NET PRESS
Burundi - Justice.
Le présumés auteurs de l'hécatombe de Teza sortent triomphalement de Mpimba.
Bujumbura, le 31 mai 2002 (Net Press). Les 34 présumés auteurs de l'holocauste de Teza, de juillet 1996, qui étaient détenus à la prison centrale de Mpimba, en sont sortis triomphalement dans l'après-midi du 30 mai 2002, après que la chambre criminelle de Bujumbura les a tous blanchis au cours de l'audience publique du 28 mai 2002. Ce qui a frappé les observateurs, c'est surtout l'empressement avec lequel les formalités exigées pour sortir de la prison centrale de Mpimba ont été faites en un temps record, alors que les avocats de la partie civile s'étaient pourvus en cassation (ou tout au moins, avaient annoncé leur intention de le faire). On aura retenu que l'extrait de jugement a été signé sur place, aussitôt le verdict tombé, alors que dans d'autres cas, cette procédure prend généralement beaucoup plus de temps. Une fois cela fait, une assistante de l'office du haut commissaire des Nations-Unies aux droits de l'homme au Burundi a intercédé auprès du ministre de la justice, pour obtenir une ordonnance d'extradition indispensable pour sortir de Mpimba, ce qui fut fait le lendemain (mercredi le 29 mai 2002). Hier 30 mai 2002, aux environs de 14h, le petit monde présent tout près de la prison centrale de Mpimba sont restés pantois devant la scène à laquelle il assistait. Les 34 présumés auteurs de l'hécatombe de Teza, fraîchement blanchis, sont sortis avec un certain triomphalisme qu'ils n'ont pas pu cacher, pour s'engouffrer dans des Jeeps et minibus des Nations-Unies qui les attendaient à l'extérieur. Ils sont ainsi partis en convoi sous l'étonnement béant de la population de la zone Musaga (où est située Mpimba), où vivent de nombreux rescapés (temporaires) du génocide dont les auteurs restent "introuvables".
Signalons qu'à la veille de leur départ, ces présumés auteurs des massacres de Teza avaient organisé à l'intérieur de la prison de Mpimba des cérémonies grandioses d'adieu à leurs co-détenus de la même sensibilité, selon des sources proches de cette maison pénitentiaire. Soulignons enfin qu'une enveloppe de 10.000 Fbu avait été distribuée à chaque prisonnier acquitté qui avaient été défendus par les avocats payés par l'office des droits de l'homme au Burundi, comme "frais de déplacement".
Burundi - Enseignement.
Les enseignants du primaire et du secondaire auront finalement leurs salaires du mois de mai 2002.
Bujumbura, le 31 mai 2002 (Net Press). L'information livrée au conditionnel dans notre édition du 30 mai 2002 et selon laquelle les enseignants du primaire et du secondaire, du secteur public, risquaient de ne pas percevoir leurs salaires du mois de mai 2002 s'est avérée fondée à part que les autorités se sont décidées à la dernière minute de changer d'avis. Jusqu'à la mi-journée de ce 30 mai 2002, les listes de paie des enseignants n'étaient visibles ni au BCT (bureau central des traitements du ministère de la fonction publique), ni dans les banques commerciales. Ce n'est que l'avant-midi de ce 31 mai 2002 que les tout premiers, parmi les personnels du ministère de l'éducation nationale, ont pu percevoir leurs salaires.
De source proche du ministère des finances, on apprend que celui-ci avait reçu, il y a quelques jours, la consigne de ne pas libérer les salaires des enseignants, avant de recevoir, au cours de la journée du 30 mai 2002, une autre allant dans le sens contraire.
Pour des enseignants rencontrés aux guichets d'une banque locale, cela démontre qu'il y a "flottement" au sommet de l'Etat du Burundi dont les plus hauts responsables sont finalement à répartir dans 2 camps : celui partisan de la manière forte et l'autre modéré, partisan du dialogue. Fort heureusement, ont conclu les mêmes enseignants, c'est ce dernier camp qui a pris le dessus, sinon même le début des négociations observé aujourd'hui entre le gouvernement et les syndicats enseignants aurait connu une issue tout autre.
Burundi - Justice - Politique.
"M. Diomède Rutamucero est victime d'une machination diabolique et d'une conspiration montée de toutes pièces par le Frodebu", déclare le porte-parole de PA-Amasekanya.
