NET PRESS
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Burundi - Processus de paix.
Le président Buyoya se rend à Arusha.
Bujumbura, le 30 septembre 2001 (Net Press). Selon des sources proches de la présidence de la République, le chef de l'Etat burundais se rend dans la matinée de ce 1er octobre 2001 à Arusha pour participer à un sommet sur le Burundi qui débutera le même jour.
A ce sommet est attendue une dizaine de chefs d'Etat africains (ou leurs représentants) parmi lesquels l'Ougandais Yoweri Kaguta Museveni (président de l'Initiative Régionale sur le Burundi), le Tanzanien Benjamin Mkapa, le Kenyan Daniel Arap Moi, le Rwandais Paul Kagame ainsi que Joseph Kabila de la République Démocratique du Congo. Ils seront aux côtés du médiateur Nelson Mandela.
Ces chefs d'Etat vont analyser ensemble les modalités de la mise en place des institutions de transition prévue le 1er novembre 2001. En outre, la mise sur pied d'une unité spéciale de protection des "personnalités politiques qui rentreront d'exil" et la question du cessez-le-feu occuperont également les participants à ce sommet. Selon des sources proches du médiateur, "des mesures intermédiaires de protection des personnalités qui rentreront d'exil seront adoptées", au cas où l'unité de protection ne serait pas prête avant le 1er novembre 2001. Certaines sources précisent d'orès et déjà que l'Afrique du Sud s'est proposée de fournir un contingent chargé d'assurer leur sécurité. Quant aux autres pays, ils ne devraient disponibiliser des troupes qu'après la conclusion d'un cessez-le-feu. Signalons que pour sa part, le futur vice-président de la première tranche de la transition, M. Domitien Ndayizeye, a pris l'avion à destination d'Arusha ce dimanche à la mi-journée.
Précisons enfin que ce sommet précédera une réunion de la commisssion de suivi de la mise en application de l'accord d'Arusha qui débutera ses travaux ce mercredi 3 octobre 2001. Les membres de la CSA résidant à Bujumbura prendront un vol spécial ce mardi 2 octobre 2001 alors que leur départ était initialement prévu samedi 29 septembre 2001.
Burundi - Politique.
Le président de l'assemblée nationale dévoile la vraie face des politiciens burundais.
Bujumbura, le 30 septembre 2001 (Net Press). Décidément, les Burundais connaîtront progressivement la vraie face des hommes qui nous dirigent ou qui veulent accéder au pouvoir durant ces moments de crise. L'émission "Akarikumutima" de la radio nationale de ce dimanche matin consacrée aux échanges entre le président de l'assemblée nationale, M. Léonce Ngendakumana, et la communauté burundaise résidant en Chine où il s'était rendu le 16 septembre 2001 a été une occasion d'en apprendre un peu plus avec les politiciens burundais.
M. Ngendakumana a en effet reconnu que l'enjeu principal à Arusha n'était que les postes à se partager, le sort des milliers de Burundais en difficultés n'étant pas la préoccupation première des négociateurs. Il a surtout fait remarquer que la classe politique en pourparlers à Arusha est l'objet de dénigrement par la communauté internationale. Le médiateur Mandela, le juge Bomani de la fondation Nyerere, Berhanou Dinka, président de la commission de suivi de l'accord d'Arusha se comportent en véritables autorités coloniales à l'instar de l'ancien Résident général du Rwanda-Urundi Jean-Paul Harroy. Il a ajouté que ces derniers les grondent très souvent comme de petits enfants (chefs de partis politiques, représentants du gouvernement et "rebelles"), les traînent dans la boue, lui-même y compris : "Baratuzungagiza !", a-t-il reconnu. Il regrette que Mandela leur a même imposé le leadership de la transition. Il n'exclut pas que Mandela, l'"homme-miracle", par l'usage du bâton, pourrait, demain, leur imposer le gouvernement qu'il veut, lui.
