NET PRESS
Burundi - Justice.
La chambre criminelle de Bujumbura innocente tous les présumés auteurs de l'hécatombe de Teza.
Bujumbura, le 30 mai 2002 (Net Press). Après des audiences marathon qui auront duré tout un mois (du 2 au 28 mai 2002), la chambre criminelle de Bujumbura a innocenté et ce à la surprise générale des avocats de la partie civile et des familles des victimes, les 34 présumés auteurs de l'hécatombe de Teza. Quiconque a assisté au déroulement de ce procès aura eu l'impression que les témoins à charge des prévenus étaient quelque peu intimidés par les juges lors de leurs témoignages, puisqu'ils leur posaient beaucoup de questions à même de les désorienter ou déstabiliser. Tellement on aurait cru que c'était eux les présumés criminels.
La cour a consacré plus de 20 jours à auditionner une trentaine de témoins à charge alors qu'elle n'a passé que moins de trois jours à auditionner les témoins à décharge des prévenus et qui s'élevaient à une quarantaine.
Ces derniers n'ont pas eu à faire face à une pluie de questions comme ce fut le cas pour leurs congénères qui témoignaient sur ce qu'ils ont vu au cours des massacres à caractère génocidaire qui auront emporté 98 personnes. A ce niveau, des interrogations qui renferment leurs propres réponses n'ont pas manqué de venir à l'esprit de certains. Qui sont les auteurs des massacres de Teza ? Sont-ils introuvables puisque ceux qui étaient supposés l'être viennent d'être blanchis par la justice burundaise et au grand dam des rescapés de ce génocide, dont quelques uns avaient par ailleurs été enlevés par les terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd jusque dans la Kibira où ils ont vu de leurs propres yeux ces prévenus. Qu'est-ce que ceux-ci faisaient là, eux qui ont accepté avoir été à la Kibira et/ou à Bubanza sans toutefois avouer ce qu'ils étaient allés y chercher. Les avocats de la défense, pour la plupart des étrangers, indiquaient dans leurs plaidoiries que le ministère public a mal instruit le dossier et que c'est la représaille qui s'en est suivie qui devrait être réprimée, alors que leurs clients devaient tous être libérés, étant "uniquement victimes de leur ethnie". Le ministère public avait pour sa part réquis la condamnation à mort de 24 prévenus et l'acquittement de 10 autres. Les avocats de la partie civile et le ministère public comptent interjetter appel en cassation. Notons que lors de ce massacre, plus de 98 personnes ont été sauvagement tuées et des biens équivalant à plus de 500.000.000 Fbu volés ou détruits à la société théicole de Teza (relevant de l'office du thé du Burundi) et dans les ménages de Teza. La défense de la partie civile avait estimé l'indemnisation à plus de 900 millions de Fbu.
Burundi - Politique.
Six partis politiques du G10 animent une conférence de presse.
Bujumbura, le 30 mai 2002 (Net Press). Six partis du G10 (Anaddé, PIT, Raddes, PRP, MSP-Inkinzo et Abasa) ont animé une conférence de presse ce 29 mai 2002 à l'hôtel Novotel pour évaluer l'applicaion de l'accord d'Arusha. Dans son mot liminaire, le président du MSP-Inkinzo, le Dr. Alphonse Rugambarara, a indiqué que le problème majeur du cessez-le-feu interpelle tous les signataires membres des institutions de transition face aux massacres des populations civiles innocentes et aux actes terroristes réguliers. Il a en outre déclaré que les négociations que le gouvernement a engagé avec les "groupes rebelles" doivent inclure le G7 et le G10, car, la question du cessez-le-feu n'a pas été traitée à Arusha. Il a déploré que les promesses des pays de la sous-région et de l'Afrique du Sud faites en date du 20 septembre 2000 soient lettre morte, en raison a-t-il dit, du peu d'empressement observé par le gouvernement pour faire pression en vue d'obtenir des sanctions contre les "groupes armés" qui refusent de rejoindre la table de négociation. Il s'est également interrogé sur l'objet des rivalités observées aujourd'hui entre l'Afrique du Sud et le Gabon.
Il a déploré que les bailleurs de fonds n'aient pas jusqu'ici débloqué l'aide promise à ce pays, avant de se demander si le peuple burundais ne serait pas une fois de plus "victime d'une géopolitique qui nous dépasse". Le Dr. Rugambarara a souligné que l'accord d'Arusha est "constamment violé" par le gouvernement, l'assemblée nationale, le Frodebu et l'Uprona de Rukingama. Il a enfin indiqué que les libertés politiques sont régulièrement bafouées dans le pays en donnant l'exemple de l'emprisonnement de M. Diomède Rutamucero pour qui le "parquet général est en train de confectionner le dossier sur mesure pour 'mouvement insurrectionnel, injures, ...'" après que le même parquet général eut refusé l'audience à certains dirigeants du G10 réclamant la libération du leader de PA-Amasekanya. Il a également indiqué que la grève des enseignants est "tout-à-fait légitime", même si cette grève "n'a rien à voir avec le G6 puisque leurs revendications sont d'ordre purement et uniquement salarial, raison pour laquelle le gouvernement devrait s'atteler à résoudre rapidement ces problèmes au lieu de chercher des bouc-émissaires.
