NET PRESS
Burundi - Politique.
Le groupe parlementaire Frodebu accusé de "complicité avec les groupes terroristes".
Bujumbura, le 7 avril 2002 (Net Press). Le groupe parlementaire Uprona vient de rendre publique une déclaration dans laquelle il s'en prend vigoureusement à la dernière déclaration du groupe parlementaire Frodebu qui "vole au secours des groupes terroristes" en qualifiant de "guerre insensée" les opérations de protection des populations par les forces armées. Par cette "déclaration surprenante du 2 avril 2002", le groupe parlementaire Frodebu a démontré sa "complicité avec les groupes terroristes" en prenant "des positions totalement alignées sur celles des groupes armés".
Face à "ces attitudes néfastes pour le processus de paix", le groupe parlementaire Uprona rejette les tentatives des députés du Frodebu d'imposer l'application des seules clauses de l'accord d'Arusha favorables au G7 et aux groupes armés comme la réforme de l'administration et des forces de sécurité.
Le même groupe parlementaire souligne que la déclaration du groupe Frodebu démontre à suffisance que d'une part, ces députés ignorent les engagements pris par leur parti à Arusha et d'autre part, qu'ils "soutiennent sournoisement les violences perpétrées quotidiennement contre les populations civiles par les bandes cimentes". Et d'ajouter que ce qui est plutôt "insensé", ce sont les attaques meurtrières du Fnl et des Fdd qui bombardent au mortier les quartiers de la capitale et massacrent des paysans à Cankuzo notamment. Il est aussi insensé de "presser le gouvernement - dominé par le Frodebu - de désarmer au moment où les rebelles intensifient des attaques aveugles contre les civils". Selon le même groupe parlementaire, ce qui est plutôt "insensé", c'est combattre le rapatriement volontaire des réfugiés otages des bandes criminelles.
Le groupe parlementaire Uprona rejette par ailleurs la thèse de négociations directes entre les forces armées burundaises et la "rébellion". Cela est, sans plus ni moins, une "manoeuvre dilatoire des groupes armés de refuser le début des négociations sérieuses", car ces négociations incombent plutôt au gouvernement et aux "groupes armés". Il dénonce enfin les pressions des députés Frodebu qui veulent qu'on ouvre indistinctement les prisons au lieu de respecter l'institution judiciaire, et met en garde le gouvernement qui doit "s'abstenir d'élargir les criminels qui ont planifié et exécuté le génocide des Tutsi et des Hutu modérés". Ainsi, le rapport de la commission sur les prisonniers doit être "exploité avec discernement", car la mise en application de ses recommandations ne peut en aucun cas se confondre à une amnistie générale.
Burundi - Rwanda - Génocide.
Des présidents de partis politiques du Burundi adressent des messages de solidarité au peuple rwandais.
Bujumbura, le 7 avril 2002 (Net Press). A l'occasion de la célébration du 8ème anniversaire par le Rwanda du génocide qui a emporté plus de 800.000 personnes, deux présidents de parti ont tenu à témoigner de la sympathie envers le peuple rwandais. Selon M. Charles Mukasi de l'Uprona non-négociateur, la lutte engagée par "ce peuple digne et ses dirigeants pour combattre par tous les moyens le génocide et ôter toute légitimité à ceux qui le pratiquent est un honneur pour toute la région des Grands-Lacs africains, particulièrement en ce moment où les forces génocidaires se sont coalisées pour continuer à imposer à la région ce crime des crimes et tous les malheurs connexes". Ce combat honore particulièrement le peuple rwandais , d'après toujours M. Mukasi, au moment où le monde entier est coalisé contre le terrorisme, et où la seule légitimité dont doit se prévaloir tout Etat moderne réside dans sa volonté et dans sa capacité d'éloigner le retour du génocide. (Voir
www.netpress.bi, rubrique "Agora").
Pour sa part, le président du parti Raddes, M. Joseph Nzeyimana a profité de cette occasion pour adresser un message de "remerciement, d'encouragement et de soutien" au chef de l'Etat rwandais, le général Paul Kagame. Remerciement pour le courage et la détermination que le président Kagame a engagés à réunir toutes les forces patriotiques rwandaises et à arrêter le génocide de 1994. C'est ensuite un message pour sa détermination à combattre par tous les moyens les auteurs et concepteurs, les co-auteurs et exécutants pour que définitivement "le plus jamais ça" soit une réalité pour son peuple. C'est enfin et surtout, un message de soutien, car la blessure a été profonde et les séquelles incalculables. (Voir
www.netpress.bi, rubrique "Agora").