Bujumbura, le 31 mai 2002 (Net Press). Pour la première fois depuis l'arrestation et l'incarcération du président de PA-Amasekanya, le porte-parole de ce mouvement, M. Gédéon Ntunzwenindavyi accuse clairement le parti Frodebu de vouloir attenter à la vie de M. Diomède Rutamucero. Dans un communiqué intitulé "le génocide est une réalité qui crève les yeux au Burundi" et daté du 30 mai 2002, le porte-parole et n° 2 de ce mouvement indique qu'"au 1er jour de son transfert à Mpimba, des milliers de génocidaires se sont rués sur M. Rutamucero pour le tuer, le bousculer et le banaliser" et que "les menaces proférées par les détenus génocidaires se sont multipliés du jour au lendemain", si bien qu'il s'avère évident qu'il existe un "plan d'éliminer physiquement M. Rutamucero par le biais d'un Mutwa génocidaire chargé de lui jeter du sable dans les yeux afin que d'autres en finissent à coup de couteaux".
M. Ntunzwenindavyi croit par ailleurs savoir que "la conspiration en cours est de ligoter M. Diomède Rutamucero pour raser sa tête à l'image des génocidaires de 1972". D'après M. Ntunzwenindavyi, ces "ignobles attentats à caractère génocidaire" laissent voir une main du "pouvoir Frodebu qui avait dressé ses militants détenus pour crime de génocide pour le liquider en prison dès que l'occasion se sera présentée". Et d'ajouter que cette "machination diabolique est une conspiration montée de toutes pièces par le régime Frodebu". Il a conclu en prenant à témoin la communauté nationale et internationale pour "mettre en garde et dénoncer le Frodebu de ses responsabilités de concocter des plans d'élimination physique contre le président de PA-Amasekanya".
Pendant ce temps, cette incarcération continue à soulever un véritable tollé de protestations au sein de la population burundaise et en particulier des rescapés du génocide. Ainsi, les membres de l'association AC Génocide-Cirimoso, section Ngagara demandent "avec insistance que la justice rétablisse rapidement dans ses droits M. Diomède Rutamucero pour qu'il recouvre sa liberté dans les meilleurs délais". Car, cet emprisonnement est "arbitraire, injuste et illégal, M. Rutamucero n'ayant commis aucun délit ou crime autre que le génocide, l'impunité, la corruption, la division ethnique et le mensonge, devenus modes de gouvernement au Burundi".
Pour les membres de la section Ngagara de AC Génocide-Cirimoso, les slogans et les chansons dirigés contre le génocide et les génocidaires ne sauraient être qualifiés d'"injures". C'est ce qu'estiment également 105 rescapés du génocide des Tutsi résidant dans la zone Cibitoke qui réclament eux aussi la libération "immédiate et inconditionnelle" de M. Rutamucero. En effet, selon eux, celui qui dénonce le génocide et le parti qui l'a déclenché en 1993 ne commet aucun crime, bien au contraire.
Burundi - Confession religieuse.
Un dirigeant d'une tendance de la Comibu appelle un sheikh de l'autre tendance à retirer le jugement porté contre lui.
Bujumbura, le 31 mai 2002 (Net Press). Dans une correspondance d'un dirigeant d'une des tendances que connaît actuellement la communauté musulmane du Burundi (Comibu), M. Idi Radjabu Kabano demande au président du conseil des sheikhs, M. Abubakar Ally Nyambere de retirer rapidement le jugement de suspension contenant des menaces à peine voilées de mort contre lui. Selon M. Kabano, le conseil des sheikhs n'est pas un organe agréé et aucun sheikh n'a d'ailleurs apposé sa signature sur le document qui l'a condamné. Ce document indique qu'il méritait la peine capitale au lieu d'être suspendu dans les activités religieuses alors qu'il n'a jamais comparu devant aucune juridiction.
M. Kabano craint en outre que cette peine que M. Nyambere a voulu lui infliger ne soit lié à l'intégrisme musulman et met en garde son adversaire contre tout ce qui pourrait mettre sa vie en danger.
Il somme enfin M. Nyambere à le blanchir à travers une autre correspondance dont la copie devra être transmise aux autorités de l'administration territoriale, au procureur général de la République et aux autres organes de la Comibu, faute de quoi il va le traîner en justice.