M. Léonce Ngendakumana a eu le mérite d'avoir le courage de dire la vérité aux Burundais au moment où les "spécialistes" du processus de paix excellent dans le mensonge et n'osent pas dire que les négociateurs sont la risée de tous les étrangers qui les observent à Arusha et ailleurs.
En tant que parlementaire, le président de l'assemblée nationale devrait demander au Gouvernement de lever la mesure interdisant les manifestations pour que les Burundais aient l'occasion d'exprimer collectivement ce qu'ils pensent d'une classe politique aussi médiocre, qui est loin d'être une fierté nationale.
Burundi - Opinion.
"Le G10 hérite d'un "super-ministère" du Sida, de la pauvreté et ... de la misère!", s'exclame un de nos lecteurs.
Bujumbura, le 30 septembre 2001 (Net Press). Un des fidèles lecteurs de "Net Press" ayant pris connaissance de la future structure du gouvernement de transition, ainsi que de la répartition des portefeuilles ministériels entre le G7 et le G10 (voir "Net Press" du 28 septembre 2001) vient de nous écrire pour donner son opinion et ses impressions.
Encore une jolie "trouvaille" de la part des négociateurs d'Arusha, décidément très ingénieux. Après l'"amnistie provisoire" prévue en faveur des auteurs de crimes imprescriptibles par la loi, après le "pardon mutuel" des gens qui sont prêts à tout, sauf à se pardonner ni encore moins à reconnaître leurs forfaits, voilà que les "Arushiens" viennent de nous bombarder d'un "super-ministère" chargé de lutter contre la pauvreté et le Sida : une véritable misère !
Et pourtant, même Jésus-Christ les avait prévenus, il y a presque 2000 ans : "les pauvres, vous les aurez toujours avec vous" (Jean 12, 8). Et dire que ces gens là lisent la Bible ! A mon humble avis, tous les ministères sont là pour lutter contre la pauvreté, du ministère du plan à celui des finances en passant par celui de l'agriculture et même celui de l'éducation en charge, lui, de lutter contre la pauvreté intellectuelle. Quant au Sida, on se demande pourquoi le ministre de la santé qui sera issu du G7 n'aura pas droit de s'occuper des malades du Sida. A moins que l'on ait voulu que ce portefeuille-là soit occupé à tout prix par un Tutsi, dont les congénaires sont, selon une opinion faussement répandue, les plus atteints par cette maladie.
Quant au ministère de l'agriculture et de l'élevage, il est pour la première fois scindé en deux. L'agriculture pour un Hutu et l'élevage pour un Tutsi. Mais celui-ci risque d'être bientôt réduit au chômage, puisque la quasi-totalité du cheptel va bientôt disparaitre, cible désormais privilégiée des terroristes-génocidaires après les humains.
Mais le G7 n'a pas pu obtenir le statégique ministère de l'intérieur ni celui de la défense. Mais il a pu néanmoins arracher le non moins important portefeuille de la justice. Ceux qui auront le privilège de prendre part au conseil des ministres les mardis, risquent de ne pas s'ennuyer lorsque viendra l'inévitable passe d'armes entre le ministre de l'intérieur et son collègue de la justice. Un criminel de sang sera arrêté par la police et traité comme tel mais aura toutes les chances d'être blanchi par la justice, à moins que les parquets parviennent à fonctionner en totale indépendance par rapport au futur garde des sceaux, ce qui ne sera pas une mince affaire.
Telle est donc l'ossature d'une structure gouvernementale qui commencera à fonctionner dans un mois, jour pour jour. Même les plus optimistes se demandent comment un tel gouvernement, dont on ne connaît pas encore la composition va tourner au quotidien. Décidément, nous sommes à la veille d'une transition qui va nous faire transiter on ne sait vers où. Ce qui est sûr par contre, c'est que malgré que le G10 se soit subitement souvenu qu'un des siens pouvait soulager la misère de ses compatriotes, les pauvres seront chaque jour plus pauvres, plus nombreux et les victimes du Sida continueront à emprunter, elles aussi, de plus en plus innombrables le peu enviable chemin qui mène au cimétière.
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