Le président du MSP-Inkinzo a signalé que les différentes violations de l'accord d'Arusha sont dues à l'appropriation de cet accord par l'Uprona négociateur, le Frodebu et le duo Buyoya-Minani. De son côté, le président-fondateur du PRP et ministre de l'énergie et des mines, M. Mathias Hitimana, a abondé dans le même sens en indiquant que beaucoup de décisions au sein du gouvernement sont prises par le président de la République et son vice-président sans que les autres membres ne soient tenus au courant. D'après lui, certains membres du G10 qui sont au gouvernement défendent leurs intérêts et non les intérêts de leur famille politique. Ils sont donc "ventriotes", a-t-il dit. Il a par ailleurs fustigé l'acquittement des prévenus auteurs de l'hécatombe de Teza sans qu'il y ait au moins de dédommagement des victimes. Il a promis que cette question fera l'objet d'un débat houleux lors du conseil des ministres. M. Hitimana a reconnu que la manière dont fonctionne le gouvernement commence à le dépasser personnellement. Raison pour laquelle il a émis le souhait de voir ses amis politiques avoir la même vision et tenir le même langage pour que le moment venu, ils puissent prendre les décisions qui s'imposent.
Burundi - Santé.
La récente injonction du gouvernement aux hôpitaux de ne plus séquestrer les malades insolvables risque de conduire à la fermeture définitive des hôpitaux ...
Bujumbura, le 30 mai 2002 (Net Press). Certains media publics et privés s'étaient élevés, depuis quelques semaines, face à la situation dramatique des malades insolvables séquestrés par les hôpitaux publics. Suite à cette pression médiatique, le gouvernement a pris finalement la décision d'intimer l'ordre à tous ces hôpitaux de mettre fin à ces pratiques. Malheureusement, le constat a été fait ce matin que cette mesure du gouvernement risque de conduire à la dérive certains hôpitaux lors d'une rencontre tenue par les ministres de la santé publique et de de la communication avec les professionnels des media. Les directeurs des hôpitaux de la capitale qui étaient présents à cette rencontre ont fait savoir que depuis l'entrée en vigueur de cette mesure, presque tous les malades ont tendance à se déclarer indigents. Cela a comme conséquence que ces hôpitaux sont confontés à un sérieux manque de recettes nécessaires au fonctionnement de l'hôpital. Aussi demandent-ils au gouvernement de revoir cette décision ou alors de l'habiller par des mesures d'accompagnement.
Burundi - Enseignement.
De plus en plus de voix réclament une issue rapide et positive à la crise et la normalisation des activités scolaires.
Bujumbura, le 30 mai 2002 (Net Press). Après les parents d'élèves, il y a quelques jours, c'est le tour aujourd'hui du syndicat des travailleurs de l'université du Burundi (STUB) de sortir de son mutisme pour exiger une renormalisation dans le monde de l'enseignement primaire et secondaire. Le STUB, qui a tenu une assemblée générale en date du 29 mai 2002 pour échanger sur la situation prévalant dans le secteur de l'enseignement, invite avec "insistance" le gouvernement à engager des négociations avec les responsables syndicaux du secteur afin d'aboutir à une issue positive à la crise. Le STUB qui se dit indépendant et non lié à un quelconque parti politique, à aucune idéologie ou philosophie, ni au gouvernement, ni au patronat, formule le voeu que le pays soit doté de "cadres de qualité et hautement formés". Il estime, d'autre part, qu'il est désormais posé la question de l'instauration du statut spécial des personnels de l'enseignement "dont la carrière est bloquée depuis 1977", mais aussi de la revalorisation du métier d'enseignant. Ces 2 questions, rappelle le STUB, fondent les revendications enseignantes qui font l'objet de plusieurs grèves cycliques. Le STUB "dénonce vivement l'atmosphère de répression qui prévaut dans cette crise de l'éducation nationale avec l'emprisonnement des syndicalistes et les bavures des forces de l'ordre qui ont déjà fait des morts parmi les jeunes scolaires".
De leur côté, 219 étudiants de l'université du Burundi, dans une "déclaration aux corps de police et de la gendarmerie nationale" fustigent les "actes de violence perpétrés à l'encontre de la jeunesse qui manifestait pacifiquement pour réclamer le respect de leur droit à l'éducation le 23 mai 2002 à Bujumbura, le 24 à Muramvya et e 25 à Matana". Ces étudiants invitent enfin les forces de l'ordre à recourir désormais à la théorie de la "baïonette intelligente". Signalons néanmoins que les forces de l'ordre, depuis leurs bavures des premiers jours des manifestations des élèves (qui ont été très médiatisées et ont provoqué la stupeur dans tout le pays) ont reçu la consigne, de la part des plus hautes autorités de ce pays, de ne plus faire usage de leurs armes, mais plutôt d'encadrer les jeunes manifestants. A noter enfin, que selon certaines sources, les enseignants du primaire et du secondaire ne percevront vraisemblablement pas leurs salaires puisque leurs listes de paie de ce mois de mai 2002 ne seraient toujours pas visibles au bureau central des traitements du ministère de la fonction publique.