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| REPUBLIQUE
DU BURUNDI
LES PARTIS POLITIQUES : ABASA, ANADDE, MSP-INKINZO, PSD, RADDES, VERT-INTWARI, UPRONA |
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MEMORANDUM ADRESSE AU 15 ÈME SOMMET REGIONAL DES CHEFS D'ETAT SUR LE BURUNDI
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OBJET : URGENTE NECESSITE DE L'ARRÊT DES VIOLENCES ET DE LA GUERRE
1.Une enquête récente réalisée par les Nations Unies a révélé que pour l'écrasante majorité des Barundi, la préoccupation première est celle relative à la cessation des violences et de la guerre.
Cela explique pourquoi le processus de paix d'Arusha est jugé sévèrement par la population burundaise. Parce qu'elle n'a pas pu réussir à arrêter les massacres des populations civiles, les vols et pillages, les destructions des biens et des infrastructures (incendies d'écoles, des centres de santé), la signature de l'Accord d'Arusha n'a pas répondu aux espoirs de la population.
Pour la population burundaise, aussi longtemps qu'un progrès ne sera pas accompli dans le sens de l'arrêt des violences et de la folie meurtrière, le processus de paix aura peu de sens.
2. Les groupes armés responsables de ces crimes sont des organisations terroristes qui s'illustrent par leurs pratiques génocidaires.
Aujourd'hui, il n'est un secret pour personne qu'elles sont parties prenantes à une coalition régionale notamment avec les ex-forces armées rwandaises et les Interahamwe responsables du génocide rwandais.
3. Malgré tout cela, les institutions gouvernantes et la classe politique burundaise ont accepté et demandent de s'asseoir avec eux pour rechercher la paix.
Force est de constater que jusqu'à présent, les efforts entrepris par le Médiateur, les Chefs d'Etat de la Région et la Communauté Internationale, pour les amener à la table des négociations, se sont heurtés à une fin de non-recevoir.
Ces groupes ont plutôt recouru à diverses manœuvres pour faire croire qu'ils écoutaient toutes ces voix au moment où ils intensifiaient la guerre et les massacres des populations civiles.
Tout indique que si rien n'est entrepris pour les en empêcher, ces groupes ont pris l'option définitive de la guerre.
4. Avec la signature de l'Accord de paix à Arusha en date du 28 août 2000, ils n'ont plus aucun prétexte pour continuer à massacrer des innocents, à détruire leur propre pays et à développer une entreprise génocidaire.
Du point de vue du droit international, leurs actes sont des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité répréhensibles par la justice internationale.
5. Il apparaît clairement que ces groupes ont pris l'option de narguer la région et la communauté internationale.
Les Barundi ne comprennent pas la tolérance et la patience observées par la région face à l'entêtement meurtrier de ces groupes armés.
Ils se rappellent qu'à une autre époque des sanctions très sévères ont été imposées au Burundi pour contraindre le Gouvernement du Burundi à la négociation.
Ils sont convaincus que la Région dispose des moyens suffisants pour ramener ces groupes à la raison.
6. Si rien n'était fait pour arriver rapidement à l'arrêt des violences, les avancées réalisées sur le terrain politique risquent d'être compromises.
Le fonctionnement des institutions de transition qui vont être mises en place va être handicapé et discrédité par la poursuite des violences et de la guerre.
Tous les acquis du processus de paix pourraient être anéantis.
7. Face à cette situation, les partis politiques soussignés proposent :
7.1. Responsabilité des Burundais
Il faut des institutions de transition qui luttent contre les groupes fauteurs de violences et de guerre.
Comme le prescrit l'Accord de paix, les signataires de celui-ci qui, aujourd'hui, se proposent d'entrer dans les institutions, doivent accepter de condamner et de combattre solidairement et à tous les niveaux les groupes armés qui persistent dans la violence et le refus des négociations.
Malheureusement, les partis politiques membres du G-7 s'abstiennent jusqu'à présent de condamner les violences commises par les groupes armés.
Ils refusent que des contraintes soient exercées sur les groupes armés.
Comment dès lors, peut-on diriger les institutions gouvernantes de l'Etat et développer les sympathies si pas les complicités avec les groupes qui veulent détruire par la violence le même Etat?
Le Médiateur, la Région et la Communauté Internationale devraient les convaincre à se démarquer nettement de ces groupes.
En effet, une partie de l'opinion burundaise a peur que les membres du G-7 ne cherchent à prendre place dans les institutions pour collaborer avec les groupes armés dans la poursuite de la guerre.
Cela a été le cas en 1994, 1995, 1996, lorsque certaines institutions de l'Etat y compris celles chargées de la sécurité apportaient un appui important aux groupes armés.
Des garanties doivent donc être fournies pour que cette situation ne se reproduise pas.
7.2. Responsabilité de la Région
Aux yeux du peuple burundais, la crédibilité de la Région est en cause.
Celle-ci ne manque pas de moyens de contraindre les groupes armés à arrêter les violences contre les populations civiles et mettre fin à la guerre.
Le peuple burundais attend que la Région prenne toutes les mesures nécessaires pour faire cesser la guerre.
C'est pourquoi, en droite ligne du Sommet Régional de NAIROBI tenu le 20 septembre 2000 et conformément à l'article 2 paragraphe b de l'Accord de Paix signé le 28 Août 2000, les partis politiques soussignés sont d'avis que le Sommet du 23 juillet 2001 honorerait l'engagement des Chefs d'Etat de la Région s'il prenait les sanctions à l'endroit de ces groupes.
Fait à ARUSHA, le 22 juillet 2001.-