Burundi - Politique.
La classe politique continue à réagir face au comportement controversé du contingent sud-africain.
Bujumbura, le 7 avril 2002 (Net Press). Le comportement des troupes sud-africaines déployées au Burundi pour la protection des politiciens du G7 continue à susciter des réactions au sein de la classe politique burundaise. Après le "groupe parlementaire contre le génocide et l'exclusion, et pour la réhabilitation du citoyen", c'est au tour du "parti pour le redressement national" (Parena) de réagir. Dans son bulletin d'information n° 25, ce parti constate que les militaires sud-africains basés à Bujumbura "se comportent comme s'ils étaient dans leurs bantoustans en faisant leurs campagnes de reconnaissance à Rumonge et à Kayogoro en vue de leur contrôle effectif et total du pays". Ce parti s'en prend également aux responsables militaires burundais qui encadrent le contingent sud-africain parce que "quand les membres de ce contingent sont pris en flagrant délit d'espionnage ou commettant des crimes déguisés en accident de roulage contre les officiers burundais (les pilotes d'hélicoptères), sur commande manifeste des parrains de la rébellion siégeant au gouvernement, le haut commandement au lieu de demander des comptes sur de pareils comportements et de revoir de fond en comble le fameux mémorandum secret signé entre le ministre Ndayirukiye et les généraux sud-africains, se confond en excuses comme si c'était lui le coupable". Pour le même parti, "la face cachée de la mission sud-africaine se découvre (ainsi) petit à petit".
Le Parena s'en prend en outre, très sévèrement au gouvernement et à toutes les institutions de transition, accusés d'avoir donné naissance à "une agence de gabegie". aux yeux de cette formation politique, les barons du régime continuent à "s'enrichir scandaleusement" alors que pour tout le reste de la population, c'est la misère totale. Raison pour laquelle le Parena regrette que le pays semble sombrer dans une "faillite camouflée" au moment où "les dignitaires du régime se vautrent dans un luxe tapageur, roulant dans des jeeps rutilantes, érigent dans les meilleurs quartiers, villas et buildings, pendant que les fonctionnaires de l'Etat ne se souviennent plus de la date à laquelle leurs enfants ont avalé la dernière pitance". Selon le même parti, le pouvoir actuel se trouve devant un dilemme cornélien : "appliquer aveuglément les accords d'Arusha pour plaire à la communauté internationale, précipitant ce faisant le pays vers une conflagration généralisée ou rééquilibrer une renégociation non biaisée desdits accords pour l'intérêt bien compris de la Nation et s'exposer ainsi à l'asphyxie financière des bailleurs de fonds". (Voir
www.netpress.bi, rubrique "Agora").
Burundi - Urbanisme.
Le gouverneur de Cibitoke dément avoir "illégalement" attribué à des particuliers le terrain du jardin public du chef-lieu de cette province.
Cibitoke, le 7 avril 2002 (Net Press). De source digne de foi, une bonne partie de l'étendue du jardin public situé autour du gîte provincial de Cibitoke vient d'être attribuée illégalement à certaines personnes haut placées ressortissant de Cibitoke mais résidant à Bujumbura. Signalons que ce jardin servait jusque-là et très souvent de lieu de réception lors des fêtes nationales tandis que le gîte était un lieu de séjour des hautes personnalités du pays en déplacement à Cibitoke.
Contacté au téléphone, le gouverneur de la province Cibitoke, M. Benoît Ntigurirwa , a indiqué qu'il n'existe pas de jardin public à Cibitoke. Il a ajouté qu'il existe uniquement des parcelles que le gouverneur distribue lui-même pour des raisons de rapidité. Mais très souvent, a encore déclaré le gouverneur Ntigurirwa, "nous le faisons conjointement avec les services de l'urbanisme puisque le chef-lieu de la province Cibitoke est une zone urbaine, selon un décret présidentiel". C'est dans ce cadre que 200 parcelles ont été distribuées "le plus légalement du monde", car suivant les conditions et les formalités reconnues par les services de l'urbanisme. Rappelons que le gouverneur de la province Cibitoke avait tenté sans succès, il y a quelques semaines, d'exproprier de leurs terres les nouveaux occupants des anciennes propriétés foncières des anciens réfugiés rwandais qui ont regagné leur pays à la victoire du FPR (front patriotique rwandais).