs jours des biens dans les ménages surtout dans les communes Butezi et Bweru avant de se replier sur le parc de la Ruvubu.
Burundi - Politique.
PA-Amasekanya commémore à sa manière le 9è anniversaire du 1er sommet sous-régional sur le Burundi.
Bujumbura, le 29 octobre 2002 (Net Press). Pour marquer le 9è anniversaire du 1er sommet sous-régional sur le Burundi tenu à Kigali en date du 28 octobre 1993, le mouvement d'auto-défense et anti-génocide "PA-Amasekanya" a rendu publique ce 28 octobre 2002 une déclaration dans laquelle il a transcrit mot à mot le discours prononcé à cette occasion par le Dr. Jean Minani, alors ministre de la santé publique, au nom du "gouvernement en exil du Burundi". Dans ce discours, qui n'était pas visiblement bien préparé (en témoignent les nombreuses hésitations et fautes de frappe), l'orateur a brossé un tableau idyllique du régime Frodebu et sérieusement noirci l'armée burundaise qu'il a failli qualifier de "monoethnique tutsi" en déclarant "l'armée mo... l'armée eeeuh burundaise". Rappelons que c'est cette dénomination qu'adoptera plus tard le Cndd, créé, selon Christian Sendegeya, sur initiative de tout le bureau politique du parti Frodebu. Il déforma la véracité des faits lors des événements malheureux survenus dans ce pays depuis 1965.
A titre d'exemple, en 1988, la vérité est que, selon lui, des "paysans (Hutu) s'étaient révoltés pour réclamer leur dû pour la vente de leur café, ils furent massacrés littéralement et ce massaccre s'établit presque sur toute l'étendue de la République et plus particulièrement dans les provinces du Nord". Et d'ajouter que "le massacre continua aussi en 1991". Pourtant, on sait que cette année-là furent massacrés essentiellement des Tutsi des communes Ntega (Kirundo) et Marangara (Ngozi) avec plus de 5.000 tués en une nuit (du 14 au 15 août 1988) par des hordes génocidaires du Palipehutu venues du Rwanda voisin. Ce fut également le cas, 3 ans plus tard en 1991 dans les provinces Cibitoke, Bubanza et Bujumbura mairie, mais cette fois, les assaillants furent sérieusement mâtés et les observateurs s'accordent à dire que ne furent tués que des miliciens du Palipehutu attrapés au champ de bataille.
Pour PA-Amasekanya, de tels discours présentant le Hutu comme "victime de toujours, un saint, marginalisé" avaient pour but de soulever cette catégorie de la population puisqu'ils ont abouti au génocide des Tutsi déclenché en octobre 1993. Raison pour laquelle ceux qui les ont prononcés sur les radios de sinistre mémoire comme la RTLM ou Radio Rwanda sous Habyalimana, devraient être, "dans l'intérêt de toute l'humanité", rapidement arrêtés, jugés et condamnés pour "crime de génocide". Ce mouvement estime en effet que tels hommes (et femmes) n'ont jamais changé et n'ont certainement aucune envie de le faire.