Signalons que M. Nyambere est de la tendance Gihete qui a remplacé le sénateur Issa Ntambuka lors des élections contestées du 12 au 13 avril 2002. Rappelons que le ministre de l'intérieur et de la sécurité publique, M. Salvator Ntihabose avait invité M. Ntambuka à surseoir à l'organisation de ces élections tant que tous les membres de l'assemblée générale de la Comibu n'étaient pas autorisés à y prendre part. On se rappellera que M. Ntambuka et ses amis avaient passé outre les sages conseils ministériels en excluant, avec l'aide d'un contingent de policiers, 30 membres et non des moindres (parmi eux figuraient ses anciens adjoints).
Nous apprenons que le ministre Ntihabose a reçu les 2 parties en conflit ce 30 mai 2002 et leur a déclaré que les élections du 29 au 30 décembre 2001 et celles du 13 au 14 avril 2002 sont toutes nulles et non avenues. Il leur aurait ensuite demandé de respecter le leadership de 1998, c'est-à-dire celui de Issa Ntambuka et de Idi Kabano. Mais le premier aurait répondu qu'il n'a plus de temps pour se consacrer aux activités de la Comibu (il est aujourd'hui sénateur), ce qui donne les pleins pouvoirs à Kabano. Le sénateur Saidi Badende a été désigné par le ministre Ntihabose pour servir de médiateur dans ce conflit et devra fournir son rapport dans une semaine.
Burundi - Société.
Le député Laurent Rwankineza donne de nouvelles précisions à un article paru dans "Net Press".
Bujumbura, le 31 mai 2002 (Net Press). Après la publication de notre article du 21 mai 2002 intitulé "Les parlementaires ont-ils décidé de se faire justice auprès des populations qu'ils représentent ?", M. Laurent Rwankineza a cru bon de donner de nouvelles précisions, en plus de celles publiées dans notre livraison du 22 mai 2002. Pour lui, la vraie vérité est la suivante :
"Un contrat de bail a été passé entre le propriétaire des locaux "Alimentation Le Caddie" et le locataire exploitant de ces locaux. Ledit contrat prévoit les conditions d'occupation et de résiliation. L'initiative de la résiliation du contrat peut être prise par l'une ou l'autre partie, qui doit seulement donner à l'autre un préavis de six mois (6) pleins. Si l'auteur de l'article de NET PRESS trouve que c'est "au plus vite", il ne peut empêcher les parties d'en convenir ainsi. De toutes les façons, la personnalité du locataire n'était pas une partie faible et ne peut pas être considérée comme "populations". L'application des engagements contractuels a été réalisée sans recourir à une décision judiciaire qui n'était pas obligatoire, contrairement à ce que voudrait faire croire l'auteur de l'article de NET PRESS. Tout est dans l'ordre sauf la diffamation dont NET PRESS porte toute la responsabilité".
NDLR : La Rédaction prend bonne note des nouvelles précisions contenues dans la mise au point du député Laurent Rwankineza et le remercie beaucoup pour son initiative. Elle voudrait néanmoins rappeller au député Rwankineza que lors de sa première "mise au point" publiée dans notre édition du 22 mai 2002, il avait pris le soin de déclarer qu'il n'a aucun problème ni litige avec M. Isaac Budabuda, propriétaire de l'alimentation "Le Caddie", étant donné qu'ils sont tous les deux locataires des Ets Hatungimana (du nom, en fait, de l'épouse du député Rwankineza, même si on s'était gardé de donner cette précision dans l'édition du 22 mai 2002).
Aujourd'hui, M. Rwankineza laisse lui-même entendre que c'est bien lui qui avait passé le contrat de location avec M. Budabuda. Donc, tout ce qu'il a dit à travers le numéro de Net Press du 22 mai 2002 risque malheureusement de se révéler faux, si du moins on s'en tient au contenu de la mise au point du député.
Pour le reste, l'agence Net Press n'a aucun intérêt à diffamer M. Rwankineza, ni à polémiquer avec lui. Le rôle de la presse est, tout simplement et avant tout, d'interpeller et de faire constamment des clins d'oeil à tous ceux qui voudraient profiter de leurs positions (sociales et autres) pour piétiner les droits des autres citoyens en marchant sur leurs pieds.